Intervenants

Alexei Grinbaum Alexei Grinbaum
Philosophe et physicien

Alexei Grinbaum est philosophe et physicien. Chercheur au laboratoire Larsim du CEA-Saclay, il est spécialiste de l’information quantique. Depuis 2003, il s'intéresse aux questions éthiques liées aux nouvelles technologies, notamment aux nanotechnologies, à l’intelligence artificielle et à la robotique. Il a été coordinateur pour la France de l’Observatoire européen des nanotechnologies et partenaire du projet européen « Recherche et innovation responsables en pratique » (RRI-Practice). Membre du Comité national pilote d’éthique du numérique et de l’IA et de la Commission d’éthique de la recherche en numérique (Cerna), il a publié « Mécanique des étreintes » (Encre Marine, 2014) et « Les robots et le mal » (Desclée de Brouwer, 2019).


Conférence : Le tirage au sort peut-il soustraire un robot au mal ?
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Paul-Painlevé

Des robots domestiques se font délateurs, des agents conversationnels injurient leurs interlocuteurs. Pire encore : des systèmes informatiques participent aux conflits humains et parfois même les provoquent. Le 18 mars 2018, un véhicule autonome de la société Uber a tué une femme qui traversait la rue dans une ville de l’Arizona. Ce fut la première mort d’un piéton provoquée par un algorithme.Qui est responsable ? La réponse à cette question compte parmi les défis les plus urgents à relever dans notre rapport aux technologies numériques. Mais il ne s’agit pas de savoir comment rendre l’intelligence artificielle bienveillante. Il s’agit de faire en sorte qu’elle ne se substitue pas à l’homme en tant qu’agent moral. Seul le recours au hasard, et ceci dès sa conception, peut libérer la machine de la responsabilité qu’on veut lui faire porter.


Dédicace : Les robots et le mal
Samedi 23 janvier 2021, 12h15 - 13h

Anca Cristofovici Anca Cristofovici
Professeur et écrivain

Anca Cristofovici est professeur en littérature et arts américains à l’Université de Caen, où elle a dirigé pendant dix ans le centre de recherches ERIBIA (Recherches sur les mémoires culturelles anglophones) et écrivain. Elle a publié des études sur la littérature américaine et sur la photographie en Europe et aux Etats-Unis. Elle est l’auteur de John Hawkes, de L’enfant et le cannibale et de Touching Surfaces. Photographic Aesthetics, Temporality, Aging (New York/Amsterdam, 2009), et co-editeur de The Art of Collaboration. Artists, Poets, Books (Victoria, Texas, 2015). Son travail a été reconnu par des bourses de la Fondation Rockefeller, Terra Foundation for American Art et The British Academy, et elle a été professeure invitée au Center for Twentieth-Century Studies, University of Wisconsin et au Simpson Center for the Humanities, University of Washington, Seattle. En tant qu'écrivain, Cristofovici a publié de la fiction en anglais et a contribué à des projets collaboratifs internationaux, entre autres, une installation exposée aux pavillons collatéraux de la Biennale de Venise. Son roman, Stela, paru aux États-Unis en 2015, a été présenté à de nombreuses manifestations et se trouve au programme du cours « Littérature & politique » à l’École des Sciences Politiques de Lille.


Conférence : L’instant est-il décisif en photographie ?
Jeudi 21 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Jean-Prouvé

Cette communication se propose d’explorer la manière dont la photographie peut contribuer à une meilleure compréhension des enjeux multiples — et souvent contrastés — de la notion de « hasard ». A partir de l’expression « l’instant décisif » consacrée par le photographe Henri-Cartier Bresson (souvent citée, mais rarement contextualisée), nous allons aborder quelques aspects des tensions entre choix délibéré et accident dans divers domaines de la photographie : épisodes de son invention ; pratiques photographiques, notamment en rapport avec la capture d’image et le choix d’une image particulière parmi toute une série présente sur la planche contact ; circulation et usages de la photographie sur divers supports et dans des contextes divers. Une référence à Trois fermiers s’en volent au bal (1985), un roman de Richard Powers inspiré par une photographie de August Sander, contribuera à étoffer l’argument principal de cette présentation issu de questions autour du choix délibéré et du hasard dans le processus créatif, des effets et possibilités formelles ouvertes par des accidents dans la production de l’image, ou encore du choix des images dans la construction culturelle des représentations.


Dédicace : Touching Surfaces: Photographic Aesthetics, Temporality, Aging
Jeudi 21 janvier 2021, 15h15 - 16h

Andràs Paldi Andràs Paldi
Chercheur en épigénétique

Andras Paldi est biochimiste et généticien. Il est chercheur, professeur à l’École Pratique des Hautes Études à Paris. Ses recherches portent sur l’épigénétique et la différenciation cellulaire. Ses travaux actuels concernent le rôle biologique des fluctuations stochastiques de l’expression génique et l’implication des mécanismes épigénétiques en lien avec le métabolisme énergétique dans le processus de différenciation des cellules hématopoïétiques.


Conférence : L’ordre cellulaire se fonde-t-il sur le hasard moléculaire ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Prouvé

La cellule vivante est le plus souvent comparée à un assemblage de machines moléculaires qui fonctionne de manière parfaitement ordonnée. De même, la différenciation cellulaire, à la base du développement embryonnaire, est considérée comme un processus contrôlé ou chaque étape se produit de façon régulée. Mais les observations sur des molécules et cellules individuelles contredisent directement la métaphore « cellule-machine ». A l’échelle moléculaire, c’est le désordre qui règne dans chaque cellule. Les déplacements, les interactions et les réactions chimiques entre les molécules individuelles sont soumis au hasard. Mais si les processus biochimiques sont probabilistes, comment expliquer qu’un ordre cellulaire peut naitre de ce désordre moléculaire ? Les évènements moléculaires élémentaires sont aléatoires, mais ils sont aussi très rapides en comparaison des changements cellulaires. C’est le nombre très élevé d’interactions moléculaires à haute fréquence et leur durée de vie très court qui crée le fonctionnement régulier à l’échelle temporelle et structurelle de la cellule. Ce principe est bien connu en physique, mais reste encore relativement nouveau pour la biologie. Penser le vivant comme une manifestation du principe de « l’ordre à partir du désordre » peut avoir des conséquences aussi bien théoriques que pratiques importantes et permet de se débarrasser de toute arrière-pensée finaliste fréquente en biologie.

Bella Schütz Bella Schütz
Pianiste

Bella Schûtz a été admise en Bachelor au Mozarteum de Salzbourg dans la classe de Jacques Rouvier en Juin 2019 à l’âge de 17 ans. Formée par Branka Balevic, elle a ensuite étudié au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris dans la classe d’Yves Henry. Bella a été primée lors de plusieurs concours : Claude Bonneton (Sète), Jeunes talents en Normandie, Feurich (Vienne, Autriche), Lagny-sur-Marne. Elle a suivi de nombreuses Master-Classes, notamment avec Tatiana Zelikman, Jay Gottlieb, Claire Désert, Vladimir Tropp et Arie Vardi. Bella se produit en tant que soliste dans des festivals tels que L’Eure poétique et musicale et le Nohant Festival Chopin. En 2020, elle joue le 3ème Concerto pour piano et orchestre de Prokofiev à l’Auditorium Coeur de Ville à Vincennes avec l’Orchestre Atelier Ostinato sous la direction de José Luis Castillo. Elle participe au Festival du Causse de Gramat aux côtés de Jean-Paul Gasparian.

Bernard Legras Bernard Legras
Chercheur en géosciences

Bernard Legras est directeur de recherche CNRS et travaille à l'Ecole Normale Supérieure au sein du Laboratoire de Météorologie Dynamique. Il s'est intéressé au cours de sa carrière à de nombreux aspects de la dynamique et la physique de l'atmosphère. Il a travaillé sur des sujets aussi variés que le trou d'ozone, les régimes de temps, le changement climatique, les tourbillons de l'atmosphère et l'océan, la circulation de la stratosphère, la mousson d'Asie et son impact. Il a récemment effectué des travaux sur l'impact des éruptions volcaniques et des grands feux de forêt et découvert que ces derniers engendraient de spectaculaires tourbillons de cendres persistant plusieurs mois. Il a publié plus d'une centaine d'articles scientifiques, collabore avec des scientifiques étrangers en Asie, en Europe et en Amérique, a encadré de nombreux élèves, présidé une section du Comité National et a été le responsable scientifique du centre national de données atmosphériques.


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé

Bertrand Laforge Bertrand Laforge
Physicien expérimental

Bertrand Laforge est professeur des Universités à Sorbonne Université. Ses recherches portent majoritairement sur l'étude des propriétés fondamentales de la matière et de ses interactions. Il est membre du Laboratoire de Physique Nucléaire et des Hautes Energies (LPNHE Paris). Après avoir étudié la structure du proton dans l'expérience H1 installée auprès de l'accélérateur HERA à Hambourg pendant sa thèse, il a rejoint l'effort expérimental mené au CERN à Genève. Il a travaillé à l'analyse des données finales de LEP2 dans l'expérience DELPHI et s'est investi dès 1997 dans la construction du calorimètre électromagnétique de l'expérience ATLAS actuellement en fonctionnement sur le Large Hadron Collider du CERN. Il a participé à la découverte du boson de Higgs en 2012, époque où il coordonnait le groupe d'analyse correspondant au LPNHE. Il mène depuis des recherches visant à découvrir la nature microscopique de la matière noire qui semble nécessaire pour expliquer l'organisation de l'Univers à différentes échelles. Par ailleurs, il mène des activités pluridisciplinaires en biologie théorique et en éducation. Depuis 3 ans, il s'investit également dans le projet de plateforme de jeux éducatifs Ikigai qui permet aux établissements supérieurs de développer de manière collaborative des contenus vidéoludiques de qualité et de les diffuser à large échelle. Crédit photo : Pierre Kitmacher, Sorbonne Université


Conférence : Le hasard organise-t-il les systèmes complexes ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Jean-Prouvé

Le comportement de la nature aux plus petites échelles semble régi par des lois de probabilités faisant qu'on n'est jamais sûr de la réaction qui va se produire quand, par exemple, on fait entrer en collision deux particules élémentaires. Aux plus grandes échelles, la nature donne le sentiment de produire des phénomènes reproductibles à tel point qu'on a longtemps eu une vision déterministe du monde telle qu'elle s'exprimait dans la mécanique Newtonienne. La physique statistique donne une explication rationnelle à cet apparent paradoxe en invoquant des effets de moyennage des effets aléatoires au niveau microscopique qui produisent des états macroscopiques reproductibles. Elle permet notamment d'avoir une vision de la génération de l'ordre par le désordre. Cette vision marche très bien pour expliquer les propriétés des gaz parfaits ou les propriétés magnétiques au sein des matériaux mais peine à donner des outils complets pour aborder l'organisation de systèmes complexes comme les organismes vivants ou les sociétés dans lesquels des propriétés émergentes sont observées mais ne peuvent pas être expliquées par une vision auto-organisatrice du système. Dans cet exposé, j'aborderai la question du rôle que jouent sur son organisation les contraintes qui s'appliquent à un système complexe possédant une dynamique probabiliste aux petites échelles.

Caroline Granger Caroline Granger
Doctorante en études américaine

Caroline Granger est doctorante en études américaines au centre de recherches ERIBIA (Université de Caen Normandie) où elle défend une approche transdisciplinaire qui lie le mouvement dansé de l’humain à son environnement. Passionnée par la danse américaine du vingtième siècle et plus précisément par les œuvres chorégraphiques de Merce Cunningham, elle construit son travail de recherches éco-poétiques autour de la notion de « Torsions ». En 2019, elle reçoit une aide à la recherche doctorale de l’Institut des Amériques pour se rendre à New York et poursuivre ses travaux in situ. Caroline prend alors le parti de se rapprocher de son sujet en menant des entretiens avec des danseurs et chorégraphes. Ce « corps à corps » avec son sujet l'amène à participer à des ateliers et projets artistiques.


Conférence : Quelle est la nature du hasard dans la danse ?
Samedi 23 janvier 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Jean-Prouvé

Le mot « hasard » est souvent associé au processus de création adopté par Merce Cunningham. Cependant, il n’a pas été analysé sous ses différents aspects, de la création à la performance. En se concentrant sur la pièce Rainforest (1968), cette conférence propose d’étudier les multiples manifestations du « hasard » qui accompagnent les métamorphoses de la pièce. Tout d’abord, nous porterons notre regard sur les processus aléatoires répertoriés dans les carnets du chorégraphe : quelles sont les choix soumis aux lancers de dés ? Puis, nous nous concentrerons sur la transmission depuis ces notes personnelles vers les corps, comment s’animent-elles ? Quelles torsions les danseurs doivent-ils réaliser pour les incarner ? Vient alors le temps de la représentation et du partage de l’espace scénique dans lequel dialoguent les œuvres musicales, plastiques et chorégraphiques. Ces rencontres expérimentales provoquent, ce que Robert Rauschenberg appelle « des accidents », des situations inattendues à l’intérieur desquelles les danseurs doivent s’adapter. Le « hasard », mène-t-il alors à l’improvisation ? Pour conclure, nous étudierons une expérience de spectatrice à travers une lecture éco-poétique du poème Rain Forest d’Alexandra Grilikhes et envisagerons le « hasard » par le prisme de la magie.

Catherine Maunoury Catherine Maunoury
Présidente Aéro-Club de France

Dès son plus jeune âge, Catherine Maunoury s'est intéressée aux avions. Elle n'a que huit ans quand son père, médecin pilote, l'emmène voler pour la première fois. Encouragée par lui, elle a quinze ans pour son premier vol en solo et devient la plus jeune pilote brevetée à 17 ans. Sa passion la mène au plus haut niveau de la compétition : elle accumule les titres aux championnats de France, d'Europe et du monde et se situe toujours aujourd'hui parmi les meilleures femmes pilotes au niveau mondial. Aujourd'hui, Catherine Maunoury est présidente de l'Aéro-Club de France.


Conférence : La voltige aérienne laisse-t-elle de la place au hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 9h15 - 10h — Amphi Abbé-Grégoire

Avant le plaisir de décoller à bord d’un avion de voltige, je procède toujours à une minutieuse check-list : en aviation, rien ne peut ni ne doit être laissé au hasard. Bien des innovations aéronautiques sont pourtant le fruit de ce hasard. Depuis l’aérostat des frères Montgolfier, il a fallu, il faut toujours laisser place au hasard pour découvrir et explorer de nouveaux territoires, pour permettre l’émergence et le développement de l’aviation. Pour autant, le souci d’éviter l’échec et les accidents, de maîtriser les risques en ne lui laissant aucune place, a toujours été au centre des préoccupations des acteurs de l’aviation, de la conception des avions à l’organisation de la navigation aérienne ou à la connaissance de la météorologie. A certains, le simple fait de voler en avion, semble encore laissé au hasard des croyances, d’un dieu ou d’une bonne fée qui tirera au sort ceux qui doivent être rescapés d’un vol. Nous savons bien qu’il n’en est rien mais que le risque zéro n’existe pas en aviation et qu’il faut toujours se méfier des événements qui peuvent survenir par hasard, sans qu’il soit possible de les prévoir ni de les prévenir pour réduire autant que possible toutes les sources d’éventuelles défaillances. Alors, la voltige aérienne laisse-t-elle de la place au hasard ? Parfois, en tout cas en compétition, lors du tirage au sort de l’ordre de passage des concurrents d’un championnat du monde ! Mais une fois tout vérifié... alea jacta est !

Cécile Malaspina Cécile Malaspina
Philosophe

Cécile Malaspina est philosophe, directeur de programme au Collège International de Philosophie (CIPh), Paris, et Visiting Research Fellow à King’s College London, accueilli par les départements de Digital Humanities et du département de Français elle y présente le séminaire ‘An Aesthetics of Noise’ pour le CIPh. Elle a obtenu son doctorat en épistémologie, philosophie et histoire des sciences et des techniques, au sein du laboratoire Sphère (Université de Paris), à l'Université Paris 7 Denis Diderot. Son livre An Epistemology of Noise est paru chez Bloomsbury Academic en 2018. Elle est traductrice principale de Gilbert Simondon, Du mode d’existence des objets techniques, (On the Mode of Existence of Technical Objects), paru en 2017 chez Minnesota University Press / Univocal.


Conférence : La relation est-elle le résultat d'un hasard constitutif ?
Vendredi 22 janvier 2021, 12h15 - 13h — Amphi Jean-Prouvé

Gilbert Simondon, connu pour sa philosophie de la technique, s’est également intéressé à la métaphysique et notamment au problème de l’individuation. Or Simondon renverse non seulement la notion de l’individu, mais également la logique de la relation. Depuis Aristote, la relation avait été pensée comme accident. Elle est ce qui peut avoir lieu ou ne pas avoir lieu. C’est ici que l’intervention Simondonienne est décisive. La relation ne sera plus ce qui arrive de façon fortuite à un sujet autonome, elle devient constitutive du sujet. Plus précisément, elle catalyse un devenir co-évolutif de l’individu et de son milieu. Le sujet n’est alors plus un substrat autonome. Son émergence dépend, au contraire, d’une relation que Simondon nommera transindividuelle. Ces questions métaphysiques peuvent avoir une allure anachronique. Il n’en est rien. Ils sont, au contraire, appelées par la crise à laquelle se confronte la philosophie des techniques contemporaine. L’autonomie du sujet ne va plus de soi. Notre co-évolution progressive avec le monde naturel est en question. La relation qui nous lie, à travers l’intermédiaire technique au monde naturel, suscite davantage l’image de l’accident, sinon de la catastrophe. Peut-être est-il temps d’envisager la relation qui lie notre destin au monde naturel comme un hasard constitutif ? Une contingence nécessaire qui appelle à notre plus grande sollicitude ?


Dédicace : An Epistemology of Noise
Vendredi 22 janvier 2021, 13h - 13h45

Christian Viviani Christian Viviani
Chercheur en histoire du film américain

Christian Viviani est Professeur émérite de l’Université de Caen-Normandie. Spécialiste du cinéma américain et de l’acteur. Il est coordinateur et rédacteur de la revue Positif. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Ernst Lubitsch (avec N. T. Binh, 1992, prix du meilleur livre de cinéma 1992) et Le Magique et le Vrai, l’acteur de cinéma sujet et objet *(prix du meilleur livre de cinéma 2015), en France. Il est contributeur à *Home Is Where the Heart Is (sous la direction de Christine Gledhill, BFI, 1987, réédition 2002) et à Journeys of Desire (sous la direction de Ginette Vincendeau et Alastair Phillips, BF1, 2006) à l’étranger. Christian Viviani responsable de l’édition 2011 du Larousse du Cinéma traducteur de Acting in the Cinéma de James Naremore (Acteurs, le jeu de l’acteur au cinéma, P.U.R., 2014).


Conférence : Le mélodrame à italienne est-il le fait du hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 12h15 - 13h — Amphi Jean-Prouvé

Le mélodrame est dans l’ADN de la culture italienne. Bien que présent dès les origines (le cinéma des dive, les péplums muets, les sérials d’Emilio Ghione), le mélodrame s’est développé notablement en parallèle avec le fait néoréaliste, dont il proposait souvent une version « grand public ». Entre 1945 et 1960, on a vu une prolifération de films mélodramatiques qui n’étaient guère des productions populaires à petit budget. Des cinéastes rares comme Michelangelo Antonioni ou Luchino Visconti y ont contribué, ainsi que des acteurs de prestige comme Lucia Bosè, Raf Vallone, Silvana Mangano ou Vittorio Gassman ou des écrivains de renom comme Alberto Moravia ou Pier Paolo Pasolini. S’y sont également révélés des réalisateurs singuliers comme Vittorio Cottafavi, Riccardo Freda ou, sans doute le maître du genre, Raffaello Matarazzo. Parmi les multiples formes cinématographiques du genre, l’italienne rejoint les formes latino-américaines ou hindi par la sollicitation sans alibi des coups du sort, des coups de théâtre, des surprises, des miracles, c’est à dire du hasard. L’étude de quelques formes de ce fatum constituera le fil rouge de la présente intervention.


Dédicace : Le magique et le vrai : L'acteur de cinéma, sujet et objet
Jeudi 21 janvier 2021, 13h - 13h45

Cyril Rigaud Cyril Rigaud
Pilote - Conseiller scientifique

Né en Provence, après une enfance et une adolescence les yeux levés vers le ciel, des études scientifiques et un brevet de pilote en poche dès 17 ans, Cyril Rigaud s'engage dans l'Armée de l'air en juin 1995 en tant que pilote d'avion de transport. Initialement en charge de missions de soutien et d'entraînement des forces en métropole, dans les départements d'outre-mer et à l'étranger, il devient instructeur de 2006 à 2008. Il rejoint ensuite l'escadron de transport des hautes personnalités de l'État pour des missions de transport gouvernemental et pour des évacuations sanitaires, jusqu'en 2013. Depuis début 2016, il est copilote bombardier d'eau sur Canadair CL 415 au sein de la Sécurité civile.


