Intervenants

 

3 avril 2024
15:25 – 16:10
Amphi 3

Isabelle Choinière

Isabelle Choinière, Ph.D., est une spécialiste internationale de la recherche-création et des nouvelles scènes performatives contemporaines hybrides intégrant la technologie, ainsi qu’une artiste transdisciplinaire. Elle est également professeure-chercheure (à contrat) et est régulièrement invitée à participer à des projets de recherche sur l’impact des médias sur le corps en Europe, au Canada et en Amérique latine. Elle détient un doctorat du Planetary Collegium ‒ Transdisciplinary Space Research/Center for Advanced Inquiry in the Integrative Arts, U. of Plymouth (RU), et un postdoctorat (Boursière FRQSC 2017-19 – Fonds de recherche du Québec – Société et Culture) (Faculté des arts) de l’U. du Québec à Montréal (UQÀM). Sa thèse, rédigée en anglais, s’intitulait « Intercorporeality and technology: Toward a new cognitive, aesthetic and communicative paradigm in the performing arts ». Lors de son postdoctorat, une de ses principales réalisations fut la publication, en français (Presses de l’Université du Québec) et en anglais (Intellect Books, RU /en codiffusion aux ÉU avec The University of Chicago Press Books), d’un ouvrage collectif scientifique – un outil pédagogique – qu’elle a conçu et dirigé et dont elle est la principale autrice : « Par le prisme des sens : médiation et nouvelles réalités du corps dans les arts performatifs. Technologies, cognition et méthodologies émergentes de recherche-création » (2019, 2020). Depuis 2016, elle (co)dirige des étudiants au programme de Doctorat en études et pratiques des arts/DEPA à la Faculté des arts de l’UQÀM (thèses art, technologie, santé). Ses principales recherches-créations ont tournées dans les festivals internationaux, biennales et institutions artistiques. Elles sont également étudiées par des groupes de recherche universitaires en études de cas (Case Studies) à travers le monde (1994˗). Son travail de recherche-création pratique est considéré comme une œuvre de pionnière depuis 1994 jusqu’à aujourd’hui.

L’énergie de transmission sur scène est-elle palpable et transférable ?

Abordée dans une perspective transdisciplinaire et intersectorielle, l’énergie de transmission sur scène sera au centre de ce propos. Basé sur mes propres recherches en arts immersifs et cybercorporéités, le phénomène de cette énergie palpable – une intercorporéité – a été expérimenté. Grâce à des stratégies de déstabilisation sensorio-perceptuelle, de la restructuration ou de la réorganisation du sensible qui en découle, ainsi que de la dissolution de la frontière psychocorporelle qui en émerge, se crée la question de la référence vécue. Par quelles expériences y arrive-t-on, et donc, à quelles réalités phénoménales fait-on appel ? Quelles en sont les qualités d’existence, ou même de coexistence – concept intrinsèque à l’intercorporéité ? Grâce à des notions notamment en éducation corporelle/somatique, en psychologie sociale, en physiologie de la perception et de l’action ainsi qu’en philosophie – nourries de résonnances dans le domaine de la psychiatrie – des pistes de réponses s’organisent. La compréhension de mon propre processus de transformation, où les déplacements ontologiques du corps et du sensible ont été observés – ainsi qu’une réorganisation du savoir –, amène à une hypothèse de conclusion pressentie par Nietzche dans son approche philosophique du devenir : est-ce que ces mutations passent par le corps, soit être un corps, faire (action), risquer et créer ?