Intervenants

Alain Aspect Alain Aspect
Physicien

Alain Aspect est un ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure de Cachan (aujourd'hui ENS Paris-Saclay) et de l'Université d'Orsay (aujourd'hui Université Paris-Saclay). Scientifique émérite du CNRS, il est professeur à l'Institut d'Optique Graduate School (Université Paris-Saclay), et à l'Ecole Polytechnique. Il est également auteur de manuels et de MOOCS sur l'optique quantique. Il est membre de plusieurs Académies des sciences (France, États-Unis, Royaume-Uni, Autriche, Belgique, Italie) et a reçu de nombreux prix internationaux prestigieux. Les recherches d'Alain Aspect sont consacrées à l'étude expérimentale des propriétés quantiques de la lumière et des atomes ultra-froids, à l'origine des technologies quantiques.

Crédit photo : Jean-François Dars.


Conférence : Le hasard quantique : propriété fondamentale ou ressource technologique ?
Jeudi 1 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Le caractère aléatoire des prédictions quantiques semble absolument fondamental pour éviter la violation de la causalité relativiste opérationnelle. Du coup, cela offre une ressource technologique unique dans le domaine des générateurs de nombre aléatoire. Cela me conduira à répondre "les deux" à la question, laissant l'auditeur choisir parmi ces caractéristiques qui me paraissent aussi fascinante l'une que l'autre.


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Alexei Grinbaum Alexei Grinbaum
Philosophe et physicien

Alexei Grinbaum est philosophe et physicien. Chercheur au laboratoire Larsim du CEA-Saclay, il est spécialiste de l’information quantique. Depuis 2003, il s'intéresse aux questions éthiques liées aux nouvelles technologies, notamment aux nanotechnologies, à l’intelligence artificielle et à la robotique. Il a été coordinateur pour la France de l’Observatoire européen des nanotechnologies et partenaire du projet européen « Recherche et innovation responsables en pratique » (RRI-Practice). Membre du Comité national pilote d’éthique du numérique et de l’IA et de la Commission d’éthique de la recherche en numérique (Cerna), il a publié « Mécanique des étreintes » (Encre Marine, 2014) et « Les robots et le mal » (Desclée de Brouwer, 2019).


Conférence : Le tirage au sort peut-il soustraire un robot au mal ?
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Jean-Fourastié

Des robots domestiques se font délateurs, des agents conversationnels injurient leurs interlocuteurs. Pire encore : des systèmes informatiques participent aux conflits humains et parfois même les provoquent. Le 18 mars 2018, un véhicule autonome de la société Uber a tué une femme qui traversait la rue dans une ville de l’Arizona. Ce fut la première mort d’un piéton provoquée par un algorithme.Qui est responsable ? La réponse à cette question compte parmi les défis les plus urgents à relever dans notre rapport aux technologies numériques. Mais il ne s’agit pas de savoir comment rendre l’intelligence artificielle bienveillante. Il s’agit de faire en sorte qu’elle ne se substitue pas à l’homme en tant qu’agent moral. Seul le recours au hasard, et ceci dès sa conception, peut libérer la machine de la responsabilité qu’on veut lui faire porter.


Dédicace : Les robots et le mal
Samedi 3 juillet 2021, 12h15 - 13h

Amaury Lambert Amaury Lambert
Enseignant-chercheur en mathématiques et biologie

Amaury Lambert est polytechnicien et docteur en mathématiques de l’Université Pierre et Marie Curie. Il a été maître de conférences de 2001 à 2008 et est depuis 2008 professeur des universités. Il enseigne les mathématiques au département de mathématiques de Sorbonne Université ainsi que l'écologie et la biologie évolutive au département de biologie de l'École Normale Supérieure. Il a fondé en 2012 une équipe de recherche interdisciplinaire accueillie au Collège de France et travaillant à l'interface de la modélisation mathématique et de la biologie évolutive, appelée SMILE – « Stochastic Models for the Inference of Life Evolution ». Cette équipe rassemble des mathématiciens et des biologistes intéressés par la modélisation et l'inférence des processus évolutifs à diverses échelles de temps, d'espace et de taxonomie, allant de la génétique des populations à l'épidémiologie et à l'écologie, ainsi que de l'évolution somatique à la macro-évolution.


Conférence : Le cancer est-il une affaire de malchance ?
Samedi 3 juillet 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Jean-Fourastié

Lorsqu'un cancer apparaît, peut-on attribuer son origine à la malchance, c'est-à-dire à des causes endogènes propres au développement et à la régénérescence naturelle des tissus ? Doit-on au contraire en rendre responsables des prédispositions héréditaires ou bien un environnement toxique ? Peut-on quantifier le rôle de chacune de ces trois contributions dans tous les types de cancer ? Nous examinerons comment des modèles mathématiques ou statistiques de la formation des tumeurs peuvent tenter de répondre à ces questions et ce que nous disent les données disponibles à ce sujet.

Anca Cristofovici Anca Cristofovici
Professeur et écrivain

Anca Cristofovici est professeur en littérature et arts américains à l’Université de Caen, où elle a dirigé pendant dix ans le centre de recherches ERIBIA (Recherches sur les mémoires culturelles anglophones) et écrivain. Elle a publié des études sur la littérature américaine et sur la photographie en Europe et aux Etats-Unis. Elle est l’auteur de John Hawkes, de L’enfant et le cannibale et de Touching Surfaces. Photographic Aesthetics, Temporality, Aging (New York/Amsterdam, 2009), et co-editeur de The Art of Collaboration. Artists, Poets, Books (Victoria, Texas, 2015). Son travail a été reconnu par des bourses de la Fondation Rockefeller, Terra Foundation for American Art et The British Academy, et elle a été professeure invitée au Center for Twentieth-Century Studies, University of Wisconsin et au Simpson Center for the Humanities, University of Washington, Seattle. En tant qu'écrivain, Cristofovici a publié de la fiction en anglais et a contribué à des projets collaboratifs internationaux, entre autres, une installation exposée aux pavillons collatéraux de la Biennale de Venise. Son roman, Stela, paru aux États-Unis en 2015, a été présenté à de nombreuses manifestations et se trouve au programme du cours « Littérature & politique » à l’École des Sciences Politiques de Lille.


Conférence : L’instant est-il décisif en photographie ?
Vendredi 2 juillet 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Jean-Prouvé

Cette communication se propose d’explorer la manière dont la photographie peut contribuer à une meilleure compréhension des enjeux multiples — et souvent contrastés — de la notion de « hasard ». A partir de l’expression « l’instant décisif » consacrée par le photographe Henri Cartier-Bresson (souvent citée, mais rarement contextualisée), nous allons aborder quelques aspects des tensions entre choix délibéré et accident dans divers domaines de la photographie : épisodes de son invention ; pratiques photographiques, notamment en rapport avec la capture d’image et le choix d’une image particulière parmi toute une série présente sur la planche contact ; circulation et usages de la photographie sur divers supports et dans des contextes divers. Une référence à Trois fermiers s’en volent au bal (1985), un roman de Richard Powers inspiré par une photographie de August Sander, contribuera à étoffer l’argument principal de cette présentation issu de questions autour du choix délibéré et du hasard dans le processus créatif, des effets et possibilités formelles ouvertes par des accidents dans la production de l’image, ou encore du choix des images dans la construction culturelle des représentations.


Dédicace : Touching Surfaces: Photographic Aesthetics, Temporality, Aging
Vendredi 2 juillet 2021, 12h15 - 13h

Andràs Paldi Andràs Paldi
Chercheur en épigénétique

Andras Paldi est biochimiste et généticien. Il est chercheur, professeur à l’École Pratique des Hautes Études à Paris. Ses recherches portent sur l’épigénétique et la différenciation cellulaire. Ses travaux actuels concernent le rôle biologique des fluctuations stochastiques de l’expression génique et l’implication des mécanismes épigénétiques en lien avec le métabolisme énergétique dans le processus de différenciation des cellules hématopoïétiques.


Conférence : L’ordre cellulaire se fonde-t-il sur le hasard moléculaire ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Prouvé

La cellule vivante est le plus souvent comparée à un assemblage de machines moléculaires qui fonctionne de manière parfaitement ordonnée. De même, la différenciation cellulaire, à la base du développement embryonnaire, est considérée comme un processus contrôlé ou chaque étape se produit de façon régulée. Mais les observations sur des molécules et cellules individuelles contredisent directement la métaphore « cellule-machine ». A l’échelle moléculaire, c’est le désordre qui règne dans chaque cellule. Les déplacements, les interactions et les réactions chimiques entre les molécules individuelles sont soumis au hasard. Mais si les processus biochimiques sont probabilistes, comment expliquer qu’un ordre cellulaire peut naitre de ce désordre moléculaire ? Les évènements moléculaires élémentaires sont aléatoires, mais ils sont aussi très rapides en comparaison des changements cellulaires. C’est le nombre très élevé d’interactions moléculaires à haute fréquence et leur durée de vie très court qui crée le fonctionnement régulier à l’échelle temporelle et structurelle de la cellule. Ce principe est bien connu en physique, mais reste encore relativement nouveau pour la biologie. Penser le vivant comme une manifestation du principe de « l’ordre à partir du désordre » peut avoir des conséquences aussi bien théoriques que pratiques importantes et permet de se débarrasser de toute arrière-pensée finaliste fréquente en biologie.

Anissa Guillemin Anissa Guillemin
Chercheure en biologie cellulaire

Anissa Guillemin a effectué son doctorat au laboratoire de biologie et de modélisation de la cellule à Lyon dans l'équipe du Dr Olivier Gandrillon. Elle a étudié l'effet d'un changement artificiel du niveau de hasard au cours de la spécialisation des cellules en globules rouges. Son premier postdoctorat a été réalisé à l'Université de Melbourne en Australie dans l'équipe du Pr Michael Stumpf où elle a appris à modéliser les processus biologiques en prenant compte des termes stochastiques. Elle est revenue en France il y a quelques mois pour appliquer ces connaissances et ce savoir-faire à la compréhension du système de défense de l'organisme. Elle travaille au laboratoire de biologie et de modélisation de la cellule à Lyon dans l'équipe du Dr Emiliano Ricci. Actuellement, elle étudie les variations de synthèse protéique au cours de l'immunité innée.


Conférence : Les cellules utilisent-elles le hasard comme catalyseur ?
Samedi 3 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Il y a quelques décennies, des preuves de l’existence du hasard dans les processus biologiques ont émergé. Ce hasard est inhérent aux mécanismes moléculaires qui se déroulent à l’intérieur de la machinerie cellulaire, et de ce fait, il participe à façonner les êtres vivants. Cette découverte sans précédent remet en question la notion encore très présente de programme génétique. En effet, la principale conséquence de la variabilité moléculaire est l’hétérogénéité qui existe au sein de cellules génétiquement identiques et placées dans un même environnement : des cellules voisines ne sont pas identiques. Récemment, de nouvelles études ont mis en évidence que le niveau de cette hétérogénéité est directement lié au déroulement de certains processus et que cette source de variabilité est indispensable au monde du vivant. Alors est-ce que ce hasard peut-il être vu comme un catalyseur essentiel aux processus biologiques ?

Anna Zielinska Anna Zielinska
Philosophe

Anna C. Zielinska est, depuis 2017, maîtresse de conférences à l’Université de Lorraine, où elle se spécialise en philosophie morale, philosophie du droit et philosophie politique ; elle enseigne également à Sciences Po Paris/Nancy. Elle a publié nombreux articles sur la métaéthique, sur le droit et sur les normativités liées à la médecine (éthiques, politiques, scientifiques et anthropologiques, aussi en collaboration avec I. Löwy, S. Venkatapuram et P. Singer). Elle est auteure ou éditrice des volumes tels que Drogues : ordre et désordres (avec N. Le Blanc, Mouvements 86, 2016/2), un dossier La recherche sur le cancer. Un champ privilégié pour penser les rapports entre hasard, réductionnisme et holisme (Médecine/sciences 2014 ; 30, avec T. Issad), Textes-clés de métaéthique (Vrin, 2013), ou Repenser les rapports entre sciences et philosophie (Recherches sur la Philosophie et le Langage, 29/2013). Elle est membre des Archives Henri Poincaré et de l’Independent Resource Group for Global Health Justice (IRG-GHJ).


Conférence : L’accès aux soins souffre-t-il d'un hasard géographique ?
Samedi 3 juillet 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Une grande partie de notre vie dépend du hasard. D’abord historique et géographique, ensuite génétique, social et environnemental. Une grande partie de choses que nous avons l’impression d’avoir réussi, d’avoir fait grâce à nos capacités et à notre travail, sont largement dues à un ensemble de circonstances dans lesquelles nous avons été placés par hasard. La foi naïve que « rien n’arrive par hasard » aide à donner du sens à la souffrance, mais aussi à se défaire de la culpabilité d’avoir eu « de la chance ». Parce qu’il y a quelque chose d’insupportable dans l’idée du hasard dans le contexte moral ou politique. La pandémie Covid19 a montré ces différences avec d’autant plus de force que la même maladie a touché l’ensemble de la planète, et où l’ensemble de ses habitants n’ont pas l’accès égal aux outils permettant de lutter contre le virus et ses conséquences. Pouvons-nous continuer comme avant, alors que nous nous sommes rendus compte de la force des liens que nous avons avec les autres habitants de la planète, en donnant le contenu au slogan répété par toutes les institutions concernées par la lutte contre le Covid19 : « Aucun d'entre nous ne sera en sécurité tant que tout le monde ne sera pas en sécurité » ? Dans cette présentation, j’aimerais examiner les réponses avancées par la philosophie politique et morale, tout particulièrement dans les discussions sur l’accès aux soins et aux vaccins, en insistant sur la nécessité de penser à la fois en termes d’égalité de distribution et de souveraineté sanitaire.

Anne Duprat Anne Duprat
Professeure et écrivain

Anne Duprat est professeure de Littérature Comparée à l’Université de Picardie Jules Verne, essayiste et traductrice. Elle est directrice du CERCLL (EA4283) et membre Senior de l’IUF. Spécialiste de théorie de la fiction et des littératures européennes des XVIe et XVIIe siècles, elle est notamment l’auteur de Vraisemblances. Poétiques de la fiction en France et en Italie (Champion, 2009), Fiction et cultures (dir., avec F. Lavocat, Paris, 2010), Histoires et savoirs. Anecdotes scientifiques aux XVIe et XVIIe siècles (dir., avec F. Aït-Touati, Peter Lang, 2012) et Romanesques noirs 1750-1850 (dir., avec L. Ruiz et M. Hersant, Garnier, 2019). Elle dirige actuellement le projet ALEA (« Figurations/Configurations artificielles du hasard »), financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR-19-CE27-0006).

Anne Marchais-Roubelat Anne Marchais-Roubelat
Chercheure en sciences de gestion

Anne Marchais-Roubelat est maître de conférences HDR en sciences de gestion au Conservatoire national des arts et métiers. Ses recherches portent sur les processus de décision, d’action et de transformation des organisations publiques et privées. Elle est membre de l’équipe stratégie, prospective, innovation et développement du Laboratoire interdisciplinaire en sciences de l’action du Cnam. Elle est également membre des comités de rédaction des revues Flux et Prospective et Stratégie. Elle a notamment publié dans les revues Futures, Technological Forecasting and Social Change, Foresight, Management & Avenir, Society and Business Review, Éthique publique. Ses publications les plus récentes portent sur la construction de scénarios prospectifs d’action stratégique, sur la créativité du temps, et sur les problématiques de gouvernance dans les processus de certification équitable. Elle est l’auteur de deux ouvrages sur les processus de décision et d’action.


Conférence : Le hasard se gère-t-il ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Fourastié

Aujourd’hui le hasard évoque le jeu, la recherche d’émotions fortes, l’attrait du gain voire la sensation ultime de vivre. Le hasard est alors de l’ordre du vivant et de l’émotion. En gestion, on ne parle pas de hasard, on parle de risque. Le risque, c’est une probabilité, c’est donc un calcul rationnel. Plus précisément, c’est la probabilité que se produise un événement dont on redoute les conséquences. La gestion du risque est fondée sur un principe simple : on évalue la probabilité que le problème se pose, on chiffre les dégâts qu’il peut causer, et on cherche des solutions qui coûtent moins cher. La gestion du risque s’est développée dans de nombreux domaines : on peut penser en premier lieu à la production où l’on évitera des accidents de personnes, mais on gèrera aussi le risque financier ou des risques juridiques et sociaux par exemple. Pourtant, le calcul des probabilités est souvent en retard sur ce que vivent les organisations. Le hasard, lorsqu’il combine les événements et les actions humaines, est aussi là dans les effets sur les organisations de la crise ; crise ponctuelle, ou crise qui dure au gré des évolutions et des échanges du vivant. Face aux crises, les méthodes éprouvées de gestion du risque ne sont pas adaptées, car le hasard est justement hors prévision. Mais si le hasard peut provoquer la crise, il provoque avant tout des formes et des figures inédites et pour celui qui s’en rend compte à temps il peut alors être source d’opportunités, de créativité et d’innovation, qui elles aussi sortent du champ de la gestion du risque. Ainsi, si le hasard est lié au jeu du vivant et à l’émotion, c’est aussi parce qu’il fait quitter un univers jusqu’ici maîtrisable - du moins en apparence – par le surgissement d’un autre en devenir et dont on ne connaît pas les règles. Le hasard provoque l’irréversibilité, et en cela il s’oppose à la gestion du risque, dont la fonction principale est au contraire de maintenir un statu quo. Avec l’irruption du hasard dans sa gestion, l’organisation doit faire face à des évolutions qui effraient parce qu’elles changent les routines et les solutions à l’efficacité établie. Contrairement aux projets de changement, le hasard ne se pilote pas ni ne se décide, il surgit en lançant un défi, tout l’art résidant alors à anticiper à temps les nouvelles règles du jeu qu’il impose.

Anne Odru Anne Odru
Journaliste Reporter

Curieuse et passionnée par les rencontres, Anne a su faire de son caractère une force pour son métier. Prédestinée à évoluer dans les sciences, elle commence un cursus dans la biologie à l'université de Jussieu où elle découvre une filière spécialisée dans le journalisme scientifique. Raconter des histoires pour les faire partager devient alors une priorité. Elle décide ensuite de se lancer dans des études de journalisme plus générales avec un diplôme spécialisé dans le domaine de l'audiovisuel. Tous les sujets l'attirent même si elle évolue principalement dans le milieu du sport (à l'Équipe TV) où elle traite également beaucoup des sujets dérivés (économie, politique, santé…). Aujourd'hui, elle travaille en tant qu'indépendante et apprécie de pouvoir accepter des missions dans tous les domaines (sport, société, sciences...) pour enrichir encore plus son expérience. Elle adore voyager et a la chance de parcourir le monde dans son métier afin de faire connaître le plus d'aventures et d'histoires possible à qui voudra bien la lire ou regarder ses images.

Ariles Remaki Ariles Remaki
Doctorant en histoire et philosophie des sciences

Ariles Remaki est doctorant en histoire et philosophie des sciences au laboratoire Sphère (Université de Paris). Diplômé d’un master de mathématiques avancées à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, dans le domaine des probabilités, il a débuté une thèse en 2017 sur le statut épistémologique de la combinatoire au sein de l’œuvre du philosophe allemand G.W. Leibniz. Il s’intéresse notamment aux questions qui touchent aux méthodes de découvertes et au rôle explicatif de l’induction dans le domaine des combinaisons.

Arnaud Gallant Arnaud Gallant
Doctorant en physique des plasmas

Arnaud est doctorant CNRS en physique des plasmas au laboratoire EM2C de l'école CentraleSupélec. Sa recherche porte sur une technique de dissociation énergétiquement sobre du diazote par des plasmas. La réalité de son travail est partagée entre des expériences, notamment d'optique (spectroscopie, laser) et l'utilisation de code pour interpréter ses résultats. Arnaud est aussi bénévole dans plusieurs associations sur des thématiques qui lui tiennent à cœur : aider les jeunes chercheurs à bâtir leur carrière avec Careers and Doctors, partager l'excitante aventure du spatial avec SpaceCon et travailler sur la transition écologique avec le Shift Project.

Baptiste Xirau Baptiste Xirau
Masterant en politiques urbaines

Baptiste Xirau termine à l’instant un master de Stratégies territoriales et urbaines à Sciences Po Paris. Après deux années à suivre le double diplôme Philosophie-Sciences sociales à Sciences Po Paris et Sorbonne Université, puis un an au département de psychologie de University College Cork (Irlande), il travaille aujourd’hui à l’organisation de groupes de réflexion sur la conception de maquettes numériques de la ville, et sur la lutte contre l’artificialisation des sols. Passionné de musique, il mène également plusieurs projets de composition pianistiques et orchestraux.