Table ronde : Aimons-nous jouer avec le hasard ?
Vendredi 22 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé

Daniel Nicholson Daniel Nicholson
Historien et philosophe des sciences

Daniel J. Nicholson est professeur assistant à l'université George Mason (Virginie, États-Unis) et chercheur invité au "Centre for the Conceptual Foundations of Science" (Sydney, Australie). Auparavant, il a travaillé à l'Institut Konrad Lorenz (Vienne, Autriche), à l'Institut Cohn pour l'histoire et la philosophie des sciences et des idées (Tel Aviv, Israël) et au Centre pour l'étude des sciences de la vie (Exeter, Royaume-Uni). Son travail se caractérise par une approche intégrée et fortement interdisciplinaire de l'histoire et de la philosophie de la biologie. Ses recherches actuelles se concentrent sur l'ontologie des systèmes vivants, en particulier sur la manière dont les organismes diffèrent d'autres systèmes organisés complexes comme les machines, et sur les implications de ces différences pour la théorie biologique. Il s'intéresse également de longue date à l'histoire des réflexions théoriques et philosophiques sur la biologie.


Conférence : Le hasard va-t-il tuer l'Animal-Machine ?
Vendredi 22 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Paul-Painlevé

Le célèbre biologiste évolutionniste Richard Lewontin a souligné que "la biologie actuelle est la réalisation de la célèbre métaphore de l'organisme en tant qu'animal-machine élaborée par Descartes". De fait, on peut décrire l'histoire de la biologie moderne comme l'histoire du succès de la conception de l'organisme en tant qu'animal-machine. Cependant, les failles de cette vision déterministe sont de plus en plus évidentes. Un défi important se dessine en biologie cellulaire, un domaine longtemps caractérisé par des références aux "circuits", aux "programmes", aux "moteurs", etc. Les biologistes cellulaires ont recours à des métaphores mécanistes pour conceptualiser les structures et les processus microscopiques qu'ils étudient, car les machines sont des objets macroscopiques familiers et intuitivement intelligibles de notre expérience quotidienne. Le problème est que nos intuitions mécanistes échouent souvent lorsque nous essayons de saisir la forme et la fonction des cellules, car celles-ci existent dans un monde qui nous est totalement étranger. Il s'agit d'un monde très étrange, où l'effet de la gravité est négligeable, mais où règne la dynamique aléatoire du mouvement brownien. L'importation des concepts de l'ingénierie en biologie cellulaire a peut-être été une bonne idée dans le passé, mais il est maintenant de plus en plus reconnu que ceux-ci sont plus susceptibles d'induire en erreur que d'éclairer, car ils projettent sur le monde microscopique désordonné et stochastique des cellules des caractéristiques qui ne sont physiquement possibles que dans le monde macroscopique ordonné que nous (et nos machines) habitons.

David Elbaz David Elbaz
Astrophysicien

David Elbaz, astrophysicien, est directeur de recherche au Commissariat à l'Energie Atomique et aux Énergies Alternatives (CEA Saclay). Il étudie la formation des galaxies avec un intérêt particulier sur le rôle de la poussière d'étoiles, des trous noirs galactiques et des familles de galaxies que sont les amas de galaxies. Ses travaux ont été primés par l’Académie des Sciences (prix Jaffé 2017) et par la société américaine d’astronomie (prix Chrétien 2000). Il est membre de l'Académie Européenne des Sciences (Academia Europaea) et des Highly Cited Researchers (1% des chercheurs) selon le Web of Science (Clarivate Analystics). Il est le directeur de rédaction de la revue scientifique Astronomy & Astrophysics qui est à l’origine la revue de l’astrophysique européenne et s’est étendue à 28 pays membre. Parallèlement à ses travaux de recherche, il participe à la diffusion des sciences au travers de conférences, livres, spectacles, documentaires, émissions de radio. Son dernier livre "À la recherche de l'univers invisible: matière noire, énergie noire, trous noirs" (2016 éditions Odile Jacob) a reçu le Prix du livre Science & Philosophie 2017 de l’association X-Philo de l’école Polytechnique et a été nominé pour le prix le Goût des Sciences 2017 du Ministère de la recherche.


Conférence : L'univers est-il beau par hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

"L’univers n’est pas obligé d’être beau, et pourtant il est beau. La beauté reste un mystère. Après tout, l'univers pourrait n’être que vrai." a écrit François Cheng. Comment l'univers a-t-il engendré les formes des galaxies, des étoiles et des planètes ? Étrange hasard dans un monde dont on dit qu'il tend vers toujours plus de désordre. En y regardant de plus près, on s'aperçoit que l'émergence de la complexité et de l'unicité des formes, donc de la beauté, est une conséquence naturelle, universelle, et même fatale des lois de la physique. Derrière l'éternel combat entre universalité et particularité se cachent des composantes invisibles, des liens entre les étoiles et les galaxies que l'on découvre à peine aujourd'hui et qui semblent détenir une part du secret de l'émergence de la beauté. Les astronomes ne disposent que de quelques particules de lumière pour dévoiler ces liens invisibles, mais il n'est de forme qui ne soit née sans générer de la lumière dans un univers qui tend vers toujours plus de lumière.


Dédicace : À la recherche de l’Univers invisible : matière noire, énergie noire, trous noirs
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 - 16h

Denis Noble Denis Noble
Biologiste

Les recherches de Denis Noble portent sur l'utilisation de modèles informatiques d'organes et de systèmes d'organes biologiques pour interpréter les fonctions au niveau moléculaire mais aussi de l'organisme entier. Grâce à des collaborations internationales, son équipe a utilisé des super ordinateurs pour créer le premier organe virtuel : le cœur virtuel. En tant que secrétaire général de l'Union internationale des sciences physiologiques de 1993 à 2001, Denis Noble a joué un rôle majeur dans le lancement du projet Physiome, un projet international visant à utiliser des simulations informatiques pour créer les modèles physiologiques quantitatifs nécessaires à l'interprétation du génome. Il a été élu président de l'UISP lors du congrès mondial à Kyoto en 2009. Denis Noble est également un philosophe de la biologie. Il est l'auteur de The Music of Life et de Dance to the Tune of Life, des ouvrages populaires qui remettent en question les interprétations de la biologie moderne centrées sur les gènes. Il considère les gènes comme de simples modèles pour fabriquer les protéines dont nous avons besoin. Les gènes sont contrôlés par nous, et cela inclut leurs variations aléatoires. Il est professeur émérite à l'université d'Oxford.


Conférence : Le hasard a-t-il le dernier mot dans le vivant ?
Vendredi 22 janvier 2021, 15h15 - 16h — Amphi Jean-Prouvé

Comment la notion de but peut-elle exister si tous les comportements sont déterminés ? Le simple fait d'ajouter le hasard à notre vision du monde ne résout pas, en soi, ce questionnement. Il est nécessaire d'avoir recours une vision systémique multi-échelle de la biologie pour prendre en compte les processus de contrôle par lesquels le caractère aléatoire - à tous les niveaux - peut être exploité et donc utilisé par les organismes. La finalité des organismes peut alors émerger naturellement, selon la façon dont fonctionne l'exploitation physiologique.


Dédicace : Dance to the Tune of Life
Vendredi 22 janvier 2021, 16h - 16h45
Dédicace : La Musique de la vie. La biologie au-delà du génome
Vendredi 22 janvier 2021, 16h - 16h45

Estelle Honnorat Estelle Honnorat
Journaliste d'investigation

Estelle Honnorat a un sens aigu de l'observation, un goût prononcé pour la culture et une insatiable curiosité. Violoniste, joueuse d'échecs et à l'aise dans la pratique du karaté, elle a choisi de devenir journaliste d'investigation. Après avoir suivi les classes préparatoires aux grandes écoles (économiques et commerciales), elle intègre l'Ecole supérieure de journalisme de Paris et se spécialise en radio. Elle obtient ensuite un Master 2 de la City, University of London. Sa passion : questionner le monde, permettre et faciliter son expression.


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Etienne Klein Etienne Klein
Physicien et philosophe

Ancien élève de l'École centrale de Paris et docteur en philosophie des sciences, Etienne Klein dirige au CEA le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière. Il est professeur à l'ECP et anime l'émission La conversation scientifique sur France Culture. Dès 1994, il publie Conversations avec le Sphinx. Les paradoxes en physique, son premier ouvrage. De nombreuses publications suivent dont Il était sept fois la révolution. Albert Einstein et les autres… en 2005, Le facteur temps ne sonne jamais deux fois en 2007, Discours sur l'origine de l'Univers en 2010, Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde en 2011, D'où viennent les idées (scientifiques) ? et En cherchant Majorana. Le physicien absolu, en 2013, Le monde selon Étienne Klein en 2014... Il a participé à Objectif Mont-Blanc, sur les traces d'un géant, émission produite par Arte en 2015. Alpiniste et adepte des sports d'endurance, il prend le départ, depuis plusieurs années, des courses de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc. Etienne Klein est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2010 puis officier dans l'ordre national du Mérite et commandeur des Palmes académiques en 2014.


Conférence : Qu'est-ce que le hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

D’où provient telle chose ? Quelle est la cause de ceci ou de cela ? Comment pareil événement a-t-il pu se produire ? Comment expliquer tel phénomène étrange ? Chaque fois qu’on tente de répondre à ce genre de questions, on voit se mettre en place un chemin vers un puits sans fonds, car on ne peut expliquer un événement qu’en lui ajoutant sa propre antériorité, et ainsi de suite : quelque point de départ qu’on choisisse, il apparait chaque fois comme n’étant pas une authentique cause puisqu’il demande à être lui-même fondé, c’est-à-dire présenté comme étant lui-même l’effet d’une autre cause, et ainsi de suite. C’est ainsi que la notion de causalité vient poser d’épineux problèmes philosophiques qui constituent le contrepoint de ceux soulevés par l’idée de hasard : hasard et causalité sont en effet corrélés au sens où le premier se déploie dans l’ombre de l’autre. Invoquer le hasard, c’est presque toujours admettre qu’il y a une difficulté à identifier une explication causale. Le hasard correspond en quelque sorte au purgatoire de la causalité. Mais ce purgatoire existe-t-il vraiment ?


Table ronde : Aimons-nous jouer avec le hasard ?
Vendredi 22 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé
Dédicace : Ce qui est sans être tout à fait
Jeudi 21 janvier 2021, 12h15 - 13h
Dédicace : Matière à contredire
Vendredi 22 janvier 2021, 17h30 - 18h15

Eymard Houdeville Eymard Houdeville
Ingénieur

Eymard Houdeville est ingénieur centralien en machine learning et titulaire d'un master de philosophie contemporaine co-habilité par l'École normale supérieure et l'Ecole des hautes études en science sociale. Aujourd'hui en stage de recherche chez Idemia, son travail porte sur l'étude de nouvelles architectures de réseaux de neurones en vision par ordinateur. En philosophie, Eymard s'intéresse à la philosophie des sciences et à l'épistémologie de l'analyse de données : quelle est la place du principe de simplicité dans des expériences qui brassent des gigaoctets de données ? Son mémoire de fin d'études porte sur la production d'ignorance et la crise de non-reproductibilité en sciences contemporaines : comment expliquer l'invasion de corrélations absurdes et de résultats fallacieux en sciences contemporaines ? Soucieux des conséquences sociales et politiques de ces nouvelles façons de connaître et donc d'agir, Eymard a participé à plusieurs projets de vulgarisation scientifique et a notamment entrepris un tour d'Europe des hackerspaces en 2016. Eymard est également diplômé d'une licence de mathématiques de la Sorbonne et de Sciences Po Paris.

Francis Rocard Francis Rocard
Astrophysicien

Francis Rocard est astrophysicien, spécialisé en planétologie. Il débute sa carrière comme planétologue au CNRS et a participé aux missions VEGA de survol de la comète de Halley en 1986 et PHOBOS-88 d'étude minéralogique de la surface de Mars. En 1989, il entre au Centre national d’études spatiales (CNES) où il est responsable des Programmes d'exploration du Système solaire. A ce titre, il a suivi la réalisation de toutes les missions d’exploration des planètes où la France est impliquée : Mars-96, Mars Express, Curiosity, InSight, ExoMars d'exploration de Mars, Cassini-Huygens d'étude du système de Saturne et de son satellite Titan en coopération avec l'Agence spatiale européenne et la NASA, Rosetta et Philae, mission d'étude d'une comète avec l'ESA, BepiColombo, mission européenne d’étude de Mercure avec le Japon, JUICE d’étude des lunes glacées de Jupiter et 1ère mission européenne vers le Système solaire externe, mais aussi JUNO, New Horizons, Hayabusa-2, Osiris-Rex, Dawn, etc.


Conférence : Comment gère-t-on le hasard quand on explore les planètes ?
Vendredi 22 janvier 2021, 12h15 - 13h — Amphi Paul-Painlevé

Le spatial et le hasard ne font pas bon ménage, c’est une évidence. "fly as you test and test as you fly" est plutôt la règle. L’imprévu doit être évité à tout prix. On se doit de tout prévoir même le pire. Cela concerne les cas dégradés suite à une panne qui oblige à fonctionner sur 3 pattes. Mais le hasard est souvent présent car explorer c’est partir à la découverte de l’inconnue qui par définition est … imprévue. Quand on se pose sur le sol d’un nouveau monde, on ne peut pas tout maitriser et le hasard fait partie du risque que les ingénieurs doivent traduire en robustesse. Quand il y a 20 ans, le JPL étudiait un atterrisseur sur une comète, il devait considérer que le sol pouvait être aussi dur que du béton ou aussi mou que de la neige poudreuse. Cela traduisait notre totale ignorance des comètes. Aujourd’hui avec Rosetta, on est capable de réduire considérablement le champ du possible pour la dureté du sol. Ce projet n’a jamais abouti car le risque lié au hasard était trop important. La notion de cas pire est très importante dans le spatial, elle fixe les limites du possible et permet aux ingénieurs de travailler. Divers exemples seront présentés ou le hasard a eu des conséquences heureuses ou malheureuses.


Dédicace : Dernières nouvelles de Mars : La mission du siècle
Vendredi 22 janvier 2021, 13h - 13h45
Dédicace : Mars, Une exploration photographique
Vendredi 22 janvier 2021, 13h - 13h45

François Forget François Forget
Astrophysicien

Francois Forget est un astrophysicien, spécialiste de l’exploration du système solaire et des environnements planétaires. Il est directeur de recherche au CNRS et membre de l'Académie des sciences. Après avoir soutenu sa thèse sur l'étude de la planète Mars en 1996, François Forget devient chargé de recherche CNRS en 1998. Il crée l'équipe « planétologie » du Laboratoire de météorologie dynamique (LMD) en 2003 puis il dirige le pôle « Système solaire » de l'Institut Pierre-Simon-Laplace de 2009 à 2017. Il travaille à la NASA entre 2004 et 2005 et devient directeur de recherche CNRS au LMD en 2010. Il est impliqué dans de nombreuses missions spatiales comme Mars Express (ESA), l'ExoMars Trace Gas Orbiter (ESA), New Horizons (NASA), Insight (NASA) ou le Rover ExoMars (ESA). Il étudie le climat et les atmosphères sur les planètes telluriques du système solaire (Mars, Vénus, Pluton, Titan, Triton) et sur les exoplanètes. Pour ce faire, il a développé des modèles numériques conçus pour simuler les environnements sur ces planètes afin d’analyser les observations spatiales, préparer les missions robotiques, étudier l’habitabilité des exoplanètes et mieux comprendre la Terre.


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 21 janvier 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

François Taddei François Taddei
Directeur Centre de Recherches Interdisciplinaires

François Taddei est polytechnicien, ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et Forêts, docteur en génétique moléculaire et cellulaire. Il est directeur du département frontières du vivant et de l’apprendre de l’Université Paris Descartes et le fondateur et directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI) qui vient d’inaugurer des locaux de près de 7000m2 dans le Marais. En 2012, il est lauréat de l'appel d'offre sur les initiatives d'excellence en formations innovantes (IDEFI). En 2013, il initie Les Savanturiers - l'école de la Recherche, programme éducatif développé par le Centre de Recherches Interdisciplinaires, qui œuvre pour la mise en place de l'éducation par la recherche dans l’École : primaire, collège et lycée. En 2014 il devient titulaire de la chaire UNESCO "sciences de l'apprendre". Il a reçu divers prix nationaux (Prix de la recherche fondamentale à l’Inserm et Prix Liliane Bettencourt pour les Sciences du Vivant, prix Montgolfier) et internationaux (European Young Investigator Award, Human Frontier Science Program) pour ses publications dans les meilleures revues mondiales comme Nature, Science, Cell, PNAS, PLoS… Chevalier de l’ordre des palmes académiques et des arts et des lettres, il a été membre du Haut Conseil de l’Education et des Conseils scientifiques d’Universcience, et de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire. En 2018, il a remis aux ministres du Travail, de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation un rapport sur la société apprenante et a publié Apprendre au 21ème siècle chez Calmann Lévy.


Conférence : Comment augmenter les chances d'apprendre à relever nos défis ?
Samedi 23 janvier 2021, 16h - 16h45 — Amphi Abbé-Grégoire

en cours


Dédicace : Apprendre au 21ème siècle
Samedi 23 janvier 2021, 16h45 - 17h30

Gautier Depambour Gautier Depambour
Doctorant en histoire des sciences

Ancien élève de l'École CentraleSupélec, Gautier Depambour est actuellement étudiant en thèse d'histoire de la physique au laboratoire SPHere (Sociologie, Philosophie, Histoire des sciences) à l'Université de Paris. Lors d'une année de césure, il a eu l'opportunité de travailler cinq mois au Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN) pour le groupe de communication du détecteur ATLAS ; en parallèle, il a réalisé un projet de machine learning appliqué à la physique des particules. Il a également passé six mois au sein du groupe d'électrodynamique quantique en cavité du Laboratoire Kastler-Brossel, au Collège de France, dans le cadre de son master 2 de nanophysique. Enfin, soucieux de faire connaître la science au plus grand nombre, il est impliqué dans différents projets de vulgarisation scientifique : il a notamment réalisé le site du philosophe des sciences Etienne Klein, et a écrit un livre pour raconter son expérience au CERN, intitulé Une journée au CERN.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Georges Lewi Georges Lewi
Spécialiste des marques

De double formation en lettres classiques et marketing, Georges Lewi s'intéresse très vite à la vie des marques et commence ses premiers travaux de recherche sur le cycle de vie des marques avec son premier ouvrage Sale temps pour les marques. Il analyse un phénomène paradoxal : certaines marques jeunes vieillissent prématurément et des marques centenaires se portent très bien. Auteur désormais d'une quinzaine de livres, il est considéré comme un des meilleurs spécialistes européens du branding. Il a enseigné au sein de la Haute école de commerce (HEC) de Paris, au CELSA (École des hautes études en sciences de l'information et de la communication, université Paris 4 - Sorbonne), dispense ses connaissances en conférences et en consulting auprès des grandes entreprises où il a traité environ 500 cas. Ses travaux sur le storytelling lui ont valu de nombreuses distinctions.


Conférence : Le hasard a-t-il sa place en marketing ?
Jeudi 21 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

A priori, le marketing, ensemble de techniques visant à connaître puis à influencer le consommateur, n’a rien à voir avec le hasard que les études de marché essayent de conjurer. Le marketing a des prétentions scientifiques à la modélisation. Or pas mal de produits sont fruits du hasard, de la sérendipité, le nom des marques est souvent pur hasard, et la stratégie gagnante contredit souvent les études les plus poussées. Le marketing ne serait-il, en fait, le meilleur ou le pire fruit du hasard ? Bien des doxas risquent d’être malmenées au cours de cette intervention...


Dédicace : Devenir une marque mythique
Jeudi 21 janvier 2021, 15h15 - 16h
Dédicace : Bovary 21
Vendredi 22 janvier 2021, 12h15 - 13h

Gérald Bronner Gérald Bronner
Sociologue et écrivain

Gérald Bronner est Professeur de sociologie à l'université de Paris-Diderot et membre de l’'Académie des technologies. Il travaille sur les croyances collectives, les erreurs de raisonnement et leurs conséquences sociales. Il a publié plusieurs ouvrages sur ces questions dont L'empire des croyances (Puf, Paris, 2003) couronné d'un prix par l'Académie des Sciences Morales et Politiques, La pensée extrême (Denoël, Paris, 2009) pour lequel il a reçu le prestigieux prix européen des sciences sociales d'Amalfi et, plus récemment, L'inquiétant principe de précaution (avec E. Géhin, Puf, Paris, 2010) et La démocratie des crédules pour lequel il a reçu de nombreux prix (Prix de la revue des deux Mondes, Prix Sophie Barluet CNL, Prix de l’'Union rationaliste, Prix des Lumières). Son dernier livre publié est La pensée extrême – Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques (Puf, Paris, 2015) pour lequel il a reçu le prestigieux EUROPEAN AMALFI PRIZE For Sociology and Social Sciences. Il est l'auteur de Cabinet de curiosités sociales, (Puf, Paris, 2018) et Déchéance de rationalité, (Grasset, 2019). Il a publié plus de nombreux articles dans des revues scientifiques internationales et est chroniqueurs pour Le Point, Pour la science et l’'émission 28 minutes sur Arte. Le 26 septembre 2017, il est élu membre de l’Académie nationale de médecine.


