
Jean-Sébastien Steyer est docteur en paléontologie, chercheur au CNRS et rattaché au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Il est l’un des rares spécialistes qui étudient la vie sur Terre avant les dinosaures. Il travaille par ailleurs depuis bientôt une vingtaine d’années sur les reconstitutions d’espèces disparues. Auteur de nombreux articles scientifiques, ce passionné de vulgarisation publie régulièrement des ouvrages qui font rapidement référence comme La Terre avant les dinosaures (2009), Exquise planète (2014), ou encore Demain, les animaux du futur (2015). Il est également, entre deux expéditions paléontologiques aux quatre coins du globe, chroniqueur scientifique pour les revues Pour la science et Espèces.
Les dinosaures fascinent. Petits, grands, herbivores, carnivores, quadrupèdes ou bipèdes, à cornes ou à crêtes, ils ont disparu il y a 66 millions d’années (oiseaux mis-à-part) alors qu’ils occupaient la plupart des niches écologiques terrestres. Ils avaient cette particularité commune de se déplacer avec leurs pattes situées sous le corps comme les mammifères, et non latéralement au corps comme les autres reptiles – les paléontologues parlent d’innovation évolutive. Dès les premières découvertes, les dinosaures questionnent : étaient-ils à sang chaud comme les mammifères ou à sang froid comme les reptiles ? Pour le savoir, les paléontologues observent la structure interne des os fossiles (paléohistologie osseuse) : le type de tissu osseux (fibrolamellaire, lamellaire-zonaire etc.) et les cernes de croissance (squelettochronologie) renseignent sur la physiologie de l’animal. Hier les paléontologues sectionnaient les os pour observer des lames minces au microscope. Aujourd’hui, ils les scannent (microtomographie à rayons X) pour pénétrer la structure osseuse interne. Autrefois considérés comme patauds et à sang froid, les dinosaures sont vus aujourd’hui comme des reptiles dynamiques à thermorégulation aussi poussée que diversifiée : une belle énergie au Jurassique !