Intervenants

 

2 avril 2024
13:30 – 14:15
Amphi 1

Annie Levasseur

Annie Levasseur est professeure au Département de génie de la construction de l’École de technologie supérieure et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la mesure de l’impact des activités humaines sur les changements climatiques. Elle est aussi directrice scientifique du CERIEC, le Centre d’études et de recherches intersectorielles en économie circulaire et de l’Institut AdapT sur l’environnement bâti circulaire et résilient aux changements climatiques. Elle est membre du comité consultatif sur les changements climatiques du Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec. Elle est ingénieure de procédés de formation, a travaillé pendant huit ans dans l’industrie pétrochimique avant de réorienter sa carrière vers le milieu académique. En plus de ses recherches sur la modélisation des impacts environnementaux, elle enseigne l’analyse du cycle de vie et l’intégration des aspects environnementaux et de développement durable dans les projets d’ingénierie.

La transition énergétique repose-t-elle uniquement sur la conversion vers les énergies renouvelables ?

Les énergies fossiles telles que le pétrole, le charbon et le gaz naturel, sont responsables de près de 75% des émissions globales de gaz à effet de serre. La production et la combustion de ces énergies contribuent aussi fortement à d’autres enjeux problématiques pour la santé humaine et les écosystèmes tels que la pollution atmosphérique et la perte de biodiversité. C’est pourquoi la transition énergétique en réaction à la crise climatique et environnementale actuelle passe nécessairement par la conversion vers les énergies renouvelables, mais est-ce suffisant ? Les données historiques montrent que l’augmentation de la consommation d’énergie renouvelable observée au cours des dernières années n’entraîne malheureusement pas une réduction de la consommation d’énergie fossile, car la demande globale en énergie augmente constamment. De plus, les énergies renouvelables comportent elles aussi leur lot d’enjeux environnementaux et socio-économiques. La transition énergétique doit donc reposer prioritairement sur des stratégies visant d’abord la réduction de la demande en plus de la conversion vers les énergies renouvelables. Dans ce contexte, il est impératif de prendre en compte le système énergétique dans son ensemble lors de l’élaboration de trajectoires de décarbonation.