Conférence : Devinerez-vous de quoi cette conférence va vous parler ?
Vendredi 22 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Les productions naturelles du hasard suscitent souvent une surprise car nous nous en faisons une mauvaise représentation. Elles revêtent parfois un caractère contre-intuitif en ce sens elles attirent souvent notre attention qui est devenue une denrée monnayable. La surprise, en effet, est une bonne stratégie pour attirer l'attention de notre cerveau. Cette conférence explorera certains aspects de cette incomplétude cognitive qui nous pousse à consacrer notre disponibilité mentale à des objets qui n'en valent pas toujours la peine.

Gérard Berry Gérard Berry
Professeur et écrivain

Ancien élève de l’École polytechnique, ingénieur général du corps des Mines, membre de l’Académie des sciences, de l’Académie des technologies et de l’Academia Europaea, Gérard Berry a été chercheur à l’École des mines de Paris et à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) de 1970 à 2000, directeur scientifique de la société Esterel Technologies de 2001 à 2009 puis directeur scientifique de l’Inria et président de la commission d’évaluation de cet institut de 2009 à 2012. Il tient la chaire Informatique et sciences numériques au Collège de France depuis 2012, après y avoir tenu deux chaires annuelles en 2007-2008 et 2009-2010. Sa contribution scientifique concerne quatre sujets principaux : le traitement formel des langages de programmation et leurs relations avec la logique mathématique, la programmation parallèle et temps réel, la conception assistée par ordinateur de circuits intégrés, et la vérification formelle des programmes et circuits. Il est le créateur du langage de programmation Esterel.


Conférence : Comment peut-on mal jouer au Loto ?
Vendredi 22 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

Il était une fois, dans ce dernier quart du 20e siècle qui nous paraît si loin maintenant, un groupe d’informaticiens et de mathématiciens enflammés par une discussion torride sur un sujet d’importance majeure : faut-il ou non jouer au Loto, c’est à dire avoir une probabilité infime de gagner énormément ? Les arguments pour ou contre des uns et des autres défilèrent avec une mauvaise foi confondante, habituelle dans ce type d’assemblée. Au bout de quelques heures, une conclusion s’imposa : aucun argument rationnel définitif ne pouvait être invoqué pour l’une quelconque des deux alternatives. Cependant, deux propriétés apparurent certaines.


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 21 janvier 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Gérard Lambert Gérard Lambert
Médecin, journaliste scientifique, essayiste

Docteur en médecine, il crée une antenne SOS Médecins dans la Yvelines en 1985 avec, pendant 8 ans, une pratique de l’urgence médicale en ville et des responsabilités de gestion de la structure. A partir de 1992 il devient journaliste dans la presse médicale spécialisée et publie de nombreux articles dans la presse grand public. Il est aujourd’hui directeur des rédactions du LEN Médical, responsable du séminaire du Centre Cavaillès (ENS, Paris), administrateur et directeur de collection aux éditions Matériologiques. Il a publié La légende des gènes, Anatomie d'un mythe modern (Dunod 2003) ; Vérole, Cancer & Cie, La société des maladies (Le Seuil 2009) et dirigé plusieurs ouvrages collectifs. Depuis plus de 10 ans il anime des émissions interactives online destinées aux médecins généralistes et spécialistes.


Conférence : Peut-on prévoir les épidémies ?
Samedi 23 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Paul-Painlevé

Une épidémie récapitule la biologie : elle émerge de l’interaction multi-échelle entre un parasite, ses hôtes et l’environnement. Quelles que soient la contagiosité et la virulence d’un pathogène, il ne devient un danger pour l’homme que lorsque les conditions d’origine anthropique de son émergence et de sa propagation sont réunies. De nombreuses tentatives d’émergence restent sans lendemain, mais lorsqu’un microorganisme parvient à diffuser dans des populations humaines, à chaque stade de l’épidémie, qui couvrent un champ allant du niveau moléculaire aux transports transcontinentaux, les processus stochastiques à l’œuvre ont un impact déterminant sur sa dynamique. Dans ces conditions est-il possible d’anticiper une épidémie et/ou de prévoir son évolution ?


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

Gilles Dawidowicz Gilles Dawidowicz
Géographe

Gilles Dawidowicz est géographe de formation, spécialisé dans l'étude des surfaces planétaires. Il milite depuis les années 90 pour une exploration robotique du système solaire et fait la promotion de l'exploration de Mars. Ancien membre de la Mars Society et son chapitre français l'Association Planète Mars, il a été 5 ans président de l'Observatoire de Triel et préside depuis de nombreuses années la commission de planétologie de la Société astronomique de France, dont il est le secrétaire général depuis juin 2018. Gilles est également co-auteur d'ouvrages de vulgarisation sur Mars, Saturne et les aurores polaires. Il anime régulièrement de grandes séances publiques à la Cité des sciences et de l'industrie à la faveur de l'actualité spatiale internationale.


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 21 janvier 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Gilles Dowek Gilles Dowek
Informaticien et logicien

Gilles Dowek est chercheur à Inria et professeur à l'École normale supérieure de Paris-Saclay. Ses travaux portent sur la formalisation des mathématiques, les systèmes de traitement des démonstrations, la physique du calcul, la sûreté des systèmes aéronautiques et spatiaux, et l'épistémologie et l'éthique de l'informatique. Il est membre du Conseil Scientifique de la Société informatique de France, du Conseil Scientifique de La Main à la pâte et du Comité National Pilote d'Éthique du Numérique.


Conférence : Sommes-nous plus libres parce que le monde va au hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Abbé-Grégoire

L'idée que la marche du monde soit déterministe semble ne laisser aucune place à notre libre arbitre pour s'exprimer. Mais, à l'inverse, le fait que le monde aille au hasard, nous rend-il plus libre ? Nous essayerons de montrer que cette impasse dans la pensée de la liberté a pour origine un présupposé, selon lequel nous sommes hors du monde. Si nous partons de l'hypothèse contraire, selon laquelle nous sommes à l'intérieur du monde, la question se pose d'une tout autre manière.


Dédicace : Ce dont on ne peut parler, il faut l'écrire
Jeudi 21 janvier 2021, 17h30 - 18h15
Dédicace : Vivre, aimer, voter en ligne et autres chroniques numériques
Jeudi 21 janvier 2021, 17h30 - 18h15

Giuseppe Longo Giuseppe Longo
Mathématicien, logicien et épistémologue

Giuseppe Longo est directeur de recherche émérite CNRS au centre Cavaillès, ENS, Paris, et adjunct professor, School of Medicine, Tufts University, Boston. Il est ancien professeur de logique mathématique puis d’informatique à l’université de Pise. Il est coauteur d’une centaine d’articles et de trois livres : avec A. Asperti, Categories, Types and Structures. Category Theory for the working computer scientist. M.I.T. Press, 1991 ; avec F. Bailly, Mathematics and the Natural Sciences: The Physical Singularity of Life, Imperial College Press, 2011 (en français, Hermann, 2006) ; avec M. Montévil, Perspectives on Organisms: Biological Time, Symmetries and Singularities (Springer, 2014). Les deux derniers proposent une analyse à l’interface maths/physique/biologie. Avec A. Soto, Longo a édité (et co-écrit six articles de) un numéro spécial de 2016 de la revue Prog Biophys Mol Biol: From the century of the genome to the century of the organism: New theoretical approaches.


Conférence : Le hasard biologique n'est-il que du bruit ?
Jeudi 21 janvier 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Jean-Prouvé

La révolution scientifique du XVI et XVII ème siècle a été profondément mécaniciste. De Galilée à Laplace, donc jusqu’au début du XIX ème siècle, on a pensé le ‘‘complexe’’ comme ‘‘empilement linéaire du simple’’. Poincaré, à la fin du XIX ème siècle, cassera cette vision des dynamiques physiques. Malgré cela, la puissance de la vision renaissante de l’inerte et ses succès, en particulier dans la construction de machines, a biaisé notre rapport au vivant et à l’écosystème : jusqu’à la fin du XX ème siècle, on a continué à voir la cellule comme un « mécanisme cartésien », les interactions moléculaires comme une « algèbre booléenne » et, encore aujourd’hui, on pense piloter exactement les organismes en éditant leur ADN, tout comme le programme, système d’écriture et re-écriture à éditer, dirige nos machines digitales. On résumera certains aspects de ce regard sur le monde en esquissant son passage direct, et pour des bonnes raisons, par les théories de l’élaboration et de la transmission de l’information qui ont eu un rôle clé dans la compréhension contemporaine du vivant et où l’aléatoire n’est, en principe, que du bruit. Il s’agit alors de donner un nouveau rôle à l’aléatoire et au sujet connaissant/agissant sur les organismes et leur environnement.

Guillaume Lecointre Guillaume Lecointre
Zoologiste et systématicien

Guillaume Lecointre est enseignant-chercheur (UMR 7205), zoologiste, systématicien, professeur du Muséum national d’Histoire naturelle où il occupe les fonctions de conseiller scientifique du président. Il est à l'origine de 127 publications professionnelles et 25 livres. Ses recherches portent sur la phylogénie et la systématique des poissons téléostéens, tant à partir de données moléculaires qu’anatomiques. Son terrain de zoologiste est le plateau continental antarctique. Ses activités relatives à l’amélioration de l’enseignement des sciences et de diffusion des connaissances sont très significatives ; il a notamment tenu durant dix ans la rubrique scientifique hebdomadaire de Charlie Hebdo. Il est double lauréat de la Société zoologique de France (1996, 2006), prix national 2009 du Comité Laïcité République, Prix 2012 de l’Union Rationaliste, et fait chevalier de la Légion d’honneur en 2016.


Conférence : Quels hasards pour l’évolution ?
Jeudi 21 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Abbé-Grégoire

On oppose couramment hasard et déterminisme. Nous ne devrions pas. L'ensemble des phénomènes déterminés (c'est-à-dire pourvus d'une cause) peut se classer en trois composantes selon la manière dont nous les appréhendons. Il existe des événements nécessaires et prédictibles aux échelles où nous les observons, car nous disposons de lois pour les décrire (par exemple la chute d'un boulet de canon). À leur égard, on ne parle généralement pas de hasard. Il existe des phénomènes nécessaires et imprédictibles par défaut de connaissance des conditions initiales aux échelles d'observation courantes (c’est l’exemple du jeu de dés). Enfin, il existe des phénomènes non nécessaires, c'est-à-dire contingents : leur survenue singulière est multi-causée par les causes non reliées entre elles. Ils auraient très bien pu ne pas se produire à ce moment-là (prendre un pot de fleurs sur la tête). Ils sont imprédictibles, telle la survenue d’un comportement spontané d’un être vivant. Les deux premières catégories d'événements déterminés sont nécessaires, les deux dernières catégories sont imprédictibles, et on parle à leur sujet de « hasard ». On voit que ce terme peut s'appliquer non seulement à des phénomènes déterminés, mais aussi nécessaires. Nous verrons que dans le cadre de l'évolution biologique, tous les "hasards" sont mobilisés.


Dédicace : Descendons-nous de Darwin ?
Jeudi 21 janvier 2021, 14h30 - 15h15
Dédicace : Les mondes darwiniens
Jeudi 21 janvier 2021, 14h30 - 15h15

Hector Zenil Hector Zenil
Chercheur en science de l'information

Hector Zenil est docteur en informatique et docteur en logique et épistémologie. Il a été chercheur et membre du corps enseignant du département d'informatique de l'université d'Oxford. Actuellement, il est directeur d'Oxford Immune Algorithmics, dont la mission est de comprendre et d'aider à lutter contre les maladies en combinant le pouvoir de l'esprit et celui de la machine. Il a également été professeur adjoint et est actuellement chef de laboratoire au Algorithmic Dynamics Lab, unité de médecine computationnelle de l'Institut Karolinska à Stockholm, en Suède (l'institution qui décerne le prix Nobel de médecine ou de physiologie). Il a plus de 100 publications évaluées par des pairs et est le rédacteur en chef de la revue Complex Systems.


Conférence : Les machines peuvent-elles produire de l'aléatoire ?
Vendredi 22 janvier 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Nous avons tendance à penser que les ordinateurs (et donc les robots) ne font que suivre des règles et sont incapables de montrer un comportement imprévisible ou des propriétés humaines telles que la pensée créative. En quoi il s'agit là d'une idée préconçue ? Comment les humains peuvent-ils avoir du mal à imiter les ordinateurs dans des domaines tels que la génération d'un caractère aléatoire ? Comment les ordinateurs peuvent être utilisés comme sources de créativité et comme dispositifs de mesure du comportement humain et animal ? Que cela signifie-t-il pour les applications dans la vie quotidienne, en matière de connaissances et d'intelligence artificielle ?


Dédicace : A Computable Universe: Understanding and Exploring Nature as Computation
Vendredi 22 janvier 2021, 17h30 - 18h15
Dédicace : Randomness Through Computation: Some Answers, More Questions
Vendredi 22 janvier 2021, 17h30 - 18h15

Henri Raczymow Henri Raczymow
Ecrivain

Après des études de lettres, Henri Racymow devient professeur dans l'enseignement secondaire. Il est l'auteur à ce jour d'une trentaine d'ouvrages (parus pour la plupart aux éditions Gallimard), dont des romans, des récits d'inspiration personnelle, des essais littéraires. On peut citer entre autres, parmi les romans Un Cri sans voix (1985), Bloom & Bloch (1993), parmi les récits Dix jours "polonais" (2007) ou Heinz (2011), parmi les essais, Le Cygne de Proust (1990).


Conférence : Le hasard chez Proust préside-t-il aux histoires d’amour ?
Jeudi 21 janvier 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Jean-Prouvé

Il n’y a pas chez Proust de nécessité à l’amour. On tombe amoureux comme on tombe malade. D’ailleurs, l’amour est une maladie qui vous tombe dessus comme un virus, et dont on se réveille un jour guéri, sans plus de raison, en se demandant : mais que m’est-il arrivé ? Comment ai-pu tomber amoureux d’un tel ou d’une telle ? Comment ai-je pu gâcher des années de ma vie pour quelqu’un qui n’était pas mon genre ? C’est comme un mauvais moment à passer. S’il n’y a pas de nécessité à tomber amoureux, si c’est apparemment arbitraire, cela relève quand même de ce que Breton appelait le “ hasard objectif ”, mélange de hasard et de nécessité. La nécessité, autrement dit l’inconscient. Autrement dit encore, il y a du hasard, mais ce n’est pas par hasard qu’il y a ce hasard-là ! Et si ce hasard fait que chez Proust on tombe amoureux, son rôle, son surgissement relève d’une étiologie - j’emploie à dessein ce terme médical puisque chez Proust nous sommes tous des malades, Proust y compris, lui qui refusait l’existence même de l’amour, et même de l’amitié.


Dédicace : Le Cygne de Proust
Jeudi 21 janvier 2021, 12h15 - 13h

Hervé Fischer Hervé Fischer
Artiste et sociologue

Artiste-philosophe multimédia, Hervé Fischer a initié l'art sociologique et pratique aujourd'hui le tweet art et la tweet philosophie. Son travail a été présenté dans de nombreux musées internationaux et biennales. Le centre Georges Pompidou lui a consacré une rétrospective, Hervé Fischer et l'art sociologique, en 2017. Pionnier du numérique au Québec, il a fondé en 1985 la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal, le premier Café électronique au Canada, le Marché international du multimédia, la Fédération internationale des associations de multimédia, le festival Téléscience, Science pour tous. Ses recherches portent sur l'art, la sociologie des couleurs, le numérique, les imaginaires sociaux, l'hyperhumanisme. Il a conçu le médialab québécois Hexagram. Il a publié entre autres Théorie de l’art sociologique (1987), L'Histoire de l'art est terminée (1981), Le choc du numérique (2002), CyberProméthée, l'instinct de puissance (2003), La planète hyper, de la pensée linéaire à la pensée en arabesque (2004), La société sur le divan (2007), L'Avenir de l'art (2010), La divergence du futur (2014), La pensée magique du Net (2014), Market Art (2016), Les couleurs de l’Occident. De la Préhistoire au XXIe siècle (2019), L’Âge hyperhumaniste. Pour une éthique planétaire (2019). Il a fondé la Société internationale de mythanalyse.


Conférence : Est-ce le hasard qui a créé l’univers ?
Vendredi 22 janvier 2021, 15h15 - 16h — Amphi Paul-Painlevé

Ou serait-ce le hasard qui aurait créé Dieu? Einstein disait que « Dieu ne joue pas aux dés ». Il semble que les astrophysiciens croient au hasard ou à la nécessité, ou à une combinaison des deux selon les cas. En fait, les humains ne croient pas vraiment au hasard. Ils le considèrent plutôt comme un esprit agissant, bienveillant si nous avons de la chance, malfaisant s’il nous fait un mauvais sort. Le hasard est-il le seul mythe qui déjoue tous les récits collectifs? Une mythanalyse du hasard est-elle possible?


Dédicace : L'âge hyper humaniste
Vendredi 22 janvier 2021, 16h - 16h45
Dédicace : La divergence du futur
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 - 12h15

Hervé Le Treut Hervé Le Treut
Climatologue

Hervé Le Treut est climatologue, spécialiste de la simulation numérique du climat. Il est membre de l'Académie des sciences et ancien directeur de l'Institut Pierre-Simon-Laplace. Hervé est professeur en mécanique et physique de l'environnement à l'École polytechnique et à l'Université Pierre-et-Marie-Curie. Il enseigne également la dynamique climatique à l'École normale supérieure ainsi qu'à Sciences Po.


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé

Hervé Zwirn Hervé Zwirn
Physicien et épistémologue

Hervé Zwirn est un physicien et épistémologue. Directeur de recherche au CNRS, il a été professeur associé à l'UFR de Physique de l'Université Paris 7. Il est actuellement Directeur de recherche au CNRS et Directeur exécutif du Consortium de Valorisation Thématique Athéna. Il est également Directeur de recherche associé au Centre de Mathématiques Appliquées de l'École normale supérieure de Cachan et Chercheur associé à L'institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques de l'université Paris-I.


Conférence : La physique quantique explique-t-elle le hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 15h15 - 16h — Amphi Paul-Painlevé

Il est souvent affirmé que la physique quantique a définitivement prouvé l'existence d'un hasard intrinsèque à la nature. La mécanique quantique est une théorie où l’indéterminisme ne provient pas d'une connaissance imparfaite des choses ou d'une incertitude sur les états initiaux mais d'un hasard supposé essentiel, au sein des événements du monde subatomique. J'examinerai si cette position est incontournable ou si elle peut être discutée. En particulier, je présenterai des théories alternatives à la mécanique quantique dont certaines sont considérées comme déterministes et j'analyserai la manière dont le hasard est traité dans chacune d'elles.


Dédicace : Le monde quantique
Jeudi 21 janvier 2021, 16h - 16h45

Hubert Reeves Hubert Reeves
Astrophysicien

Hubert Reeves est astrophysicien. Il est diplômé des universités de Montréal, McGill University et Cornell University. Il est conseiller scientifique à la NASA Institute for Space Studies à New-York de 1960 à1964. En 1965, il est nommé directeur de recherches au CNRS à Paris. Ses sujets de recherches au service d'astrophysique de Saclay concernent l'origine des éléments chimiques, l'origine du système solaire, l'origine de l'Univers, l'astrophysique nucléaire et la cosmologie. Il est également professeur associé au département de physique de l'Université de Montréal. Il est président d'honneur de l'association Humanité et Biodiversité. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Poussières d'étoiles.


Conférence : Quel est le rôle du hasard dans l’évolution du cosmos ?
Samedi 23 janvier 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Le rôle du hasard en cosmologie s’insère dans loi formulation du mode d’emploi de la physique quantique. L’équation fondamentale de la physique, celle de Schröedinger est déterministe ; mais la règle de Born, celle qui permet d’interpréter les solutions de cette équation, donne des réponses probabilistes. Dans le monde réel, cette situation est prise en charge par la notion de hasard. Le hasard seul engendre du fouillis ; la nécessité (les lois) seule engendre de la monotonie. La nécessité permet à la matière de s’organiser et de se complexifier ; le hasard permet la diversité et la créativité. La nature joue sur les deux tableaux. Elle associe le hasard et la nécessité pour fabriquer des êtres toujours plus complexes et plus structurés.

