
Martin Chick est professeur d’histoire de l’économie à l’université d’Édimbourg. Il est l’auteur de trois ouvrages : Industrial Policy in Britain, 1945-51 (CUP, 1998) ; Electricity and Energy Policy in Britain, France and the United States since 1945 (Elgar 2007) ; et Changing Times : Economics and Policies in Britain since 1951 (OUP 2020). Il rédige actuellement un ouvrage sur l’interaction entre le droit et l’économie dans l’utilisation des mers.
Cette présentation met l’accent sur le rôle central et variable joué par le temps dans le développement des politiques énergétiques depuis 1945. La temporalité de la demande d’électricité est cruciale pour déterminer les besoins d’investissement de tout système d’approvisionnement en électricité. Le déséquilibre entre les coûts initiaux élevés de la plupart des investissements en matière de production d’électricité et les faibles coûts d’exploitation soulève d’importantes interrogations quant à la manière dont les coûts d’investissement initiaux seront amortis au fil du temps. Le problème d’amortissement du capital devient de plus en plus pressant, d’autant plus qu’une part croissante de l’approvisionnement en électricité provient de sources renouvelables. Aucun de ces problèmes n’est nouveau, mais ce qui a changé, c’est le cadre institutionnel dans lequel ils sont examinés. En s’appuyant sur l’histoire économique et en se concentrant sur les cas du Royaume-Uni, de la France et des États-Unis, cette présentation souligne à quel point les dispositions institutionnelles dans lesquelles les nouveaux investissements dans l’électricité sont envisagés ont considérablement changé au fil du temps. Avant 1940, les gouvernements avaient tendance à adopter des approches concessionnelles en matière d’investissement. A l’”âge d’or » de 1945-1975, la propriété et la réglementation publiques prévalaient. Dans notre monde « néolibéral » c’est la privatisation, la déréglementation et à la libéralisation qui s’installent. Modifier le contexte institutionnel a présenté à chaque fois de nouveaux défis, tant pour le développement de la politique énergétique nationale et internationale que pour le rôle joué par le temps au sein de ces politiques.