Intervenants

 

2 avril 2024
09:50 – 10:35
Amphi 2

Johann Baron Lanteigne

Baron Lanteigne détourne les technologies numériques afin de révéler leur matérialité et leur potentiel. Les traces qui découlent de cette recherche prennent la forme de portails d’écrans sculpturaux s’ouvrant en unisson sur des mondes virtuels interconnectés. L’essence même de son travail est une émergence significative de ses nombreuses collaborations et imprégnations au sein de multiples communautés issues d’Internet. Sa démarche fait partie intégrante de collections et d’événements émanant en ligne tels que The Wrong Biennale, Real-fake.org, Electrofringe, SPAMM, Glitch Artist Collective, FeltZine, MoCDA et plusieurs autres. Une pratique créative connectée, présentée à travers le monde, dans des lieux renommés, comme le Ludwig Museum de Budapest (HU), le Centre Culturel Canadien à Paris (FR), le Centre des Arts d’Enghien-les-Bains (FR), le Gwangju Media Platform (KR), le Kunsmuseum de Bonn (BE), et biens d’autres. Le travail de Baron Lanteigne a été diffusé lors de plusieurs évènements d’arts numérique tels que ISEA 2023, Mapping Festival (CH), Mirage Festival (FR), MUTEK (CA; JP), Dutch Design Week (NL), Sónar+D (ES), CPH:DOX (DK), et la 6ème Biennale internationale d’art numérique par ELEKTRA (CA). Crédit: Elias Djemil

Comment injecter du mouvement dans la relation entre l’artiste et le médium numérique ?

Notre rapport au virtuel est inévitablement filtré par l’interface technologique qui y ajoute une friction au quotidien. Inspiré par l’improvisation musicale et l’art performance, je module ce filtre pour intensifier ou diminuer cette friction. J’explore les ambiguïtés et les imperfections qui se cachent dans les moments de transition entre ces états, où le degré de friction nous rapproche ou nous sépare du virtuel. 
Le numérique démocratise l’accès aux logiciels et à leur code source pour laisser les artistes modifier ou concevoir les outils qui teintent leurs processus créatifs. La conception de l’outil et la création avec l’outil sont deux états qui peuvent être rapprochés au point de se superposer. L’interopérabilité des outils numériques me permet d’osciller entre des périodes interdépendantes de conceptions de mon instrument audiovisuel et de jeu exploratoire qui me permet de créer des œuvres spontanées qui documentent l’évolution de cette recherche. Ce contact avec la matière virtuelle traite à la fois de l’ergonomie de la technologie, ses lacunes, ainsi que de la contorsion que l’on subit suite à son contact. En d’autres mots: je tente d’injecter du mouvement dans la relation entre l’artiste et le numérique.