Intervenants

 

2 avril 2024
10:55 – 11:40
Amphi 3

Corinne Gendron

Professeure au département de Stratégie, Responsabilité sociale et environnementale de l’École des sciences de la gestion, Corinne Gendron dirige le groupe des Chercheurs en responsabilité sociale et en développement durable (CRSDD, anciennement Chaire de responsabilité sociale et de développement durable) de l’UQAM. Elle se spécialise en responsabilité sociale et environnementale, en innovation et acceptabilité sociales ainsi qu’en gouvernance. Récipiendaire de plusieurs subventions du CRSH, des FRQ et d’autres organismes, elle mène des recherches sur les représentations sociales de l’élite économique et politique, sur l’évolution de l’entreprise comme institution sociale, et sur les dynamiques d’acceptabilité sociale des grands projets et des nouvelles technologies. Elle cumule plus d’une dizaine d’ouvrages et une cinquantaine d’articles de recherche. Avocate diplômée de la faculté de droit de l’université de Montréal et titulaire d’un MBA spécialisé en marketing et finance de HEC Montréal, elle a obtenu un Ph.D. en sociologie de l’UQAM couronné par le prix de la meilleure thèse de l’Institut de recherche en économie (IRÉC). Tout au long de sa carrière, elle a été invitée dans plusieurs universités à travers le monde et fut nommée chercheure d’excellence par la Région Lorraine ainsi que professeure affiliée recherche à l’ICN Business School de 2012 à 2021. En France, tout en étant membre de plusieurs conseils scientifiques ou consultatifs (Engie, L’Oréal, FAIR, PEPR sous-sol), elle a aussi présidé pendant plusieurs années les conseils scientifiques de l’INERIS et de l’IFSTTAR, et préside aujourd’hui le Comité des parties prenantes du groupe Excelia. Au Québec, elle a été membre du Comité de l’Évaluation environnementale stratégique sur les gaz de schiste et est membre additionnelle du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) depuis 2011. Elle est aussi membre du conseil d’administration du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC) ou elle préside le Comité sur l’éthique et l’intégrité scientifique, et a été membre du conseil d’administration de l’UQAM de 2013 à 2020. Enfin, elle siège depuis 2023 sur le Comité consultatif ministériel sur la transition environnementale des ministres fédérales St-Onge et Martinez Ferrada. En 2014, elle a été élue Académicienne à l’Académie des technologies de France où elle co-préside le pôle Technologies, Économies et Sociétés, et a été élevée au rang de Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur de France en 2015. Elle a aussi été reçue membre de la Société Royale du Canada en 2019.

Quelle acceptabilité sociale pour la transition écologique ?

Face à la crise climatique, des choix sociétaux difficiles devront être faits, à la fois pour tenter de freiner le réchauffement de la planète et pour s’adapter aux changements climatiques. La transition des énergies fossiles vers des énergies renouvelables ou moins polluantes suscite déjà de vives tensions sociales, que l’on pense aux mobilisations citoyennes liées à l’exploitation des minéraux critiques et stratégiques (graphite, lithium) ou à l’éventuelle construction de nouveaux barrages hydro-électriques au Québec, ou encore aux taxes sur le carburant ou au retour du nucléaire en France. Les communautés riveraines appelées à subir les externalités négatives de ces projets sont souvent les premières à réagir, en dénonçant le fardeau qu’elles doivent subir au nom de la transition. Ainsi, des enjeux de justice environnementale sont au cœur des débats. Ceux-ci sont d’ailleurs appelés à s’intensifier à moyen terme, en regard de la transition non seulement énergétique, mais écologique, et de la remise en question des modes de vie des populations qu’elle implique. Ainsi, face à la crise, les populations seront vraisemblablement appelées à revoir la notion même de croissance sous-jacente à nos économies occidentales. En somme, les conflits à venir posent avec encore plus d’acuité la notion d’acceptabilité sociale. La présentation sera l’occasion de réfléchir à ces enjeux, à leurs effets sur le vivre-ensemble et aux facteurs d’acceptabilité des projets de la transition.