Hugo Duminil-Copin Hugo Duminil-Copin
Mathématicien

Hugo Duminil-Copin est un probabiliste, c'est-à-dire un expert de la théorie mathématique traitant des évènements aléatoires. Ses travaux, récompensés par de nombreux prix scientifiques, s'intéressent à la théorie de la percolation, domaine des probabilités qui traite des graphes aléatoires, ainsi qu'à la théorie du ferromagnétisme et des polymères aléatoires. Ses travaux ont un impact en physique mathématique, analyse complexe et combinatoire. Hugo Duminil-Copin a reçu son doctorat en 2011 à l'université de Genève, où il devient professeur l'année suivante. Depuis 2016, il est également professeur permanent à l'Institut des Hautes Études Scientifiques à Bures-Sur-Yvette.


Conférence : Le hasard est-il une histoire de point de vue ?
Vendredi 22 janvier 2021, 16h - 16h45 — Amphi Jean-Prouvé

Certains phénomènes peuvent paraitre aléatoires alors qu'ils répondent à des règles déterministes tandis que d'autres, au contraire, semblent parfaitement prédictibles alors qu'ils sont aléatoires... Dans cet exposé, nous discuterons les différents points de vue que l'on peut avoir sur un phénomène physique, points de vues qui peuvent nous amener à considérer un évènement comme aléatoire ou non. Cette analyse, qui nous fera voyager de la théorie du chaos (et des prévisions météorologiques) à la physique quantique, nous amènera inexorablement à poser la question suivante : le hasard existe-t-il vraiment ?

Isabelle Drouet Isabelle Drouet
Logicienne et philosophe des sciences

Isabelle Drouet est maîtresse de conférences en logique et philosophie des sciences à Sorbonne Université et même de l’équipe de recherche Sciences, Normes, Démocratie (CU-CNRS, UMR 8011). Sa thèse, soutenue en 2007, portait sur la causalité et les probabilités, et aujourd’hui elle travaille sur le thème plus large du raisonnement sur les faits. Elle a publié une monographie : Causes, probabilités, inférences (Vuibert 2012). Elle est l’éditeur scientifique de l’ouvrage collectif intitulé Le bayésianisme aujourd’hui. Fondements et pratiques (Matériologiques, 2016). Elle est également l’auteur de plusieurs articles académiques et textes de vulgarisation.


Conférence : Le hasard marque-t-il la limite de l’explication ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Paul-Painlevé

Quelle que soit la façon dont on conçoit le hasard, il semble bien que ce qui arrive par hasard ne puisse pas s’expliquer. Le hasard peut même être considéré comme la principale limite à l’explication. Mon exposé vise à discuter cette affirmation. Dans un premier temps je m’attacherai à la justifier rapidement puis à présenter les théories que les philosophes des sciences ont développées depuis les années 1960 pour analyser les pratiques explicatives relatives aux phénomènes aléatoires ou faisant l’objet d’une connaissance seulement probabiliste. Ces théories visent en premier lieu les phénomènes quantiques ou complexes, mais dans la vie quotidienne aussi on peut rencontrer des hasards qui s’expliquent. La deuxième partie de mon exposé consistera à analyser des situations de ce type. Il s’agira essentiellement de se demander si et en quel sens on peut effectivement parler de hasard à leur propos. Cela me conduira à aborder, pour finir, la question de savoir si chercher à expliquer ce qui arrive par hasard est toujours opportun. La notion de bruit dans les données scientifiques et les théories du complot seront abordés dans ce cadre.


Dédicace : Pourquoi ? - Une question pour découvrir le monde
Vendredi 22 janvier 2021, 11h30 - 12h15
Dédicace : Le bayésianisme aujourd’hui
Vendredi 22 janvier 2021, 13h45 - 14h30

Ivar Ekeland Ivar Ekeland
Mathématicien

Ivar Ekeland, a été président de l'Université Paris-Dauphine et directeur du Pacific Institute of Mathematical Sciences à Vancouver. Il a écrit de nombreux articles scientifiques et plusieurs ouvrages sur les mathématiques, l'économie et la finance. A l'heure actuelle il s'intéresse au réchauffement climatique et à la crise de la biodiversité. Il est doctorat honoris causa de plusieurs universités et membre des académies des sciences de Norvège, de Palestine, du Canada et d'Autriche.


Conférence : Le hasard est-il juste ?
Jeudi 21 janvier 2021, 12h15 - 13h — Amphi Abbé-Grégoire

Le hasard fait son entrée dans l'histoire des hommes, et dans l'histoire des sciences, sous les habits de l'équité. Le tirage au sort est intéressant parce qu'il est impartial et équitable. Les premiers calculs de probabilités, qui sont dûs à Pascal, dans son traité du triangle arithmétique, reposent sur un raisonnement d'équité. Ces arguments ont été oublié depuis la formalisation du calcul des probabilités par Kolmogorov, mais ils n'en demeurent pas moins intéressants. Aujourd'hui, quand les citoyens se méfient les uns des autres et de leurs gouvernements, les mérites du tirage au sort réapparaissent. Nous étudierons plusieurs exemples.


Dédicace : Le hasard. Une approche mathématique
Jeudi 21 janvier 2021, 13h - 13h45

Jacques Arnould Jacques Arnould
Expert éthique

Ingénieur agronome, docteur en histoire des sciences et docteur en théologie, Jacques Arnould s'intéresse aux relations entre sciences, cultures et religions, avec un intérêt particulier pour deux thèmes : celui du vivant et de son évolution et celui de l'espace et de sa conquête. Il a consacré plusieurs ouvrages et articles d'histoire ou de théologie au domaine du vivant. Suite à la poussée de fièvre créationniste en France, à partir de janvier 2007, il a été sollicité par différents milieux, scientifiques, pédagogiques ou religieux, pour informer les publics de l'existence des courants créationnistes, de leur histoire, des questions qu'ils posent à nos sociétés. L'année 2009, consacrée à Darwin, a montré comment les idées de ce savant et de ses successeurs continuent à interroger nos contemporains et les invitent à des interrogations plus philosophiques. Il est également expert éthique au Centre national d'études spatiales (CNES), un poste encore un peu unique dans le monde de l'astronautique. Pourtant, cela rejoint une vraie attente de la part du public, mais aussi des acteurs et des dirigeants, leurs motivations ne pouvant en effet plus être les mêmes qu'il y a quarante ou cinquante ans.


Conférence : Le hasard, est-ce Dieu qui se promène incognito ?
Samedi 23 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Jadis, les dés obéissaient aux dieux : les lancer était une manière pour les humains de connaître leur volonté. Car le monde était un cosmos, autrement dit une totalité aussi belle qu’ordonnée dont aucun élément, aucun mécanisme ne pouvait échapper à son destin, à son devoir ; ni le hasard, ni le risque n’existaient alors. Ils apparaissent lorsque les astronomes du XVIIe siècle brisent les sphères de cristal sur lesquelles circulent les astres, lorsque les marchands commencent à sillonner les mers et à gérer rationnellement le risque de perdre leurs biens, lorsque les mathématiciens inventent les probabilités. Les dieux paraissent quitter un monde qui prend les allures d’un casino. Charles Darwin gagne le gros lot en affirmant que les vivants sont le fruit de transformations aléatoires soumises à une intraitable sélection... Mais Albert Einstein se rebiffe : « Dieu ne joue pas aux dés » ; « le hasard est le pseudonyme que Dieu choisit quand il veut rester incognito » renchérit Albert Schweitzer. Relancée par les scientifiques eux-mêmes, la partie ne semble donc pas finie. Il reste à nous demander pour lesquels des protagonistes Dieu a lui-même parié...


Dédicace : Sous le voile du cosmos
Samedi 23 janvier 2021, 14h30 - 15h15

Jean-Dominique Michel Jean-Dominique Michel
Anthropologue de la santé

Anthropologue de la santé, Jean-Dominique Michel intervient en tant qu’expert en santé publique pour des services gouvernementaux et dispositifs de santé depuis 1995. Ses champs de spécialisation sont les déterminants de la santé, les processus de rétablissement et de salutogenèse, ainsi que la santé organisationnelle - la manière dont les structures, les modalités de langage, les processus et les relations impactent le bien-être et la performance des collaborateurs d’une institution ou d’une entreprise. Il est partenaire-fondateur de l’Institut BrainFIT, proposant des programmes neuro-éducatifs pour le monde du travail. La révolution technologique en cours met au défi nos capacités d’adaptation dans un mode de vie de plus en plus exigeant. Notre cerveau - qui a évolué au cours des âges pour être performant dans un certain type d’environnement - se trouve aujourd’hui confronté à des contraintes qui dépassent en partie ses systèmes natifs. Les neurosciences et l’anthropologie contiennent des clés pour le « connais-toi toi-même » des philosophes, mais aussi pour vivre bien, avec des stratégies mentales adaptées, dans le monde actuel.


Conférence : Le hasard est-il un " impensable ” anthropologique ?
Samedi 23 janvier 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Paul-Painlevé

Le hasard est un concept anthropologiquement insolite, à l’extrême. Alors que notre cerveau est construit pour attribuer « à tout prix » du sens et à identifier des causes (fussent-elles imaginaires) cachées derrière les phénomènes, il postule un vide, une indétermination contenant même la négation de tout espoir d’en trouver. Cette vacuité est si étrangère à notre psychisme que le « hasard » est nécessairement personnifié dans le langage courant comme s'il était lui-même un personnage doté de volition, dans le style « le hasard fait bien les choses » ou « le hasard vous a été favorable ». Mot provenant étymologiquement de la grande culture arabe du Moyen-Âge, il reste une sorte d’objet choquant dans nos systèmes de pensée. Bien des gens dans notre société disent volontiers (de préférence en privé) " ne pas croire pas au hasard" . Ce qui constitue une conviction épistémologiquement déviante mais peut-être majoritaire, comme l’est le fait de croire aux Anges : même si cela n’est pas censé être vrai, une majorité de la population y croit tout de même, s’en ouvrant ou non selon les interlocuteurs et le contexte relationnel.


Dédicace : Covid : anatomie d'une crise sanitaire
Samedi 23 janvier 2021, 17h30 - 18h15

Jean-François Clervoy Jean-François Clervoy
Astronaute

Astronaute français actif successivement du CNES (Centre national d’études spatiales, agence spatiale française) de la National Aeronautics and Space Administration (NASA, agence spatiale des États-Unis) et de l’Agence spatiale européenne (ESA) pendant 33 ans, Jean-François Clervoy est ingénieur général de l’armement en réserve, diplômé de l’École polytechnique, de l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace et de l’École du personnel navigant d’essais et de réception. Il effectue trois missions à bord de la navette spatiale américaine, en 1994 pour étudier l’atmosphère, en 1997 pour ravitailler la station russe Mir et en 1999 pour réparer le télescope spatial Hubble. Il est président de la société Novespace qui organise les vols paraboliques en apesanteur. Jean-François Clervoy est aussi auteur, inventeur, et conférencier professionnel. Il est membre de plusieurs organisations œuvrant pour la promotion de l’exploration spatiale et pour la protection de la planète.


Conférence : A venir
Jeudi 21 janvier 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Paul-Painlevé

A venir

Jean-Jacques Kupiec Jean-Jacques Kupiec
Biologiste moléculaire

Jean-Jacques Kupiec a d’abord pratiqué la biologie moléculaire pendant vingt ans à l’INSERM. Il a, entre autres, cloné et séquencé plusieurs génomes viraux. Il a ensuite créé et encadré pendant quinze ans le séminaire d’histoire et philosophie de la biologie du Centre Cavaillès (Ecole normale supérieure - Paris). Il est l’auteur d’une théorie qui a conduit à des expériences démontrant le rôle crucial joué par le hasard dans le développement embryonnaire.


Conférence : Et si le vivant était anarchique ?
Vendredi 22 janvier 2021, 9h15 - 10h — Amphi Abbé-Grégoire

La génétique - fondamentalement déterministe - rend difficilement compte de la somme des données expérimentales démontrant que le hasard est omniprésent dans le vivant, y compris dans le fonctionnement des « gènes ». Que ce soit dans sa version forte (un gène détermine un caractère d’un être vivant) ou dans sa version adoucie appelée aujourd’hui « épigénétique » (le déterminisme du gène est tempéré par d’autres facteurs dont l’environnement), la génétique est ainsi contredite : le désordre règne là où était censé régner un programme. Pour dépasser cette contradiction, il est nécessaire de reconnaître que la variation aléatoire est la propriété première du vivant et d’en tirer les conséquences. Il n’existe pas d'ordre biologique intrinsèque qui déterminerait la vie. Les êtres vivants ne sont pas des sociétés centralisées de cellules obéissant aux ordres du génome ou de l’environnement, mais des communautés de cellules libres et actrices de leur destin, grâce au hasard qu’elles utilisent à leur profit.


Dédicace : Et si le vivant était anarchique ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h - 10h45

Jean-Jacques Quisquarter Jean-Jacques Quisquarter
Ingénieur en mathématiques appliquées

Jean-Jacques Quisquater est un ingénieur en mathématiques appliquées (UCLouvain) et a un PhD en informatique (LRI, Orsay). Il a partagé sa carrière entre l'industrie, 20 ans dans un laboratoire de recherches de Philips, à Bruxelles, avec mise au point de cartes à puce comprenant de la cryptographie forte et des générateurs de nombres aléatoires, et 20 ans à l'université où il a enseigné la cryptologie tout en publiant de nombreux articles de recherche. Il est membre titulaire de l'Académie Royale de Belgique, dans la classe Technologie et Société. Il est un IACR fellow et a reçu le RSA award for excellence in mathematics et le premier ESORICS Outstanding Research Award.


Conférence : Comment prouver qu'un nombre a bien été tiré au hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h - 16h45 — Amphi Jean-Prouvé

Prouver que l'on a tiré un nombre au hasard est une question facile avec des solutions difficiles. Souvent la preuve s'obtient par un tirage en public avec du matériel certifié et devant témoins assermentés ou non et huissiers (loterie). Mais que faire à distance ? Surtout après le tirage, bien après. Nous examinerons les solutions fournies par la cryptographie : d'une part, comment bien engendrer des nombres aléatoire et, si possible, avec un générateur pour lequel on a une preuve mathématique de bonne génération (nous en observerons les limites) et d'autre part comment convaincre une tierce-partie que ce nombre a été tiré au hasard. Nous verrons que cela demande une définition bien précise de hasard et de sa simulation.

Jean-Jacques Szczeciniarz Jean-Jacques Szczeciniarz
Philosophe et historien des sciences

Jean-Jacques Szczeciniarz est philosophe et historien des sciences, enseignant dans les Universités de Paris, de Bordeaux et de Picardie ; il est Professeur émérite depuis novembre 2019. Après des études de lettres classiques, de philosophie et de mathématiques à l’ENS Ulm, il obtient un DEA Logique Epistémologie en 1979, ainsi qu’un DEA de Mathématiques pures en 1988. Il consacre son Doctorat d’Etat à l’histoire de la cosmologie, et notamment à l’œuvre de Nicolas Copernic. De 2004 à 2018, il est membre du CNU (Conseil National des Universités) et dirige le département HPS (Histoire, Philosophie, Sociologie des sciences) à l’Université Paris Diderot. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Copernic et la révolution copernicienne (GF, 1998), Le concept de preuve à la lumière de l’IA (PUF, 1999) et La Terre immobile (PUF, 2003) ; il a aussi co-dirigé le collectif On the Steps of Galois (Hermann, 2014). Le Grand Prix de l’Académie des Sciences lui est attribué en 2015.


Conférence : Parler de corrélations non locales est-ce parler d'une forme d'existence du hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Jean-Prouvé

en cours

Jean-Louis Dessalles Jean-Louis Dessalles
Chercheur en Intelligence artificielle

Jean-Louis Dessalles est enseignant-chercheur à Telecom Paris (Institut Polytechnique de Paris).
Il travaille notamment sur la théorie de la simplicité et ses applications aux sciences cognitives.
Il est l'auteur de plusieurs livres, dont un livre récent dans lequel il expose les limites de l'intelligence artificielle.


Conférence : Pourquoi le hasard est parfois si difficile à accepter ?
Jeudi 21 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Prouvé

La plupart des configurations qui sont le fruit du hasard nous laissent indifférents. D’autres, comme les coïncidences, anomalies, le sort qui semble s’acharner sur vous ou sur vos proches, nous poussent à dire : « ce n’est quand même pas arrivé par hasard ! » On justifie ce refus du hasard en invoquant une « loi » des séries, la main du destin, une tricherie ou un complot. Existe-t-il un critère permettant de décider s’il s’agit quand même bien d’un hasard ? La réponse ne se trouve que très partiellement dans la théorie des probabilités. Nous la trouverons plutôt du côté de la théorie algorithmique de l’information.


Dédicace : Des intelligences très artificielles
Jeudi 21 janvier 2021, 14h30 - 15h15
Dédicace : Le fil de la vie
Jeudi 21 janvier 2021, 14h30 - 15h15

Jean-Louis Dufresne Jean-Louis Dufresne
Physicien du climat

Jean-Louis Dufresne est physicien du climat et ses recherches portent sur l’étude des changements climatiques et la modélisation du climat. Il étudie notamment les échanges par rayonnement dans les atmosphères, l'effet de serre, les variations climatiques et les rétroactions du système climatique. Il a coordonné pendant plusieurs années le développement du modèle climatique de l'IPSL et a participé aux derniers travaux du GIEC. Il est directeur de recherche CNRS et travaille au Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD) et à l'Institut Pierre Simon Laplace (IPSL).


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé

Jean-Louis Israël Jean-Louis Israël
Avocat

Me Jean-Louis Israël est avocat au barreau de Paris. Il est titulaire d’un DEA de droit privé général obtenu à l’Université Paris II, Panthéon-Assas, d’un DESS de droit du marché commun obtenu à l’Université Paris I, Panthéon-Sorbonne et enfin, d’une licence d’Histoire Géographie à l’Université Paris X Nanterre.


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Jean-Luc Gautero Jean-Luc Gautero
Philosophe des sciences

De formation mathématique, HDR en philosophie, Jean-Luc Gautero est maître de conférences de philosophie des sciences au département de philosophie de l’Université de la Côte d’Azur. Il mène ses travaux au Centre de Recherches en Histoire des Idées, notamment sur les rapports entre philosophie et science-fiction.


Conférence : La science de la science-fiction peut-elle être la science du hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 16h - 16h45 — Amphi Jean-Prouvé

Pour le grand public, la science-fiction évoque des vaisseaux spatiaux et des extraterrestres, et elle est donc vue comme une fiction qui se réfère essentiellement à la physique et à la biologie ; on ne lui associe pas immédiatement une science telle que la théorie des probabilités, la science du hasard. Sans aller aussi loin que Boris Eizykman, qui affirmait en 1981 qu’il faut y voir une stochastique-fiction, on montrera que pourtant nombre de textes du genre, dont certains classiques, lui font une part importante, au point qu’il est possible d’aborder l’histoire et la philosophie de la théorie des probabilités par le biais de la science-fiction.


Dédicace : Univers mathématiques
Samedi 23 janvier 2021, 16h45 - 17h30

Jean-Marc Levy-Leblond Jean-Marc Levy-Leblond
Physicien et essayiste

Jean-Marc Lévy-Leblond est un physicien, philosophe et essayiste de renom, professeur émérite de l’Université de Nice Sophia Antipolis. Il dirige la collection Science ouverte aux éditions du Seuil ainsi que la revue Alliage (culture, science, technique) qu’il a fondée il y a plus de vingt ans. Il travaille plus généralement à « (re)mettre la science en culture ».


Conférence : Un coup de dé peut-il abolir le hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 - 16h — Amphi Abbé-Grégoire

La physique quantique est réputée donner au hasard un rôle essentiel et incontournable, contrairement à son aînée classique, considérée comme régie par un déterminisme rigoureux. On montrera que la situation est plus complexe et donc plus intéressante : il y a de l’aléatoire dans la physique classique et de la causalité en physique quantique. Ces considérations amènent à mettre en doute la capacité de la science (ici la physique) à donner une explication complète et cohérente des phénomènes.


Dédicace : Le Tube à essais. Effervesciences
Samedi 23 janvier 2021, 16h - 16h45

Jean-Pascal Capp Jean-Pascal Capp
Chercheur en biologie moléculaire

Jean-Pascal Capp est maître de conférences à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Toulouse, une école d’ingénieurs membre de l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, où il enseigne la biologie moléculaire. Il s’intéresse aux phénomènes moléculaire, cellulaire et tissulaire à l’origine des cancers depuis son thèse de doctorat portant sur les anomalies génétiques des cellules cancéreuses. Il est l’auteur de deux ouvrages sur le cancer (Belin, 2012) et les cellules souches (Matériologiques, 2015), ainsi que de nombreuses publications scientifiques autour du cancer. Il développe une conception originale basée sur la perturbation initiale de l’équilibre tissulaire, en rupture avec une vision très génétique du cancer. Il ne nie pas un rôle important des mutations et autres modifications génétiques, mais ne les considère pas nécessaires ni suffisantes au déclenchement du processus qui serait avant tout un évènement tissulaire. Il est également chercheur au centre de recherche « Toulouse Biotechnology Institute », un laboratoire sous la tutelle de l’INSA, de l’INRAE et du CNRS.


