
Michel Jébrak est géologue, passionné par les défis techniques et humains des ressources minérales. Il a travaillé au depuis 1987 ans comme professeur au Québec (UQAM, UQAT) et comme enseignant en France, chercheur, créateur et gestionnaire de groupes de recherche, et comme explorateur minier sur tous les continents. Ses travaux portent sur la genèse des gisements métalliques, les techniques d’exploration minière et les implications sociales et géopolitiques de l’exploitation des ressources minérales. Auteur de livres, dont le dernier sur le lithium, de plusieurs centaines d’articles et de conférences, ses travaux ont été couronnés par plusieurs prix dont le prix Barlow de la Société Royale du Canada en 2018. Il a contribué à la fondation de plusieurs groupes de recherche appliquée sur les ressources minérales au Canada. Il a aussi présidé le conseil scientifique d’Ouranos, un centre de recherche canadien sur les changements climatiques et préside actuellement celui du projet PEPR Sous-sol bien commun (BRGM-CNRS) en France.
Chaque révolution industrielle produit une réorganisation mondiale des sources des matériaux minéraux. Comme les révolutions précédentes, les mines de l’actuelle révolution énergétique se déploieront selon des contraintes géologiques et métallurgiques, et des logiques géopolitiques. Notre connaissance est encore insuffisante pour avoir un panorama complet des ressources en minéraux critiques et stratégiques, d’autant que les prix ne sont pas encore stabilisé. Les premiers gisements métalliques sont aujourd’hui relativement riches et de petite taille. Avec l’explosion de la demande, ils seront progressivement remplacés par des gisements plus gros et plus pauvres dans des environnements géologiques largement différents. A la différence des précédentes transitions, il faudra tenir compte de l’impact carbone et des externalités environnementales dans le choix des types de gisement. Si la fragmentation géopolitique mondiale s’accentue, les gisements devront en outre être situés dans des juridictions amies, ce qui imposera des stratégies allant au-delà de la simple disponibilité des ressources. Ce enjeux seront sources de tensions voire de conflits comme l’ont été le charbon, le pétrole et dans une moindre mesure l’uranium. Pour les contenir, il faudra s’appuyer soit sur de nouvelles découvertes géologiques, soit sur une meilleure organisation des marchés.