Intervenants

 

3 avril 2024
13:30 – 14:15
Amphi 2

Denys Tremblay

Considéré comme l’un des premiers penseurs du périphérisme, il est l’inventeur du really-made. Quoi de mieux qu’un extrait de son imminent «avis de décès» pour présenter cet artiste à l’énergie quantique qui, comme vous le verrez sans doute, n’est pas encore mort. «…Sont également attristés momentanément par son départ, ses amis et amies qu’il a trop négligés… et tous les supporteurs ou collaborateurs de ses interventions artistiques, académiques et sociales. Signalons le Symposium International de Sculpture Environnementale de Chicoutimi de 1980 considéré comme «l’élément fondateur de l’art en régions», le sauvetage étonnant de la Maison Arthur Villeneuve et son intégration à la Pulperie, la jusque-là inconcevable fusion théorie-pratique de son doctorat-œuvre d’art en 1989, ses actions protocolaires tout aussi incroyables en tant qu’Illustre Inconnu (1983-1997) et son règne unique comme Roi de L’Anse-Saint-Jean (1997-2000), sa contribution multiforme qui a permis la transformation universitaire de l’école NAD de l’UQAC à Montréal, sa mise en abyme de son enseignement avec sa création et à son service à la collectivité qui l’a qualifié de professeur émérite, sa défense continue de causes, d’organismes, de personnes et d’artistes de son pays intime qu’est le fabuleux Royaume du Saguenay-Lac-Saint-Jean.» . Crédit photo : Nicolas Lévesque

L’énergie de l’art peut-elle nous faire « autres » ?

La conférence relate le rôle concret qu’a joué l’art dans la survie économique surprenante du village de L’Anse-Saint-Jean. Retour sur le projet Saint-jean-du-Millénaire conçu dès 1992 pour revitaliser le village et sa station de ski. Cette immense fresque végétale représentait Saint-Jean-Baptiste et sa main qui pointe vers le prochain millénaire. Ce projet impliquait un kilomètre de plantations sélectives avec essences évoquant traits, ombres et lumières aux couleurs changeantes au gré des saisons. Pour financer ce projet malgré le déluge de 1996 qui a détruit ou endommagé le tiers de ses habitations, la communauté anjeannoise n’a pas hésité à se doter d’une véritable monarchie municipale par référendum en janvier 1997. Cette performance artistique et constitutionnelle a non seulement transformé un personnage fictif l’Illustre Inconnu en véritable Roi municipal mais a permis diverses innovations toutes cautionnées par des organismes officiels (bijoux de la couronne, monnaie municipale, titres de noblesse…etc.) Décidément, l’art peut «énergiser» une communauté « autrement ».