Conférence : Quel est le rôle du hasard dans l’apparition des cancers ?
Vendredi 22 janvier 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Paul-Painlevé

Quelle est la part de responsabilité dans l’apparition des cancers des évènements cellulaires intrinsèques et aléatoires, et donc inévitables, et des facteurs environnementaux comme certains composés chimiques ou certaines radiations, desquels il est possible de se prémunir ? C’est l’enjeu d’un débat scientifique lancé en 2015 par une publication scientifique retentissante et qui a connu depuis de multiples développements. In fine, la question est de savoir s’il faut investir massivement dans les actions de prévention. Ce débat, focalisé sur le rôle des mutations génétiques dans l’ADN, masque en réalité un ensemble d’autres phénomènes aléatoires qui méritent d’être évoqués dans l’apparition des cancers, en particulier lorsqu’on observe que des tissus sains peuvent contenir des cellules possédant de multiples mutations censées favoriser le développement de cancers. Il faut donc bien admettre l’existence d’autres évènements précoces d’origine non-génétique et eux-aussi intrinsèquement aléatoires. Enfin, l’observation d’une grande hétérogénéité génétique et non-génétique entre les cellules d’une même tumeur nous met face à une situation très complexe où différents types de phénomènes aléatoires sont entremêlés. Le hasard a donc certainement une grande place dans la cancérogénèse, mais chacun de ces phénomènes aléatoires peut voir son rôle accentué par l’exposition à des facteurs environnementaux.

Jean-Paul Delahaye Jean-Paul Delahaye
Mathématicien

Jean-Paul Delahaye est Professeur émérite à l'Université de Lille et chercheur au laboratoire CRISTAL (Centre de recherche en informatique signal et automatique de Lille, UMR CNRS 9189). Ses travaux portent sur les algorithmes de transformation de suites (Thèse d'Etat), sur l'utilisation de la logique en Intelligence artificielle (systèmes experts, langage Prolog) sur la théorie computationnelle des jeux (jeux itérés, simulation de systèmes sociaux, étude de la coopération), et sur la théorie algorithmique de l'information (théorie de la complexité de Kolmogorov, notion de contenu en calculs) avec en particulier des applications à la bioinformatique et à la finance. Il travaille aujourd'hui sur les monnaies cryptographiques et la " technologie blockchain ". Il s'intéresse aussi aux problèmes d'éthique dans les sciences et est membre du Comité d'Ethique de CNRS (COMETS). Il a encadré 20 thèses. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, dont une partie est destinée à un large public. En 1998, il a reçu le Prix d'Alembert de la Société Mathématique de France et, en 1999, le Prix Auteur de la Culture scientifique du Ministère de l'Education Nationale et de la Recherche. Il tient la rubrique mensuelle Logique et calcul (6 pages) dans la revue Pour la science (version française du Scientific American). Il propose aussi un blog (http://www.scilogs.fr/complexites/) consacré aux "Complexités".


Conférence : Existe-t-il une définition mathématique générale du hasard ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Il existe plusieurs sciences mathématiques du hasard dont la plus ancienne et la plus développée est la théorie des probabilités. Cependant, étrangement, cette première théorie ne définit pas vraiment ce qu'est le hasard et par exemple se trouve incapable de dire si la suite des décimales du nombre π est aléatoire ou non. Il a donc fallu une seconde science mathématique du hasard pour formuler une définition précise du hasard permettant de parler sans ambiguïté de « suite infinie aléatoire ». Cette seconde science est liée à la théorie du calcul, à la logique mathématique et à la théorie de la complexité. Pour cette science due principalement à Andrei Kolmogorof, Per Martin-Löf et Gregory Chaitin « est aléatoire » ce qui « est incompressible », ce qu'on démontre équivalent à « être imprévisible ». On y retrouve donc des intuitions fondamentales que les probabilités classiques n'arrivaient pas à justifier. Cette théorie inattendue du hasard est maintenant utilisée en informatique, en physique, en psychologie, et en économie. Profonde aussi, elle donne une nouvelle compréhension philosophique de l'idée de hasard.


Dédicace : Les mathématiciens se plient au jeu
Jeudi 21 janvier 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : Le fascinant nombre pi
Vendredi 22 janvier 2021, 13h - 13h45
Dédicace : Les mathématiciens se plient au jeu
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 - 16h

Jean-Philippe Uzan Jean-Philippe Uzan
Cosmologiste

Jean-Philippe Uzan est directeur de recherche en physique théorique au CNRS. Spécialiste de gravitation et de cosmologie, il travaille à l'Institut d'astrophysique de Paris. Il a été directeur adjoint de l'Institut Henri Poincaré de 2013 à 2017. Il a publié plus d'une centaine d'articles de recherche sur de nombreux aspects de cosmologie, des plus théoriques à l'interprétation des observations les plus récentes. Il a reçu le prix Paul Langevin (2010) et le prestigieux prix Georges Lemaître (2015). Il a enseigné pendant plusieurs années à l'École normale supérieure de Paris et à l'École des mines de Paris, ainsi que dans des écoles thématiques internationales. Il collabore depuis une quinzaine d'années avec l'université du Cap en Afrique du Sud. En 2017, il publie L'harmonie secrète de l'univers et Big-bang en 2018.


Conférence : Notre ciel est-il le fruit du hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 12h15 - 13h — Amphi Paul-Painlevé

La position de notre galaxie dans l’univers peut nous paraître contingente si bien que le modèle cosmologique contemporain suppose que nous n’occupons pas une place privilégiée dans l’espace. Pour autant, notre position - dans l’espace et dans le temps - est-elle complètement due au hasard ? Cette question nous invitera à évoquer le rôle de la mécanique quantique dans l’univers primordial, puis celui de l’émergence de conditions favorables à l’apparition de la vie et, de façon beaucoup plus spéculative, le réglage fin apparent des théories de la nature et la place de notre univers dans une structure plus vaste souvent appelée multivers.


Dédicace : Big-bang : comprendre l'univers depuis ici et maintenant
Jeudi 21 janvier 2021, 13h - 13h45

Jean-Sébastien Steyer Jean-Sébastien Steyer
Chercheur - Paléontologue

Jean-Sébastien Steyer est docteur en paléontologie, chercheur au CNRS et rattaché au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris. Il est l'un des rares spécialistes qui étudient la vie sur Terre avant les dinosaures. Il travaille par ailleurs depuis bientôt une vingtaine d'années sur les reconstitutions d'espèces disparues. Auteur de nombreux articles scientifiques, ce passionné de vulgarisation publie régulièrement des ouvrages qui font rapidement référence comme La Terre avant les dinosaures (2009), Exquise planète (2014), ou encore Demain, les animaux du futur (2015). Il est également, entre deux expéditions paléontologiques aux quatre coins du globe, chroniqueur scientifique pour les revues Pour la science et Espèces.


Conférence : Les grandes extinctions sont-elles inévitables ?
Samedi 23 janvier 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

La sixième extinction est en cours – il s’agit en fait de la septième à l’échelle des temps géologiques. Dans beaucoup de discours, on généralise en parlant d’extinctions « inévitables ». Mais qu’est-ce qu’une extinction massive ? Un regard critique sur les courbes d’évolution de la biodiversité au cours du temps nous montre, sans toutefois minimiser l’impact de l’extinction en cours, que les grandes crises de la Vie sont des évènements stochastiques et multifactoriels : elles se sont déroulées à plusieurs reprises au cours des temps géologiques et ont impacté des clades variés d’une manière différentielle, parfois totale. Impacts d’astéroïdes, volcanisme, eustatisme (variations du niveau des mers), inversions géomagnétiques, changements climatiques globaux, souvent les causes sont multiples et leurs études relèvent d’un bon roman d’Agatha Christie avec plusieurs meurtriers à la fois… Pollution, déforestation, surpêche, gaz à effet de serre, la 7e extinction est clairement due à l’Homme mais ce n’est pas la première fois dans l’évolution qu’une espèce impacte autant la biodiversité. Et même si « la vie trouve toujours un chemin », ce n’est pas une raison pour ne rien faire.


Dédicace : Anatomie comparée des espèces imaginaires
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 - 12h15
Dédicace : La Terre avant les dinosaures
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 - 12h15

Jérôme Rosanvallon Jérôme Rosanvallon
Philosophe

Jérôme Rosanvallon est Directeur de programme au Collège International de philosophie et professeur de philosophie dans l’académie de Créteil. Il co-organise les Grandes conférences du CIPh et co-dirige la rubrique Epistémè de la revue Rue Descartes. Il travaille notamment à l’intersection de la philosophie des sciences (principalement de la physique et de la biologie) et de la philosophie de Deleuze et Guattari sur lesquels il a publié de nombreux articles ainsi qu’un ouvrage d’introduction en deux volumes intitulée Deleuze & Guattari à vitesse infinie (Ollendorff & desseins, 2009 et 2016).


Conférence : Le hasard est-il fondamental ?
Vendredi 22 janvier 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Jean-Prouvé

Le hasard est généralement envisagé selon une triple négation le définissant de façon chaque fois différente. Il serait le revers positif soit de l’absence de finalité, soit d’un manque de déterminisme, soit d’un défaut de connaissance (hasard dit « subjectif »). Dans le premier cas, il s’opposerait en somme à Dieu, dans le deuxième cas à une nécessité intrinsèque, dans le troisième à une réalité infiniment connaissable. Chacune de ces oppositions décline cependant la même alternative sous-jacente : le hasard n’est-il qu’un effet dérivé d’une réalité causalement ou finalement déterminée ou en constitue-t-il lui-même un aspect fondamental ? Devront être uniquement expliqués dans un cas les effets aléatoires du déterminisme, dans l’autre au contraire, les effets déterminés de l’aléatoire. Cette alternative est-elle elle-même indéterminée ? En partant d’une variation pouvant être qualifiée d’aléatoire selon le triple point de vue indiqué, la sélection naturelle darwinienne théorise ces effets déterminés du hasard et montre qu’une science du vivant n’est possible qu’en empruntant la deuxième voie de l’alternative. Reste alors à savoir si le vivant n’est lui-même qu’un effet aléatoire d’une réalité physico-chimique déterminée ou si au contraire la structure de la théorie permettant de le penser peut et doit être généralisée à l’ensemble de la réalité.

Joël Sebban Joël Sebban
Historien

Joël Sebban est historien, spécialiste de l’analyse des processus de sécularisation en France et en Amérique du Nord et des relations interreligieuses. Élève de l’École Normale Supérieure, agrégé d’histoire et ancien post-doctorant à l’université Harvard, il va faire paraître en janvier prochain son premier livre, issu de sa thèse de doctorat, aux éditions Belin-Passés Composés : « L’invention de la « civilisation judéo-chrétienne ». L’État-nation et l’émancipation des juifs en France de la Révolution française à Vichy ». À rebours de la théorie dite du « choc des civilisations » qui postule une essence religieuse de la modernité occidentale, il soutient l’idée selon laquelle les communautés religieuses ont dû repenser leurs propres traditions à l’aune de leur ancrage dans les États-nations modernes, séparant la religion et la politique.


Conférence : Comment le hasard influence l’histoire humaine ?
Samedi 23 janvier 2021, 12h15 - 13h — Amphi Paul-Painlevé

Le hasard est présent tout autant dans le déroulement des événements que dans la connaissance que nous sommes capables de nous faire du passé. Songeons à ce que serait notre savoir sur l’Égypte ancienne sans ce soldat qui, par hasard, a découvert durant la campagne napoléonienne en 1799 un morceau de pierre permettant à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes. Et pourtant les historiens se sont très longtemps méfiés du hasard. La discipline historique s’est fondée en tant que science au XIXe siècle sur la connaissance de faits dits « positifs » dont l’origine était absolument certaine, détachée de toute contingence. Les générations plus modernes d’historiens ont tâché de faire toute sa place au hasard jusqu’à écrire son histoire et saisir cette part d’immatériel, d’aléas que nous désignons par un terme emprunté à l’arabe, signifiant à l’origine un jeu de dés et, par extension, une « Science de la chance ».

Joséphine Jobard Joséphine Jobard
Illustratrice

Son bac littéraire en poche, Joséphine intègre l’École Boulle en 2016. Après trois années d’études, elle vient tout juste, à 21 ans, d'obtenir son diplôme des métiers d’art en sculpture sur bois, avec un projet innovant mêlant ombres et sculpture. Du dessin académique aux bandes dessinées, en passant par les carnets de croquis et de voyage, l’illustration occupe une place importante dans son quotidien.

Juliette Mignot Juliette Mignot
Océanographe

Juliette Mignot est chercheur en océanographie à l’Institut de Recherche pour le Développement, spécialiste des variations climatiques aux échelles de temps de l’ordre de 10 à 50 ans, et de leur prévisibilité. Elle s’intéresse notamment à l’origine de ces modulations dans le bassin Atlantique Nord et leur impact sur les continents adjacents, en particulier l’Europe et le Sahel. A ce titre, elle collabore activement avec plusieurs universités sénégalaises où elle encadre des étudiants et coordonne des projets de recherche. Elle travaille principalement à l’aide de modèles numériques de climat et réalise des expériences de prévision du climat aux échelles de temps décennales.


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé

Kinga Morsanyi Kinga Morsanyi
Chercheur en cognition

Kinga Morsanyi est maître de conférences en cognition à l'université de Loughborough, au Royaume-Uni. Ses recherches portent sur le développement des capacités mathématiques et du raisonnement, ainsi que sur l'interaction entre les intuitions et la réflexion consciente. Elle s'intéresse également à la manière dont les états émotionnels (par exemple, l'anxiété) peuvent influencer le raisonnement, la prise de décision et les performances en mathématiques, et à la manière dont ces compétences peuvent être améliorées par la formation. Elle s'intéresse également au développement atypique (en particulier, les difficultés d'apprentissage des mathématiques et l'autisme). Avant d'occuper son poste actuel à l'université de Loughborough, elle a été chargée de cours et de recherche à l'université Queen's de Belfast, à l'université de Cambridge et à l'université de Genève.


Conférence : Les enfants perçoivent-ils mal le hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Dès leur plus jeune âge, les enfants sont familiarisés avec les phénomènes aléatoires, comme les gouttes de pluie sur une fenêtre ou les flocons de neige qui tombent. Ils ont également l'expérience des générateurs aléatoires, tels que les dés et les pièces de monnaie. La compréhension du caractère aléatoire et du hasard est également essentielle pour la pratique des jeux et des sports, et pour le développement d'un concept d'équité. Il semble que même les bébés aient quelques intuitions de base sur les probabilités. Néanmoins, une caractéristique essentielle des événements aléatoires est que, bien que l'identité des résultats potentiels soit connue, la séquence des résultats se déroule d'une manière imprévisible pour l'observateur. Alors comment développer une bonne compréhension du caractère aléatoire ? Les enfants plus âgés comprennent-ils mieux les processus aléatoires que les plus jeunes ? Quelles sont les façons typiques de mal percevoir le caractère aléatoire et comment pouvons-nous surmonter nos idées fausses ?

Laurence Honnorat Laurence Honnorat
Président d'Innovaxiom

Après une formation en sciences physiques, au management et à la communication puis quinze années d'expérience dans l'industrie, Laurence Honnorat préside Innovaxiom, fondée en 2007. Innovaxiom, société de conseil en stratégie, construit et met en œuvre de projets en sciences. Laurence Honnorat est aussi à l'origine de la création en 2012 de Innovaxiom Corp, basée à Boston. Elle est co-fondatrice de la fondation Out Of Atmosphere en faveur de l'exploration spatiale. Laurence crée en 2016 Weneedyourbrain.com, réseau de conférenciers scientifiques et en 2017 Icedmoment.com, exposition de collections photographiques en ligne. En 2018, elle lance TimeWorldEvent, congrès mondiaux en science et en 2020, l’association d’intérêt général Ideasinscience.com en échos à la chaine YouTube éponyme, crée en 2011 et dont elle est la productrice. Elle intervient en tant que conseil en stratégie, notamment dans l'industrie, sur des questions liées à l'anticipation et dans l'enseignement supérieur où elle aborde les thèmes de l'émergence des idées, de la communication et de la gestion de projets. Elle 2019, elle reçoit le prix Alexandre Ananoff de la Société Astronomique de France pour ses actions en faveur de la valorisation de la culture spatiale.


Conférence : Session d'ouverture
Jeudi 21 janvier 2021, 9h15 - 10h — Amphi Abbé-Grégoire

Laurent de Wilde Laurent de Wilde
Pianiste, compositeur, écrivain

Laurent de Wilde est compositeur, pianiste et écrivain. Ses disques ont rencontré succès public et critique, depuis Off the boat en 1987. À partir des années 2000, il mène de front des projets de plus en plus variés : la poursuite de son trio jazz (Over the Clouds, album de l'année pour Jazz Magazine, Télérama, TSF jazz), la musique électronique (Fly, Fly Superfly!), la collaboration en profondeur avec des artistes tels que Jacques Gamblin et Abd Al Malik (Prix Constantin, Victoires de la musique) ou l'exploration du petit écran avec deux documentaires pour Arte sur Thelonious Monk et Charles Mingus. Il enregistre Riddles un album à deux pianos avec la légende de l'Afrique Ray Lema, publié en octobre 2016. Le duo se produit régulièrement sur les scènes françaises et européennes. Sa biographie du pianiste et compositeur Thelonious Monk (Monk, Gallimard) a marqué les esprits en 1996, et Les fous du son. D'Edison à nos jours (Grasset) décrit la saga des inventeurs de claviers au XXème siècle. Ses collaborations sont multiples. Pour le centenaire de la naissance de Monk, il publie en 2017 l'album New Monk Trio avec le contrebassiste Jérôme Regard et le batteur Donald Kontomanou, qui reçoit le Prix du disque français de l'Académie du jazz. En 2018, il est élu artiste de l'année aux Victoires du jazz.


Conférence : Quelle est la part du hasard en musique ?
Vendredi 22 janvier 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Abbé-Grégoire

en cours

Laurent Fressinet Laurent Fressinet
Joueur d'échecs

En cours

Laurent Pujo-Menjouet Laurent Pujo-Menjouet
Mathématicien

Laurent Pujo-Menjouet est docteur en mathématiques et maître de conférences à l'Université de Lyon I. Spécialiste des systèmes dynamiques, il a fait des mathématiques appliquées à la biologie et la médecine son domaine de prédilection. Il travaille notamment sur les maladies sanguines, la radiobiologie, le prion et la maladie d'Alzheimer. Il a donné plus d'une centaine de conférences sur ses travaux en France et à l’étranger.


Conférence : Le hasard gouverne t-il nos relations amoureuses ?
Samedi 23 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Paul-Painlevé

Tout commence par un constat édifiant : près d’un mariage sur deux se termine par un divorce. La faute à qui ou à quoi ? Est-ce par hasard si nous avons le cœur qui s’égare ? Sommes-nous condamnés à subir ces statistiques funestes ? La réponse est non. Les mathématiciens ont trouvé la clé des couples qui durent. Vous souhaitez la connaître ? À travers plusieurs exemples, nous allons montrer comment il est possible de reprendre les rênes de notre destinée amoureuse. Et une fois posés les bons paramètres maîtrisés, toutes les solutions seront à portée de main.

Leïla Schneps Leïla Schneps
Mathématicienne

Leila Schneps a obtenu son B.A. en mathématiques de l'université de Harvard en 1983, et a fait ensuite sa thèse à l'Université de Paris, devenant par la suite directrice de recherche au CNRS. Bien que son domaine de recherche soit avant tout les mathématiques pures, elle s'intéresse depuis quelques années à la manière dont les mathématiques sont utilisées dans les procès criminels et aussi dans les diagnostics médicaux, deux domaines où une enquête approfondie révèle des erreurs sérieuses commises à cause de malentendus ou mauvaise utilisation des probabilités. Avec Coralie Colmez, elle a publié un livre intitulé Les Maths au Tribunal (Le Seuil, 2015), qui raconte une dizaine de cas d'erreurs mathématiques qui ont mené à des erreurs judiciaires, depuis la fin du 19ème siècle jusqu'à nos jours. Depuis lors, elle est engagée auprès de la gendarmerie française dans l'introduction des méthodes des réseaux bayésiens et de l'intelligence artificielle dans la communauté des enquêteurs de la recherche criminelle ; elle travaille aussi à rendre public le problème de la rigidité du diagnostic du syndrome du bébé secoué, qui utilise des interprétations erronées de résultats d'études médicales pour automatiquement attribuer certains symptômes à des actes de violence, ce qui mène à l'arrestation immédiate des parents et à la destruction de familles.


