
Stéphanie Yates est professeure titulaire au Département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), membre du Labfluens – Laboratoire sur l’influence et la communication et du Groupe de recherche en communication politique. Politologue de formation (Ph.D Université Laval 2010), elle est une spécialiste du lobbyisme, de l’acceptabilité sociale et des enjeux communicationnels qui s’y rattachent. Elle intervient régulièrement comme formatrice, consultante et experte sur ces questions. Ses recherches portent également sur la participation citoyenne et sur les stratégies de médiatisation des acteurs publics et privés lors de controverses sociotechniques, notamment en matière de santé, d’environnement et de transition écologique.
Face à la crise climatique, des choix sociétaux difficiles devront être faits, à la fois pour tenter de freiner le réchauffement de la planète et pour s’adapter aux changements climatiques. La transition des énergies fossiles vers des énergies renouvelables ou moins polluantes suscite déjà de vives tensions sociales, que l’on pense aux mobilisations citoyennes liées à l’exploitation des minéraux critiques et stratégiques (graphite, lithium) ou à l’éventuelle construction de nouveaux barrages hydro-électriques au Québec, ou encore aux taxes sur le carburant ou au retour du nucléaire en France. Les communautés riveraines appelées à subir les externalités négatives de ces projets sont souvent les premières à réagir, en dénonçant le fardeau qu’elles doivent subir au nom de la transition. Ainsi, des enjeux de justice environnementale sont au cœur des débats. Ceux-ci sont d’ailleurs appelés à s’intensifier à moyen terme, en regard de la transition non seulement énergétique, mais écologique, et de la remise en question des modes de vie des populations qu’elle implique. Ainsi, face à la crise, les populations seront vraisemblablement appelées à revoir la notion même de croissance sous-jacente à nos économies occidentales. En somme, les conflits à venir posent avec encore plus d’acuité la notion d’acceptabilité sociale. La présentation sera l’occasion de réfléchir à ces enjeux, à leurs effets sur le vivre-ensemble et aux facteurs d’acceptabilité des projets de la transition.