Intervenants

 

3 avril 2024
09:50 – 10:35
Amphi 4

Hervé Fischer

Artiste-philosophe multimédia, Hervé Fischer a initié l’art sociologique et pratique aujourd’hui le tweet art et la tweet philosophie. Son travail a été présenté dans de nombreux musées internationaux et biennales. Le centre Georges Pompidou lui a consacré une rétrospective, Hervé Fischer et l’art sociologique, en 2017. Pionnier du numérique au Québec, il a fondé en 1985 la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal, le premier Café électronique au Canada, le Marché international du multimédia, la Fédération internationale des associations de multimédia, le festival Téléscience, Science pour tous. Ses recherches portent sur l’art, la sociologie des couleurs, le numérique, les imaginaires sociaux, l’hyperhumanisme. Il a conçu le médialab québécois Hexagram. Il a publié entre autres Théorie de l’art sociologique (1977), L’Histoire de l’art est terminée (1981), Le choc du numérique (2002), CyberProméthée, l’instinct de puissance (2003), La planète hyper, de la pensée linéaire à la pensée en arabesque (2004), La société sur le divan (2007), L’Avenir de l’art (2010), La divergence du futur (2014), La pensée magique du Net (2014), Market Art (2016), Les couleurs de l’Occident. De la Préhistoire au XXIe siècle (2019), L’Âge hyperhumaniste. Pour une éthique planétaire (2019). Il a fondé la Société internationale de mythanalyse.

Qu’est-ce que l’énergie du progrès ?

Le progrès est un concept très large. Je parlerai ici du progrès collectif, un mythe instauré par la Révolution française, à la fois humain, résumé par la Déclaration des droits universels de la personne et la trilogie Liberté, Égalité, Fraternité, et technoscientifique, formulé par Condorcet, Auguste Comte, qui nous gouverne depuis le début de la révolution industrielle, notamment les usages de la machine à vapeur, de l’électricité, du nucléaire, maintenant du quantique, des énergies fossile et renouvelables, bref fondé sur les progrès de l’énergie elle-même, décarboné et abondante. Ce progrès de l’énergie est vieux comme le monde, comme le vent et le feu que Prométhée vola à Zeus et donna aux hommes, ce dont il fut cruellement puni. Nous voyons bien que dès l’origine le feu est l’énergie, le moteur du progrès technologique d’Homo fabricator, mais aussi qu’il est lié à la punition, au mal, au danger, et aujourd’hui encore. Nous en avons besoin et en même temps elle nous menace. Comment gérer bénéfiquement cette menace de plus en plus puissante ? L’écarter de nous, c’est le grand problème actuel. Nous cherchons dans la transition énergétique une solution difficile, mais durable. L’enjeu est donc à la fois pratique au niveau des usages et prend force mythique sur la destinée de l’espèce humaine, qui pourrait s’autodétruire.