Conférence : Comment juger de la rareté d'une coïncidence ?
Jeudi 21 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Paul-Painlevé

Parmi les affaires judiciaires, il en est d'un type très particulier, mais assez fréquent : celles qui sont quasiment dénuées de preuves concrètes. On peut constater par exemple un ou plusieurs décès, sans aucune preuve directe, qu’il s’agisse de meurtre ou pas. Dans de tels cas, l’accusation se base fondamentalement sur le principe de probabilité, en affirmant que si l’accusé était vraiment innocent, nous serions confrontés à une coïncidence par trop improbable. C’est alors que devient cruciale la question de calculer correctement la probabilité d’une telle coïncidence. Ce faisant, on a parfois d'authentiques surprises ; nous oublions facilement que nous vivons parmi des millions d’autres êtres humains et que dans une telle population, tout ce qui peut arriver arrive. Puis une fois cette probabilité calculée, aussi petite soit-elle, il ne faut pas oublier de la comparer avec celle que l’accusé ait commis les crimes dont il est accusé - car le meurtre est rare, lui aussi ! Une erreur classique consiste à supposer que si la probablité d’un événement est minuscule, et qu’il se produit quand même, “quelqu’un a fait exprès”. Ces illusions et ces fausses intuitions mènent régulièrement à des erreurs judiciaires regrettables.


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire
Dédicace : Les Maths au tribunal
Jeudi 21 janvier 2021, 14h30 - 15h15

Louise Delange Louise Delange
Illustratrice

Dès son enfance Louise est guidée par le travail manuel et la pratique du dessin. Elle entre à l’École Boulle en 2016 où elle se forme pendant trois ans, obtenant en juillet dernier son diplôme de menuiserie en siège. Aujourd’hui elle poursuit son désir d’apprentissage et d’expérience par une formation en moulage et modelage tout en développant des projets personnels autour du dessin, de la céramique, de la botanique… en portant un oeil curieux sur les sciences savantes et du quotidien.

Louise Marc Louise Marc
Doctorante en physique médicale

Louise Marc est doctorante à l'hôpital de Zürich en physique médicale, dans le domaine du traitement de cancer par radiothérapie. Pendant ses études de physique en licence à la Technische Universität Darmstadt (Allemagne), une année d'échange à l'École Centrale Paris puis un master en Physique Appliquée à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse), elle a pu approcher les différents domaines de l'interface physique - médecine. Déterminée à innover dans le domaine de la santé avec une approche de physicienne, elle s'intéresse aux questions interdisciplinaires. Sa recherche actuelle se consacre à la question : comment rendre la radiothérapie conventionnelle, c.a.d avec photons, plus précise en intégrant l'usage de protons ? La technique de traitement uniquement avec des protons est bien plus coûteuse que d'autres formes de traitement irradiant mais généralement bien plus précise. Ainsi elle est susceptible d'améliorer, en combinaison avec l'usage des photons, la radiothérapie en général à grande échelle clinique. Louise poursuit enfin sa passion musicale, en particulier au piano qu'elle exerce depuis son enfance.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Ludwig Crespin Ludwig Crespin
Philosophe

Ludwig Crespin, agrégé et docteur en philosophie, est membre associé du laboratoire Philosophies et rationalités de l’université Clermont Auvergne où il conduit depuis 2010 des recherches sur la conscience et le rêve à l’interface de la philosophie de l’esprit et des sciences cognitives. Il vient de publier Rêve et conscience. Quel apport des sciences du rêve à la philosophie de la conscience ? (Classique Garnier, 2020)


Conférence : Les rêves sont-ils le produit du hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 15h15 - 16h — Amphi Jean-Prouvé

En est-il des rêves comme des taches de Rorschach, voire comme ces formations rocheuses suggestives mais qui n’ont pas d’autres significations que celles que l’on projette sur elles ? Pour le neuropsychiatre Allan Hobson, auteur de la théorie de l’activation-synthèse, cela est bien le cas. Les rêves ne seraient pas, comme le veut Freud, le fruit d’une intention dissimulée au rêveur, mais le résultat de l'activation aléatoire des neurones dans le cortex cérébral à laquelle le cerveau fait de son mieux pour attribuer un sens. Contre une telle théorie, nous montrerons que si la recherche scientifique sur le rêve peut certes difficilement établir que les rêves manifestent une intention sous-jacente, elle n’en donne pas moins de très bons arguments pour soutenir qu’ils ne sont pas un pur produit du hasard. On voit mal, par exemple, comment la cohérence formelle de l’imagerie onirique pourrait se créer par hasard alors qu’il est bien établi qu’elle est constituée de souvenirs extrêmement hétéroclites. Autrement dit, les rêves n’ont peut-être pas de sens, à la manière dont les mots du langage semblent bien quant à eux exprimer des idées, mais ils ont, a minima, quelque chose qui ressemble à une syntaxe. Et encore, faut-il s’entendre sur ce qu’on appelle le rêve : car celui-ci ne consiste pas seulement en une production hallucinatoire involontaire, mais aussi, et inséparablement, en un ensemble de cogitations, réflexions, inférences et décisions suscitées chez le personnage du rêveur par cette imagerie involontaire et qui elles ont tout l’air d’être analogues à l’activité cognitive de la veille. Ces cogitations semblent bien impliquer des intentions dans le déroulement du rêve. Quant aux personnages qui apparaissent dans nos rêves, il existe une manière fascinante de savoir s’ils pensent : chercher à mettre directement leur perspicacité et leur à propos à l’épreuve en les interrogeant à la faveur des rêves lucides.

Madina Rival Madina Rival
Professeur des universités en management

Diplômée de Sciences Po Paris, normalienne et agrégée d’économie et de gestion, Madina Rival est professeur des Universités au Conservatoire National des Arts et Métiers. Spécialiste du management et de l’innovation publique, elle dirige un diplôme d’établissement et un master 2 sur le sujet. Chercheur en sciences de gestion et du management elle dirige également le laboratoire interdisciplinaire de recherches en sciences de l’action au sein de la comue Hésam (210 chercheurs). Auteurs de nombreux articles de recherche à l’international, elle travaille sur le lobbying, la fabrique des politiques publiques, les différents aspects du management et de l’innovation publics. Madina Rival encadre actuellement notamment cinq thèses de doctorats sur ces thématiques.

Manuel Gaulhiac Manuel Gaulhiac
Doctorant en musicologie

Manuel Gaulhiac est doctorant en musicologie à Sorbonne-Université à Paris, sur le sujet des descripteurs harmoniques et de la modélisation acoustique du phénomène harmonique. Il est diplômé de l’École Polytechnique dans la spécialité mathématiques fondamentales, et obtient le master Atiam (Acoustique, Traitement du signal et Informatique Appliquées à la Musique) de l’Ircam ainsi que le master de musicologie de la Sorbonne qu’il consacre à la musique d'Alfred Schnittke. Manuel Gaulhiac est aussi pianiste et critique musical pour le site Bachtrack.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Marc-André Selosse Marc-André Selosse
Mycologue et botaniste

Marc-André Selosse est professeur du Muséum national d’Histoire naturelle à Paris et professeur aux universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine). Ses recherches portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes. Président de la Société Botanique de France et membre de l’Académie d’Agriculture de France, il est éditeur de quatre revues scientifiques internationales. Il a publié des ouvrages grand public sur les microbiotes (Jamais seul, 2017) et les tannins (Les goûts et les couleurs du monde, 2019).


Conférence : Les associations entre vivants se font-elles au hasard ?
Vendredi 22 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Le monde vivant est fait d’associations : parasites et symbiotes entourent en nombre chaque organisme, chaque espèce. Bien plus, ces associations façonnent, interviennent dans le fonctionnement de l’organisme, son succès écologie et évolutif. A tel point que l’on finit par douter de la notion d’organisme en tant que tel ! Mais comment ces associations se sont-elles mises en place ? Et comment en sont-elles venues à occuper un tel rôle ? La genèse des associations entre vivants est fruit du hasard, mais aussi de la sélection naturelle. Le même jeu entre hasard et sélection se retrouve au cours de leur évolution ultérieure, en particulier dans l’émergence de la dépendance, cet état tellement fréquent où une fonction ne peut plus être réalisée sans le partenaire. Champignons et plantes, bactéries et animaux, animaux et plantes ou champignons : travers de multiples exemples, nous découvrirons les histoires évolutives de l’association entre êtres vivants.


Dédicace : Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations
Vendredi 22 janvier 2021, 15h15 - 16h

Marc Lachièze-Rey Marc Lachièze-Rey
Astrophysicien

Marc Lachièze-Rey est un ancien élève de l'École normale supérieure (rue d'Ulm) et docteur en physique. Il est aujourd'hui directeur de recherches au CNRS et travaille au laboratoire APC (Astroparticule et cosmologie). Il est spécialiste de physique théorique fondamentale, et s'intéresse aux rapports de cette discipline avec les mathématiques et la philosophie. Il a écrit de nombreux articles et plusieurs ouvrages parmi lesquels Au-delà de l'espace et du temps : la nouvelle physique (Le Pommier, 2008), Les avatars du vide (Le Pommier, 2005) De l'infini (avec J.-P. Luminet, Dunod, 2005), Figures du Ciel (avec J.-P. Luminet, Le Seuil / Bibliothèque nationale de France, Paris, 1998), Initiation à la cosmologie (4e édition, Dunod, 2004), Voyager dans le temps: la physique moderne et la temporalité, (Seuil Sciences Ouvertes 2013) et Einstein à la plage (Dunod, 2015).


Conférence : Y a-t-il du hasard dans l’évolution cosmique ?
Samedi 23 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Prouvé

En cours

Mariano Bizzarri Mariano Bizzarri
Professeur de pathologie clinique

Mariano Bizzarri est professeur agrégé de pathologie clinique au Département de médecine expérimentale de l'Université Sapienza à Rome. Il est membre du comité scientifique de l'Agence Spatiale Italienne (ASI) depuis 2005 ; il en a été le président de 2011à 2014. Il est co-fondateur de la Société italienne de biomédecine spatiale et de biochimie (2006). Chef du Centre de biologie des systèmes (SBGLab) et membre du Centre de recherche spatiale de l'Université La Sapienza (CRAS). Il est éditeur en chef de la revue internationale Organisms et rédacteur en chef adjoint de Cancer Cell International. Il est l'auteur de centaines d'essais scientifiques et philosophiques, ainsi que d'une douzaine de livres scientifiques, dont Systems Biology (Springer Protocols, 2017) et Network-Based Pharmacology and Personalized Systems Approach in Bio-Medicine:Approaching Human Complex Diseases: Network-Based Pharmacology and Systems Approach in Bio-Medicine (Springer, 2020).


Conférence : Le hasard est-il nécessaire pour amorcer le changement en biologie ?
Jeudi 21 janvier 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Paul-Painlevé

Comment est-il possible que les populations de cellules clonales présentent une telle variabilité intercellulaire - à la fois phénotypique et génomique - même lorsque leur environnement est maintenu homogène et constant ? Jusqu'aux années 80, l'hétérogénéité de ces cellules a été largement négligée par le courant dominant de la biologie. De nos jours, ce phénomène - au lieu d'être assimilé à une nuisance - est reconnu pour son rôle important dans le développement et le fonctionnement des systèmes biologiques. En effet, la stochasticité de l'expression génétique garantit la flexibilité nécessaire aux cellules pour qu’elles puissent s'adapter aux perturbations qui mettent en jeu la stabilité du système. Cette remarquable caractéristique explique pourquoi la relation génotype/phénotype – loin d’être déterministe et unidirectionnelle - peut engendrer plusieurs configurations géno-phénotypiques. Si l'expression des gènes est sujette à d'importantes fluctuations stochastiques, d'où peuvent émerger des structures stables ? Plusieurs données expérimentales suggèrent que les contraintes biophysiques peuvent contribuer à déterminer la direction et le caractère des processus de differentiation cellulaire. Par exemple, les cellules souches sont acheminées vers une spécification de lignée sous l’influence prépondérante des propriétés physiques du microenvironnement. Les cellules peuvent échapper à leur stochasticité lorsqu'un régime de contraintes appropriées, déployées par un champ morphogénétique, facilite l'émergence d'un phénotype spécifique.


Dédicace : Network-Based Pharmacology and Personalized Systems Approach in Bio-Medicine: Approaching Human Complex Diseases
Jeudi 21 janvier 2021, 11h30 - 12h15

Marie-Antoinette Mélières Marie-Antoinette Mélières
Physicienne et climatologue

Marie-Antoinette Mélières a obtenu un Doctorat de 3ème cycle en chimie physique et un Doctorat d’État en physique à l’université Joseph Fourier de Grenoble (actuellement Grenoble-Alpes). Elle a effectué des recherches dans les domaines de la spectroscopie moléculaire, de la physique atmosphérique mais aussi dans le domaine des sciences de l’environnement (cycle du mercure, des radioéléments et des aérosols) et du climat (études centrées sur les archives sédimentaires). Elle a enseigné à l’université Grenoble-Alpes en physique fondamentale puis en sciences du climat. Elle a été responsable scientifique du site Saga-Science Climat du CNRS de 1999 à 2007. Elle a initié et rédigé la Lettre Changement Global sous l’égide du ministère de la Recherche et de l’académie des Sciences (1994-2008).


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé

Marie Lacomme Marie Lacomme
Doctorante en philosophie des sciences

Marie Lacomme est doctorante en philosophie des sciences au laboratoire Sphère (Université de Paris). Diplômée d'un master de philosophie à l'Université Panthéon-Sorbonne, elle a également étudié la biologie évolutive à l'UPMC et au MNHN, ainsi qu’effectué des stages de recherche en primatologie (MNHN). Ses recherches portent sur la place accordée à l'être humain par rapport aux autres espèces animales, et notamment aux autres espèces de primates, à la fois en sciences naturelles et en sciences humaines et sociales.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Maxime Abolgassemi Maxime Abolgassemi
Professeur et écrivain

Maxime Abolgassemi enseigne la littérature et la culture générale en classes préparatoires au lycée Chateaubriand de Rennes. Partisan d'un renouvellement pédagogique, il a publié un ouvrage pour promouvoir des pratiques d'écriture créative dans l'enseignement du français. De son expérience de juré de divers concours et d'enseignant, il a tiré une méthode pratique qui prend en compte les multiples enjeux que soulèvent les épreuves « d'entretien de personnalité » lors des oraux d'entrée dans les grandes écoles. Docteur en lettres (université Paris-Sorbonne) et agrégé de lettres modernes, il est aussi titulaire d'une maîtrise de physique théorique (université Pierre-et-Marie-Curie). Ses travaux portent sur le « hasard objectif » des surréalistes, la notion de contrefiction qu'il a introduite, et la transparence démocratique. En 2017, il publie Nuit persane, un premier roman qui plonge le lecteur à Téhéran dans les dernières années qui précédèrent la Révolution iranienne.


Conférence : Qu’est-ce que le hasard objectif ?
Samedi 23 janvier 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Paul-Painlevé

en cours

Michael Craig Gradwell Michael Craig Gradwell
Professeur

Michaël est professeur émérite à l'École supérieure d'ingénieurs en électrotechnique et électronique (ESIEE) Paris, unique école d'ingénieurs du réseau de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. Il enseigne aussi aux élèves de Ponts et Chaussées et à ceux de l'École polytechnique. Il est également professeur invité au Cape Peninsula University of Technology à Cape Town, et à Tshwane University of Technology à Pretoria. Ses cours portent sur la communication, la gestion de projet, la créativité et l'expression théâtrale. Michaël est également animateur et facilitateur. D'origine irlandaise, il intervient en anglais, en français et en italien.

Mickael Popelard Mickael Popelard
Professeur de littérature

Mickaël Popelard est professeur de littérature anglaise de la première modernité à l'université de Caen Normandie. Il a publié deux ouvrages et plusieurs articles sur le théâtre de Shakespeare et la philosophie de Francis Bacon et termine actuellement la traduction de trois textes littéraires baconiens, dont la Nouvelle Atlantide, à paraître chez Classiques Garnier en 2020.


Conférence : Que nous apprend Shakespeare des jeux de l’amour et du hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Prouvé

Rien de moins incertain, à première vue, qu'une pièce de théâtre, dont les personnages entrent en scène, par définition, au moment prévu par l'auteur (voire par le metteur en scène) pour en exécuter les volontés dramatiques. Et pourtant, Shakespeare ne cesse de rappeler au lecteur comme au spectateur que les vies humaines sont régies par le hasard et par la confusion plutôt qu'elles ne s'apparentent à un ballet parfaitement orchestré. Tout le théâtre de Shakespeare, depuis Hamlet jusqu'à la Tempête, peut se lire comme une méditation sur la place du hasard dans nos vies. En prenant l'exemple du Songe d'une Nuit d’Été (et de quelques autres comédies shakespeariennes), cette conférence essaiera de décrire la façon dont Shakespeare permet de penser les rapports entre l'amour, le hasard et la nécessité dans l'Angleterre de la première modernité.

Nathalie Besson Nathalie Besson
Physicienne

Nathalie Besson est chercheuse au département de physique des particules de l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers au CEA de Saclay. Ella a travaillé pendant presque 20 ans au sein de la collaboration qui exploite les données enregistrées par le détecteur ATLAS installé autour d’un des points de collision du grand collisionneur de protons, le LHC, au CERN à Genève. Son domaine de prédilection est le modèle standard de la physique des particules, plus précisément l’étude des bosons W et Z. Elle a rejoint récemment la mission LISA, qui sera le premier détecteur spatial d’ondes gravitationnelles. Par ailleurs, elle participe à la diffusion des connaissances en physique des particules entre autres par le biais de conférences, à l’occasion de manifestations scientifiques, dans les établissements scolaires, et via l’enseignement.


Conférence : Le boson de Higgs, je suppose ?
Vendredi 22 janvier 2021, 9h15 - 10h — Amphi Paul-Painlevé

Albert Einstein, un des pères de la mécanique quantique, ne pouvait s’y résoudre : « Dieu ne joue pas aux dés », a-t-il résumé au congrès de Solvay de 1927, congrès qui rassemblait le gratin des physiciens. Et pourtant, les phénomènes subatomiques, décrits par la mécanique quantique, sont régis par des probabilités. Des tirages au sort. Le hasard. Mais alors, comment les physiciens des particules peuvent-ils affirmer avoir découvert le boson de Higgs ? Qu’est-ce que cela recouvre ? Comment se présentent les résultats et comment les interpréter ? Nous traquerons ensemble l’intervention du hasard dans la chasse à la dernière des particules élémentaires à avoir été découverte.

Nicolas Curien Nicolas Curien
Mathématicien

Nicolas Curien est mathématicien, spécialiste de la théorie des probabilités. Ancien élève de l'école normale supérieure et agrégé de mathématiques, il est depuis 2014 professeur à l'université Paris-Saclay et membre de l'Institut Universitaire de France depuis 2016. Sa recherche concerne principalement l'étude des propriétés géométriques à grande échelle dans des graphes et les surfaces aléatoires.


Conférence : Le hasard est-il régulier ?
Jeudi 21 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Paul-Painlevé

Quand nous pensons " hasard " ou " aléatoire " nous sommes plus enclins à associer ces notions au désordre qu'à l'ordre. D'ailleurs le hasard est souvent synonyme d'imprédictibilité. Cependant les phénomènes aléatoires obéissent à des règles mathématiques très rigoureuses : bien qu'une réalisation particulière d'un phénomème aléatoire reste imprévisible par essence, les propriétés statistiques d'une cohorte de phénomènes aléatoires indépendants sont elles tout à fait prévisibles. Un exemple de telle propriété est la loi des grands nombres qui stipule que la probabilité d'un événement est égale à la fréquence asymptotique d'une suite (infinie) de réalisations indépendantes. C'est cette " régularité " du hasard qui permet de fonder les statistiques et d'extraire de l'information des données réelles.

Nicolas Gauvrit Nicolas Gauvrit
Chercheur en psychologie

Nicolas Gauvrit a une triple formation en mathématiques (Ecole Normale Supérieure de Lyon), en psychologie (Université Paris-Saint-Denis) et en sciences cognitives (Ecole Polytechnique/Ecole des Hautes Etudes en Sciences Cognitives). Il poursuit des recherches sur le raisonnement humain à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris. Il est membre de la Société Française de Statistique et de l’Association Française pour l’Information Scientifique. Il est l’auteur d’une centaine d’articles et de 12 ouvrages de diffusion scientifique. Il s’est exprimé dans divers médias ces dernières années sur l’utilisation de la statistique, les différences hommes-femmes, le raisonnement et l’intelligence (France Culture, France Inter, Europe 1, Le Monde, Slate, Pour la Science, National Geographic...).


Conférence : Pourquoi les coïncidences nous étonnent-elles ?
Jeudi 21 janvier 2021, 15h15 - 16h — Amphi Abbé-Grégoire

Nous vivons presque tous des événements surprenants de temps à autre... trop surprenants pour qu'ils soient dus, pense-t-on, au hasard. Ils peuvent alors donner naissance à des théories du complot, des rumeurs, voire de théories pseudo-scientifiques ! Plutôt que nous attarder sur les événements eux-mêmes, pourquoi ne pas s'interroger sur notre étonnant étonnement ? Effet d'ignorance, paradoxes probabilistes, ou négligence de certains aspects du réels sont des sources possibles de ce qu'il se passe en nous quand nous nous exclamons " comme par hasard ! ".