Bella Schütz Bella Schütz
Pianiste

Bella Schûtz a été admise en Bachelor au Mozarteum de Salzbourg dans la classe de Jacques Rouvier en Juin 2019 à l’âge de 17 ans. Formée par Branka Balevic, elle a ensuite étudié au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris dans la classe d’Yves Henry. Bella a été primée lors de plusieurs concours : Claude Bonneton (Sète), Jeunes talents en Normandie, Feurich (Vienne, Autriche), Lagny-sur-Marne. Elle a suivi de nombreuses Master-Classes, notamment avec Tatiana Zelikman, Jay Gottlieb, Claire Désert, Vladimir Tropp et Arie Vardi. Bella se produit en tant que soliste dans des festivals tels que L’Eure poétique et musicale et le Nohant Festival Chopin. En 2020, elle joue le 3ème Concerto pour piano et orchestre de Prokofiev à l’Auditorium Coeur de Ville à Vincennes avec l’Orchestre Atelier Ostinato sous la direction de José Luis Castillo. Elle participe au Festival du Causse de Gramat aux côtés de Jean-Paul Gasparian.

Benjamin Rougé-Thomas Benjamin Rougé-Thomas
Cadreur et chef opérateur

Benjamin Rougé-Thomas est un cadreur et chef opérateur de prises de vue. Titulaire d’un master de journalisme d’investigation et de grands reportages, il s’est spécialisé dans le documentaire suite à une formation faite à l’INA. Passionné par l’image et d’un naturel curieux il touche à tout. Clips, films d’entreprise, documentaires, captations musicales, conférences et courts-métrages, aucun défi ne lui fait peur. Basé à Paris, il se déplace partout en France et à l’étranger selon les projets.

Bernard Legras Bernard Legras
Chercheur en géosciences

Bernard Legras est directeur de recherche CNRS et travaille à l'Ecole Normale Supérieure au sein du Laboratoire de Météorologie Dynamique. Il s'est intéressé au cours de sa carrière à de nombreux aspects de la dynamique et la physique de l'atmosphère. Il a travaillé sur des sujets aussi variés que le trou d'ozone, les régimes de temps, le changement climatique, les tourbillons de l'atmosphère et l'océan, la circulation de la stratosphère, la mousson d'Asie et son impact. Il a récemment effectué des travaux sur l'impact des éruptions volcaniques et des grands feux de forêt et découvert que ces derniers engendraient de spectaculaires tourbillons de cendres persistant plusieurs mois. Il a publié plus d'une centaine d'articles scientifiques, collabore avec des scientifiques étrangers en Asie, en Europe et en Amérique, a encadré de nombreux élèves, présidé une section du Comité National et a été le responsable scientifique du centre national de données atmosphériques.


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h — Amphi Jean-Fourastié

Bertrand Kulik Bertrand Kulik
Violoniste et photographe

Violoniste professionnel et passionné de photographie, Bertrand Kulik aime jouer avec les formes et les couleurs de la nature. C'est sa passion pour l'astronomie qui l'a conduit à s'intéresser à la photo. Bertrand aime montrer que, quel que soit son environnement, l'homme est connecté à la nature. Il collabore régulièrement avec la presse du monde entier : Figaro Magazine, le Nouvel Observateur, Daily Telegraph, BBC, The Metro, The sun, The Guardian, Le Parisien, New York Daily News, New York Post, La Repubblica, Ciel et Espace, Paris Match et même la Une du journal télévisé de CBS.

Bertrand Laforge Bertrand Laforge
Physicien expérimental

Bertrand Laforge est professeur des Universités à Sorbonne Université. Ses recherches portent majoritairement sur l'étude des propriétés fondamentales de la matière et de ses interactions. Il est membre du Laboratoire de Physique Nucléaire et des Hautes Energies (LPNHE Paris). Après avoir étudié la structure du proton dans l'expérience H1 installée auprès de l'accélérateur HERA à Hambourg pendant sa thèse, il a rejoint l'effort expérimental mené au CERN à Genève. Il a travaillé à l'analyse des données finales de LEP2 dans l'expérience DELPHI et s'est investi dès 1997 dans la construction du calorimètre électromagnétique de l'expérience ATLAS actuellement en fonctionnement sur le Large Hadron Collider du CERN. Il a participé à la découverte du boson de Higgs en 2012, époque où il coordonnait le groupe d'analyse correspondant au LPNHE. Il mène depuis des recherches visant à découvrir la nature microscopique de la matière noire qui semble nécessaire pour expliquer l'organisation de l'Univers à différentes échelles. Par ailleurs, il mène des activités pluridisciplinaires en biologie théorique et en éducation. Depuis 3 ans, il s'investit également dans le projet de plateforme de jeux éducatifs Ikigai qui permet aux établissements supérieurs de développer de manière collaborative des contenus vidéoludiques de qualité et de les diffuser à large échelle. Crédit photo : Pierre Kitmacher, Sorbonne Université


Conférence : Le hasard organise-t-il les systèmes complexes ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Jean-Prouvé

Le comportement de la nature aux plus petites échelles semble régi par des lois de probabilités faisant qu'on n'est jamais sûr de la réaction qui va se produire quand, par exemple, on fait entrer en collision deux particules élémentaires. Aux plus grandes échelles, la nature donne le sentiment de produire des phénomènes reproductibles à tel point qu'on a longtemps eu une vision déterministe du monde telle qu'elle s'exprimait dans la mécanique Newtonienne. La physique statistique donne une explication rationnelle à cet apparent paradoxe en invoquant des effets de moyennage des effets aléatoires au niveau microscopique qui produisent des états macroscopiques reproductibles. Elle permet notamment d'avoir une vision de la génération de l'ordre par le désordre. Cette vision marche très bien pour expliquer les propriétés des gaz parfaits ou les propriétés magnétiques au sein des matériaux mais peine à donner des outils complets pour aborder l'organisation de systèmes complexes comme les organismes vivants ou les sociétés dans lesquels des propriétés émergentes sont observées mais ne peuvent pas être expliquées par une vision auto-organisatrice du système. Dans cet exposé, j'aborderai la question du rôle que jouent sur son organisation les contraintes qui s'appliquent à un système complexe possédant une dynamique probabiliste aux petites échelles.

Blanche d'Aubigny Blanche d'Aubigny
Masterante de recherche en Littérature française

Après une troisième année de classe préparatoire en option Lettres classiques au Lycée Louis le Grand, Blanche d'Aubigny poursuit son cursus universitaire en master de recherche en Littérature française et arrive aujourd'hui au terme de son Master 2. Elle s'apprête à intégrer l'année prochaine une école d'art dramatique à Paris pour vivre pleinement sa passion pour le théâtre. En effet, depuis sa découverte des planches lorsqu'elle avait dix ans, elle a pris conscience que son goût des textes lus et étudiés ne pouvait être dissocié de leur «mise en chair» sur scène. Ainsi, tout au long du collège, puis du lycée, lors des représentations annuelles et au cours des tournées théâtrales, elle a pu explorer un répertoire varié, allant de Feydeau à Bernanos et Anouilh, en passant par Shakespeare et Racine. Elle a également fondé avec quelques amis une troupe de théâtre amateur qui s'est représentée deux années consécutives.


Spectacle : Bovary21
Vendredi 2 juillet 2021

Brigitte Senut Brigitte Senut
Géologue et paléontologue

Géologue et paléontologue de formation, Brigitte Senut est Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle. Titulaire d’un doctorat de 3ème cycle et d’un doctorat d’Etat es sciences naturelles consacrés aux hominidés anciens et aux grands singes fossiles et à leur locomotion, elle parcourt l’Afrique à la recherche de fossiles pour comprendre l’origine et l’évolution des grands singes modernes et des hommes dans un cadre géologique et environnemental. Elle a ainsi participé à de nombreuses découvertes dont celles d’Otavipithecus namibiensis (12 Ma, Namibie) et d’Orrorin tugenensis (6 Ma, Kenya). Elle s’intéresse aussi à la désertification de l’Afrique au cours des 20 derniers millions d’années. Ces travaux sont ou ont été réalisés au sein d’expéditions en Afrique (Ouganda, Kenya, Namibie, Angola, Botswana, Afrique du Sud) qu’elle dirige ou co-dirige. Elle est, en outre, fortement impliquée dans le rôle des sciences naturalistes dans le développement durable. Auteur de plus de 400 articles scientifiques et de vulgarisation, elle est récipiendaire de plusieurs distinctions, dont la Médaille d’argent CNRS (2000), le Prix Irène Joliot-Curie-Femme Scientifique de l’année 2008, Grand Prix Albert Gaudry de la Société Géologique de France (2018) et Grand Prix de la Fondation Del Duca de l’Institut de France (2019).


Conférence : Quel rôle le hasard joue-t-il dans l'évolution de l'Homme ?
Samedi 3 juillet 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Jean-Prouvé

L’évolution de l’homme n’est pas isolée de celles des autres animaux et notre histoire reste fortement inféodée à celle de la biodiversité, dont les maîtres mots sont variation et variabilité. Cette histoire, façonnée par nos patrimoines génétiques et leurs variations, la sélection naturelle, conditionnée par les milieux que nous avons fréquentés (auxquels nous nous sommes adaptés) s’inscrit dans un cadre strict : celui de la quatrième dimension, le temps (plus ou moins long) en lien avec les modifications des environnements et la géographie des continents. Notre proche parenté avec les grands singes sera évoquée et nos origines communes seront posées dans un contexte global, les migrations dès nos origines en fonction des événements géologiques (paléogéographie, tectonique, etc…), biologiques (relations homme-animal, par exemple) et puis culturels qui mettront en évidence l’opportunisme de nos ancêtres au cours des 10 derniers millions d’années. Nous verrons ainsi que le hasard est une des composantes importante de notre évolution

Caroline Angleraux Caroline Angleraux
Docteure en philosophie de la biologie

Jeune docteure en philosophie, Caroline Angleraux vient de soutenir sa thèse en philosophie et en histoire des sciences de la vie, préparée à l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et à l’Université de Padoue en Italie. Ses recherches portent sur le concept de simplicité que convoquent la monade leibnizienne et la monère haeckelienne et sur les liens que cette simplicité entretient avec le concept de cellule en biologie. Elle cherche à voir comment un propos métaphysique s’est métamorphosé en une biologie spéculative qui a intensément travaillé la généalogie du concept de cellule, et comment cela éclaire le concept contemporain de cellule.

Caroline Granger Caroline Granger
Doctorante en études américaine

Caroline Granger est doctorante en études américaines au centre de recherches ERIBIA (Université de Caen Normandie) où elle défend une approche transdisciplinaire qui lie le mouvement dansé de l’humain à son environnement. Passionnée par la danse américaine du vingtième siècle et plus précisément par les œuvres chorégraphiques de Merce Cunningham, elle construit son travail de recherches éco-poétiques autour de la notion de « Torsions ». En 2019, elle reçoit une aide à la recherche doctorale de l’Institut des Amériques pour se rendre à New York et poursuivre ses travaux in situ. Caroline prend alors le parti de se rapprocher de son sujet en menant des entretiens avec des danseurs et chorégraphes. Ce « corps à corps » avec son sujet l'amène à participer à des ateliers et projets artistiques.


Conférence : Quelle est la nature du hasard dans la danse ?
Samedi 3 juillet 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Jean-Prouvé

Le mot « hasard » est souvent associé au processus de création adopté par Merce Cunningham. Cependant, il n’a pas été analysé sous ses différents aspects, de la création à la performance. En se concentrant sur la pièce Rainforest (1968), cette conférence propose d’étudier les multiples manifestations du « hasard » qui accompagnent les métamorphoses de la pièce. Tout d’abord, nous porterons notre regard sur les processus aléatoires répertoriés dans les carnets du chorégraphe : quelles sont les choix soumis aux lancers de dés ? Puis, nous nous concentrerons sur la transmission depuis ces notes personnelles vers les corps, comment s’animent-elles ? Quelles torsions les danseurs doivent-ils réaliser pour les incarner ? Vient alors le temps de la représentation et du partage de l’espace scénique dans lequel dialoguent les œuvres musicales, plastiques et chorégraphiques. Ces rencontres expérimentales provoquent, ce que Robert Rauschenberg appelle « des accidents », des situations inattendues à l’intérieur desquelles les danseurs doivent s’adapter. Le « hasard », mène-t-il alors à l’improvisation ? Pour conclure, nous étudierons une expérience de spectatrice à travers une lecture éco-poétique du poème Rain Forest d’Alexandra Grilikhes et envisagerons le « hasard » par le prisme de la magie.

Catherine Bréchignac Catherine Bréchignac
Physicienne des nanosciences

Ambassadrice déléguée pour la science, la technologie et l’innovation, ancienne directrice générale puis présidente du CNRS, Catherine Bréchignac est Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences. Il est dans ses convictions profondes de maintenir un équilibre entre ses diverses activités : activité purement de recherche scientifique en tant que physicienne des nanosciences, activité de responsable scientifiques en tant que Directrice générale puis Présidente du CNRS, activité dans la diplomatie scientifique en tant qu’Ambassadrice. En dépit des importantes responsabilités scientifiques assumées, elle a toujours su garder une activité scientifique en laboratoire, puis dans l’écriture d’ouvrages sur la démarche scientifique, afin d’expliciter comment se construit la science et se développe la pensée scientifique au fil des ans. C’est cette passion pour la science, pour la défendre et la promouvoir en France comme à l’international, qui a conduit les gouvernements successifs à nommer Catherine Bréchignac puis à la confirmer dans ses fonctions d’Ambassadrice déléguée pour la science la technologie et l’innovation. Autrice de nombreux ouvrages, récipiendaire de nombreux prix, elle est élevée au grade de Grand officier dans l’ordre de la Légion d’honneur.


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Catherine Maunoury Catherine Maunoury
Présidente Aéro-Club de France

Dès son plus jeune âge, Catherine Maunoury s'est intéressée aux avions. Elle n'a que huit ans quand son père, médecin pilote, l'emmène voler pour la première fois. Encouragée par lui, elle a quinze ans pour son premier vol en solo et devient la plus jeune pilote brevetée à 17 ans. Sa passion la mène au plus haut niveau de la compétition : elle accumule les titres aux championnats de France, d'Europe et du monde et se situe toujours aujourd'hui parmi les meilleures femmes pilotes au niveau mondial. Aujourd'hui, Catherine Maunoury est présidente de l'Aéro-Club de France.


Conférence : La voltige aérienne laisse-t-elle de la place au hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Abbé-Grégoire

Avant le plaisir de décoller à bord d’un avion de voltige, je procède toujours à une minutieuse check-list : en aviation, rien ne peut ni ne doit être laissé au hasard. Bien des innovations aéronautiques sont pourtant le fruit de ce hasard. Depuis l’aérostat des frères Montgolfier, il a fallu, il faut toujours laisser place au hasard pour découvrir et explorer de nouveaux territoires, pour permettre l’émergence et le développement de l’aviation. Pour autant, le souci d’éviter l’échec et les accidents, de maîtriser les risques en ne lui laissant aucune place, a toujours été au centre des préoccupations des acteurs de l’aviation, de la conception des avions à l’organisation de la navigation aérienne ou à la connaissance de la météorologie. A certains, le simple fait de voler en avion, semble encore laissé au hasard des croyances, d’un dieu ou d’une bonne fée qui tirera au sort ceux qui doivent être rescapés d’un vol. Nous savons bien qu’il n’en est rien mais que le risque zéro n’existe pas en aviation et qu’il faut toujours se méfier des événements qui peuvent survenir par hasard, sans qu’il soit possible de les prévoir ni de les prévenir pour réduire autant que possible toutes les sources d’éventuelles défaillances. Alors, la voltige aérienne laisse-t-elle de la place au hasard ? Parfois, en tout cas en compétition, lors du tirage au sort de l’ordre de passage des concurrents d’un championnat du monde ! Mais une fois tout vérifié... alea jacta est !

Cécile Malaspina Cécile Malaspina
Philosophe

Cécile Malaspina est philosophe, directeur de programme au Collège International de Philosophie (CIPh), à Paris, et chercheur invitée au King’s College à Londres. Elle est rattachée au département Digital Humanities et au département de Français du King’s College où elle y présente le séminaire ‘An Aesthetics of Noise’ pour le CIPh. Elle a obtenu son doctorat en épistémologie, philosophie et histoire des sciences et des techniques, au sein du laboratoire Sphère (Université de Paris), à l'Université Paris 7 Denis Diderot. Son livre An Epistemology of Noise est paru chez Bloomsbury Academic en 2018. Elle est traductrice principale de Gilbert Simondon, Du mode d’existence des objets techniques, (On the Mode of Existence of Technical Objects), paru en 2017 chez Minnesota University Press / Univocal.


Conférence : La relation est-elle le résultat d'un hasard constitutif ?
Vendredi 2 juillet 2021, 12h15 - 13h — Amphi Jean-Prouvé

Gilbert Simondon, connu pour sa philosophie de la technique, s’est également intéressé à la métaphysique et notamment au problème de l’individuation. Or Simondon renverse non seulement la notion de l’individu, mais également la logique de la relation. Depuis Aristote, la relation avait été pensée comme accident. Elle est ce qui peut avoir lieu ou ne pas avoir lieu. C’est ici que l’intervention Simondonienne est décisive. La relation ne sera plus ce qui arrive de façon fortuite à un sujet autonome, elle devient constitutive du sujet. Plus précisément, elle catalyse un devenir co-évolutif de l’individu et de son milieu. Le sujet n’est alors plus un substrat autonome. Son émergence dépend, au contraire, d’une relation que Simondon nommera transindividuelle. Ces questions métaphysiques peuvent avoir une allure anachronique. Il n’en est rien. Ils sont, au contraire, appelées par la crise à laquelle se confronte la philosophie des techniques contemporaine. L’autonomie du sujet ne va plus de soi. Notre co-évolution progressive avec le monde naturel est en question. La relation qui nous lie, à travers l’intermédiaire technique au monde naturel, suscite davantage l’image de l’accident, sinon de la catastrophe. Peut-être est-il temps d’envisager la relation qui lie notre destin au monde naturel comme un hasard constitutif ? Une contingence nécessaire qui appelle à notre plus grande sollicitude ?


Dédicace : An Epistemology of Noise
Vendredi 2 juillet 2021, 13h - 13h45

Christian Viviani Christian Viviani
Chercheur en histoire du film américain

Christian Viviani est Professeur émérite de l’Université de Caen-Normandie. Spécialiste du cinéma américain et de l’acteur. Il est coordinateur et rédacteur de la revue Positif. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Ernst Lubitsch (avec N. T. Binh, 1992, prix du meilleur livre de cinéma 1992) et Le Magique et le Vrai, l’acteur de cinéma sujet et objet *(prix du meilleur livre de cinéma 2015), en France. Il est contributeur à *Home Is Where the Heart Is (sous la direction de Christine Gledhill, BFI, 1987, réédition 2002) et à Journeys of Desire (sous la direction de Ginette Vincendeau et Alastair Phillips, BF1, 2006) à l’étranger. Christian Viviani responsable de l’édition 2011 du Larousse du Cinéma traducteur de Acting in the Cinéma de James Naremore (Acteurs, le jeu de l’acteur au cinéma, P.U.R., 2014).


Conférence : Le mélodrame à l'italienne est-il le fait du hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 12h15 - 13h — Amphi Jean-Prouvé

Le mélodrame est dans l’ADN de la culture italienne. Bien que présent dès les origines (le cinéma des dive, les péplums muets, les sérials d’Emilio Ghione), le mélodrame s’est développé notablement en parallèle avec le fait néoréaliste, dont il proposait souvent une version « grand public ». Entre 1945 et 1960, on a vu une prolifération de films mélodramatiques qui n’étaient guère des productions populaires à petit budget. Des cinéastes rares comme Michelangelo Antonioni ou Luchino Visconti y ont contribué, ainsi que des acteurs de prestige comme Lucia Bosè, Raf Vallone, Silvana Mangano ou Vittorio Gassman ou des écrivains de renom comme Alberto Moravia ou Pier Paolo Pasolini. S’y sont également révélés des réalisateurs singuliers comme Vittorio Cottafavi, Riccardo Freda ou, sans doute le maître du genre, Raffaello Matarazzo. Parmi les multiples formes cinématographiques du genre, l’italienne rejoint les formes latino-américaines ou hindi par la sollicitation sans alibi des coups du sort, des coups de théâtre, des surprises, des miracles, c’est à dire du hasard. L’étude de quelques formes de ce fatum constituera le fil rouge de la présente intervention.


Dédicace : Le magique et le vrai : L'acteur de cinéma, sujet et objet
Jeudi 1 juillet 2021, 13h - 13h45

Claire Mathieu Claire Mathieu
Algorithmicienne

Directrice de recherche en informatique au CNRS à l'Université de Paris et membre de l'Académie des Sciences, Claire Mathieu a travaillé comme chercheur CNRS à l’ENS-Lyon et comme professeur dans des institutions diverses : Collège de France, ENS (professeur attaché), Université Paris-Sud, École polytechnique, Université de Brown (USA). Elle fait de la recherche en algorithmique, en particulier sur la conception d’algorithmes pour trouver des solutions quasi optimales à des problèmes qui sont difficiles à résoudre exactement. Récemment, elle s’est intéressée à la modélisation de réseaux sociaux, à l'analyse stochastique d'algorithmes de mariages stables, à la reconstruction de graphes cachés, et à la simulation d'épidémie. Elle a reçu la médaille d'argent du CNRS (2019).


