
Docteur en philosophie, chercheure-associée et diplômée de l’École Normale Supérieure, Gabrielle Halpern a travaillé au sein de différents cabinets ministériels (ministère de l’Économie et des Finances, ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, ministère de la Justice), avant de participer au développement de startups et de conseiller des entreprises et des institutions publiques. Elle possède par ailleurs une formation en théologie et en exégèse des textes religieux. Elle est experte-associée à la Fondation Jean Jaurès et dirige la série « Hybridations »qu’elle a créée aux Editions de l’Aube. Ses travaux de recherche portent en particulier sur la notion de l’hybridation et elle explore cette notion dans maints domaines, que ce soit celui de l’innovation, des ressources humaines, des organisations, de l’écologie, de l’individu, de l’économie, de l’art, de la communication, du travail, de l’aménagement territorial, de la science, de l’éducation, de la littérature, de la technologie, de la politique, etc. ; de la société, au sens large. Elle est l’auteur de l’essai « Tous centaures ! Eloge de l’hybridation » (Le Pommier, 2020), de la bande dessinée « La Fable du centaure » (Humensciences, 2022, illustrée par Didier Petetin) et de l’ouvrage « Philosopher et Cuisiner: un mélange exquis – Le Chef et la Philosophe » (Editions de l’Aube, 2022, coécrit avec Guillaume Gomez).
Crédit photo : Frédérique Touitou
Cesare Pavese écrivait que « l’imagination humaine est immensément plus pauvre que la réalité » … Et si la réalité contenait des éléments que nous ne voyons pas, que nous ne percevons pas, que nous ne comprenons pas, faute de savoir le faire ou faute de vouloir le faire ? Cela ne signifierait-il pas que nous passons à côté d’une large part de notre environnement ? Notre manière d’aborder le monde repose sur une construction mentale qui s’est construite, structurée, renforcée durant des siècles : notre rationalité. Cette dernière pourrait bien avoir transformé notre cerveau en une gigantesque usine de production massive de cases en tout genre dans lesquelles nous adorons ranger la réalité en la découpant soigneusement en morceaux. Cette construction mentale serait le symptôme d’une maladie plus profonde et la crise que nous connaissons pourrait bien alors être une crise de notre rapport à la réalité… Comment nous sommes-nous construit cette manière d’aborder le monde ? Quelles sont les angoisses qui nous y ont conduits ? Ne pourrions-nous pas aborder le monde différemment ? Et si oui, comment bouleverser notre construction mentale pour penser autrement et donc nous réconcilier avec la réalité, le monde et la Nature ?