Dédicace : Statistiques. Méfiez-vous !
Jeudi 21 janvier 2021, 16h - 16h45
Dédicace : Causes toujours ! : Les pièges de la causalité
Vendredi 22 janvier 2021, 11h30 - 12h15
Dédicace : Comme par hasard ! Coïncidences et loi des séries
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 - 16h
Dédicace : Vous avez dit hasard ? : Entre mathématiques et psychologie
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 - 16h

Norbert Gautrin Norbert Gautrin
Médecin urgentiste

Norbert Gautrin a été initié à l’urgence en 1969 dans le service de réanimation du Professeur Huguenard lors de la création du SAMU du Val de Marne. Il a occupé la fonction de secrétaire général de Médecins Sans Frontières pendant 9 ans. Il a participé à plusieurs missions exploratoires (au Kurdistan en 1980, en Iran en 1981, au Zaïre en 1983 en relation avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et en Ethiopie en 1984). En 1986 Norbert Gautrin co-fonde une entreprise à l’origine de treize EHPAD et d’un service de soins à domicile. En 1993, il est médecin dans l’équipe du Dr Xavier Emmanuelli à la création du Samu Social de Paris. Depuis 1980, Norbert Gautrin exerce ses fonctions à SOS médecin Paris. Il est également administrateur pour le Samu Social International et pour la société philanthropique qui est gestionnaire d’Ehpad, d’établissements pour enfants porteurs de handicaps physiques et psychiques, et de centres d’accueil de femmes en grande précarité.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

Pascal Tassy Pascal Tassy
Chercheur en paléontologie

Pascal Tassy est professeur émérite du Muséum national d'Histoire naturelle. Paléontologue, il s'est intéressé à l'évolution des mammifères et plus particulièrement des proboscidiens (éléphants et formes apparentées). Ses fouilles paléontologiques l'ont notamment mené du département du Gers jusqu'au Pakistan, en passant par le Kenya et la Bulgarie. Il fait également partie de cette génération de paléontologues qui, dans les années 1970, s’est emparée des principes de la cladistique afin de renouveler les méthodes de reconstruction des phylogénies (arbres évolutifs). Parmi ses derniers ouvrages : L'évolution au Muséum, Albert Gaudry (Editions Matériologiques/ Editions du Muséum), Une histoire d'évolution (Le Pommier) et, en collaboration avec P. Darlu, C. d’Haese et R. Zaragüeta i Bagils, La reconstruction phylogénétique. Concepts et méthodes (nouvelle édition revue et augmentée) (Editions Matériologiques).


Conférence : Le hasard est-il caché dans l'arbre phylogénétique ?
Vendredi 22 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Prouvé

L'arbre phylogénétique est une image aussi vieille que l'ouvrage fondateur de ce que l'on appellera plus tard la théorie de l'évolution, la philosophie zoologique de Lamarck en 1809 ; avant même que Darwin, cinquante ans plus tard, publie dans L'Origine des espèces le premier arbre moderne visant à illustrer la « descendance avec modification ». Cependant les critères de reconstruction de l'histoire de l'évolution ont toujours été débattus, discutés, transformés, contredits jusqu'à aujourd'hui. Par ailleurs, sur le plan des mécanismes à l'origine de l'évolution biologique, et donc des parentés illustrées par l'arbre phylogénétique, le hasard est un concept des plus délicats et embarrassants qui a été compris de diverses façons. Aborder la question du hasard en phylogénétique revient à essayer de distinguer ce qui fait la part de la structure de parenté (le pattern des anglophones) et celle des processus évolutifs. En dépit des apparences, le goût pour les histoires – et la phylogénie en est une – ne facilite pas la discussion.


Dédicace : La classification phylogénétique du vivant
Vendredi 22 janvier 2021, 14h30 - 15h15
Dédicace : Une histoire d'évolution
Vendredi 22 janvier 2021, 14h30 - 15h15

Pascal Yiou Pascal Yiou
Chercheur en climatologie

Titulaire d'un doctorat en mathématiques appliquées, Pascal Yiou est directeur de recherches au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement. Actuellement, sa recherche porte sur la modélisation des événements extrêmes, des systèmes chaotiques et des statistiques. En 2014, il a été lauréat de l'ERC (European Research Council) pour ses travaux sur les propriétés statistiques de systèmes chaotiques climatiques.


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé
Dédicace : Le temps s'est-il détraqué ?
Vendredi 22 janvier 2021, 17h30 - 18h15

Patrice Besnard Patrice Besnard
Délégué général France Horlogerie

Patrice Besnard est diplômé de l'Institut d’Etudes Politiques de Paris ainsi que de l'Université Paris Panthéon - Sorbonne en Droit des affaires. Patrice Besnard a rejoint France Horlogerie en 1984 et en est devenu le délégué général depuis 1993. Il présidende la Commission française de normalisation horlogère ainsi que la délégation française du Comité horloger de normalisation international ISO TC/114. Patrice est expert auprès de la Commission de conciliation et d’expertise douanière. Il occupe également la fonction de Ddélégué général de la Fédération de l’horlogerie et des activités connexes de l’Union européenne « EuroTempus ». Il est le secrétaire de la délégation communautaire du Comité Permanent de l’Horlogerie Européenne et il est membre du comité mondial des exposants de Baselworld.


Conférence : La mesure du temps supporte-t-elle le hasard ?
Vendredi 22 janvier 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Paul-Painlevé

En cours

Patrick Assyag Patrick Assyag
Médecin cardiologue

Patrick Assyag est médecin cardiologue libéral depuis 1997 à Paris, Il est ancien chef de clinique et assistant des hôpitaux de Strasbourg. Il est actuellement, Président de l’Union des cardiologues de Paris et de sa région, Président de l’Association de Cardiologie Ile-de-France, Vice-président du Syndicat National des Spécialistes des Maladies du Cœur et des Vaisseaux (SNSMCV), Vice-président de la Fédération Française de Cardiologie, membre de la Société Française de Cardiologie et membre de la Société Européenne de Cardiologie.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

Patrick Touron Patrick Touron
Commandant du Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale

Patrick Touron est Général de gendarmerie, commandant du pôle judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN) et ancien directeur de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) jusque 2018. Diplômé de l'école des sciences criminelles de Lausanne (ESC) et ancien élève du Collège Interarmées de Défense (CID) promotion 2004. Expert en investigations criminelles, spécialisé dans le domaine des explosifs et l'identification de victimes lors de catastrophes de masse. A ce titre, il pratique l’expertise judiciaire dans des affaires sensibles depuis les années 1990 et a rédigé de nombreux articles scientifiques dans le domaine des sciences forensiques. Il a alterné des postes au sein de la Gendarmerie Scientifique avec des postes de commandement opérationnel sur le terrain, dont le dernier en date était celui du commandement de la gendarmerie départementale du Bas-Rhin jusqu’en 2012. Patrick Touron est un ancien auditeur de l'Institut des Hautes études pour la Science et la Technologie (IHEST promotion « Léonard de Vinci » 2012-2013).


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Penny Starfield Penny Starfield
Professeure en études américaines et cinématographiques

Penny Starfield est professeure en études américaines et études cinématographiques des pays anglophones au département d’anglais de l’Université Caen Normandie et membre du laboratoire de recherche ERIBIA. Ses recherches portent sur l’histoire et l’esthétique du cinéma, plus particulièrement la nouvelle vagure américaine et la représentation des minorités, sur laquelle elle consacre actuelement une monographie. Elle a coordonné deux ouvrages dans la collection CinémAction : Masque et lumière (2006) et Femmes et pouvoir (2008) et publié récemment « Du hasard au cinéma », Raison présente, n°198, 2016.


Conférence : Quelle place le hasard laisse-t-il au choix dans le cinéma ?
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Jean-Prouvé

Quelle place reste-t-il au choix lors de la rencontre entre le choix et hasard ? Nous examinerons quelques exemples tirés du cinéma anglophone, à l’intérieur d’un spectre qui va de la comédie à la tragédie, du Gosse de Chaplin (1921) à Tsotsi (film sud-africain de Gavin Hood, 2005), qui ont en commun le même mécanisme déclencheur : la découverte fortuite d’un bébé dans une voiture. Le cinéma comique n’opposant guère de frontières à l’inhabituel, le vagabond au grand cœur de Chaplin intègre l’enfant abandonné dans sa vie. Le choix s’évapore au contact du comique, tandis que le drame du petit malfrat dans Tsotsi, y voyant sa propre enfance inachevée, est de se trouver face à des choix existentiels. Entre ces deux pôles, nous nous pencherons sur un bébé nommée Coyote, qui naît fortuitement au milieu du désert entre l’Arizona et le Nouveau Mexique, au milieu de personnages disparates, que seul le hasard aurait pu rassembler dans une diligence. Il s’agit de La Chevauchée fantastique (1939), de John Ford, qui distribuera lui-même les choix, les sorts ou les destins de ses personnages.

Philippe Charlier Philippe Charlier
Médecin légiste

Philippe Charlier est docteur en médecine, docteur ès-sciences et docteur ès-lettres. Il est maître de conférences des universités, habilité à diriger les recherches. Jusqu'à l'été de 2013, Philippe Charlier a fait partie du service de médecine légale de l'Hôpital universitaire Raymond Poincaré de Garches. Il était également chercheur au Laboratoire d'éthique médicale de l'université Paris-Descartes. Il dirigeait une équipe pluridisciplinaire travaillant dans les domaines de l'anthropologie médico-légale, du diagnostic rétrospectif, de la paléopathologie et de la pathographie. Il s'est spécialisé dans l'étude des restes humains anciens ou de momies, et tient la réputation de faire parler les morts et d'en percer les secrets. Initiateur et organisateur des colloques internationaux de pathographie, ses travaux ont porté sur l'étude des restes des enfants de Toutankhamon, de Richard Cœur de Lion, d'Agnès Sorel, de Foulque III Nerra d'Anjou, de Diane de Poitiers, des reliques de Louis IX dispersées partout en France, les authentifiant au passage en collaboration avec d'autres spécialistes, des fausses reliques de Jeanne d'Arc, de la tête présumée d'Henri IV et en 2017 sur les restes d'Hitler. Il a participé à plusieurs émissions de télévision sur l'histoire et sur la médecine, notamment Secrets d'histoire sur France 2, Sous les jupons de l'Histoire sur Chérie 25, Le Magazine de la santé et Enquête de Santé sur France 5. Il a co-écrit et présenté une série documentaire, Enquête d'ailleurs, co-produite et diffusée par Arte en 2013 et 2015. Depuis octobre 2018, Philippe Charlier est directeur du département de la recherche et de l'enseignement au Musée du quai Branly - Jacques-Chirac. Il est membre de la Société de Géographie, de la Société des Explorateurs Français, de la Société des Africanistes, et de la Société Française d'Histoire de la Médecine.

Photo : copyright Musée du quai Branly - Jacques Chirac, pas de droit de reproduction


Conférence : Mort, maladie, lendemain : le hasard lutte-t-il contre l’inconnu ?
Vendredi 22 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Paul-Painlevé

En cours


Dédicace : Rituels
Vendredi 22 janvier 2021, 11h30 - 12h15

Pierre Lemaitre Pierre Lemaitre
Ecrivain

Pierre Lemaitre fait incontestablement partie des plus grands écrivains français actuels. Auteur de nombreux romans policiers et de thrillers salués par la critique, il acquiert rapidement une notoriété internationale lorsqu’il reçoit en 2013 le prix Goncourt pour Au revoir là-haut (éditions Albin Michel), adapté au cinéma en 2017 par Albert Dupontel et qui lui valut un César de la meilleure adaptation. Ce récit forme la première partie d’une trilogie intitulée « Les Enfants du désastre », également constituée de Couleurs de l’Incendie (2018) (qu'il vient d'adapter pour le cinéma) et de Miroir de nos peines (2020), dernier ouvrage en date. Au-delà de cette trilogie, Pierre Lemaitre a pour projet d’écrire une suite de romans destinés à peindre une fresque du XXe siècle. Il s’illustre enfin en tant que scénariste au cinéma et à la télévision ; il vient notamment d’adapter son roman en série de 6 x 52' Cadres noirs (2010) pour la chaîne Arte sous le titre de "Dérapages". Ses romans sont traduits en 42 langues. Photo crédit : Tonatiuh Ambrosetti


Conférence : Le hasard est-il l'ennemi du romancier ?
Samedi 23 janvier 2021, 10h - 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

La grande différence entre la fiction et la réalité, c'est que la fiction doit être crédible. La part de hasard que l'on est prêt à admettre dans une fiction est infiniment plus limitée que celle qu'on admet tous les jours dans le réel. Le romancier, le scénariste qui y recourt est vite accusé d'user de facilités, de remplacer les motivations de ses personnages ou les faiblesses de son intrigue par des coïncidences pratiques. Pour autant, il existe de " bons " hasards. Dans les intrigues d'abord, lorsqu'ils servent la narration. Dans l'écriture elle-même lorsqu'elle propose des surprises qui fécondent le texte. Des grands classiques au roman policier, il est possible d'esquisser quelques lignes de réflexion sur le " bon usage " du hasard dans le domaine romanesque.


Dédicace : Au revoir là-haut
Samedi 23 janvier 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : Couleurs de l'incendie
Samedi 23 janvier 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : Miroir de nos peines
Samedi 23 janvier 2021, 10h45 - 11h30

Raphaël Lachièze-Rey Raphaël Lachièze-Rey
Mathématicien

Raphaël Lachièze-Rey est enseignant-chercheur, Maître de conférences HDR en mathématiques à l'Université de Paris, ancien élève de l'ecole normale supérieure de Cachan. Il est spécialisé dans la théorie des probabilités, et anime le séminaire de probabilités du MAP5.


Conférence : Quelles certitudes contient le hasard ?
Jeudi 21 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Comment une accumulation d’évènements complètement aléatoires et imprévisibles peut-elle engendrer des certitudes? Traquer et quantifier la certitude dans le hasard est à la base de la théorie mathématiques des probabilités et des statistiques, avec des retombées surprenantes : les journaux peuvent annoncer avec certitude le résultat de l’élection présidentielle à 20h alors que 99% des bulletins n’ont pas été dépouillés, et on peut déjà prévoir le nombre de séismes qui auront lieu en 2021 avec précision, alors que la prédiction d’un séisme reste un grand mystère de la sismologie. Ces certitudes deviennent plus surprenantes encore quand elles comportent des effets de seuil, notamment en physique statistique: deux modèles aléatoires de systèmes désordonnés, très proches dans leurs paramètres, peuvent se comporter de manière diamétralement opposée, et malgré tout prévisible.

Roger Mansuy Roger Mansuy
Mathématicien

Après une thèse en probabilités, Roger Mansuy a choisi d'enseigner en classes préparatoires scientifiques. En dehors de son activité d'enseignant aux lycées Louis-le-Grand et Saint-Louis, il est connu pour son action dans la diffusion de la culture mathématique ; il a déjà publié une dizaine d'ouvrages universitaires et écrit des chroniques mensuelles dans le magazine La Recherche.


Conférence : Que peut-on espérer du hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Jean-Prouvé

On a coutume de placer l'origine de la théorie mathématique des probabilités avec la résolution d'un problème pratique: deux joueurs voient leur partie interrompue avant que le sort n'ai déterminé un gagnant; comment déterminer un partage équitable des mises connaissant le score à l'interruption ? En d'autres termes, quelle partie de la mise totale peut espérer obtenir chaque joueur ? À travers cet exemple, apparaît le concept d'espérance mathématique. Désormais, on le retrouve dans toutes les modélisations et calculs liés au hasard : de nos espoirs en le tirage d'une loterie à notre espérance de vie en passant par l'estimation de prix des contrats financiers. Regardons le cheminement historique de ce concept et sa pertinence pour traduire notre perception intuitive de l'espoir.

Roland Lehoucq Roland Lehoucq
Astrophysicien

Roland Lehoucq est astrophysicien au Département d’Astrophysique du CEA de Saclay. Il enseigne à l’Institut d’études Politiques et au master ASE2 (Approche Sociale de l’Energie et de l’Environnement) de l’université Paris Diderot. Il a publié de nombreux ouvrages dont « La science fait son cinéma » et « Faire des sciences avec Star Wars ». Depuis 2012, il est président des Utopiales, le festival international de science-fiction de Nantes. L’astéroïde (31387) Lehoucq porte son nom en hommage à son implication dans la diffusion et le partage des connaissances.


Conférence : Le hasard se loge-t-il au coeur des étoiles ?
Vendredi 22 janvier 2021, 15h15 - 16h — Amphi Abbé-Grégoire

De nombreuses hypothèses furent avancées pour comprendre la nature et l’origine de la prodigieuse luminosité du Soleil. Au début du 20e siècle, les physiciens comprirent que l’assemblage d’éléments légers en éléments plus lourds pouvait être source de l’énergie permettant à notre étoile de briller durablement : la fusion de quatre noyaux d’hydrogène en un noyau d’hélium peut fournir au Soleil une énergie suffisante pour briller plusieurs milliards d’années. Il restait cependant à comprendre comment deux noyaux, portant une charge électrique positive, peuvent s’approcher suffisamment près pour fusionner en dépit de leur répulsion électrostatique... Dans cette conférence, nous verrons que le processus physique qui permet aux étoiles de briller durablement est fondé sur le hasard et qu’il se manifeste dans bien d’autres situations.


Dédicace : Pourquoi le Soleil brille
Vendredi 22 janvier 2021, 16h - 16h45

Sebastian Dieguez Sebastian Dieguez
Chercheur en neurosciences

Sebastian Dieguez est chercheur en neurosciences et en psychologie cognitive à l’Université de Fribourg, en Suisse. Son travail porte sur la formation des croyances, avec un accent particulier sur le complotisme contemporain. Il s’intéresse aussi aux liens entre psychologie et littérature, à la propagation des pseudo-sciences, et à la nature de la conscience de soi. A côté de ses activités académiques, il écrit régulièrement dans le magazine Cerveau & Psycho et le journal satirique Vigousse. Son dernier livre est Total Bullshit ! Au cœur de la post-vérité (PUF, 2018).


Conférence : Pourquoi moi ?
Vendredi 22 janvier 2021, 16h - 16h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Quand le hasard, le destin, le sort ou la malchance nous frappent cruellement, la question « pourquoi moi? » émerge tout naturellement. Mais à vrai dire, cette question, on pourrait se la poser à chaque instant. Pourquoi suis-je moi, là, maintenant, et non un autre ? Et pourquoi, à ce compte, sommes-nous tous « moi », alors que nous aurions pu aussi bien être n’importe qui, ou même n’importe quoi ? Pourquoi est-ce moi qui écrit ces lignes, et non pas vous ? Et pourquoi écris-je ces lignes en particulier, et non pas d’autres ? Serions-nous, à tout instant, la cible privilégiée des jeux mystérieux du hasard ? A moins, bien sûr, que toutes ces questions ne soient mal posées, et qu’elles ne résultent que d’une illusion pernicieuse de l’esprit. Cette présentation tente de mettre à jour les présupposés de la question « pourquoi moi ? », en mobilisant les recherches récentes sur la nature du « vrai moi » en neurosciences et en psychologie cognitive.


Dédicace : Total bullshit !
Vendredi 22 janvier 2021, 17h30 - 18h15

Sergei Atamas Sergei Atamas
Directeur de recherche

Sergei Atamas a obtenu son doctorat en médecine dans les années 1980 dans l'ex-Union soviétique. Il a ensuite enseigné à la faculté de médecine et mené des recherches biomédicales jusqu'en 1994, date à laquelle il a immigré aux États-Unis. Depuis, il a gravi les échelons du corps enseignant pour devenir professeur titulaire de médecine, de microbiologie et d'immunologie à la faculté de médecine de l'université du Maryland. Après 25 ans passés dans cette institution, le Dr Atamas a rejoint le monde de l'industrie,. Il travaille actuellement chez Corbus Pharmaceutical en tant que directeur exécutif de la recherche. Le Dr Atamas a consacré sa carrière à des études moléculaires, cellulaires et organisationnelles concernant l'inflammation et la fibrose. Il est passionné par le rôle des événements fortuits en biologie, de la spécificité, de la stochasticité, jusqu'au concept de dégénérescence fonctionnelle. Les recherches du Dr Atamas ont fait l'objet d'une centaine d'articles et de chapitres d'ouvrages.