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Cyril Rigaud Cyril Rigaud
Pilote - Conseiller scientifique

Né en Provence, après une enfance et une adolescence les yeux levés vers le ciel, des études scientifiques et un brevet de pilote en poche dès 17 ans, Cyril Rigaud s'engage dans l'Armée de l'air en juin 1995 en tant que pilote d'avion de transport. Initialement en charge de missions de soutien et d'entraînement des forces en métropole, dans les départements d'outre-mer et à l'étranger, il devient instructeur de 2006 à 2008. Il rejoint ensuite l'escadron de transport des hautes personnalités de l'État pour des missions de transport gouvernemental et pour des évacuations sanitaires, jusqu'en 2013. Depuis début 2016, il est copilote bombardier d'eau sur Canadair CL 415 au sein de la Sécurité civile.

Daniel Nicholson Daniel Nicholson
Historien et philosophe des sciences

Daniel J. Nicholson est professeur assistant à l'université George Mason (Virginie, États-Unis) et chercheur invité au "Centre for the Conceptual Foundations of Science" (Sydney, Australie). Auparavant, il a travaillé à l'Institut Konrad Lorenz (Vienne, Autriche), à l'Institut Cohn pour l'histoire et la philosophie des sciences et des idées (Tel Aviv, Israël) et au Centre pour l'étude des sciences de la vie (Exeter, Royaume-Uni). Son travail se caractérise par une approche intégrée et fortement interdisciplinaire de l'histoire et de la philosophie de la biologie. Ses recherches actuelles se concentrent sur l'ontologie des systèmes vivants, en particulier sur la manière dont les organismes diffèrent d'autres systèmes organisés complexes comme les machines, et sur les implications de ces différences pour la théorie biologique. Il s'intéresse également de longue date à l'histoire des réflexions théoriques et philosophiques sur la biologie.


Conférence : Le hasard va-t-il tuer l'Animal-Machine ?
Vendredi 2 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Fourastié

Le célèbre biologiste évolutionniste Richard Lewontin a souligné que "la biologie actuelle est la réalisation de la célèbre métaphore de l'organisme en tant qu'animal-machine élaborée par Descartes". De fait, on peut décrire l'histoire de la biologie moderne comme l'histoire du succès de la conception de l'organisme en tant qu'animal-machine. Cependant, les failles de cette vision déterministe sont de plus en plus évidentes. Un défi important se dessine en biologie cellulaire, un domaine longtemps caractérisé par des références aux "circuits", aux "programmes", aux "moteurs", etc. Les biologistes cellulaires ont recours à des métaphores mécanistes pour conceptualiser les structures et les processus microscopiques qu'ils étudient, car les machines sont des objets macroscopiques familiers et intuitivement intelligibles de notre expérience quotidienne. Le problème est que nos intuitions mécanistes échouent souvent lorsque nous essayons de saisir la forme et la fonction des cellules, car celles-ci existent dans un monde qui nous est totalement étranger. Il s'agit d'un monde très étrange, où l'effet de la gravité est négligeable, mais où règne la dynamique aléatoire du mouvement brownien. L'importation des concepts de l'ingénierie en biologie cellulaire a peut-être été une bonne idée dans le passé, mais il est maintenant de plus en plus reconnu que ceux-ci sont plus susceptibles d'induire en erreur que d'éclairer, car ils projettent sur le monde microscopique désordonné et stochastique des cellules des caractéristiques qui ne sont physiquement possibles que dans le monde macroscopique ordonné que nous (et nos machines) habitons.

David Elbaz David Elbaz
Astrophysicien

David Elbaz, astrophysicien, est directeur de recherche au Commissariat à l'Energie Atomique et aux Énergies Alternatives (CEA Saclay). Il étudie la formation des galaxies avec un intérêt particulier sur le rôle de la poussière d'étoiles, des trous noirs galactiques et des familles de galaxies que sont les amas de galaxies. Ses travaux ont été primés par l’Académie des Sciences (prix Jaffé 2017) et par la société américaine d’astronomie (prix Chrétien 2000). Il est membre de l'Académie Européenne des Sciences (Academia Europaea) et des Highly Cited Researchers (1% des chercheurs) selon le Web of Science (Clarivate Analystics). Il est le directeur de rédaction de la revue scientifique Astronomy & Astrophysics qui est à l’origine la revue de l’astrophysique européenne et s’est étendue à 28 pays membre. Parallèlement à ses travaux de recherche, il participe à la diffusion des sciences au travers de conférences, livres, spectacles, documentaires, émissions de radio. Son dernier livre "À la recherche de l'univers invisible: matière noire, énergie noire, trous noirs" (2016 éditions Odile Jacob) a reçu le Prix du livre Science & Philosophie 2017 de l’association X-Philo de l’école Polytechnique et a été nominé pour le prix le Goût des Sciences 2017 du Ministère de la recherche.


Conférence : L'univers est-il beau par hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Jean-Fourastié

"L’univers n’est pas obligé d’être beau, et pourtant il est beau. La beauté reste un mystère. Après tout, l'univers pourrait n’être que vrai." a écrit François Cheng. Comment l'univers a-t-il engendré les formes des galaxies, des étoiles et des planètes ? Étrange hasard dans un monde dont on dit qu'il tend vers toujours plus de désordre. En y regardant de plus près, on s'aperçoit que l'émergence de la complexité et de l'unicité des formes, donc de la beauté, est une conséquence naturelle, universelle, et même fatale des lois de la physique. Derrière l'éternel combat entre universalité et particularité se cachent des composantes invisibles, des liens entre les étoiles et les galaxies que l'on découvre à peine aujourd'hui et qui semblent détenir une part du secret de l'émergence de la beauté. Les astronomes ne disposent que de quelques particules de lumière pour dévoiler ces liens invisibles, mais il n'est de forme qui ne soit née sans générer de la lumière dans un univers qui tend vers toujours plus de lumière.


Dédicace : À la recherche de l’Univers invisible : matière noire, énergie noire, trous noirs
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 - 16h

David Haroutunian David Haroutunian
Violoniste

Né à Erevan (Arménie), David Haroutunian apprend le violon avec son père, violoniste professionnel, disciple de Léonid Kogan puis avec Petros Haykazyan à l’école supérieure Tchaïkovski de Erevan. Il en sort en 1995, à l’âge de treize ans, avec les plus hautes distinctions et donne alors ses premiers concerts en Arménie et en Russie. La même année, il quitte l’Arménie et entre au Conservatoire National Supérieur de Paris dans la prestigieuse classe de Jean-Jacques Kantorow. Il obtient son Premier Prix de Violon, trois ans plus tard en 1998. David Haroutunian rencontre alors de nombreuses personnalités musicales qui l’invitent à partager la scène et dont le rôle sera déterminant dans l’évolution du jeune violoniste : Rouben Aharonian, aujourd’hui le premier violon du quatuor Borodine, Boris Belkin, Olivier Charlier, Zachar Bron, Donald Weilerstein, Christian Ivaldi et bien d’autres.Dès lors, la vie musicale de David Haroutunian se développe rapidement et se produit en soliste avec des orchestres prestigieux (l’Orchestres Nationaux Philharmoniques d’Arménie, l’Orchestre de Chambre de Moscou, l’Orchestre de Lauréats du Conservatoire de Paris, l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, de SWR de Freibourg) et aux quatre coins de la planète, dans des salles, des saisons et des festivals internationaux : Théâtre – des – Champs - Elysées, Auditorium de la Maison de la Radio, Salle Cortot, Philharmonie à Budapest, Palazzo Chigi Saracini à Sienne. Il construit aussi un belle carrière de chambriste et joue en récital et musique de chambre avec de nombreux artistes comme Paul Badura-Skoda, Nicholas Angelich, Elisabeth Leonskaja, Itamar Golan, François-Frédéric Guy, Sonia Wieder-Atherton, Vahan Mardirossian, Henri Demarquette, Jean-Jacques Kantorow, Gérard Poulet, etc. Son premier enregistrement « live » à la radio de Budapest est largement salué par la critique hongroise et il est l’invité régulié de média puissants : France Musique, Radio Classique, Radio Nationale d’Arménie, la radio Nationale de Hongrie. David Haroutunian est également le directeur artistique de trois festivals : « Les Variations Musicales de Saint-Estèphè », le « Festival de Bormes-les-Mimosas » ou encore « Musique(s) en Emeraude » à Saint-Malo. Passionné d’enseignement et de transmission David Haroutunian est professeur au Conservatoire du 7e arrondissement de Paris depuis 2018. Il a donné de diverses master classes en Argentine, en Grèce, en Arménie, en Irlande, etc. Il joue un violon de Lorenzo Carcassi fait à Florence en 1753.

Denis Noble Denis Noble
Biologiste

Les recherches de Denis Noble portent sur l'utilisation de modèles informatiques d'organes et de systèmes d'organes biologiques pour interpréter les fonctions au niveau moléculaire mais aussi de l'organisme entier. Grâce à des collaborations internationales, son équipe a utilisé des super ordinateurs pour créer le premier organe virtuel : le cœur virtuel. En tant que secrétaire général de l'Union internationale des sciences physiologiques de 1993 à 2001, Denis Noble a joué un rôle majeur dans le lancement du projet Physiome, un projet international visant à utiliser des simulations informatiques pour créer les modèles physiologiques quantitatifs nécessaires à l'interprétation du génome. Il a été élu président de l'UISP lors du congrès mondial à Kyoto en 2009. Denis Noble est également un philosophe de la biologie. Il est l'auteur de The Music of Life et de Dance to the Tune of Life, des ouvrages populaires qui remettent en question les interprétations de la biologie moderne centrées sur les gènes. Il considère les gènes comme de simples modèles pour fabriquer les protéines dont nous avons besoin. Les gènes sont contrôlés par nous, et cela inclut leurs variations aléatoires. Il est professeur émérite à l'université d'Oxford.


Conférence : Le hasard a-t-il le dernier mot dans le vivant ?
Vendredi 2 juillet 2021, 15h15 - 16h — Amphi Jean-Prouvé

Comment la notion de but peut-elle exister si tous les comportements sont déterminés ? Le simple fait d'ajouter le hasard à notre vision du monde ne résout pas, en soi, ce questionnement. Il est nécessaire d'avoir recours une vision systémique multi-échelle de la biologie pour prendre en compte les processus de contrôle par lesquels le caractère aléatoire - à tous les niveaux - peut être exploité et donc utilisé par les organismes. La finalité des organismes peut alors émerger naturellement, selon la façon dont fonctionne l'exploitation physiologique.

Estelle Honnorat Estelle Honnorat
Réalisatrice, journaliste d'investigation

Formée à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris avec pour spécialité le format radio, Estelle perfectionne ses méthodes en intégrant le Master en journalisme d’investigation de City, University of London. Après quelques années en tant qu’enquêtrice et autrice dans plusieurs bureaux d’investigation comme the Bureau of Investigative Journalism, CAPA, Hexagone et Médiawan, Estelle a choisi de travailler en tant que journaliste indépendante. Forte de cette expérience, Estelle passe à la réalisation incarnante pour Golden News. L’occasion pour elle de prendre le temps de l’enquête et de l’écriture documentaire jusqu’au montage, pendant trois années. Sur le terrain, des rencontres fortes lui ont appris à raconter de belles histoires avec cette sensibilité qui lui permet d’approcher l’intimité de ses personnages. Déterminée et engagée pour un journalisme d’enquête et de transmission, Estelle anime des ateliers de court-métrages pour Civic Fab avec des enfants en banlieue.


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Etienne Klein Etienne Klein
Physicien et philosophe

Ancien élève de l'École centrale de Paris et docteur en philosophie des sciences, Etienne Klein dirige au CEA le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière. Il est professeur à l'ECP et anime l'émission La conversation scientifique sur France Culture. Dès 1994, il publie Conversations avec le Sphinx. Les paradoxes en physique, son premier ouvrage. De nombreuses publications suivent dont Il était sept fois la révolution. Albert Einstein et les autres… en 2005, Le facteur temps ne sonne jamais deux fois en 2007, Discours sur l'origine de l'Univers en 2010, Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde en 2011, D'où viennent les idées (scientifiques) ? et En cherchant Majorana. Le physicien absolu, en 2013, Le monde selon Étienne Klein en 2014... Il a participé à Objectif Mont-Blanc, sur les traces d'un géant, émission produite par Arte en 2015. Alpiniste et adepte des sports d'endurance, il prend le départ, depuis plusieurs années, des courses de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc. Etienne Klein est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2010 puis officier dans l'ordre national du Mérite et commandeur des Palmes académiques en 2014.


Conférence : Qu'est-ce que le hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

D’où provient telle chose ? Quelle est la cause de ceci ou de cela ? Comment pareil événement a-t-il pu se produire ? Comment expliquer tel phénomène étrange ? Chaque fois qu’on tente de répondre à ce genre de questions, on voit se mettre en place un chemin vers un puits sans fonds, car on ne peut expliquer un événement qu’en lui ajoutant sa propre antériorité, et ainsi de suite : quelque point de départ qu’on choisisse, il apparait chaque fois comme n’étant pas une authentique cause puisqu’il demande à être lui-même fondé, c’est-à-dire présenté comme étant lui-même l’effet d’une autre cause, et ainsi de suite. C’est ainsi que la notion de causalité vient poser d’épineux problèmes philosophiques qui constituent le contrepoint de ceux soulevés par l’idée de hasard : hasard et causalité sont en effet corrélés au sens où le premier se déploie dans l’ombre de l’autre. Invoquer le hasard, c’est presque toujours admettre qu’il y a une difficulté à identifier une explication causale. Le hasard correspond en quelque sorte au purgatoire de la causalité. Mais ce purgatoire existe-t-il vraiment ?


Dédicace : Ce qui est sans être tout à fait
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : Conversations avec le sphinx : Les paradoxes en physique
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : Idées de génies: 33 textes qui ont bousculé la physique
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : La physique selon Étienne Klein
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : Matière à contredire
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30

Eymard Houdeville Eymard Houdeville
Ingénieur

Eymard Houdeville est ingénieur centralien en machine learning et titulaire d'un master de philosophie contemporaine co-habilité par l'École normale supérieure et l'Ecole des hautes études en science sociale. Aujourd'hui en stage de recherche chez Idemia, son travail porte sur l'étude de nouvelles architectures de réseaux de neurones en vision par ordinateur. En philosophie, Eymard s'intéresse à la philosophie des sciences et à l'épistémologie de l'analyse de données : quelle est la place du principe de simplicité dans des expériences qui brassent des gigaoctets de données ? Son mémoire de fin d'études porte sur la production d'ignorance et la crise de non-reproductibilité en sciences contemporaines : comment expliquer l'invasion de corrélations absurdes et de résultats fallacieux en sciences contemporaines ? Soucieux des conséquences sociales et politiques de ces nouvelles façons de connaître et donc d'agir, Eymard a participé à plusieurs projets de vulgarisation scientifique et a notamment entrepris un tour d'Europe des hackerspaces en 2016. Eymard est également diplômé d'une licence de mathématiques de la Sorbonne et de Sciences Po Paris.

Fabrice Pougez Fabrice Pougez
CEO Matwatches

Depuis plus de quinze ans, MATWatches se positionne comme le leader français dans la conception, la fabrication et la diffusion de montres destinées aux professionnels et aux amoureux de montres de caractère. Fabrice Pougez a ainsi construit sa réputation d’excellence en équipant sur mesure des militaires, des navigateurs, des explorateurs, des membres des forces spéciales, des sauveteurs en mer et, entre autres, des pilotes. Ses montres-outils automatiques sont réputées pour leur fiabilité, leur précision, leur extrême lisibilité et leur robustesse à toutes épreuves.


Table ronde : La mesure du temps supporte-t-elle le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 — Amphi Jean-Fourastié

Francis Rocard Francis Rocard
Astrophysicien

Francis Rocard est astrophysicien, spécialisé en planétologie. Il débute sa carrière comme planétologue au CNRS et a participé aux missions VEGA de survol de la comète de Halley en 1986 et PHOBOS-88 d'étude minéralogique de la surface de Mars. En 1989, il entre au Centre national d’études spatiales (CNES) où il est responsable des Programmes d'exploration du Système solaire. A ce titre, il a suivi la réalisation de toutes les missions d’exploration des planètes où la France est impliquée : Mars-96, Mars Express, Curiosity, InSight, ExoMars d'exploration de Mars, Cassini-Huygens d'étude du système de Saturne et de son satellite Titan en coopération avec l'Agence spatiale européenne et la NASA, Rosetta et Philae, mission d'étude d'une comète avec l'ESA, BepiColombo, mission européenne d’étude de Mercure avec le Japon, JUICE d’étude des lunes glacées de Jupiter et 1ère mission européenne vers le Système solaire externe, mais aussi JUNO, New Horizons, Hayabusa-2, Osiris-Rex, Dawn, etc.


Conférence : Comment gère-t-on le hasard quand on explore les planètes ?
Vendredi 2 juillet 2021, 12h15 - 13h — Amphi Jean-Fourastié

Le spatial et le hasard ne font pas bon ménage, c’est une évidence. "fly as you test and test as you fly" est plutôt la règle. L’imprévu doit être évité à tout prix. On se doit de tout prévoir même le pire. Cela concerne les cas dégradés suite à une panne qui oblige à fonctionner sur 3 pattes. Mais le hasard est souvent présent car explorer c’est partir à la découverte de l’inconnue qui par définition est … imprévue. Quand on se pose sur le sol d’un nouveau monde, on ne peut pas tout maitriser et le hasard fait partie du risque que les ingénieurs doivent traduire en robustesse. Quand il y a 20 ans, le JPL étudiait un atterrisseur sur une comète, il devait considérer que le sol pouvait être aussi dur que du béton ou aussi mou que de la neige poudreuse. Cela traduisait notre totale ignorance des comètes. Aujourd’hui avec Rosetta, on est capable de réduire considérablement le champ du possible pour la dureté du sol. Ce projet n’a jamais abouti car le risque lié au hasard était trop important. La notion de cas pire est très importante dans le spatial, elle fixe les limites du possible et permet aux ingénieurs de travailler. Divers exemples seront présentés ou le hasard a eu des conséquences heureuses ou malheureuses.


Dédicace : Dernières nouvelles de Mars : La mission du siècle
Vendredi 2 juillet 2021, 13h - 13h45
Dédicace : Mars, Une exploration photographique
Vendredi 2 juillet 2021, 13h - 13h45

Francis Yaiche Francis Yaiche
Professeur des universités

Francis Yaiche est actuellement Professeur des Universités émérite à l’Université de Paris et au Celsa Sorbonne où il enseigne les sciences de l’information et de la communication, la sémiotique des discours publicitaires et politiques et la créativité. Directeur de recherches à l’Ecole Doctorale 433 « Concepts et langages (EDV), membre du Gripic Celsa (Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur les Processus d’Information et de Communication, EA 1498), Docteur en Sciences du Langage et en Sciences de l’Information et de la Communication, membre du Conseil Scientifique du Celsa, il a été responsable du « Magistère de Communication » et du Master 2 « Marketing et Stratégies de Marques » du Celsa, il a été Doyen de la « Catho » de Paris, Directeur-adjoint du Bureau d'Etudes pour les Langues et les Cultures, a enseigné à l’ENA et dans de nombreuses universités étrangères, entre autres sur l’axe de l’identité et de l’évolution de la définition de la relation. Il a effectué plus de quatre cents missions dans le monde, est l’auteur d’une soixantaine d’articles, d’une quinzaine d’ouvrages et de douze capsules videos sur You Tube. Il est régulièrement invité à des colloques, congrès, séminaires en France et à l’étranger. Il a été Vice-Président fondateur du Gerflint, rédacteur en chef de la revue Synergies France, membre du blog de journalistes La Ruche Media.org où il publie des articles et des tribunes Il a dirigé de nombreuses recherches, a participé à de nombreux jurys de thèses et d’HDR.


Spectacle : Bovary21
Vendredi 2 juillet 2021

François Forget François Forget
Astrophysicien

Francois Forget est un astrophysicien, spécialiste de l’exploration du système solaire et des environnements planétaires. Il est directeur de recherche au CNRS et membre de l'Académie des sciences. Après avoir soutenu sa thèse sur l'étude de la planète Mars en 1996, François Forget devient chargé de recherche CNRS en 1998. Il crée l'équipe « planétologie » du Laboratoire de météorologie dynamique (LMD) en 2003 puis il dirige le pôle « Système solaire » de l'Institut Pierre-Simon-Laplace de 2009 à 2017. Il travaille à la NASA entre 2004 et 2005 et devient directeur de recherche CNRS au LMD en 2010. Il est impliqué dans de nombreuses missions spatiales comme Mars Express (ESA), l'ExoMars Trace Gas Orbiter (ESA), New Horizons (NASA), Insight (NASA) ou le Rover ExoMars (ESA). Il étudie le climat et les atmosphères sur les planètes telluriques du système solaire (Mars, Vénus, Pluton, Titan, Triton) et sur les exoplanètes. Pour ce faire, il a développé des modèles numériques conçus pour simuler les environnements sur ces planètes afin d’analyser les observations spatiales, préparer les missions robotiques, étudier l’habitabilité des exoplanètes et mieux comprendre la Terre.


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

François Simon-Fustier François Simon-Fustier
Maître d’art en horlogerie

François Simon-Fustier est aujourd’hui le seul Français Maître d’Art en Horlogerie. L’atelier qu’il dirige à Lyon est le prolongement de celui créé en 1890, par son arrière-grand-père. Désormais son activité se partage entre la restauration de pendulerie ancienne et d’horloge d’édifice, la transmission technique du métier, et la sauvegarde du savoir horloger par la création de jumeaux numériques et d’archives 3D. Il développe actuellement le projet Chronospédia avec l’Université Grenoble Alpes et le soutien de nombreux acteurs de l’horlogerie française.


