Intervenants

 

2 avril 2024
15:25 – 16:10
Amphi 1

Philippe Gaudin

Philippe Gaudin, agrégé de philosophie et docteur de l’EPHE (école pratique des hautes études, mention religions et systèmes de pensée), directeur de l’IREL (institut d’étude des religions et de la laïcité) créé en 2002 par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche au sein de l’EPHE. Il partage son travail entre recherche et formations sur laïcité et faits religieux dans le monde contemporain. Il intervient pour l’éducation nationale, en milieu hospitalier, pour les préfectures ainsi que pour les Conseils départementaux et régionaux. Il a publié : « Que veut dire laïcité ? », « Vers une laïcité d’intelligence en France ? » mais aussi « Tempête sur la laïcité ».

Les mystiques sont-ils des êtres humains plus énergiques ?

Les mystiques ont la réputation d’avoir une expérience intime et personnelle de choses cachées et mystérieuses, de réalités divines. Ces états modifiés de conscience semblent les porter hors du monde de telle sorte qu’on s’imagine volontiers qu’ils veulent changer de monde plutôt que changer le monde. Est-ce si sûr ? La liste serait longue de bâtisseurs de monastères, de voyageurs infatigables jusqu’ à des personnalités comme Gandhi ou Martin Luther King. Et s’il fallait changer de monde pour mieux changer le monde ? Le philosophe Henri Bergson nous explique que l’on ne passe d’une religion statique à une religion dynamique, d’une morale close centrée sur les siens à une morale ouverte sur l’humanité, que par des individus concrets et non des idées abstraites. Sa conception de la mystique est profondément tournée vers l’action transformatrice du monde. Cette disposition est-elle réservée à une toute petite minorité de personnes exceptionnelles se déclarant de plus « croyantes » ? Cette citation de Bergson parlant de l’amour romanesque inventé au moyen-âge laisse entrevoir des perspectives bien plus larges : « Quand on reproche au mysticisme de s’exprimer à la manière de la passion amoureuse, on oublie que c’est l’amour qui avait commencé par plagier la mystique, qui lui avait emprunté sa ferveur, ses élans, ses extases. »