Conférence : Le hasard serait-il un atout pour la conception de médicaments ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h - 16h45 — Amphi Abbé-Grégoire

La stratégie de conception rationnelle des médicaments s'est avérée efficace pour le développement de certains médicaments présentant des relations déterministes structure-fonction. Cette approche est particulièrement applicable au développement de thérapies pour des maladies monogéniques et/ou des maladies présentant des perturbations dans des mécanismes conservés par l'évolution ayant des fonctions très spécifiques. Cependant, même la conception de médicaments la plus informée et la plus rationnelle peut être mise en échec par l'imprévisibilité des relations structure-fonction entre un composé thérapeutique potentiel et sa cible ; les changements structurels et fonctionnels ultérieurs dans la biomolécule ciblée ; les effets sur le réseau d'interactions de la cible ; la liaison du médicament sur des ligands autres que celui ciblé avec les effets toxiques potentiels. En l'absence d'un "démon de Laplace", la conception rationnelle d'un médicament, aussi sophistiquée soit-elle, ne peut pas tenir pleinement compte des aspects aléatoires des réalités moléculaires, cellulaires et organisationnelles du vivant. Il semble donc que la dégénérescence structuro-fonctionnelle - un intermédiaire entre la redondance stochastique et la spécificité déterministe - soit inévitable dans le développement réussi de médicaments. J'expliquerai que, loin d'être un défaut, cela pourrait au contraire constituer un avantage.

Sidney Delgado Sidney Delgado
Biologiste

Biologiste, Maitre de conférence à Sorbonne Université, Sidney Delgado travaille à l’ISYEB (l'Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité) qui dépend du Muséum national d'Histoire naturelle, de Sorbonne Université et du CNRS. Spécialiste de la génétique de l’évolution, il étudie l’évolution des gènes liés à la minéralisation des os, des dents et des écailles, chez les Vertébrés.


Conférence : Le hasard des mutations est-il le seul moteur de l’évolution ?
Samedi 23 janvier 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Prouvé

En 1859, dans son livre « de l’origine des espèces », Charles Darwin explique que l’évolution est basée des variations aléatoires qui se transmettent de manière héréditaire et sont ensuite triées par la sélection naturelle en fonction de l’environnement dans lequel vivent les êtres vivants. Pourtant, il n’arrivait pas à expliquer l’origine de ces « variations ». Il fallut entendre le début du 20ème siècle et l’avènement de la génétique pour découvrir la notion de mutation et le milieu du 20ème siècle pour comprendre la nature de ces mutations. Le hasard dans l’évolution est-il alors le résultat unique des mutations aléatoires sur l’ADN ? Aujourd’hui, on découvre que l’environnement marque de son empreinte l’expression des gènes : il existe une hérédité sans les gènes, c’est l’épigénétique. On découvre aussi que l’expression des gènes est un phénomène aléatoire dans lequel on peut dire qu’un gène a une certaine probabilité d’être exprimé ou non. La stabilisation du système viendrait de signaux extérieurs et d’un phénomène de sélection naturelle à l’échelle de la cellule, phénomène que Jean-Jacques Kupiec appelle le Darwinisme cellulaire. Ainsi, ce qui se produit à l’échelle de l’organisme a lieu aussi à l’échelle de la cellule.


Dédicace : Tolkien et les sciences
Samedi 23 janvier 2021, 14h30 - 15h15

Stuart Vyse Stuart Vyse
Psychologue et écrivain

Stuart Vyse est psychologue, professeur et écrivain. Il est rédacteur en chef du magazine Skeptical Inquirer, pour lequel il écrit la rubrique "Behavior & Belief". La première édition de son livre Believing in Magic : The Psychology of Superstition (Oxford) a remporté le William James Book Award de l'American Psychological Association et a été traduite en japonais, en allemand et en roumain. Une édition mise à jour a été publiée en 2014. Son livre Going Broke : Why Americans (Still) Can't Hold On To Their Money (Oxford) est une analyse de l'actuelle montée en puissance des dettes personnelles aux États-Unis. La première édition a été traduite en chinois, et la deuxième édition a été publiée en septembre 2018 sous forme de livre de poche et de livre audio. Son livre Superstition : A Very Short Introduction (Oxford) a été publié en 2020. En tant qu'expert en matière de superstition et de comportement irrationnel, Vyse a été cité dans de nombreux médias, notamment le New York Times, le Washington Post, le Los Angeles Times, et est à l'antenne sur CBS Sunday Morning, CNN International, PBS NewsHour et NPR's Science Friday. Il est titulaire d'un doctorat en psychologie et d'une licence et d'une maîtrise en littérature anglaise. Il est membre de l'Association for Psychological Science et du Committee for Skeptical Inquiry.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)


Conférence : Les humains peuvent-ils tolérer un monde aléatoire ?
Jeudi 21 janvier 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Il a été dit que, comme la nature abhorre le vide, la nature humaine abhorre l'incertitude et l'absence de sens. Bien que nous disposions de pouvoirs de perception remarquables, nous voyons souvent l'ordre là où il n'y en a pas et pensons que les choses se produisent pour des raisons qui ne peuvent être étayées par des preuves. Nous inventons des superstitions et d'autres notions irrationnelles pour effacer le caractère aléatoire du monde. Le besoin d'ordre, de contrôle et de tolérance de l'ambiguïté varie d'une personne à l'autre. Lorsque l'on demande de simuler le comportement aléatoire d'un tirage à pile ou face, les humains échouent souvent et ne sont capables de reproduire le caractère aléatoire qu'après une formation approfondie. Pourtant, la tolérance de l'ambiguïté est une caractéristique essentielle de la pensée scientifique. Elle apporte un certain bien-être dans les situations de stress. Le monde auquel nous sommes confrontés semble souvent arbitraire et imprévisible. Pouvons-nous néanmoins apprendre à vivre avec le hasard ?


Dédicace : Superstition: A Very Short Introduction
Jeudi 21 janvier 2021, 18h15 - 19h
Dédicace : Believing in Magic: The Psychology of Superstition
Vendredi 22 janvier 2021, 12h15 - 13h

Sylvestre Huet Sylvestre Huet
Journaliste

Journaliste, spécialisé en sciences depuis 1986, Sylvestre Huet a travaillé pour de nombreux journaux dont Libération et Le Monde. Aujourd'hui indépendant, il tient le blog {Sciences²} pour Lemonde.fr (https://www.lemonde.fr/blog/huet/). Prix Diderot-Curien (2012), prix de l'Union Rationaliste (2015), prix de l'information scientifique du grand public de l'Académie d'agriculture 2019). Auteur de plusieurs livres dont : Quel climat pour demain (2000 Calmann-Lévy), L'imposteur, c'est lui : réponse à Claude Allègre, Stock, 2010 ; Changement climatique : les savoirs et les possibles (avec Hervé Le Treut, Olivier Godard et Jérôme Chapellaz), La ville brûle, 2010; Les dessous de la cacophonie climatique, La ville brûle, 2015; Le Climat en 100 questions (avec Gilles Ramstein, Tallandier, 2020).


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 21 janvier 2021, 16h — Amphi Paul-Painlevé

Teddy Butscher Teddy Butscher
Etudiant - ISAE-SUPAERO

Après un master 2 en chimie informatique, spectroscopies et analyse chimique, Teddy Butscher s’est orienté en thèse vers l’astrochimie à l’université d’Aix-Marseille au sein de l’équipe ASTRO du laboratoire PIIM. Ses travaux de recherche poursuivis en stage et en thèse ont touché à plusieurs domaines (chimie organique, biochimie, astrochimie) mais ont tous un point commun. Que ce soit pour créer des espèces radicalaires à but théranostique ou identifier les intermédiaires réactionnels au sein de glaces interstellaires, l’utilisation des techniques spectroscopiques, telles que l’infrarouge, la spectrométrie de masse ou la résonance paramagnétique électronique, reste centrale. Teddy a également participé à l’enseignement des sciences chimiques mais aussi à la diffusion scientifique, notamment sur l’exobiologie.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Thierry Harvey Thierry Harvey
Médecin obstétricien

Thierry Harvey est gynécologue obstétricien. Il est chef de service à la maternité des Diaconesses de Paris depuis bientôt 25 ans. Il préside actuellement le Solipam (Solidarité Paris maman), association et réseau prenant en charge les femmes enceintes en situation de grande précarité en Île-de-France. Thierry est particulièrement engagé dans la défense des femmes, le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ainsi que la procréation médicalement assistée (PMA). Le bien-être et le respect de l'humain sont au centre de ses préoccupations.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

Thomas Boraud Thomas Boraud
Chercheur en neurosciences

Thomas Boraud est docteur en médecine et en neuroscience. Il possède une expertise reconnue dans le contexte de la sélection de l’action, de la prise de décision et des processus d'apprentissage. Ses études s'appuient sur des enregistrements électrophysiologiques in vivo associés à une approche théoriques approfondie. Après un post-doc financé par une bourse Marie Curie à l'Université Hébraïque de Jérusalem, il a obtenu un poste de Chargé de Recherche au CNRS en 2001. Depuis, Thomas Boraud a publié plus de 80 articles dans des revues à comité de lecture. Au cours de cette période, il a supervisé le travail de 13 boursiers postdoctoraux et de 8 doctorants et plus de 20 étudiants de premier cycle. Thomas Boraud a obtenu un poste de Directeur de Recherche CNRS en 2008. Il a constitué sa propre équipe de recherche en 2011, avec 3 autres chercheurs seniors, 5 post-doctorants, 3 doctorants et 1 technicien. Cette équipe s'est agrandie en 2016 avec l'inclusion de 3 cliniciens travaillant sur la physiopathologie des fonctions exécutives. Outre ses fonctions scientifiques, Thomas Boraud est éditeur scientifique chez PLoS one et Frontier in Neurosciences. Il a été président du comité Parkinson de la Fondation de France (2009-2012) et a été élu président de l'International basal Ganglia Society pour 2017-2019. Le travail de Thomas Boraud a été reconnu par la Fondation pour la Recherche Médicale en 2010 (Prix Innovation) et par le CNRS (Prime d'Excellence Scientifique, 2010-2013). En 2015, il a publié «Matière à décision» qui a récemment été traduit en anglais sous le titre: «How my brain takes decision».


Conférence : Notre cerveau décide-t-il à pile ou face ?
Vendredi 22 janvier 2021, 12h15 - 13h — Amphi Abbé-Grégoire

Et si notre faculté à prendre des décisions relevait plus du hasard que d’un processus rationnel ? On a longtemps admis que, chez l’homme, la prise de décision résultait d’un processus cognitif et psychologique : l’esprit décide, le corps obéit. Or, le schéma est inverse : le mécanisme décisionnel est produit par la matière cérébrale. C'est un phénomène aléatoire qui résulte de processus de compétitions au sein d'un réseau dont l'architecture a peu évolué depuis les premiers vertébrés. L'extraordinaire développement du cortex, qui a rendu possible le développement de grandes capacités d'abstraction, n’a pas modifié la structure initiale du réseau de la décision : le processus conserve sa nature aléatoire, ce qui limite la capacité de l'homo sapiens à raisonner de façon rationnelle. Il en résulte que lorsqu’un individu pèse le pour et le contre, il ne fait ni plus ni moins que de s’en remettre au hasard de dés virtuels. Apprendre consiste dès lors à piper ces dés en sa faveur… Mais ce qui, selon des critères purement économiques, n'est qu'une rationalité limitée, est peut-être le prix à payer pour conserver la grande capacité d'adaptation, principale spécificité de l'espèce humaine.


Dédicace : Matière à décision
Vendredi 22 janvier 2021, 13h - 13h45

Thomas Heams Thomas Heams
Chercheur en génomique et biotechnologies

Thomas Heams est enseignant-chercheur à AgroParisTech et à l'INRAE. Après une thèse sur le hasard dans l'expression des gènes, il a notamment travaillé sur des thématiques prébiotiques dans un laboratoire de biochimie de l'évolution. Ses travaux actuels et enseignements portent sur la génétique, l'histoire des idées scientifiques, et l'épistémologie critique des biotechnologies. Il est administrateur des Editions Matériologiques, et il est l'auteur d' « Infravies, le vivant sans frontières » (Seuil, 2019), dans lequel il propose un cadre de lecture renouvelé pour dépasser les oppositions entre l'inerte et le vivant.


Conférence : Quel est le rôle du hasard dans les origines du vivant ?
Vendredi 22 janvier 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Jean-Prouvé

Chercher les origines du vivant n'est pas seulement manifester une curiosité pour un événement historique inaccessible, c'est une des modalités pour mieux comprendre ce qu'est le vivant. Or, si celui-ci est forcément une histoire, il y a un paradoxe a vouloir le saisir à son moment initial, où il était justement sans histoire. On peut le résoudre en l'inscrivant dans une dynamique temporelle plus profonde, où la notion même d'apparition de la vie peut être remplacée par une vision plus graduelle où le hasard n'a jamais cessé de jouer un rôle, depuis l'évolution des formes minérales jusqu'à celles des êtres vivants. Ce sont donc les transformations du rôle du hasard qui peuvent nous éclairer ici, et être riches d'enseignement pour les recherches qui visent à recréer de la vie en laboratoire ou à en chercher ailleurs dans l'univers. Plutôt qu'un vivant docile et déterminé, les dynamiques aléatoires nous rappellent que l'originalité du vivant tient dans son inventivité nécessaire et permanente.


Dédicace : Infravies - Le vivant sans frontières
Vendredi 22 janvier 2021, 18h15 - 19h

Thomas Jontza Thomas Jontza
Médecin psychiatre

Ancien praticien des hôpitaux, j'ai vécu ma formation de psychiatre et de psychothérapeute d’orientation psychanalytique au PLK Weissenau, hôpital universitaire de l’Université d’Ulm en Allemagne. J’ai eu la chance de grandir dans la profession dans un cadre politiquement engagé, bienveillant et créant des structures thérapeutiques innovantes, dont je reste encore aujourd’hui reconnaissant et proche. Je suis aussi thérapeute familial (formé par C. Gammer). Sous la direction du Prof. Hole j'ai enseigné l’hypnose dans la formation des médecins psychothérapeutes en Allemagne, plus tard à Zurich en Suisse à la Clinique psychiatrique universitaire Burghölzli. Exerçant depuis des années à Paris, je suis Praticien attaché en addictologie à l’HEGP/AP-HP. A mon cabinet en ville, j’utilise aujourd’hui des approches dites comportementales (p.ex. DBT, Schema Therapy) dans le suivi de mes patients psychiatriques et en psychothérapie.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

Valentin Baillard Valentin Baillard
Doctorant en probabilités

Durant ses études à l'École Centrale Paris (désormais CentraleSupélec), Valentin poursuit un travail de recherche de 3 ans en physique des plasmas appliquée à de futures technologies bas-carbone et intègre durant 6 mois la collaboration LIGO. Diplômé, il s'oriente vers la recherche plus abstraite en mathématiques fondamentales et est aujourd'hui en première année de doctorat en Probabilités à l'Université Paris-Sud et au CEA de Paris-Saclay. Son sujet porte sur l'étude des propriétés spectrales d'un certain type de matrices aléatoires, qui intéressent à la fois les mathématiciens et les physiciens théoriciens, mais aussi à terme l'industrie du machine learning ou des télécommunications. Passionné de sciences, il a coordonné en 2018 l'organisation d'un colloque scientifique étudiant de grande envergure (la première édition du Colloque Scientifique de CentraleSupélec, ou CS²), et anime durant son doctorat des ateliers scientifiques pour les élèves de primaire et collège à la Maison d'Initiation et de Sensibilisation aux Sciences (MISS) de Paris-Saclay. C'est aujourd'hui moins le contenu de la science que l'esprit critique et une approche philosophique de notre rapport à la connaissance qu'il cherche à démocratiser.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Vera Mihailovich-Dickman Vera Mihailovich-Dickman
Maître de Conférences en Interculturalité

Vera Mihailovich-Dickman est Maître de Conférences en Anglais et Interculturalité à Télécom Paris, école ingénieur du numérique à la fois membre de l’Institut Mines-Télécom et de L’Institut Polytechnique de Paris. Elle exerce également à l’Université Paris-Saclay en tant que coordinatrice de l’Internationalisation du curriculum. Titulaire d’un doctorat en Sciences des Textes et des Documents de l’Université Denis Didérot, elle se spécialise dans l’étude le l’œuvre de Henri Michaux qu’elle découvre par hasard à Tours lors de ses études de Licence qu’elle poursuit en Maîtrise. Elle enseigne le français en Afrique du Sud, où elle avait fréquenté William Kentridge et joué avec lui dans « Ubu Rex » inspiré d’Alfred Jarry lorsqu’ils étaient étudiants. Elle revient en France en 1981 à la rencontre de Michaux et en 1999 organise une rétrospective de son œuvre picturale à la Whitechapel Gallery de Londres. Elle est passionnée par le théâtre, l’art contemporain, l’écriture et l’interculturalité.


Conférence : Jusqu’où l’artiste peut-il faire confiance au hasard ?
Vendredi 22 janvier 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Jean-Prouvé

En quoi les trajectoires et démarches de deux créateurs protéiformes, Henri Michaux et William Kentridge, sont-elles dues au hasard ? Né à Johannesburg (Afrique du Sud) Kentridge cherche sa voie à Paris à l’âge de 25 ans par la pratique du mime et du théâtre à l’Ecole Jacques Lecoq, mais ne se trouve pas assez doué. Or, persuadé qu’une politique marxiste s’opposerait à l’absurdité douloureuse de la société inégalitaire de son pays, il trouve une résonance en Europe chez les Dadaistes où poésie, politique, performance et industrie se réunissent dans les rencontres du plus grand hasard. Michaux, lui, quitte la Belgique à 20 ans pour prendre le large en tant que matelot, mais à l’âge de 24 ans se retrouve poète publié à Paris. Or, il va préférer, au Prix National des Lettres en 1965, s’autoriser à suivre une ligne « d’aveugle investigation » et des « trajets pictographiés, (…) sans règles ». Aujourd’hui, Il est exposé par plus de 300 galeries dans le monde et, toujours, à Paris en 2020. Kentridge, tournant également le dos à la maîtrise, s’autorisera à effacer – sa technique de marque : le droit à l’erreur, au recyclage, à la récupération, à la ré-création – au risque. Il est considéré comme l’un des plus grands créateurs contemporains et à cet artiste récompensé du prix Praemium Impérial japonais en 2019, le LAM consacre une rétrospective majeure en 2020.

Xavier Emmanuelli Xavier Emmanuelli
Médecin urgentiste

Xavier Emmanuelli s'engage comme médecin dans la marine, puis soigne les mineurs. Il se spécialise ensuite en neurologie puis en anesthésie-réanimation. Ancien secrétaire d'État à l'action humanitaire d'urgence, cofondateur de Médecins sans frontières, médecin-chef à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, médecin au SAMU de Paris, Xavier Emmanuelli est le fondateur du Samu social et du Samu social international qu'il préside. Xavier Emmanuelli est convaincu que le médical et le social doivent s'unir contre l'exclusion.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 — Amphi Paul-Painlevé

Yasmine Grasser Yasmine Grasser
Psychanalyste

Yasmine Grasser est psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne (ECF), enseignante à la Section clinique de Paris-Île-de-France, elle a créé une consultation pour le tout-petit enfant et sa famille (2005). Ses travaux concernent la formation du psychanalyste, les effets du langage sur le corps à l’intérieur de l’expérience analytique. Elle a publié notamment : « Quelle transmission ? », revue Envers de Paris, Horizon, n°72, 2020 ; « Que savent les enfants ? », site cpct-paris.com, 2019 ; « Laisser le corps se dire », revue ECF, La Cause du désir, n°86, 2014, diffusé par le Cairn ; « L’apprendre de la peinture », Blog J47, site ECF, 2017 ; « Trajets de lettres », Musée de La Poste, Paris, 1994.


Conférence : En quoi le hasard est-il irréductible ?
Samedi 23 janvier 2021, 15h15 - 16h — Amphi Jean-Prouvé

Il y a dans le hasard l’idée de quelque chose d’inéliminable, de redouté, d’insistant qui, ne pouvant se signifier, met en évidence l’incomplétude d’un savoir établi jusque-là - un trou - qui sollicite de subvertir le discours traditionnel pour produire du nouveau. L’artiste William Turner, peintre de paysage, en donne un aperçu. « Je peins ce que je vois, pas ce que je sais, disait-il ». Ce « voir », singulier, s’il provoquait les railleries de ses collègues, le déterminait à se dégager du classicisme afin de peindre ce qui s’imposait à lui comme lumière-jamais-vue jusque-là. Ce savoir nouveau, violent, irréductible, l’a isolé, mais le hasard n’a pas permis que ce « voir » soit un accident dans l’histoire de l’art. John Ruskin, critique d’art et poète, a su voir l’intelligible dans ce que voyait l’artiste, il en a donné un écho se répercutant avec Marcel Proust jusqu’aux années 60, date où les toiles de Turner sortent de la Tate Galery pour être exposées, et jusqu’à aujourd’hui avec le livre de l’historien d’art Pierre Watt qui nous éclaire sur le mythe Turnerien. Entre temps, à partir de sa pratique, le psychanalyste Jacques Lacan, nous a instruit sur la fonction de la tâche : « pure présence », « regard » appelant son « regardeur ». Avec la couleur, la tache ayant fait irruption dans la peinture de Turner, son « éblouissement » fait trou dans ses paysages, d’où, par contingence, le « voir » de l’artiste fait symptôme dans le champ social.