Table ronde : La mesure du temps supporte-t-elle le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 — Amphi Jean-Fourastié

François Taddei François Taddei
Directeur Centre de Recherches Interdisciplinaires

François Taddei est polytechnicien, ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et Forêts, docteur en génétique moléculaire et cellulaire. Il est directeur du département frontières du vivant et de l’apprendre de l’Université Paris Descartes et le fondateur et directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI) qui vient d’inaugurer des locaux de près de 7000m2 dans le Marais. En 2012, il est lauréat de l'appel d'offre sur les initiatives d'excellence en formations innovantes (IDEFI). En 2013, il initie Les Savanturiers - l'école de la Recherche, programme éducatif développé par le Centre de Recherches Interdisciplinaires, qui œuvre pour la mise en place de l'éducation par la recherche dans l’École : primaire, collège et lycée. En 2014 il devient titulaire de la chaire UNESCO "sciences de l'apprendre". Il a reçu divers prix nationaux (Prix de la recherche fondamentale à l’Inserm et Prix Liliane Bettencourt pour les Sciences du Vivant, prix Montgolfier) et internationaux (European Young Investigator Award, Human Frontier Science Program) pour ses publications dans les meilleures revues mondiales comme Nature, Science, Cell, PNAS, PLoS… Chevalier de l’ordre des palmes académiques et des arts et des lettres, il a été membre du Haut Conseil de l’Education et des Conseils scientifiques d’Universcience, et de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire. En 2018, il a remis aux ministres du Travail, de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation un rapport sur la société apprenante et a publié Apprendre au 21ème siècle chez Calmann Lévy.


Conférence : Comment augmenter les chances d'apprendre à relever nos défis ?
Samedi 3 juillet 2021, 16h - 16h45 — Amphi Abbé-Grégoire

en cours


Dédicace : Apprendre au 21ème siècle
Samedi 3 juillet 2021, 16h45 - 17h30

Gautier Depambour Gautier Depambour
Doctorant en histoire des sciences

Ancien élève de l'École CentraleSupélec, Gautier Depambour est actuellement étudiant en thèse d'histoire de la physique au laboratoire SPHere (Sociologie, Philosophie, Histoire des sciences) à l'Université de Paris. Lors d'une année de césure, il a eu l'opportunité de travailler cinq mois au Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN) pour le groupe de communication du détecteur ATLAS ; en parallèle, il a réalisé un projet de machine learning appliqué à la physique des particules. Il a également passé six mois au sein du groupe d'électrodynamique quantique en cavité du Laboratoire Kastler-Brossel, au Collège de France, dans le cadre de son master 2 de nanophysique. Enfin, soucieux de faire connaître la science au plus grand nombre, il est impliqué dans différents projets de vulgarisation scientifique : il a notamment réalisé le site du philosophe des sciences Etienne Klein, et a écrit un livre pour raconter son expérience au CERN, intitulé Une journée au CERN.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire
Dédicace : Idées de génies: 33 textes qui ont bousculé la physique
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30

Georges Lewi Georges Lewi
Spécialiste des marques

De double formation en lettres classiques et marketing, Georges Lewi s'intéresse très vite à la vie des marques et commence ses premiers travaux de recherche sur le cycle de vie des marques avec son premier ouvrage Sale temps pour les marques. Il analyse un phénomène paradoxal : certaines marques jeunes vieillissent prématurément et des marques centenaires se portent très bien. Auteur désormais d'une quinzaine de livres, il est considéré comme un des meilleurs spécialistes européens du branding. Il a enseigné au sein de la Haute école de commerce (HEC) de Paris, au CELSA (École des hautes études en sciences de l'information et de la communication, université Paris 4 - Sorbonne), dispense ses connaissances en conférences et en consulting auprès des grandes entreprises où il a traité environ 500 cas. Ses travaux sur le storytelling lui ont valu de nombreuses distinctions.


Conférence : Le hasard a-t-il sa place en marketing ?
Jeudi 1 juillet 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Jean-Fourastié

A priori, le marketing, ensemble de techniques visant à connaître puis à influencer le consommateur, n’a rien à voir avec le hasard que les études de marché essayent de conjurer. Le marketing a des prétentions scientifiques à la modélisation. Or pas mal de produits sont fruits du hasard, de la sérendipité, le nom des marques est souvent pur hasard, et la stratégie gagnante contredit souvent les études les plus poussées. Le marketing ne serait-il, en fait, le meilleur ou le pire fruit du hasard ? Bien des doxas risquent d’être malmenées au cours de cette intervention...


Spectacle : Bovary21
Vendredi 2 juillet 2021

Dédicace : Devenir une marque mythique
Jeudi 1 juillet 2021, 15h15 - 16h
Dédicace : Bovary 21
Vendredi 2 juillet 2021, 12h15 - 13h
Dédicace : Bovary 21
Vendredi 2 juillet 2021, 18h15 - 19h

Gérard Berry Gérard Berry
Professeur et écrivain

Ancien élève de l’École polytechnique, ingénieur général du corps des Mines, membre de l’Académie des sciences, de l’Académie des technologies et de l’Academia Europaea, Gérard Berry a été chercheur à l’École des mines de Paris et à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) de 1970 à 2000, directeur scientifique de la société Esterel Technologies de 2001 à 2009 puis directeur scientifique de l’Inria et président de la commission d’évaluation de cet institut de 2009 à 2012. Il tient la chaire Informatique et sciences numériques au Collège de France depuis 2012, après y avoir tenu deux chaires annuelles en 2007-2008 et 2009-2010. Sa contribution scientifique concerne quatre sujets principaux : le traitement formel des langages de programmation et leurs relations avec la logique mathématique, la programmation parallèle et temps réel, la conception assistée par ordinateur de circuits intégrés, et la vérification formelle des programmes et circuits. Il est le créateur du langage de programmation Esterel.


Conférence : Le hasard et le temps font-ils bon ménage dans nos têtes ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h - 16h45 — Amphi Jean-Fourastié

Les jeux sont idéaux pour montrer comment notre pensée a des idées spontanées vraiment embrouillées quand nous essayons de comprendre comment nous comporter face au hasard, surtout répété. Trois exemples le montreront de façon aussi joyeuse qu'édifiante : une étrange expérience personnelle de jeu au Loto national, une devinette ultra-classique qui marche toujours aussi bien, et enfin le fameux jeu des trois portes, vraiment trivial, mais qui a pourtant déchaîné les passions et même berné des mathématiciens ultra-confirmés.


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Gérard Lambert Gérard Lambert
Médecin, journaliste scientifique, essayiste

Docteur en médecine, il crée une antenne SOS Médecins dans la Yvelines en 1985 avec, pendant 8 ans, une pratique de l’urgence médicale en ville et des responsabilités de gestion de la structure. A partir de 1992 il devient journaliste dans la presse médicale spécialisée et publie de nombreux articles dans la presse grand public. Il est aujourd’hui directeur des rédactions du LEN Médical, responsable du séminaire du Centre Cavaillès (ENS, Paris), administrateur et directeur de collection aux éditions Matériologiques. Il a publié La légende des gènes, Anatomie d'un mythe modern (Dunod 2003) ; Vérole, Cancer & Cie, La société des maladies (Le Seuil 2009) et dirigé plusieurs ouvrages collectifs. Depuis plus de 10 ans il anime des émissions interactives online destinées aux médecins généralistes et spécialistes.


Conférence : Peut-on prévoir les épidémies ?
Samedi 3 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Fourastié

Une épidémie récapitule la biologie : elle émerge de l’interaction multi-échelle entre un parasite, ses hôtes et l’environnement. Quelles que soient la contagiosité et la virulence d’un pathogène, il ne devient un danger pour l’homme que lorsque les conditions d’origine anthropique de son émergence et de sa propagation sont réunies. De nombreuses tentatives d’émergence restent sans lendemain, mais lorsqu’un microorganisme parvient à diffuser dans des populations humaines, à chaque stade de l’épidémie, qui couvrent un champ allant du niveau moléculaire aux transports transcontinentaux, les processus stochastiques à l’œuvre ont un impact déterminant sur sa dynamique. Dans ces conditions est-il possible d’anticiper une épidémie et/ou de prévoir son évolution ?


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 — Amphi Jean-Fourastié

Gilles Dawidowicz Gilles Dawidowicz
Géographe

Gilles Dawidowicz est géographe de formation, spécialisé dans l'étude des surfaces planétaires. Il milite depuis les années 90 pour une exploration robotique du système solaire et fait la promotion de l'exploration de Mars. Ancien membre de la Mars Society et son chapitre français l'Association Planète Mars, il a été 5 ans président de l'Observatoire de Triel et préside depuis de nombreuses années la commission de planétologie de la Société astronomique de France, dont il est le secrétaire général depuis juin 2018. Gilles est également co-auteur d'ouvrages de vulgarisation sur Mars, Saturne et les aurores polaires. Il anime régulièrement de grandes séances publiques à la Cité des sciences et de l'industrie à la faveur de l'actualité spatiale internationale.


Table ronde : Quelle est la part du hasard dans les découvertes ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Gilles Dowek Gilles Dowek
Informaticien et logicien

Gilles Dowek est chercheur à Inria et professeur à l'École normale supérieure de Paris-Saclay. Ses travaux portent sur la formalisation des mathématiques, les systèmes de traitement des démonstrations, la physique du calcul, la sûreté des systèmes aéronautiques et spatiaux, et l'épistémologie et l'éthique de l'informatique. Il est membre du Conseil Scientifique de la Société informatique de France, du Conseil Scientifique de La Main à la pâte et du Comité National Pilote d'Éthique du Numérique.


Conférence : Sommes-nous plus libres parce que le monde va au hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Abbé-Grégoire

L'idée que la marche du monde soit déterministe semble ne laisser aucune place à notre libre arbitre pour s'exprimer. Mais, à l'inverse, le fait que le monde aille au hasard, nous rend-il plus libre ? Nous essayerons de montrer que cette impasse dans la pensée de la liberté a pour origine un présupposé, selon lequel nous sommes hors du monde. Si nous partons de l'hypothèse contraire, selon laquelle nous sommes à l'intérieur du monde, la question se pose d'une tout autre manière.


Dédicace : Ce dont on ne peut parler, il faut l'écrire
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15
Dédicace : Vivre, aimer, voter en ligne et autres chroniques numériques
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15

Gilles Ramstein Gilles Ramstein
Paléoclimatologue

Gilles Ramstein est directeur de recherche CEA au LSCE (Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement). Il est paléoclimatologue, spécialiste de la modélisation du climat, des cycles biogéochimiques et de leurs interactions. Il est l'auteur de plusieurs livres dont "Voyage à travers les climats de la Terre" (Odile Jacob, 2015) et de l'ouvrage co-écrit avec Sylvestre Huet "Le climat en 100 questions" (Tallandier, 2020).


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h — Amphi Jean-Fourastié
Dédicace : Le climat en 100 questions
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15

Giuseppe Longo Giuseppe Longo
Mathématicien, logicien et épistémologue

Giuseppe Longo est directeur de recherche émérite CNRS au centre Cavaillès, ENS, Paris, et adjunct professor, School of Medicine, Tufts University, Boston. Il est ancien professeur de logique mathématique puis d’informatique à l’université de Pise. Il est coauteur d’une centaine d’articles et de trois livres : avec A. Asperti, Categories, Types and Structures. Category Theory for the working computer scientist. M.I.T. Press, 1991 ; avec F. Bailly, Mathematics and the Natural Sciences: The Physical Singularity of Life, Imperial College Press, 2011 (en français, Hermann, 2006) ; avec M. Montévil, Perspectives on Organisms: Biological Time, Symmetries and Singularities (Springer, 2014). Les deux derniers proposent une analyse à l’interface maths/physique/biologie. Avec A. Soto, Longo a édité (et co-écrit six articles de) un numéro spécial de 2016 de la revue Prog Biophys Mol Biol: From the century of the genome to the century of the organism: New theoretical approaches.


Conférence : Le hasard biologique n'est-il que du bruit ?
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Jean-Prouvé

La révolution scientifique du XVI et XVII ème siècle a été profondément mécaniciste. De Galilée à Laplace, donc jusqu’au début du XIX ème siècle, on a pensé le ‘‘complexe’’ comme ‘‘empilement linéaire du simple’’. Poincaré, à la fin du XIX ème siècle, cassera cette vision des dynamiques physiques. Malgré cela, la puissance de la vision renaissante de l’inerte et ses succès, en particulier dans la construction de machines, a biaisé notre rapport au vivant et à l’écosystème : jusqu’à la fin du XX ème siècle, on a continué à voir la cellule comme un « mécanisme cartésien », les interactions moléculaires comme une « algèbre booléenne » et, encore aujourd’hui, on pense piloter exactement les organismes en éditant leur ADN, tout comme le programme, système d’écriture et re-écriture à éditer, dirige nos machines digitales. On résumera certains aspects de ce regard sur le monde en esquissant son passage direct, et pour des bonnes raisons, par les théories de l’élaboration et de la transmission de l’information qui ont eu un rôle clé dans la compréhension contemporaine du vivant et où l’aléatoire n’est, en principe, que du bruit. Il s’agit alors de donner un nouveau rôle à l’aléatoire et au sujet connaissant/agissant sur les organismes et leur environnement.

Héloïse Brezillon Héloïse Brezillon
Doctorante - Création artistique

Héloïse Brezillon est doctorante en pratique et théorie de la création artistique, poétesse et autrice de science-fiction. Du côté de la théorie, ses recherches portent sur ce qu'elle appelle la " science-fiction sonore ", un genre émergent qui mêle littérature de l'imaginaire et expérimentations liées au son. Sa pratique de l'écriture créative est quant à elle parsemée d'obsessions : le corps comme territoire, l'intimité féminine, le rapport à nos écosystèmes et au pouvoir. Sa démarche est à la fois empreinte de sa radicalité politique et de sa sensibilité pour la chair et le monde. Elle donne également des ateliers d'écriture à l'université, au collège et dans diverses structures sociales, car elle croit qu'il est possible de faire naître la poésie et l'imaginaire chez tout un chacun.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Henri Raczymow Henri Raczymow
Ecrivain

Après des études de lettres, Henri Raczymow devient professeur dans l'enseignement secondaire. Il est l'auteur à ce jour d'une trentaine d'ouvrages (parus pour la plupart aux éditions Gallimard), dont des romans, des récits d'inspiration personnelle, des essais littéraires. On peut citer entre autres, parmi les romans Un Cri sans voix (1985), Bloom & Bloch (1993), parmi les récits Dix jours "polonais" (2007) ou Heinz (2011), parmi les essais, Le Cygne de Proust (1990).


Conférence : Le hasard chez Proust préside-t-il aux histoires d’amour ?
Jeudi 1 juillet 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Jean-Prouvé

Il n’y a pas chez Proust de nécessité à l’amour. On tombe amoureux comme on tombe malade. D’ailleurs, l’amour est une maladie qui vous tombe dessus comme un virus, et dont on se réveille un jour guéri, sans plus de raison, en se demandant : mais que m’est-il arrivé ? Comment ai-je pu tomber amoureux d’un tel ou d’une telle ? Comment ai-je pu gâcher des années de ma vie pour quelqu’un qui n’était pas mon genre ? C’est comme un mauvais moment à passer. S’il n’y a pas de nécessité à tomber amoureux, si c’est apparemment arbitraire, cela relève quand même de ce que Breton appelait le “ hasard objectif ”, mélange de hasard et de nécessité. La nécessité, autrement dit l’inconscient. Autrement dit encore, il y a du hasard, mais ce n’est pas par hasard qu’il y a ce hasard-là ! Et si ce hasard fait que chez Proust on tombe amoureux, son rôle, son surgissement relève d’une étiologie - j’emploie à dessein ce terme médical puisque chez Proust nous sommes tous des malades, Proust y compris, lui qui refusait l’existence même de l’amour, et même de l’amitié.


Dédicace : Le Cygne de Proust
Jeudi 1 juillet 2021, 12h15 - 13h

Hervé Dole Hervé Dole
Astrophysicien

Hervé Dole est astrophysicien à l’Institut d’Astrophysique Spatiale d’Orsay (CNRS et Université Paris-Saclay), professeur des universités à l’Université Paris-Saclay. Il est vice-président de l’Université Paris-Saclay en charge de art, culture, science et société. Il est membre honoraire de l’Institut Universitaire de France et a été Directeur-adjoint de l’Institut d’Astrophysique Spatiale, laboratoire mixte de recherche et d’instrumentation spatiale de 150 personnes. Spécialiste des galaxies infrarouges, du rayonnement extragalactique (observations spatiales et modélisation), et plus généralement de la formation des grandes structures en cosmologie, il a travaillé pour la NASA à l’université d’Arizona avant de devenir enseignant-chercheur à Orsay en 2003. Il est membre des collaborations Planck, le satellite de l’ESA, où il a coordonné une centaine de chercheurs dans un groupe de travail dédié aux galaxies, et Euclid, la prochaine mission spatiale européenne dédiée à la cosmologie. Il s’intéresse actuellement à la formation des premiers amas de galaxies et la formation des étoiles dans les grandes structures. Il utilise pour cela les données des satellites Planck et Herschel, mais aussi Spitzer, ainsi que de nombreux télescopes au sol, avec le renfort de modèles. Impliqué dans l’équipe de direction de l’Université Paris-Saclay, il enseigne la physique, l’astrophysique et la cosmologie.


Conférence : Le hasard se niche t-il en cosmologie ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h - 16h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Notre vision scientifique de l'Univers à grande échelle, via la cosmologie, est-elle affectée par le hasard ? Nos instruments de mesure sophistiqués comme les satellites dédiés et télescopes au sol et leurs relevés de grande ampleur nous abreuvent de données exquises. Nos théories et modèles, quoique contenant des limitations, traduisent un raffinement sans précédent. Et pourtant... le hasard se niche dans l'Univers observable, et même au coeur même de nos processus d'analyse des données.


Dédicace : Le côté obscur de l'univers
Jeudi 1 juillet 2021, 16h45 - 17h30

Hervé Fischer Hervé Fischer
Artiste et sociologue

Artiste-philosophe multimédia, Hervé Fischer a initié l'art sociologique et pratique aujourd'hui le tweet art et la tweet philosophie. Son travail a été présenté dans de nombreux musées internationaux et biennales. Le centre Georges Pompidou lui a consacré une rétrospective, Hervé Fischer et l'art sociologique, en 2017. Pionnier du numérique au Québec, il a fondé en 1985 la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal, le premier Café électronique au Canada, le Marché international du multimédia, la Fédération internationale des associations de multimédia, le festival Téléscience, Science pour tous. Ses recherches portent sur l'art, la sociologie des couleurs, le numérique, les imaginaires sociaux, l'hyperhumanisme. Il a conçu le médialab québécois Hexagram. Il a publié entre autres Théorie de l’art sociologique (1987), L'Histoire de l'art est terminée (1981), Le choc du numérique (2002), CyberProméthée, l'instinct de puissance (2003), La planète hyper, de la pensée linéaire à la pensée en arabesque (2004), La société sur le divan (2007), L'Avenir de l'art (2010), La divergence du futur (2014), La pensée magique du Net (2014), Market Art (2016), Les couleurs de l’Occident. De la Préhistoire au XXIe siècle (2019), L’Âge hyperhumaniste. Pour une éthique planétaire (2019). Il a fondé la Société internationale de mythanalyse.


Conférence : Est-ce le hasard qui a créé l’univers ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h - 16h45 — Amphi Jean-Prouvé

Ou serait-ce le hasard qui aurait créé Dieu? Einstein disait que « Dieu ne joue pas aux dés ». Il semble que les astrophysiciens croient au hasard ou à la nécessité, ou à une combinaison des deux selon les cas. En fait, les humains ne croient pas vraiment au hasard. Ils le considèrent plutôt comme un esprit agissant, bienveillant si nous avons de la chance, malfaisant s’il nous fait un mauvais sort. Le hasard est-il le seul mythe qui déjoue tous les récits collectifs? Une mythanalyse du hasard est-elle possible?


Dédicace : La divergence du futur
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 - 17h30

Hervé Le Treut Hervé Le Treut
Climatologue

Hervé Le Treut est climatologue, spécialiste de la simulation numérique du climat. Il est membre de l'Académie des sciences et ancien directeur de l'Institut Pierre-Simon-Laplace. Hervé est professeur en mécanique et physique de l'environnement à l'École polytechnique et à l'Université Pierre-et-Marie-Curie. Il enseigne également la dynamique climatique à l'École normale supérieure ainsi qu'à Sciences Po.


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h — Amphi Jean-Fourastié

Hervé Zwirn Hervé Zwirn
Physicien et épistémologue

Hervé Zwirn a été professeur associé à l'UFR de physique de l'université Paris
 7 et Directeur de Recherche au CNRS. Il est actuellement chercheur associé au Centre de mathématiques appliquées de l'École normale 
supérieure de Paris Saclay et à l'Institut d'histoire et de philosophie 
des sciences et des techniques de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent principalement sur les fondements de la physique quantique.


