
Originaire de France, diplômé de Paris I-Sorbonne (M.A., 1986) et de l’UQÀM (PhD, 2013), Philippe Boissonnet a été professeur d’art à l’Université du Québec à Trois-Rivières de 1993 à 2022, où il a dirigé le Groupe URAV (Groupe universitaire de recherche en arts visuels). En 1983, il obtient le prix de la Fondation Elizabeth Greenshields (Montréal), puis celui de la Shearwater Foundation for the Holographic Arts (Etats-Unis) en 1998 et de la Hologram Foundation (Paris) en 2018. Ses travaux artistiques recoupent plusieurs formes et techniques expressives : dessin, photographie, copigraphie (Copy Art), holographie, art-lumière, et installation interactive. Ses créations sont axées sur une esthétique du métissage artistique et l’exploration de la transparence lumineuse. Il vise ainsi l’expression des limites de notre perception du monde, mais surtout de la fragilité du monde lui-même et du vivant qu’il abrite. Il a exposé en solo au Canada, en Europe, aux Etats-Unis, en Argentine, et il a participé à près de 100 expositions collectives (Canada, Europe, États-Unis, Chine, Amériques du sud et centrale, Japon, Australie, et Égypte).
Il arrive de plus en plus souvent que l’esthétique propre aux images holographiques se retrouve dans des productions artistiques scéniques et visuelles qui utilisent la spatialisation 3D lumineuse et vidéographique, alors qu’elles ne sont pas produites par un procédé holographique. Après avoir brièvement défini la nature physique, perceptuelle et esthétique propre aux images holographiques, je présenterai quelques exemples de pratiques pseudo-holographiques qui prennent en modèle les images holographiques, pour nourrir une utopie fantasmagorique de présence spectrale, en dédoublement du monde réel et proche de la téléportation. Suggérant ainsi notre forte fascination pour la virtualité totale des corps, ces productions démontrent l’existence d’un imaginaire collectif valorisant une énergie informationnelle lumineuse pouvant nous libérer de l’opacité charnelle, de la gravité terrestre et des distances physiques. Les œuvres pseudo-holographiques d’artistes comme David Spriggs, Slobodan Radosavljevic, de la compagnie de théâtre optique 4DArt, de la troupe chorégraphique Van Grimde Corps Secrets, ou Roseline de Thelin, mais aussi les mises en scènes virtuelles de Madonna, Michael Jackson ou Maria Callas relèvent toutes du même imaginaire. Les fictions holographiques que l’on retrouve dans des films comme Star Wars et Avatar démontrent bien cette utopie d’état énergétique désincarné.