Intervenants

 

3 avril 2024
14:20 – 15:05
Amphi 3

Yann Fournis

Yann Fournis est professeur de Science politique à l’Université du Québec à Rimouski (Département Sociétés, Territoires et Développement). Il est membre du groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement territorial, de l’Est du Québec (GRIDEQ), du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), et membre associé au Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES). Ses travaux de recherches portent sur le métier d’élu local dans la ruralité québécoise, les théories du développement social et territorial et la gouvernance territoriale des régions périphériques.

Vers une gouvernance multiscalaire des controverses énergétiques ?

Les grands projets énergétiques ont été à l’avant-scène des nouveaux équilibres entre territoire et développement, conférant à certains sous-secteurs énergétiques (l’éolien) un rôle novateur de redéfinition des logiques présidant à la co-construction des transitions territoriales et énergétiques (Fournis, Fortin, 2017 ; Gendron, 2014 ; Batellier, Maillé, 2017). En particulier, la notion d’acceptabilité sociale donne désormais la possibilité d’envisager en matière énergétique un dialogue socio-technique établissant une symétrie bienvenue dans des logiques de mise en œuvre des projets traditionnellement peu ouvertes (de type DAD : Mermet, 2004). Ici, le dialogue entre social et technique, au cœur de la sociologie technique, a été combinée avec la dynamique reliant territoires et institutions politiques (Fortin, Fournis, 2014); Yates, Arbour, 2016). Pourtant, à la suite de travaux nombreux et récents (pour l’énergie : Gaede, Rowlands, 2018 ; Wolsink, 2018), il apparaît qu’il existe encore des confusions importantes quant aux logiques à l’œuvre, à leur dynamique, leur complexité, leur dimension multi-niveaux, etc. Dans cette communication, nous voudrions souligner qu’il est possible d’approfondir le croisement entre ces deux perspectives, en la positionnant à un autre niveau territorial (autour des institutions et mécanismes nationaux de débat public) et à d’autres maillons de l’action publique (la mise en œuvre mais aussi la formulation des politiques publiques). Dès lors, la réflexion sur l’acceptabilité sociale n’est plus seulement centrée sur la mise en œuvre territoriale de grands projets techniques, mais peut s’ouvrir aux processus constitutifs d’une gouvernance multiscalaire des controverses socio-techniques.