Conférence : La physique quantique explique-t-elle le hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 15h15 - 16h — Amphi Jean-Fourastié

Il est souvent affirmé que la physique quantique a définitivement prouvé l'existence d'un hasard intrinsèque à la nature. La mécanique quantique est une théorie où l’indéterminisme ne provient pas d'une connaissance imparfaite des choses ou d'une incertitude sur les états initiaux mais d'un hasard supposé essentiel, au sein des événements du monde subatomique. J'examinerai si cette position est incontournable ou si elle peut être discutée. En particulier, je présenterai des théories alternatives à la mécanique quantique dont certaines sont considérées comme déterministes et j'analyserai la manière dont le hasard est traité dans chacune d'elles.


Dédicace : Le monde quantique
Jeudi 1 juillet 2021, 16h - 16h45

Hortense de Kerimel Hortense de Kerimel
Etudiante - CELSA

Après deux années de classe préparatoire, Hortense de Kerimel intègre le CELSA et y est actuellement étudiante en Master 1 d’Information et Communication en spécialité Marque. Mais ce qui la motive au quotidien c’est le théâtre, le jeu de rôle. Pendant cinq ans, collégienne puis lycéenne, elle fait partie d’une troupe de théâtre amateur, la Troupe de Figaros, et participe à de nombreuses représentations en France et en Belgique : des classiques comme Beaumarchais et Rostand, des réécritures de romans comme ceux de Paul Féval et Anne Bernet. Ses années de prépa terminées, elle se lance avec des amis dans l’élaboration du Dindon, qui est à l’heure encore en cours de préparation…


Spectacle : Bovary21
Vendredi 2 juillet 2021

Hubert Krivine Hubert Krivine
Maître de conférence émérite en physique

Hubert Krivine est maître de conférence émérite en physique. Il a enseigné à l'université de Paris VI et effectué sa recherche en physique nucléaire puis en mécanique statistique à l'université de Paris-Sud. Il a publié cinq livres de vulgarisation scientifique. Hubert obtient le prix de l'Union rationaliste (2011), le prix d'histoire des sciences de l'académie des sciences (2012) et une mention au trophée Tangente (2017). En 2018, il est nommé comme expert aux groupes d'élaboration de projet de programmes (GEPP) en charge de la physique-chimie pour le lycée général.


Conférence : Le hasard est-il une limitation de l'intelligence artificielle ?
Samedi 3 juillet 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Abbé-Grégoire

L’intelligence artificielle est spectaculairement efficace dans tous les domaines où l’on peut faire abstraction, avec une bonne approximation, de l’histoire du système étudié et de ses interactions avec l’environnement. C’est souvent le cas dans les sciences dites « dures », et plus généralement lorsqu’on peut opérer « toutes choses égales par ailleurs », comme au jeu de Go ou dans la reconnaissance de formes (visages, voix, tumeurs etc.). Mais dans la « vraie » vie, l’interaction non contrôlée du système étudié avec son « extérieur », qu’on pourrait identifier au hasard, est souvent la règle, et elle place l’intelligence artificielle en situation difficile, voire en échec. C’est toute la différence entre la conduite automatique d’une rame de métro, et celle d’un véhicule dans la complexité hasardeuse d’une route. Pas plus que la carte d’identité n’est l’identité, la carte géographique (ou génomique), aussi enrichie soit-elle, n’est le terrain.


Dédicace : Comprendre sans prévoir, prévoir sans comprendre
Samedi 3 juillet 2021, 17h30 - 18h15
Dédicace : L'IA peut-elle penser ?: Miracle ou mirage de l'intelligence artificielle
Samedi 3 juillet 2021, 17h30 - 18h15
Dédicace : Petit traité de hasardologie
Samedi 3 juillet 2021, 17h30 - 18h15

Hubert Reeves Hubert Reeves
Astrophysicien

Hubert Reeves est astrophysicien. Il est diplômé des universités de Montréal, McGill University et Cornell University. Il est conseiller scientifique à la NASA Institute for Space Studies à New-York de 1960 à1964. En 1965, il est nommé directeur de recherches au CNRS à Paris. Ses sujets de recherches au service d'astrophysique de Saclay concernent l'origine des éléments chimiques, l'origine du système solaire, l'origine de l'Univers, l'astrophysique nucléaire et la cosmologie. Il est également professeur associé au département de physique de l'Université de Montréal. Il est président d'honneur de l'association Humanité et Biodiversité. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Poussières d'étoiles.


Conférence : Quel est le rôle du hasard dans l’évolution du cosmos ?
Samedi 3 juillet 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Le rôle du hasard en cosmologie s’insère dans loi formulation du mode d’emploi de la physique quantique. L’équation fondamentale de la physique, celle de Schröedinger est déterministe ; mais la règle de Born, celle qui permet d’interpréter les solutions de cette équation, donne des réponses probabilistes. Dans le monde réel, cette situation est prise en charge par la notion de hasard. Le hasard seul engendre du fouillis ; la nécessité (les lois) seule engendre de la monotonie. La nécessité permet à la matière de s’organiser et de se complexifier ; le hasard permet la diversité et la créativité. La nature joue sur les deux tableaux. Elle associe le hasard et la nécessité pour fabriquer des êtres toujours plus complexes et plus structurés.


Dédicace : La Fureur de vivre
Samedi 3 juillet 2021, 18h15 - 19h
Dédicace : Le banc du temps qui passe
Samedi 3 juillet 2021, 18h15 - 19h
Dédicace : Poussières d'étoiles
Samedi 3 juillet 2021, 18h15 - 19h

Ivar Ekeland Ivar Ekeland
Mathématicien

Ivar Ekeland, a été président de l'Université Paris-Dauphine et directeur du Pacific Institute of Mathematical Sciences à Vancouver. Il a écrit de nombreux articles scientifiques et plusieurs ouvrages sur les mathématiques, l'économie et la finance. A l'heure actuelle il s'intéresse au réchauffement climatique et à la crise de la biodiversité. Il est doctorat honoris causa de plusieurs universités et membre des académies des sciences de Norvège, de Palestine, du Canada et d'Autriche.


Conférence : Le hasard est-il juste ?
Jeudi 1 juillet 2021, 12h15 - 13h — Amphi Abbé-Grégoire

Le hasard fait son entrée dans l'histoire des hommes, et dans l'histoire des sciences, sous les habits de l'équité. Le tirage au sort est intéressant parce qu'il est impartial et équitable. Les premiers calculs de probabilités, qui sont dûs à Pascal, dans son traité du triangle arithmétique, reposent sur un raisonnement d'équité. Ces arguments ont été oublié depuis la formalisation du calcul des probabilités par Kolmogorov, mais ils n'en demeurent pas moins intéressants. Aujourd'hui, quand les citoyens se méfient les uns des autres et de leurs gouvernements, les mérites du tirage au sort réapparaissent. Nous étudierons plusieurs exemples.


Dédicace : Le hasard. Une approche mathématique
Jeudi 1 juillet 2021, 13h - 13h45

Jacques Arnould Jacques Arnould
Expert éthique

Ingénieur agronome, docteur en histoire des sciences et docteur en théologie, Jacques Arnould s'intéresse aux relations entre sciences, cultures et religions, avec un intérêt particulier pour deux thèmes : celui du vivant et de son évolution et celui de l'espace et de sa conquête. Il a consacré plusieurs ouvrages et articles d'histoire ou de théologie au domaine du vivant. Suite à la poussée de fièvre créationniste en France, à partir de janvier 2007, il a été sollicité par différents milieux, scientifiques, pédagogiques ou religieux, pour informer les publics de l'existence des courants créationnistes, de leur histoire, des questions qu'ils posent à nos sociétés. L'année 2009, consacrée à Darwin, a montré comment les idées de ce savant et de ses successeurs continuent à interroger nos contemporains et les invitent à des interrogations plus philosophiques. Il est également expert éthique au Centre national d'études spatiales (CNES), un poste encore un peu unique dans le monde de l'astronautique. Pourtant, cela rejoint une vraie attente de la part du public, mais aussi des acteurs et des dirigeants, leurs motivations ne pouvant en effet plus être les mêmes qu'il y a quarante ou cinquante ans.


Conférence : Le hasard, est-ce Dieu qui se promène incognito ?
Samedi 3 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Jadis, les dés obéissaient aux dieux : les lancer était une manière pour les humains de connaître leur volonté. Car le monde était un cosmos, autrement dit une totalité aussi belle qu’ordonnée dont aucun élément, aucun mécanisme ne pouvait échapper à son destin, à son devoir ; ni le hasard, ni le risque n’existaient alors. Ils apparaissent lorsque les astronomes du XVIIe siècle brisent les sphères de cristal sur lesquelles circulent les astres, lorsque les marchands commencent à sillonner les mers et à gérer rationnellement le risque de perdre leurs biens, lorsque les mathématiciens inventent les probabilités. Les dieux paraissent quitter un monde qui prend les allures d’un casino. Charles Darwin gagne le gros lot en affirmant que les vivants sont le fruit de transformations aléatoires soumises à une intraitable sélection... Mais Albert Einstein se rebiffe : « Dieu ne joue pas aux dés » ; « le hasard est le pseudonyme que Dieu choisit quand il veut rester incognito » renchérit Albert Schweitzer. Relancée par les scientifiques eux-mêmes, la partie ne semble donc pas finie. Il reste à nous demander pour lesquels des protagonistes Dieu a lui-même parié...


Dédicace : Giordano Bruno : un génie, martyr de l'Inquisition
Samedi 3 juillet 2021, 14h30 - 15h15
Dédicace : Sous le voile du cosmos
Samedi 3 juillet 2021, 14h30 - 15h15

Jacques Patarin Jacques Patarin
Professeur et chercheur en cryptographie

Jacques Patarin est professeur et chercheur en cryptographie, habilité à diriger des recherches. Ancien élève de l’École Centrale il enseigne actuellement à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Jacques Patarin travaille à la fois aux problèmes liés à la cryptographie asymétrique et à ceux issus de la cryptographie symétrique. Il mène ses recherches en cryptanalyse et à la construction de nouveaux algorithmes cryptographiques. Jacques Patarin a déposé 11 brevets en cryptographie. Il est membre du comité éditorial d’AAECC (Applicable Algebra in Engineering, Communication and Computing) depuis 2014.


Conférence : Quelle est la place et la force du hasard en cryptographie ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Abbé-Grégoire

en cours

Jean Audouze Jean Audouze
Astrophysicien

Jean Audouze est astrophysicien et directeur de recherche émérite au CNRS, affecté à l’Institut d’Astrophysique de Paris (IAP). Ses recherches concernent la nucléosynthèse, l’évolution chimique des galaxies et la cosmologie. Il fut successivement directeur de l’IAP de 1978 à 1989, conseiller scientifique du président François Mitterrand de 1989 à 1993, président de l’Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette de 1993 à 1996, directeur du Palais de la découverte de 1998 à 2004, président du comité scientifique du Salon Européen de l’Innovation et de la Recherche de 2004 à 2009 et Président de la Commission Nationale Française pour l’UNESCO de 2010 à fin 2014. Par ailleurs, il enseigna l’astrophysique à l’Ecole Polytechnique de 1974 à 1989 et la mise en culture de la science de 1990 à 2008 à Sciences Po (Paris). Actuellement il est également scientifique associé au Théâtre de la Ville de Paris et il préside l’association « Prévenance – Apprenons à vivre ensemble ». Il est l’auteur, seul ou en collaboration de plus de 200 publications scientifiques et de plus de 20 ouvrages de vulgarisation scientifique


Conférence : Notre matière est-elle formée et structurée par hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Jean-Fourastié

Tout ce qui est observable, nous compris, est constitué de matière dite atomique ou nucléaire. Un atome comprend un noyau de masse atomique A=Z+N, rassemblant Z protons (une particule de charge positive et de masse égale à 1,6x10-24g) et N neutrons (neutre électriquement et de même masse que le proton). Z électrons de charge négative orbitent autour de ce noyau (le nombre Z est dit le numéro atomique de l’atome et caractérise sa nature chimique –1 pour l’hydrogène, 6 pour le carbone, 26 pour le fer et 92 pour l’uranium. Alors que l’électron est une particule élémentaire, on sait depuis les années 1960 - 1970 que les protons sont formés de 2 quarks u de charge +2/3 et d’un quark d de charge -1/3 alors que les neutrons sont constitués de 1 u et 2 d. Le comportement de ces quarks et des gluons qui les « confinent » est régi par l’interaction nucléaire forte. La transformation d’un u en d (ou l’inverse) avec émission d’un électron (ou positon) et d’un neutrino (ou antineutrino) relève de l’interaction nucléaire faible. Ces deux interactions s’ajoutent à la gravité et l’électromagnétisme pour être l’ensemble des interactions fondamentales qui agissent sur la matière à toutes échelles. Cette structuration de la matière et son organisation à toutes échelles relèvent elles du hasard ?


Dédicace : Les 100 mots de l'astronomie
Jeudi 1 juillet 2021, 10h - 10h45
Dédicace : LumièreS
Jeudi 1 juillet 2021, 10h - 10h45

Jean-François Clervoy Jean-François Clervoy
Astronaute

Astronaute français actif successivement du CNES (Centre national d’études spatiales, agence spatiale française) de la National Aeronautics and Space Administration (NASA, agence spatiale des États-Unis) et de l’Agence spatiale européenne (ESA) pendant 33 ans, Jean-François Clervoy est ingénieur général de l’armement en réserve, diplômé de l’École polytechnique, de l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace et de l’École du personnel navigant d’essais et de réception. Il effectue trois missions à bord de la navette spatiale américaine, en 1994 pour étudier l’atmosphère, en 1997 pour ravitailler la station russe Mir et en 1999 pour réparer le télescope spatial Hubble. Il est président de la société Novespace qui organise les vols paraboliques en apesanteur. Jean-François Clervoy est aussi auteur, inventeur, et conférencier professionnel. Il est membre de plusieurs organisations œuvrant pour la promotion de l’exploration spatiale et pour la protection de la planète.


Conférence : Quelle chance l'astronaute laisse-t-il au hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Jean-Fourastié

Au total, j’ai passé 28 jours dans l’espace. Mais Pourquoi moi ? Pourquoi ai-je été sélectionné in fine, plutôt que mon voisin alors que nous n’étions plus qu’une vingtaine de candidats, tous parfaitement aptes, tant sur le plan physique, que psychologique, qu’intellectuel ? Une mission spatiale, depuis sa conception jusqu’à sa mise en œuvre, représente un projet d’une extrême complexité, tant pour les technologies qui entrent en jeu que pour la gestion des coûts et la coordination des équipes investies au long court. En tant qu’astronautes, nous nous préparons au pire en espérant le meilleur. A l’approche du décollage, l’équipage est en totale confiance. Il se sent en capacité de faire face à tous les situations imaginables. En orbite, le danger principal vient des millions de micrométéorites naturelles et débris artificiels Depuis l’espace, la vue de la Terre est à couper le souffle. L’atmosphère observée sur sa tranche à l’horizon, témoigne que la vie terrestre ne tient pas à grand-chose. La terre, l’eau, l’oxygène y sont limités. Pourquoi est-ce si beau ? Chacun a sa propre conviction. Certains y voient Dieu, d’autres le hasard...


Dédicace : Histoire de la conquête spatiale
Jeudi 1 juillet 2021, 12h15 - 13h

Jean-Jacques Kupiec Jean-Jacques Kupiec
Biologiste moléculaire

Jean-Jacques Kupiec a d’abord pratiqué la biologie moléculaire pendant vingt ans à l’INSERM. Il a, entre autres, cloné et séquencé plusieurs génomes viraux. Il a ensuite créé et encadré pendant quinze ans le séminaire d’histoire et philosophie de la biologie du Centre Cavaillès (Ecole normale supérieure - Paris). Il est l’auteur d’une théorie qui a conduit à des expériences démontrant le rôle crucial joué par le hasard dans le développement embryonnaire.


Conférence : Le développement d'un embryon se fait-il au hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Abbé-Grégoire

Les cellules d'un embryon s'associent pour former les êtres vivants multicellulaires que nous sommes grâce, grâce d'une part, à l'expression stochastique (aléatoire) de leurs gènes et, d'autre part, à leurs interactions avec le milieu intérieur qui les stabilisent. Il s'agit d'un phénomène de hasard et de sélection analogue à la sélection naturelle qui se produit à l'intérieur des êtres vivants. Cette théorie permet de faire des prédictions expérimentales testables qui ont été vérifiées. Notamment, elle prédit un pic de variabilité (de désordre) de l'expression des gènes précédant la différenciation des cellules. Des expériences de simulation informatique montrent que, dans ce cadre, un être vivant est un état d'équilibre entre la variation aléatoire intrinsèque des cellules et leur interaction avec le milieu intérieur, et que la cause du cancer est une perturbation de cet équilibre.


Dédicace : Et si le vivant était anarchique ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h - 10h45

Jean-Jacques Quisquater Jean-Jacques Quisquater
Ingénieur en mathématiques appliquées et cryptologue

Jean-Jacques Quisquater est un ingénieur en mathématiques appliquées (UCLouvain) et un cryptologue. Il a un PhD en informatique (LRI, Orsay). Il a partagé sa carrière entre l'industrie, 20 ans dans un laboratoire de recherches de Philips, à Bruxelles, avec mise au point de cartes à puce comprenant de la cryptographie forte et des générateurs de nombres aléatoires, et 20 ans à l'université où il a enseigné la cryptologie tout en publiant de nombreux articles de recherche. Il est membre titulaire de l'Académie Royale de Belgique, dans la classe Technologie et Société. Il est un IACR fellow et a reçu le RSA award for excellence in mathematics et le premier ESORICS Outstanding Research Award.


Conférence : Comment prouver qu'un nombre a bien été tiré au hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h - 16h45 — Amphi Jean-Prouvé

Prouver que l'on a tiré un nombre au hasard est une question facile avec des solutions difficiles. Souvent la preuve s'obtient par un tirage en public avec du matériel certifié et devant témoins assermentés ou non et huissiers (loterie). Mais que faire à distance ? Surtout après le tirage, bien après. Nous examinerons les solutions fournies par la cryptographie : d'une part, comment bien engendrer des nombres aléatoire et, si possible, avec un générateur pour lequel on a une preuve mathématique de bonne génération (nous en observerons les limites) et d'autre part comment convaincre une tierce-partie que ce nombre a été tiré au hasard. Nous verrons que cela demande une définition bien précise de hasard et de sa simulation.

Jean-Jacques Szczeciniarz Jean-Jacques Szczeciniarz
Philosophe et historien des sciences

Jean-Jacques Szczeciniarz est philosophe et historien des sciences, enseignant dans les Universités de Paris, de Bordeaux et de Picardie ; il est Professeur émérite depuis novembre 2019. Après des études de lettres classiques, de philosophie et de mathématiques à l’ENS Ulm, il obtient un DEA Logique Epistémologie en 1979, ainsi qu’un DEA de Mathématiques pures en 1988. Il consacre son Doctorat d’Etat à l’histoire de la cosmologie, et notamment à l’œuvre de Nicolas Copernic. De 2004 à 2018, il est membre du CNU (Conseil National des Universités) et dirige le département HPS (Histoire, Philosophie, Sociologie des sciences) à l’Université Paris Diderot. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Copernic et la révolution copernicienne (GF, 1998), Le concept de preuve à la lumière de l’IA (PUF, 1999) et La Terre immobile (PUF, 2003) ; il a aussi co-dirigé le collectif On the Steps of Galois (Hermann, 2014). Le Grand Prix de l’Académie des Sciences lui est attribué en 2015.


Conférence : Parler de corrélations non locales est-ce parler d'une forme d'existence du hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Jean-Prouvé

Selon Nicolas Gisin, il existe un hasard réel, un « vrai » hasard qui est différent du hasard classique que d’aucuns ont mis en doute. Ce hasard objectif, « vrai », est lié à d’autres concepts et théories. Il implique l’existence de corrélations non locales, de coordination à distance (qui n’est pas communication). Dans cet exposé seront reprises les célèbres inégalités de Bell ainsi que d’autres notions, comme celles de non-localité et de « tout non local ». De là l’idée de base de la mécanique quantique, celle « d’intrication » sur laquelle les physiciens travaillent depuis une trentaine d’années. Toutes ces notions seront mises auparavant en relation avec leur pendant classique et certaines de leurs implications dans l’histoire de la philosophie. Cette notion d’intrication est elle-même liée à d’autres notions bien connues. Dans cet exposé, sera abordé celle de non–localité quantique avec celle de la description de corrélations provenant de l’intrication qui est décrite comme une sorte d’onde qui se propage dans un espace de configuration. Cette conception implique-t-elle un univers non déterministe dont la représentation mathématique est celle que nous fournissent les mathématiques intuitionnistes ?

Jean-Louis Dessalles Jean-Louis Dessalles
Chercheur en Intelligence artificielle

Jean-Louis Dessalles est enseignant-chercheur à Telecom Paris (Institut Polytechnique de Paris).
Il travaille notamment sur la théorie de la simplicité et ses applications aux sciences cognitives.
Il est l'auteur de plusieurs livres, dont un livre récent dans lequel il expose les limites de l'intelligence artificielle.


