
Clino Trini Castelli designer industriel, artiste et théoricien du design vit et travaille à Milan. Connu internationalement pour le design CMF (Couleur, Matière et Finitions) dont il a été l’initiateur, Castelli a introduit le renouveau « No-form » des langages plastiques appliqués aux produits industriels à travers les outils du Design Primaire. Contrairement aux méthodes de composition traditionnelles, Castelli s’est concentré sur la conception des aspects les plus intangibles de la figuration, tels que les matériaux et la couleur, la lumière et le son, soulignant les vertus d’une approche sensorielle de l’art et du design. Depuis le début des années 1970, il a été un pionnier dans la recherche sur l’identité émotionnelle des produits dans le secteur industriel. De 1978 à 1983, il crée et dirige le Colorterminal IVI à Milan : le premier centre de recherche et de services sur la technologie additive RVB. En 1983 il est l’un des fondateurs de la Domus Academy. Depuis lors, il a maintenu un engagement didactique constant dans diverses écoles et universités de design internationales, dont le Politecnico di Milano. Il est l’auteur de nombreuses publications sur la culture du design et d’articles pour d’importantes revues d’art et de design. Son travail a reçu d’importants prix européens, américains et japonais, dont deux Compasso d’Oro ADI.
Nous avons tous appris à opposer les couleurs sur un cercle. Les théoriciens les ont disposées sur des triangles, des sphères, des cubes. Découvrant peu à peu leur complexité selon d’innombrables paramètres (grandeur, saturation, fond, texture, supports, éclairages, mouvement, reflets, etc.) et mesurant leurs fréquences, nous avons envisagé d’autres typologies et modes d’identification (numérotation d’échantillons, chromatologie supposée universelle), puis avec le développement de l’informatique, des solides virtuels à cinq ou dix dimensions pour tenir compte de tous les déterminants. Cette quête de représentation visuelle des systèmes de couleurs est devenue si complexe, qu’elle n’est plus utilisable dans les usages sociaux (matières plastiques, carrosseries d’automobile, teintures textiles, crèmes et poudres de maquillage, etc.) Et c’est sans compter les significations symboliques des couleurs, les milieux de vie, les modes, qui varient selon les cultures et les époques. Nos imaginaires changent nos sensibilités chromatiques. Alors que faire pour maîtriser le langage des couleurs lorsqu’on est designer de mode, de mobilier, pour choisir la couleur des pilules pharmaceutiques, d’un immeuble d’habitation ?