Conférence : Le « fruit du hasard » est-il comestible ?
Jeudi 1 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Prouvé

La plupart des configurations qui sont le fruit du hasard nous laissent indifférents. D’autres, comme les coïncidences, anomalies, le sort qui semble s’acharner sur vous ou sur vos proches, nous poussent à dire : « ce n’est quand même pas arrivé par hasard ! » On justifie ce refus du hasard en invoquant une « loi » des séries, la main du destin, une tricherie ou un complot. Existe-t-il un critère permettant de décider s’il s’agit quand même bien d’un hasard ? La réponse ne se trouve que très partiellement dans la théorie des probabilités. Nous la trouverons plutôt du côté de la théorie algorithmique de l’information.


Dédicace : Des intelligences très artificielles
Jeudi 1 juillet 2021, 14h30 - 15h15
Dédicace : Le fil de la vie
Jeudi 1 juillet 2021, 14h30 - 15h15

Jean-Louis Dufresne Jean-Louis Dufresne
Physicien du climat

Jean-Louis Dufresne est physicien du climat et ses recherches portent sur l’étude des changements climatiques et la modélisation du climat. Il étudie notamment les échanges par rayonnement dans les atmosphères, l'effet de serre, les variations climatiques et les rétroactions du système climatique. Il a coordonné pendant plusieurs années le développement du modèle climatique de l'IPSL et a participé aux derniers travaux du GIEC. Il est directeur de recherche CNRS et travaille au Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD) et à l'Institut Pierre Simon Laplace (IPSL).


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h — Amphi Jean-Fourastié

Jean-Louis Israël Jean-Louis Israël
Avocat

Me Jean-Louis Israël est avocat au barreau de Paris. Il est titulaire d’un DEA de droit privé général obtenu à l’Université Paris II, Panthéon-Assas, d’un DESS de droit du marché commun obtenu à l’Université Paris I, Panthéon-Sorbonne et enfin, d’une licence d’Histoire Géographie à l’Université Paris X Nanterre.


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Jean-Luc Gautero Jean-Luc Gautero
Philosophe des sciences

De formation mathématique, HDR en philosophie, Jean-Luc Gautero est maître de conférences de philosophie des sciences au département de philosophie de l’Université de la Côte d’Azur. Il mène ses travaux au Centre de Recherches en Histoire des Idées, notamment sur les rapports entre philosophie et science-fiction.


Conférence : La science de la science-fiction peut-elle être la science du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 16h - 16h45 — Amphi Jean-Prouvé

Pour le grand public, la science-fiction évoque des vaisseaux spatiaux et des extraterrestres, et elle est donc vue comme une fiction qui se réfère essentiellement à la physique et à la biologie ; on ne lui associe pas immédiatement une science telle que la théorie des probabilités, la science du hasard. Sans aller aussi loin que Boris Eizykman, qui affirmait en 1981 qu’il faut y voir une stochastique-fiction, on montrera que pourtant nombre de textes du genre, dont certains classiques, lui font une part importante, au point qu’il est possible d’aborder l’histoire et la philosophie de la théorie des probabilités par le biais de la science-fiction.


Dédicace : Univers mathématiques
Samedi 3 juillet 2021, 16h45 - 17h30

Jean-Pascal Capp Jean-Pascal Capp
Chercheur en biologie moléculaire

Jean-Pascal Capp est maître de conférences à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Toulouse, une école d’ingénieurs membre de l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, où il enseigne la biologie moléculaire. Il s’intéresse aux phénomènes moléculaire, cellulaire et tissulaire à l’origine des cancers depuis son thèse de doctorat portant sur les anomalies génétiques des cellules cancéreuses. Il est l’auteur de deux ouvrages sur le cancer (Belin, 2012) et les cellules souches (Matériologiques, 2015), ainsi que de nombreuses publications scientifiques autour du cancer. Il développe une conception originale basée sur la perturbation initiale de l’équilibre tissulaire, en rupture avec une vision très génétique du cancer. Il ne nie pas un rôle important des mutations et autres modifications génétiques, mais ne les considère pas nécessaires ni suffisantes au déclenchement du processus qui serait avant tout un évènement tissulaire. Il est également chercheur au centre de recherche « Toulouse Biotechnology Institute », un laboratoire sous la tutelle de l’INSA, de l’INRAE et du CNRS.


Conférence : Quel est le rôle du hasard dans l’apparition des cancers ?
Vendredi 2 juillet 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Jean-Fourastié

Quelle est la part de responsabilité dans l’apparition des cancers des évènements cellulaires intrinsèques et aléatoires, et donc inévitables, et des facteurs environnementaux comme certains composés chimiques ou certaines radiations, desquels il est possible de se prémunir ? C’est l’enjeu d’un débat scientifique lancé en 2015 par une publication scientifique retentissante et qui a connu depuis de multiples développements. In fine, la question est de savoir s’il faut investir massivement dans les actions de prévention. Ce débat, focalisé sur le rôle des mutations génétiques dans l’ADN, masque en réalité un ensemble d’autres phénomènes aléatoires qui méritent d’être évoqués dans l’apparition des cancers, en particulier lorsqu’on observe que des tissus sains peuvent contenir des cellules possédant de multiples mutations censées favoriser le développement de cancers. Il faut donc bien admettre l’existence d’autres évènements précoces d’origine non-génétique et eux-aussi intrinsèquement aléatoires. Enfin, l’observation d’une grande hétérogénéité génétique et non-génétique entre les cellules d’une même tumeur nous met face à une situation très complexe où différents types de phénomènes aléatoires sont entremêlés. Le hasard a donc certainement une grande place dans la cancérogénèse, mais chacun de ces phénomènes aléatoires peut voir son rôle accentué par l’exposition à des facteurs environnementaux.

Jean-Paul Delahaye Jean-Paul Delahaye
Mathématicien

Jean-Paul Delahaye est Professeur émérite à l'Université de Lille et chercheur au laboratoire CRISTAL (Centre de recherche en informatique signal et automatique de Lille, UMR CNRS 9189). Ses travaux portent sur les algorithmes de transformation de suites (Thèse d'Etat), sur l'utilisation de la logique en Intelligence artificielle (systèmes experts, langage Prolog) sur la théorie computationnelle des jeux (jeux itérés, simulation de systèmes sociaux, étude de la coopération), et sur la théorie algorithmique de l'information (théorie de la complexité de Kolmogorov, notion de contenu en calculs) avec en particulier des applications à la bioinformatique et à la finance. Il travaille aujourd'hui sur les monnaies cryptographiques et la " technologie blockchain ". Il s'intéresse aussi aux problèmes d'éthique dans les sciences et est membre du Comité d'Ethique de CNRS (COMETS). Il a encadré 20 thèses. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, dont une partie est destinée à un large public. En 1998, il a reçu le Prix d'Alembert de la Société Mathématique de France et, en 1999, le Prix Auteur de la Culture scientifique du Ministère de l'Education Nationale et de la Recherche. Il tient la rubrique mensuelle Logique et calcul (6 pages) dans la revue Pour la science (version française du Scientific American). Il propose aussi un blog (http://www.scilogs.fr/complexites/) consacré aux "Complexités".


Conférence : Qu'est-ce qu'une source publique de hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Des sources publiques de nombres aléatoires, infalsifiables et contrôlables a posteriori, sécuriseraient de nombreux protocoles comme les tests de médicaments, les tirages 
au sort du loto ou le choix des jurés d’assises. De nombreuses idées et résultats ont récemment été proposés pour cette production de hasard public aboutissant à la mise au point de balises aléatoires fiables et robustes.


Dédicace : Les mathématiciens se plient au jeu
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : Pythagore à la plage : les nombres dans un transat
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 - 11h30
Dédicace : Le fascinant nombre pi
Vendredi 2 juillet 2021, 13h - 13h45
Dédicace : Les mathématiciens se plient au jeu
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 - 16h

Jean-Philippe Gimenez Jean-Philippe Gimenez
Photographe

Jean-Philippe Gimenez est un voyageur, un explorateur, une personne du matin, un optimiste, un attrape-soleil, un amoureux du contre-jour. Avant tout, il est photographe et cinéaste. Sa carrière a débuté en 1991 comme photographe pour enfants. Il a commencé pour couvrir des mariages, prendre des photos de famille. Aujourd’hui, Jean-Philippe travaille pour de grandes marques ainsi que pour des mannequins professionnels.

Jean-Philippe Uzan Jean-Philippe Uzan
Cosmologiste

Jean-Philippe Uzan est directeur de recherche en physique théorique au CNRS. Spécialiste de gravitation et de cosmologie, il travaille à l'Institut d'astrophysique de Paris. Il a été directeur adjoint de l'Institut Henri Poincaré de 2013 à 2017. Il a publié plus d'une centaine d'articles de recherche sur de nombreux aspects de cosmologie, des plus théoriques à l'interprétation des observations les plus récentes. Il a reçu le prix Paul Langevin (2010) et le prestigieux prix Georges Lemaître (2015). Il a enseigné pendant plusieurs années à l'École normale supérieure de Paris et à l'École des mines de Paris, ainsi que dans des écoles thématiques internationales. Il collabore depuis une quinzaine d'années avec l'université du Cap en Afrique du Sud. En 2017, il publie L'harmonie secrète de l'univers et Big-bang en 2018.


Conférence : Notre ciel est-il le fruit du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 12h15 - 13h — Amphi Jean-Fourastié

La position de notre galaxie dans l’univers peut nous paraître contingente si bien que le modèle cosmologique contemporain suppose que nous n’occupons pas une place privilégiée dans l’espace. Pour autant, notre position - dans l’espace et dans le temps - est-elle complètement due au hasard ? Cette question nous invitera à évoquer le rôle de la mécanique quantique dans l’univers primordial, puis celui de l’émergence de conditions favorables à l’apparition de la vie et, de façon beaucoup plus spéculative, le réglage fin apparent des théories de la nature et la place de notre univers dans une structure plus vaste souvent appelée multivers.


Dédicace : Big-bang : comprendre l'univers depuis ici et maintenant
Samedi 3 juillet 2021, 13h - 13h45
Dédicace : L'harmonie secrète de l'Univers
Samedi 3 juillet 2021, 13h - 13h45
Dédicace : L'importance des constantes
Samedi 3 juillet 2021, 13h - 13h45

Jean-Sébastien Steyer Jean-Sébastien Steyer
Chercheur - Paléontologue

Jean-Sébastien Steyer est docteur en paléontologie, chercheur au CNRS et rattaché au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris. Il est l'un des rares spécialistes qui étudient la vie sur Terre avant les dinosaures. Il travaille par ailleurs depuis bientôt une vingtaine d'années sur les reconstitutions d'espèces disparues. Auteur de nombreux articles scientifiques, ce passionné de vulgarisation publie régulièrement des ouvrages qui font rapidement référence comme La Terre avant les dinosaures (2009), Exquise planète (2014), ou encore Demain, les animaux du futur (2015). Il est également, entre deux expéditions paléontologiques aux quatre coins du globe, chroniqueur scientifique pour les revues Pour la science et Espèces.


Conférence : Les grandes extinctions sont-elles inévitables ?
Jeudi 1 juillet 2021, 12h15 - 13h — Amphi Jean-Fourastié

La sixième extinction est en cours – il s’agit en fait de la septième à l’échelle des temps géologiques. Dans beaucoup de discours, on généralise en parlant d’extinctions « inévitables ». Mais qu’est-ce qu’une extinction massive ? Un regard critique sur les courbes d’évolution de la biodiversité au cours du temps nous montre, sans toutefois minimiser l’impact de l’extinction en cours, que les grandes crises de la Vie sont des évènements stochastiques et multifactoriels : elles se sont déroulées à plusieurs reprises au cours des temps géologiques et ont impacté des clades variés d’une manière différentielle, parfois totale. Impacts d’astéroïdes, volcanisme, eustatisme (variations du niveau des mers), inversions géomagnétiques, changements climatiques globaux, souvent les causes sont multiples et leurs études relèvent d’un bon roman d’Agatha Christie avec plusieurs meurtriers à la fois… Pollution, déforestation, surpêche, gaz à effet de serre, la 7e extinction est clairement due à l’Homme mais ce n’est pas la première fois dans l’évolution qu’une espèce impacte autant la biodiversité. Et même si « la vie trouve toujours un chemin », ce n’est pas une raison pour ne rien faire.


Dédicace : Anatomie comparée des espèces imaginaires
Jeudi 1 juillet 2021, 13h - 13h45
Dédicace : La Terre avant les dinosaures
Jeudi 1 juillet 2021, 13h - 13h45

Jérôme Rosanvallon Jérôme Rosanvallon
Philosophe

Jérôme Rosanvallon est Directeur de programme au Collège International de philosophie et professeur de philosophie dans l’académie de Créteil. Il co-organise les Grandes conférences du CIPh et co-dirige la rubrique Epistémè de la revue Rue Descartes. Il travaille notamment à l’intersection de la philosophie des sciences (principalement de la physique et de la biologie) et de la philosophie de Deleuze et Guattari sur lesquels il a publié de nombreux articles ainsi qu’un ouvrage d’introduction en deux volumes intitulée Deleuze & Guattari à vitesse infinie (Ollendorff & desseins, 2009 et 2016). Jérôme a co-dirigé le dernier numéro (99) de la revue "Rue Descartes" consacrée à "La métaphysique de Deleuze & Guattari : déjà par-delà nature et culture", disponible fin juin sur Cairn.


Conférence : Le hasard est-il fondamental ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Jean-Prouvé

Le hasard est généralement envisagé selon une triple négation le définissant de façon chaque fois différente. Il serait le revers positif soit de l’absence de finalité, soit d’un manque de déterminisme, soit d’un défaut de connaissance (hasard dit « subjectif »). Dans le premier cas, il s’opposerait en somme à Dieu, dans le deuxième cas à une nécessité intrinsèque, dans le troisième à une réalité infiniment connaissable. Chacune de ces oppositions décline cependant la même alternative sous-jacente : le hasard n’est-il qu’un effet dérivé d’une réalité causalement ou finalement déterminée ou en constitue-t-il lui-même un aspect fondamental ? Devront être uniquement expliqués dans un cas les effets aléatoires du déterminisme, dans l’autre au contraire, les effets déterminés de l’aléatoire. Cette alternative est-elle elle-même indéterminée ? En partant d’une variation pouvant être qualifiée d’aléatoire selon le triple point de vue indiqué, la sélection naturelle darwinienne théorise ces effets déterminés du hasard et montre qu’une science du vivant n’est possible qu’en empruntant la deuxième voie de l’alternative. Reste alors à savoir si le vivant n’est lui-même qu’un effet aléatoire d’une réalité physico-chimique déterminée ou si au contraire la structure de la théorie permettant de le penser peut et doit être généralisée à l’ensemble de la réalité.

Joël Sebban Joël Sebban
Historien

Joël Sebban est historien, spécialiste de l’analyse des processus de sécularisation en France et en Amérique du Nord et des relations interreligieuses. Élève de l’École Normale Supérieure, agrégé d’histoire et ancien post-doctorant à l’université Harvard, il va faire paraître en janvier prochain son premier livre, issu de sa thèse de doctorat, aux éditions Belin-Passés Composés : « L’invention de la « civilisation judéo-chrétienne ». L’État-nation et l’émancipation des juifs en France de la Révolution française à Vichy ». À rebours de la théorie dite du « choc des civilisations » qui postule une essence religieuse de la modernité occidentale, il soutient l’idée selon laquelle les communautés religieuses ont dû repenser leurs propres traditions à l’aune de leur ancrage dans les États-nations modernes, séparant la religion et la politique.


Conférence : Comment le hasard influence l’histoire humaine ?
Samedi 3 juillet 2021, 12h15 - 13h — Amphi Jean-Prouvé

Le hasard est présent tout autant dans le déroulement des événements que dans la connaissance que nous sommes capables de nous faire du passé. Songeons à ce que serait notre savoir sur l’Égypte ancienne sans ce soldat qui, par hasard, a découvert durant la campagne napoléonienne en 1799 un morceau de pierre permettant à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes. Et pourtant les historiens se sont très longtemps méfiés du hasard. La discipline historique s’est fondée en tant que science au XIXe siècle sur la connaissance de faits dits « positifs » dont l’origine était absolument certaine, détachée de toute contingence. Les générations plus modernes d’historiens ont tâché de faire toute sa place au hasard jusqu’à écrire son histoire et saisir cette part d’immatériel, d’aléas que nous désignons par un terme emprunté à l’arabe, signifiant à l’origine un jeu de dés et, par extension, une « Science de la chance ».

Joseph Roy Joseph Roy
Responsable affaires techniques

Joseph Roy est frère, fils et petit-fils d’horlogers. Il est diplômé de l’ESEO (Ecole Supérieure d’Electronique de l’Ouest à Angers) et après 2 années passées en Côte d’Ivoire comme professeur à l’INSET (Institut National Supérieur de l’Enseignement Technique) de Yamoussoukro dans le cadre de la coopération, il entre comme ingénieur chez BODET à Trémentines. Il devient ensuite responsable de la R&D (Hardware et Software) puis accède récemment à un poste de responsable affaires techniques et relations externes. BODET est un groupe familial français créé en 1868 et gère depuis 5 générations le temps sous toutes ses formes. BODET est membre de France Horlogerie et est mandaté par cet organisme depuis 14 ans pour assurer la maintenance des baies horaires pilotes situées dans le centre TDF d’Allouis. Joseph est nommé par BODET pour assurer cette tâche. Cette émission en grandes ondes sur la fréquence de 162kHz nommée ALS162 est, avec l’horloge parlante, un des 2 seuls moyens de diffusion du Temps Légal Français sur l’ensemble du territoire métropolitain. Cette diffusion est contrôlée à distance par le Laboratoire Temps Fréquence de Besançon et l’Observatoire de Paris. Ainsi les équipements sont garantis d’avoir une heure tracée, fiable et précise.


Table ronde : La mesure du temps supporte-t-elle le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 — Amphi Jean-Fourastié

Joséphine Jobard Joséphine Jobard
Illustratrice

Son bac littéraire en poche, Joséphine intègre l’École Boulle en 2016. Après trois années d’études, elle vient tout juste, à 21 ans, d'obtenir son diplôme des métiers d’art en sculpture sur bois, avec un projet innovant mêlant ombres et sculpture. Du dessin académique aux bandes dessinées, en passant par les carnets de croquis et de voyage, l’illustration occupe une place importante dans son quotidien.

Juliette Mignot Juliette Mignot
Océanographe

Juliette Mignot est chercheur en océanographie à l’Institut de Recherche pour le Développement, spécialiste des variations climatiques aux échelles de temps de l’ordre de 10 à 50 ans, et de leur prévisibilité. Elle s’intéresse notamment à l’origine de ces modulations dans le bassin Atlantique Nord et leur impact sur les continents adjacents, en particulier l’Europe et le Sahel. A ce titre, elle collabore activement avec plusieurs universités sénégalaises où elle encadre des étudiants et coordonne des projets de recherche. Elle travaille principalement à l’aide de modèles numériques de climat et réalise des expériences de prévision du climat aux échelles de temps décennales.


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h — Amphi Jean-Fourastié

Kinga Morsanyi Kinga Morsanyi
Chercheuse en cognition

Kinga Morsanyi est maître de conférences en cognition à l'université de Loughborough, au Royaume-Uni. Ses recherches portent sur le développement des capacités mathématiques et du raisonnement, ainsi que sur l'interaction entre les intuitions et la réflexion consciente. Elle s'intéresse également à la manière dont les états émotionnels (par exemple, l'anxiété) peuvent influencer le raisonnement, la prise de décision et les performances en mathématiques, et à la manière dont ces compétences peuvent être améliorées par la formation. Elle s'intéresse également au développement atypique (en particulier, les difficultés d'apprentissage des mathématiques et l'autisme). Avant d'occuper son poste actuel à l'université de Loughborough, elle a été chargée de cours et de recherche à l'université Queen's de Belfast, à l'université de Cambridge et à l'université de Genève.


Conférence : Les enfants perçoivent-ils mal le hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Dès leur plus jeune âge, les enfants sont familiarisés avec les phénomènes aléatoires, comme les gouttes de pluie sur une fenêtre ou les flocons de neige qui tombent. Ils ont également l'expérience des générateurs aléatoires, tels que les dés et les pièces de monnaie. La compréhension du caractère aléatoire et du hasard est également essentielle pour la pratique des jeux et des sports, et pour le développement d'un concept d'équité. Il semble que même les bébés aient quelques intuitions de base sur les probabilités. Néanmoins, une caractéristique essentielle des événements aléatoires est que, bien que l'identité des résultats potentiels soit connue, la séquence des résultats se déroule d'une manière imprévisible pour l'observateur. Alors comment développer une bonne compréhension du caractère aléatoire ? Les enfants plus âgés comprennent-ils mieux les processus aléatoires que les plus jeunes ? Quelles sont les façons typiques de mal percevoir le caractère aléatoire et comment pouvons-nous surmonter nos idées fausses ?

Laurence Honnorat Laurence Honnorat
Président d'Innovaxiom

Après une formation en sciences physiques, au management et à la communication puis quinze années d'expérience dans l'industrie, Laurence Honnorat préside Innovaxiom, fondée en 2007. Innovaxiom, société de conseil en stratégie, construit et met en œuvre des projets en sciences. Laurence Honnorat est aussi à l'origine de la création en 2012 de Innovaxiom Corp, basée à Boston. Elle est co-fondatrice de la fondation Out Of Atmosphere en faveur de l'exploration spatiale. Laurence crée en 2016 Weneedyourbrain.com, réseau de conférenciers scientifiques et en 2017 Icedmoment.com, exposition de collections photographiques en ligne. En 2018, elle lance TimeWorldEvent.com, congrès mondiaux en science et en 2020, l’association d’intérêt général Ideasinscience.org en échos à la chaine YouTube éponyme, crée en 2011 et dont elle est la productrice. Laurence Honnorat intervient en tant que conseil en stratégie, notamment dans l'industrie, sur des questions liées à l'anticipation et dans l'enseignement supérieur où elle aborde les thèmes de l'émergence des idées, de la communication et du management de projet. Elle 2019, elle reçoit le prix Alexandre Ananoff de la Société Astronomique de France pour ses actions en faveur de la valorisation de la culture spatiale.


Conférence : Session d'ouverture
Jeudi 1 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Abbé-Grégoire

Laurent de Wilde Laurent de Wilde
Pianiste, compositeur, écrivain

Laurent de Wilde est compositeur, pianiste et écrivain. Ses disques ont rencontré succès public et critique, depuis Off the boat en 1987. À partir des années 2000, il mène de front des projets de plus en plus variés : la poursuite de son trio jazz (Over the Clouds, album de l'année pour Jazz Magazine, Télérama, TSF jazz), la musique électronique (Fly, Fly Superfly!), la collaboration en profondeur avec des artistes tels que Jacques Gamblin et Abd Al Malik (Prix Constantin, Victoires de la musique) ou l'exploration du petit écran avec deux documentaires pour Arte sur Thelonious Monk et Charles Mingus. Il enregistre Riddles un album à deux pianos avec la légende de l'Afrique Ray Lema, publié en octobre 2016. Le duo se produit régulièrement sur les scènes françaises et européennes. Sa biographie du pianiste et compositeur Thelonious Monk (Monk, Gallimard) a marqué les esprits en 1996, et Les fous du son. D'Edison à nos jours (Grasset) décrit la saga des inventeurs de claviers au XXème siècle. Ses collaborations sont multiples. Pour le centenaire de la naissance de Monk, il publie en 2017 l'album New Monk Trio avec le contrebassiste Jérôme Regard et le batteur Donald Kontomanou, qui reçoit le Prix du disque français de l'Académie du jazz. En 2018, il est élu artiste de l'année aux Victoires du jazz.


Conférence : Quelle est la part du hasard en musique ?
Vendredi 2 juillet 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Abbé-Grégoire

en cours


Dédicace : Les fous du son
Vendredi 2 juillet 2021, 18h15 - 19h
Dédicace : Monk
Vendredi 2 juillet 2021, 18h15 - 19h

Laurent Pujo-Menjouet Laurent Pujo-Menjouet
Mathématicien

Laurent Pujo-Menjouet est docteur en mathématiques et maître de conférences à l'Université de Lyon I. Spécialiste des systèmes dynamiques, il a fait des mathématiques appliquées à la biologie et la médecine son domaine de prédilection. Il travaille notamment sur les maladies sanguines, la radiobiologie, le prion et la maladie d'Alzheimer. Il a donné plus d'une centaine de conférences sur ses travaux en France et à l’étranger.


Conférence : Le hasard gouverne t-il nos relations amoureuses ?
Samedi 3 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Fourastié

Tout commence par un constat édifiant : près d’un mariage sur deux se termine par un divorce. La faute à qui ou à quoi ? Est-ce par hasard si nous avons le cœur qui s’égare ? Sommes-nous condamnés à subir ces statistiques funestes ? La réponse est non. Les mathématiciens ont trouvé la clé des couples qui durent. Vous souhaitez la connaître ? À travers plusieurs exemples, nous allons montrer comment il est possible de reprendre les rênes de notre destinée amoureuse. Et une fois posés les bons paramètres maîtrisés, toutes les solutions seront à portée de main.


Dédicace : Le jeu de l'amour sans le hasard
Samedi 3 juillet 2021, 14h30 - 15h15

Laurent Thirouin Laurent Thirouin
Professeur de littérature française

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, Laurent Thirouin est professeur émérite de littérature française du XVIIe siècle à l’Université Lumière Lyon 2. Il est l’auteur de divers travaux sur l’œuvre de Pascal (Le Hasard et les règles. Le modèle du jeu dans la pensée de Pascal, 1991, rééd. 2011 ; Pensées sur la justice, La Découverte, 2011 ; Le Défaut de la méthode. Lecture des Pensées selon leur ordre, Champion, 2015 ; Lectures russes de Pascal, hier et aujourd’hui, dir. par F. Lesourd et L. Thirouin, Garnier, 2020) et la vie intellectuelle dans le milieu de Port-Royal : l’œuvre morale de Pierre Nicole (Pierre Nicole, Essais de morale, réédition, revue et corrigée, Les Belles Lettres, coll. « Encre marine », 2016 ; Traité de la Comédie et autres pièces d’un procès du théâtre, Champion, 1998), la querelle du théâtre (L’Aveuglement salutaire. Le réquisitoire contre le théâtre dans la France classique, H. Champion, 1997, rééd. 2007), l’augustinisme au XVIIe siècle (Les Écoles de pensée religieuse à l’époque moderne, textes réunis par Y. Krumenacker et L. Thirouin, Lyon, RESEA, 2006).


Table ronde : Aimons-nous jouer avec le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 — Amphi Jean-Fourastié
Dédicace : Le hasard et les règles : le modele du jeu dans la pensée de Pascal
Vendredi 2 juillet 2021, 16h - 16h45

Leïla Schneps Leïla Schneps
Mathématicienne

Leila Schneps a obtenu son B.A. en mathématiques de l'université de Harvard en 1983, et a fait ensuite sa thèse à l'Université de Paris, devenant par la suite directrice de recherche au CNRS. Bien que son domaine de recherche soit avant tout les mathématiques pures, elle s'intéresse depuis quelques années à la manière dont les mathématiques sont utilisées dans les procès criminels et aussi dans les diagnostics médicaux, deux domaines où une enquête approfondie révèle des erreurs sérieuses commises à cause de malentendus ou mauvaise utilisation des probabilités. Avec Coralie Colmez, elle a publié un livre intitulé Les Maths au Tribunal (Le Seuil, 2015), qui raconte une dizaine de cas d'erreurs mathématiques qui ont mené à des erreurs judiciaires, depuis la fin du 19ème siècle jusqu'à nos jours. Depuis lors, elle est engagée auprès de la gendarmerie française dans l'introduction des méthodes des réseaux bayésiens et de l'intelligence artificielle dans la communauté des enquêteurs de la recherche criminelle ; elle travaille aussi à rendre public le problème de la rigidité du diagnostic du syndrome du bébé secoué, qui utilise des interprétations erronées de résultats d'études médicales pour automatiquement attribuer certains symptômes à des actes de violence, ce qui mène à l'arrestation immédiate des parents et à la destruction de familles.


Conférence : Comment juger de la rareté d'une coïncidence ?
Jeudi 1 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Fourastié

Parmi les affaires judiciaires, il en est d'un type très particulier, mais assez fréquent : celles qui sont quasiment dénuées de preuves concrètes. On peut constater par exemple un ou plusieurs décès, sans aucune preuve directe, qu’il s’agisse de meurtre ou pas. Dans de tels cas, l’accusation se base fondamentalement sur le principe de probabilité, en affirmant que si l’accusé était vraiment innocent, nous serions confrontés à une coïncidence par trop improbable. C’est alors que devient cruciale la question de calculer correctement la probabilité d’une telle coïncidence. Ce faisant, on a parfois d'authentiques surprises ; nous oublions facilement que nous vivons parmi des millions d’autres êtres humains et que dans une telle population, tout ce qui peut arriver arrive. Puis une fois cette probabilité calculée, aussi petite soit-elle, il ne faut pas oublier de la comparer avec celle que l’accusé ait commis les crimes dont il est accusé - car le meurtre est rare, lui aussi ! Une erreur classique consiste à supposer que si la probablité d’un événement est minuscule, et qu’il se produit quand même, “quelqu’un a fait exprès”. Ces illusions et ces fausses intuitions mènent régulièrement à des erreurs judiciaires regrettables.


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire
Dédicace : Les Maths au tribunal
Jeudi 1 juillet 2021, 14h30 - 15h15

Louise Delange Louise Delange
Illustratrice

Dès son enfance Louise est guidée par le travail manuel et la pratique du dessin. Elle entre à l’École Boulle en 2016 où elle se forme pendant trois ans, obtenant en juillet dernier son diplôme de menuiserie en siège. Aujourd’hui elle poursuit son désir d’apprentissage et d’expérience par une formation en moulage et modelage tout en développant des projets personnels autour du dessin, de la céramique, de la botanique… en portant un oeil curieux sur les sciences savantes et du quotidien.

Louise Marc Louise Marc
Doctorante en physique médicale

Louise Marc est doctorante à l'hôpital de Zürich en physique médicale, dans le domaine du traitement de cancer par radiothérapie. Pendant ses études de physique en licence à la Technische Universität Darmstadt (Allemagne), une année d'échange à l'École Centrale Paris puis un master en Physique Appliquée à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse), elle a pu approcher les différents domaines de l'interface physique - médecine. Déterminée à innover dans le domaine de la santé avec une approche de physicienne, elle s'intéresse aux questions interdisciplinaires. Sa recherche actuelle se consacre à la question : comment rendre la radiothérapie conventionnelle, c.a.d avec photons, plus précise en intégrant l'usage de protons ? La technique de traitement uniquement avec des protons est bien plus coûteuse que d'autres formes de traitement irradiant mais généralement bien plus précise. Ainsi elle est susceptible d'améliorer, en combinaison avec l'usage des photons, la radiothérapie en général à grande échelle clinique. Louise poursuit enfin sa passion musicale, en particulier au piano qu'elle exerce depuis son enfance.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Ludwig Crespin Ludwig Crespin
Philosophe

Ludwig Crespin, agrégé et docteur en philosophie, est membre associé du laboratoire Philosophies et rationalités de l’université Clermont Auvergne où il conduit depuis 2010 des recherches sur la conscience et le rêve à l’interface de la philosophie de l’esprit et des sciences cognitives. Il vient de publier Rêve et conscience. Quel apport des sciences du rêve à la philosophie de la conscience ? (Classique Garnier, 2020)


Conférence : Les rêves sont-ils le produit du hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 15h15 - 16h — Amphi Jean-Prouvé

En est-il des rêves comme des taches de Rorschach, voire comme ces formations rocheuses suggestives mais qui n’ont pas d’autres significations que celles que l’on projette sur elles ? Pour le neuropsychiatre Allan Hobson, auteur de la théorie de l’activation-synthèse, cela est bien le cas. Les rêves ne seraient pas, comme le veut Freud, le fruit d’une intention dissimulée au rêveur, mais le résultat de l'activation aléatoire des neurones dans le cortex cérébral à laquelle le cerveau fait de son mieux pour attribuer un sens. Contre une telle théorie, nous montrerons que si la recherche scientifique sur le rêve peut certes difficilement établir que les rêves manifestent une intention sous-jacente, elle n’en donne pas moins de très bons arguments pour soutenir qu’ils ne sont pas un pur produit du hasard. On voit mal, par exemple, comment la cohérence formelle de l’imagerie onirique pourrait se créer par hasard alors qu’il est bien établi qu’elle est constituée de souvenirs extrêmement hétéroclites. Autrement dit, les rêves n’ont peut-être pas de sens, à la manière dont les mots du langage semblent bien quant à eux exprimer des idées, mais ils ont, a minima, quelque chose qui ressemble à une syntaxe. Et encore, faut-il s’entendre sur ce qu’on appelle le rêve : car celui-ci ne consiste pas seulement en une production hallucinatoire involontaire, mais aussi, et inséparablement, en un ensemble de cogitations, réflexions, inférences et décisions suscitées chez le personnage du rêveur par cette imagerie involontaire et qui elles ont tout l’air d’être analogues à l’activité cognitive de la veille. Ces cogitations semblent bien impliquer des intentions dans le déroulement du rêve. Quant aux personnages qui apparaissent dans nos rêves, il existe une manière fascinante de savoir s’ils pensent : chercher à mettre directement leur perspicacité et leur à propos à l’épreuve en les interrogeant à la faveur des rêves lucides.

Madina Rival Madina Rival
Professeur des universités en management

Diplômée de Sciences Po Paris, normalienne et agrégée d’économie et de gestion, Madina Rival est professeur des Universités au Conservatoire National des Arts et Métiers. Spécialiste du management et de l’innovation publique, elle dirige un diplôme d’établissement et un master 2 sur le sujet. Chercheur en sciences de gestion et du management elle dirige également le laboratoire interdisciplinaire de recherches en sciences de l’action au sein de la comue Hésam (210 chercheurs). Auteurs de nombreux articles de recherche à l’international, elle travaille sur le lobbying, la fabrique des politiques publiques, les différents aspects du management et de l’innovation publics. Madina Rival encadre actuellement notamment cinq thèses de doctorats sur ces thématiques.


Conférence : Le hasard se gère-t-il ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Fourastié

Aujourd’hui le hasard évoque le jeu, la recherche d’émotions fortes, l’attrait du gain voire la sensation ultime de vivre. Le hasard est alors de l’ordre du vivant et de l’émotion. En gestion, on ne parle pas de hasard, on parle de risque. Le risque, c’est une probabilité, c’est donc un calcul rationnel. Plus précisément, c’est la probabilité que se produise un événement dont on redoute les conséquences. La gestion du risque est fondée sur un principe simple : on évalue la probabilité que le problème se pose, on chiffre les dégâts qu’il peut causer, et on cherche des solutions qui coûtent moins cher. La gestion du risque s’est développée dans de nombreux domaines : on peut penser en premier lieu à la production où l’on évitera des accidents de personnes, mais on gèrera aussi le risque financier ou des risques juridiques et sociaux par exemple. Pourtant, le calcul des probabilités est souvent en retard sur ce que vivent les organisations. Le hasard, lorsqu’il combine les événements et les actions humaines, est aussi là dans les effets sur les organisations de la crise ; crise ponctuelle, ou crise qui dure au gré des évolutions et des échanges du vivant. Face aux crises, les méthodes éprouvées de gestion du risque ne sont pas adaptées, car le hasard est justement hors prévision. Mais si le hasard peut provoquer la crise, il provoque avant tout des formes et des figures inédites et pour celui qui s’en rend compte à temps il peut alors être source d’opportunités, de créativité et d’innovation, qui elles aussi sortent du champ de la gestion du risque. Ainsi, si le hasard est lié au jeu du vivant et à l’émotion, c’est aussi parce qu’il fait quitter un univers jusqu’ici maîtrisable - du moins en apparence – par le surgissement d’un autre en devenir et dont on ne connaît pas les règles. Le hasard provoque l’irréversibilité, et en cela il s’oppose à la gestion du risque, dont la fonction principale est au contraire de maintenir un statu quo. Avec l’irruption du hasard dans sa gestion, l’organisation doit faire face à des évolutions qui effraient parce qu’elles changent les routines et les solutions à l’efficacité établie. Contrairement aux projets de changement, le hasard ne se pilote pas ni ne se décide, il surgit en lançant un défi, tout l’art résidant alors à anticiper à temps les nouvelles règles du jeu qu’il impose.

Manuel Gaulhiac Manuel Gaulhiac
Doctorant en musicologie

Manuel Gaulhiac est doctorant en musicologie à Sorbonne-Université à Paris, sur le sujet des descripteurs harmoniques et de la modélisation acoustique du phénomène harmonique. Il est diplômé de l’École Polytechnique dans la spécialité mathématiques fondamentales, et obtient le master Atiam (Acoustique, Traitement du signal et Informatique Appliquées à la Musique) de l’Ircam ainsi que le master de musicologie de la Sorbonne qu’il consacre à la musique d'Alfred Schnittke. Manuel Gaulhiac est aussi pianiste et critique musical pour le site Bachtrack.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Marc-André Selosse Marc-André Selosse
Mycologue et botaniste

Marc-André Selosse est professeur du Muséum national d’Histoire naturelle à Paris et professeur aux universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine). Ses recherches portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes. Président de la Société Botanique de France et membre de l’Académie d’Agriculture de France, il est éditeur de quatre revues scientifiques internationales. Il a publié des ouvrages grand public sur les microbiotes (Jamais seul, 2017) et les tannins (Les goûts et les couleurs du monde, 2019).


Conférence : Les associations entre vivants se font-elles au hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Le monde vivant est fait d’associations : parasites et symbiotes entourent en nombre chaque organisme, chaque espèce. Bien plus, ces associations façonnent, interviennent dans le fonctionnement de l’organisme, son succès écologie et évolutif. A tel point que l’on finit par douter de la notion d’organisme en tant que tel ! Mais comment ces associations se sont-elles mises en place ? Et comment en sont-elles venues à occuper un tel rôle ? La genèse des associations entre vivants est fruit du hasard, mais aussi de la sélection naturelle. Le même jeu entre hasard et sélection se retrouve au cours de leur évolution ultérieure, en particulier dans l’émergence de la dépendance, cet état tellement fréquent où une fonction ne peut plus être réalisée sans le partenaire. Champignons et plantes, bactéries et animaux, animaux et plantes ou champignons : travers de multiples exemples, nous découvrirons les histoires évolutives de l’association entre êtres vivants.


Dédicace : Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations
Vendredi 2 juillet 2021, 15h15 - 16h
Dédicace : Les goûts et les couleurs du monde : une histoire naturelle des tannins, de l'écologie à la santé
Vendredi 2 juillet 2021, 15h15 - 16h

Marc-Eric Bobillier Chaumon Marc-Eric Bobillier Chaumon
Professeur

Marc-Eric Bobillier Chaumon est professeur du CNAM, titulaire de la chaire de Psychologie du travail et membre du Centre de Recherche sur le Travail et le Développement. Ses travaux portent sur les transformations digitales du travail, et plus particulièrement sur les nouvelles formes d’activité (travail nomade, distant, éclaté/partagé, dématérialisé, médiatisé, robotisé…) qui se déploient avec ces dispositifs. Il s’intéresse aux usages et incidences des technologies émergentes (IA, systèmes pervasifs, réalité immersive, robots…) dans les activités socio-domestiques et professionnelles, et notamment à leurs conditions d’acceptation située -dans et par l’activité- ainsi qu’à leurs effets sur la qualité de vie au travail et le bien-être des salariés. Ces recherches-interventions de terrain, menées dans la cadre de consortiums scientifiques et industriels pluridisciplinaires, ont donné lieu à plusieurs ouvrages et articles de recherche.


Conférence : Quelle est le rôle du hasard dans la dispersion numérique au travail ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h45 - 17h30 — Amphi Jean-Prouvé

La question de l'usage des technologies, par leur statut et leur rôle prééminent dans l'activité professionnelle, posent des questions en termes de fragmentation et de dispersion du/au travail, de désarticulation des sphères de vie et d'activités (travail distant, télétravail, gestion de la (dé)connexion), et de pression temporelle (sur/hyper-connexion). L'individu se retrouve ainsi plongé au grès des interruptions et des sollicitations numériques dans des contextes professionnels qu'il ne connaît pas ni ne maîtrise, et pour lesquels il doit néanmoins déployer les ressources idoines pour y faire face. Cette dispersion du travail est souvent perçue comme une contrainte car elle génère une charge mentale et psychosociale importante pour s'ajuster, avec des incidences importantes sur le bien-être et la perte de sens du travail. Pour autant, se retrouver par hasard dans un autre contexte peut aussi devenir opportunément une ressource, en favorisant la créativité par la sérendipité, c'est-à-dire la capacité à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l'utilité.  Tout dépend du contrôle, des marges de manœuvre et du pouvoir d'agir dont dispose l'individu.

Marc Himbert Marc Himbert
Physicien et métrologue

Marc Himbert est physicien et métrologue. Ancien élève de l'École normale supérieure, il entre au Cnrs au Laboratoire Kastler-Brossel puis devient en 1992 professeur titulaire de la chaire de métrologie du Conservatoire national des arts et métiers (LeCnam), au sein duquel il anime le laboratoire créé en commun avec le LNE, et préside l’Assemblée des chaires. Marc Himbert est, depuis 2009, membre titulaire de l'Académie des technologies.


Conférence : La mesure permet-elle de maîtriser le hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Jean-Fourastié

La finalité de la mesure est de fixer des repères, que ce soit pour asseoir la construction scientifique, pour réussir les prouesses technologiques, pour caractériser les termes d’un échange, pour modéliser les phénomènes et servir de base à la prise de décision. Son caractère idéalement objectif et reproductible établit des certitudes, pacifie les interactions, fournit des preuves, appuie les argumentaires... et suscite des formes de quantophrénie. Depuis 2019, les références métrologiques renvoient toutes aux constantes de la nature. Mais l’un des maîtres mots de la métrologie est l’ “incertitude” ! Ce concept quantitatif, indispensable pour donner du sens à un résultat et exploiter celui-ci, renvoie à une méthodologie rigoureuse d’évaluation, consensuelle à l’échelle mondiale, prenant en compte à la fois la variabilité intrinsèque des grandeurs, la réalité des systèmes de mesures, la qualité des références utilisées, les conditions d’ambiance... et l’âge du capitaine. L’incertitude est à la base de l’évaluation des risques : une forme de maîtrise du hasard ? Crédit photo est © Dircom Cnam – S. Villain

Marc Lachièze-Rey Marc Lachièze-Rey
Astrophysicien

Marc Lachièze-Rey est un ancien élève de l'École normale supérieure (rue d'Ulm) et docteur en physique. Il est aujourd'hui directeur de recherches au CNRS et travaille au laboratoire APC (Astroparticule et cosmologie). Il est spécialiste de physique théorique fondamentale, et s'intéresse aux rapports de cette discipline avec les mathématiques et la philosophie. Il a écrit de nombreux articles et plusieurs ouvrages parmi lesquels Au-delà de l'espace et du temps : la nouvelle physique (Le Pommier, 2008), Les avatars du vide (Le Pommier, 2005) De l'infini (avec J.-P. Luminet, Dunod, 2005), Figures du Ciel (avec J.-P. Luminet, Le Seuil / Bibliothèque nationale de France, Paris, 1998), Initiation à la cosmologie (4e édition, Dunod, 2004), Voyager dans le temps: la physique moderne et la temporalité, (Seuil Sciences Ouvertes 2013) et Einstein à la plage (Dunod, 2015).


Conférence : Y a-t-il du hasard dans l’évolution cosmique ?
Samedi 3 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Prouvé

En cours


Dédicace : L'âge de l'Univers
Samedi 3 juillet 2021, 10h45 - 11h30

Marie-Antoinette Mélières Marie-Antoinette Mélières
Physicienne et climatologue

Marie-Antoinette Mélières a obtenu un Doctorat de 3ème cycle en chimie physique et un Doctorat d’État en physique à l’université Joseph Fourier de Grenoble (actuellement Grenoble-Alpes). Elle a effectué des recherches dans les domaines de la spectroscopie moléculaire, de la physique atmosphérique mais aussi dans le domaine des sciences de l’environnement (cycle du mercure, des radioéléments et des aérosols) et du climat (études centrées sur les archives sédimentaires). Elle a enseigné à l’université Grenoble-Alpes en physique fondamentale puis en sciences du climat. Elle a été responsable scientifique du site Saga-Science Climat du CNRS de 1999 à 2007. Elle a initié et rédigé la Lettre Changement Global sous l’égide du ministère de la Recherche et de l’académie des Sciences (1994-2008).


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h — Amphi Jean-Fourastié
Dédicace : Climats : Passé, présent, futur
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15

Marie-Neige Cordonnier Marie-Neige Cordonnier
Rédactrice en chef adjointe

Biophysicienne de formation, Marie-Neige Cordonnier a édité pendant dix ans Les Génies de la Science, une revue trimestrielle d’histoire des sciences, avant de devenir rédactrice, puis rédactrice en chef adjointe du magazine Pour la Science. Elle s’y occupe plus particulièrement de biologie, de médecine et d’histoire des sciences. Elle est co-autrice du livre Institut Pasteur – Recherche d'aujourd'hui, médecine de demain (La Martinière, 2017), avec Gérard Lambert et Émilie Gillet.

Marie Lacomme Marie Lacomme
Doctorante en philosophie des sciences

Marie Lacomme est doctorante en philosophie des sciences au laboratoire Sphère (Université de Paris). Diplômée d'un master de philosophie à l'Université Panthéon-Sorbonne, elle a également étudié la biologie évolutive à l'UPMC et au MNHN, ainsi qu’effectué des stages de recherche en primatologie (MNHN). Ses recherches portent sur la place accordée à l'être humain par rapport aux autres espèces animales, et notamment aux autres espèces de primates, à la fois en sciences naturelles et en sciences humaines et sociales.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Marie-Laure Desjardins Marie-Laure Desjardins
Journaliste et critique d’art

Marie-Laure Desjardins est journaliste et critique d’art. Après avoir dirigé la rédaction de Cimaise, elle crée en 2009 ArtsHebdoMédias un site d’information dédié à l’art contemporain (www.artshebdomedias.com), et, en 2020, OMNI-Objet Média Non Identifié, un nouveau concept s’intéressant à la parole des artistes (omni.artshebdomedias.com). Docteure en Sciences de l’art, elle est membre associée au MICA (axe Art, Design, Scénographie), laboratoire de l’Université Bordeaux Montaigne, et à l’Institut ACTE (axe Arts, Sciences, Sociétés), Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste des pratiques artistiques à l’intersection de l’art et de la science, elle codirige la revue scientifique en ligne ASTASA (astasa.org) et est chargée d’enseignement à Paris 1 en « Création web et pratiques en réseau ». Membre de l’AICA, elle est également commissaire d’exposition.


Conférence : L’art aime-t-il le hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Jean-Prouvé

L’anecdote est ancienne : d’un geste rageur, le peintre jette l’éponge ! Le chien, qui jusqu’alors s’y refusait, bave aussitôt généreusement. Si aucune œuvre de Protogène ne nous est parvenue depuis sa réalisation au IVe siècle av. J.-C., la petite histoire – racontée par Montaigne dans les Essais – signale très tôt la cruciale présence du hasard dans la création et laisse entendre que l’art, comme tous les autres domaines de la vie, ne peut s’y soustraire. De l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, de nombreuses œuvres écrivent ainsi une certaine histoire de l’art emprunte d’imprévisibilité et d’imprédictibilité. Une histoire de l’art pleine de procédés découverts par inadvertance, de processus imaginés suite à un accident, de pratiques aléatoires adoptées par conviction. Tantôt radicalement exclu, tantôt utilisé comme un levain, et même comme un moyen explicite, voire exclusif, le hasard est légitimé dans l’art. Que ce soit pour se soustraire à la raison ou se rapprocher de la nature, pour explorer le subconscient ou cultiver l’imagination, les artistes sont attentifs à ses signes et inventent des pratiques capables de leur échapper mais révélatrices comme les rites divinatoires de l’antique Délos. Aristote affirmait que l’art aime le hasard et inversement. Reste à s’en assurer.

Mathieu Corteel Mathieu Corteel
Philosophe et historien des sciences

Mathieu Corteel, philosophe et historien des sciences, est chercheur associé à Sciences Po et chercheur invité à Harvard en tant que lauréat de la bourse Arthur Sachs. Spécialiste de l’histoire des statistiques appliquées à la santé et de l’épistémologie des technologies médicales (IA et Big Data), il participe actuellement au projet CrisOrg et dirige le projet ProbaPol à Sciences Po. Il poursuivra prochainement au département d'Histoire des sciences de Harvard son projet d'une histoire épistémologique de la méthode numérique en médecine qui fait suite à son premier essai Le Hasard et le Pathologique paru en septembre 2020 aux Presses de SciencesPo. Il est membre du comité de rédaction de la revue Multitudes, pour laquelle il a récemment coordonné le numéro 75 « Renaissance de la clinique » ainsi que son numéro 78 « Cultivons nos intelligences artificielles ».


Conférence : Quid de l'art et des sciences médicales face au hasard de la maladie ?
Jeudi 1 juillet 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Jean-Prouvé

Selon Hippocrate, sans l’art médical, « le hasard seul réglerait le sort des malades ». En intervenant auprès du malade le médecin met en jeu son art afin d'obvier au hasard de la maladie. Dès l’antiquité, les anciens ont pensé la pratique médicale comme un art stochastique (Stochastikê Technê) usant de la conjecture pour viser la guérison du patient. Aussi, bien avant que la loi des grands nombres ne conceptualise mathématiquement la conjecture, il semblerait que cette dernière se soit constituée de manière intuitive dans l’art de guérir. Le jugement conjectural des anciens est-il pour autant réductible au calcul de probabilités des modernes ? L'écart persistant entre l’art médical et les sciences médicales n’est-il pas à chercher plutôt dans un double rapport épistémologique du médecin face au hasard de la maladie ? Entre les degrés de certitude, qui se fondent sur l’expérience du médecin, et les statistiques des partisans de la méthode numérique, se noue quelque chose comme le conflit des facultés de la raison médicale qui s’étend jusqu’au développement des intelligences artificielles.


Dédicace : Le hasard et le pathologique
Jeudi 1 juillet 2021, 15h15 - 16h

Maxime Abolgassemi Maxime Abolgassemi
Professeur et écrivain

Maxime Abolgassemi enseigne la littérature et la culture générale en classes préparatoires au lycée Chateaubriand de Rennes. Partisan d'un renouvellement pédagogique, il a publié un ouvrage pour promouvoir des pratiques d'écriture créative dans l'enseignement du français. De son expérience de juré de divers concours et d'enseignant, il a tiré une méthode pratique qui prend en compte les multiples enjeux que soulèvent les épreuves « d'entretien de personnalité » lors des oraux d'entrée dans les grandes écoles. Docteur en lettres (université Paris-Sorbonne) et agrégé de lettres modernes, il est aussi titulaire d'une maîtrise de physique théorique (université Pierre-et-Marie-Curie). Ses travaux portent sur le « hasard objectif » des surréalistes, la notion de contrefiction qu'il a introduite, et la transparence démocratique. En 2017, il publie Nuit persane, un premier roman qui plonge le lecteur à Téhéran dans les dernières années qui précédèrent la Révolution iranienne.


Conférence : Qu’est-ce que le hasard objectif ?
Samedi 3 juillet 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Jean-Fourastié

Si le hasard peut s’approcher intellectuellement par la Science ou la Philosophie, son attrait ne s’évapore pas une fois saisi par les concepts : il s’éprouve aussi (ou surtout) sur un plan existentiel. C’est ce qu’André Breton a cherché à vivre en accord avec le projet de son mouvement littéraire et culturel, le Surréalisme. La rencontre bouleversante avec une femme dans les rues de Paris en 1926, qui se prénomme elle-même « Nadja », va ouvrir une nouvelle quête littéraire, déployée dans trois ouvrages Nadja (1928), Les Vases communicants (1932) et l'Amour fou (1938). Pour comprendre ce « hasard objectif », il sera ainsi intéressant de revenir à l’exemple canonique pour penser les coïncidences troublantes, la fameuse tuile chutant sur le pauvre passant... « Pauvre » ou touché par l’émerveillement ?


Dédicace : Nuit persane
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 - 12h15

Maxime Guyot Maxime Guyot
Journaliste et vidéaste

Passionné de voyage, de sport extrême et de cinéma, Maxime Guyot est un journaliste spécialisé dans la vidéo. Après un passage en Langues et Civilisations Étrangères à l’INALCO, son amour pour les documentaires et la belle image le pousse à intégrer l’Institut Européen du Journalisme où il obtient un master Investigation et Grands Reportages. Sa curiosité l’amène à travailler pour de nombreuses rédactions (France 2, M6, Voyages…) et à collaborer sur des émissions de faits divers, musicales et d’aventures. Il aspire aujourd’hui à raconter ses propres histoires, guidé par la volonté de transmettre une émotion, toujours à travers l’objectif.

Michael Craig Gradwell Michael Craig Gradwell
Professeur

Michaël est professeur émérite à l'École supérieure d'ingénieurs en électrotechnique et électronique (ESIEE) Paris, unique école d'ingénieurs du réseau de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. Il enseigne aussi aux élèves de Ponts et Chaussées et à ceux de l'École polytechnique. Il est également professeur invité au Cape Peninsula University of Technology à Cape Town, et à Tshwane University of Technology à Pretoria. Ses cours portent sur la communication, la gestion de projet, la créativité et l'expression théâtrale. Michaël est également animateur et facilitateur. D'origine irlandaise, il intervient en anglais, en français et en italien.

Michel Viso Michel Viso
Exobiologiste

Michel Viso a exercé comme vétérinaire pendant quelques années. Il rejoint l'École vétérinaire d'Alfort en 1980 puis l'Institut national de la recherche agronomique en 1981. Il est sélectionné comme spationaute par le Centre national d'études spatiales (CNES) en 1985. Il prépare le projet Rhésus en coopération avec la NASA. Ses chances de voler s'évanouissent en 1993 lorsque la NASA abandonne le projet. Il assure alors pour le CNES la responsabilité scientifique des expériences spatiales de physiologie animale et de biologie menées en coopération avec les États-Unis, la Russie et d'autres partenaires. En 2004, le CNES le nomme responsable scientifique pour l'exobiologie, préparant les participations françaises au projet européen ExoMars et de futures missions d'exploration du système solaire comme les nouveaux projets de retour d'échantillons martiens dans les années 2030. En 2014, l'exobiologie s'enrichit des missions dédiées à la recherche et l'étude des exoplanètes comme Cheops, Plato et Ariel. Avec le regain d'intérêt pour le retour d'échantillons martiens, il représente le CNES au Panel pour la protection planéaire du Commitee on Space Research (COSPAR). En juin 2021, Michel Viso devient conseiller scientifique d'Innovaxiom.

Mickael Popelard Mickael Popelard
Professeur de littérature

Mickaël Popelard est professeur de littérature anglaise de la première modernité à l'université de Caen Normandie. Il a publié deux ouvrages et plusieurs articles sur le théâtre de Shakespeare et la philosophie de Francis Bacon et termine actuellement la traduction de trois textes littéraires baconiens, dont la Nouvelle Atlantide, à paraître chez Classiques Garnier en 2020.


Conférence : Que nous apprend Shakespeare des jeux de l’amour et du hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Prouvé

Rien de moins incertain, à première vue, qu'une pièce de théâtre, dont les personnages entrent en scène, par définition, au moment prévu par l'auteur (voire par le metteur en scène) pour en exécuter les volontés dramatiques. Et pourtant, Shakespeare ne cesse de rappeler au lecteur comme au spectateur que les vies humaines sont régies par le hasard et par la confusion plutôt qu'elles ne s'apparentent à un ballet parfaitement orchestré. Tout le théâtre de Shakespeare, depuis Hamlet jusqu'à la Tempête, peut se lire comme une méditation sur la place du hasard dans nos vies. En prenant l'exemple du Songe d'une Nuit d’Été (et de quelques autres comédies shakespeariennes), cette conférence essaiera de décrire la façon dont Shakespeare permet de penser les rapports entre l'amour, le hasard et la nécessité dans l'Angleterre de la première modernité.

Nathalie Besson Nathalie Besson
Physicienne

Nathalie Besson est chercheuse au département de physique des particules de l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers au CEA de Saclay. Ella a travaillé pendant presque 20 ans au sein de la collaboration qui exploite les données enregistrées par le détecteur ATLAS installé autour d’un des points de collision du grand collisionneur de protons, le LHC, au CERN à Genève. Son domaine de prédilection est le modèle standard de la physique des particules, plus précisément l’étude des bosons W et Z. Elle a rejoint récemment la mission LISA, qui sera le premier détecteur spatial d’ondes gravitationnelles. Par ailleurs, elle participe à la diffusion des connaissances en physique des particules entre autres par le biais de conférences, à l’occasion de manifestations scientifiques, dans les établissements scolaires, et via l’enseignement.


Conférence : Le boson de Higgs, je suppose ?
Vendredi 2 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Jean-Fourastié

Albert Einstein, un des pères de la mécanique quantique, ne pouvait s’y résoudre : « Dieu ne joue pas aux dés », a-t-il résumé au congrès de Solvay de 1927, congrès qui rassemblait le gratin des physiciens. Et pourtant, les phénomènes subatomiques, décrits par la mécanique quantique, sont régis par des probabilités. Des tirages au sort. Le hasard. Mais alors, comment les physiciens des particules peuvent-ils affirmer avoir découvert le boson de Higgs ? Qu’est-ce que cela recouvre ? Comment se présentent les résultats et comment les interpréter ? Nous traquerons ensemble l’intervention du hasard dans la chasse à la dernière des particules élémentaires à avoir été découverte.

Nicolas Curien Nicolas Curien
Mathématicien

Nicolas Curien est mathématicien, spécialiste de la théorie des probabilités. Ancien élève de l'école normale supérieure et agrégé de mathématiques, il est depuis 2014 professeur à l'université Paris-Saclay et membre de l'Institut Universitaire de France depuis 2016. Sa recherche concerne principalement l'étude des propriétés géométriques à grande échelle dans des graphes et les surfaces aléatoires.


Conférence : Le hasard est-il régulier ?
Samedi 3 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Jean-Prouvé

Quand nous pensons " hasard " ou " aléatoire " nous sommes plus enclins à associer ces notions au désordre qu'à l'ordre. D'ailleurs le hasard est souvent synonyme d'imprédictibilité. Cependant les phénomènes aléatoires obéissent à des règles mathématiques très rigoureuses : bien qu'une réalisation particulière d'un phénomème aléatoire reste imprévisible par essence, les propriétés statistiques d'une cohorte de phénomènes aléatoires indépendants sont elles tout à fait prévisibles. Un exemple de telle propriété est la loi des grands nombres qui stipule que la probabilité d'un événement est égale à la fréquence asymptotique d'une suite (infinie) de réalisations indépendantes. C'est cette " régularité " du hasard qui permet de fonder les statistiques et d'extraire de l'information des données réelles.

Nicolas Gauvrit Nicolas Gauvrit
Chercheur en psychologie

Nicolas Gauvrit a une triple formation en mathématiques (Ecole Normale Supérieure de Lyon), en psychologie (Université Paris-Saint-Denis) et en sciences cognitives (Ecole Polytechnique/Ecole des Hautes Etudes en Sciences Cognitives). Il poursuit des recherches sur le raisonnement humain à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris. Il est membre de la Société Française de Statistique et de l’Association Française pour l’Information Scientifique. Il est l’auteur d’une centaine d’articles et de 12 ouvrages de diffusion scientifique. Il s’est exprimé dans divers médias ces dernières années sur l’utilisation de la statistique, les différences hommes-femmes, le raisonnement et l’intelligence (France Culture, France Inter, Europe 1, Le Monde, Slate, Pour la Science, National Geographic...).


Conférence : Pourquoi les coïncidences nous étonnent-elles ?
Jeudi 1 juillet 2021, 15h15 - 16h — Amphi Abbé-Grégoire

Nous vivons presque tous des événements surprenants de temps à autre... trop surprenants pour qu'ils soient dus, pense-t-on, au hasard. Ils peuvent alors donner naissance à des théories du complot, des rumeurs, voire de théories pseudo-scientifiques ! Plutôt que nous attarder sur les événements eux-mêmes, pourquoi ne pas s'interroger sur notre étonnant étonnement ? Effet d'ignorance, paradoxes probabilistes, ou négligence de certains aspects du réels sont des sources possibles de ce qu'il se passe en nous quand nous nous exclamons " comme par hasard ! ".


Dédicace : Statistiques. Méfiez-vous !
Jeudi 1 juillet 2021, 16h - 16h45
Dédicace : Causes toujours ! : Les pièges de la causalité
Vendredi 2 juillet 2021, 11h30 - 12h15
Dédicace : Comme par hasard ! Coïncidences et loi des séries
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 - 16h
Dédicace : Vous avez dit hasard ? : Entre mathématiques et psychologie
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 - 16h

Norbert Gautrin Norbert Gautrin
Médecin urgentiste

Norbert Gautrin a été initié à l’urgence en 1969 dans le service de réanimation du Professeur Huguenard lors de la création du SAMU du Val de Marne. Il a occupé la fonction de secrétaire général de Médecins Sans Frontières pendant 9 ans. Il a participé à plusieurs missions exploratoires (au Kurdistan en 1980, en Iran en 1981, au Zaïre en 1983 en relation avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et en Ethiopie en 1984). En 1986 Norbert Gautrin co-fonde une entreprise à l’origine de treize EHPAD et d’un service de soins à domicile. En 1993, il est médecin dans l’équipe du Dr Xavier Emmanuelli à la création du Samu Social de Paris. Depuis 1980, Norbert Gautrin exerce ses fonctions à SOS médecin Paris. Il est également administrateur pour le Samu Social International et pour la société philanthropique qui est gestionnaire d’Ehpad, d’établissements pour enfants porteurs de handicaps physiques et psychiques, et de centres d’accueil de femmes en grande précarité.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 — Amphi Jean-Fourastié

Olivier Caïra Olivier Caïra
Sociologue et essayiste

Olivier Caïra est maître de conférences en sociologie à l’IUT d’Évry (Université Paris-Saclay). Il conduit ses recherches au Centre Pierre Naville (Évry) et au CRAL (EHESS Paris) sur les expériences de la fiction, la scénarisation interactive et les industries de loisir. Ses principales publications sont : Hollywood face à la censure (CNRS Éditions 2005), Jeux de rôle : les forges de la fiction (CNRS Éditions 2007), Définir la fiction (Éditions de l’EHESS 2011), Le Cerveau comme machine (Georg 2020) et Le Goof au cinéma (L’Harmattan 2020, avec Réjane Hamus-Vallée). Il est également auteur de jeux de rôle et de jeux de société.


Table ronde : Aimons-nous jouer avec le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 — Amphi Jean-Fourastié
Dédicace : Définir la fiction - Du roman au jeu d'échecs
Vendredi 2 juillet 2021, 16h - 16h45

Olivier Faron Olivier Faron
Administrateur général du Cnam

Elève de l’ENS Saint-Cloud, Olivier Faron obtient une agrégation d'histoire en 1982. Docteur en 1996, il est habilité à diriger des recherches en 1999. Olivier Faron est professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne-Université. Il est administrateur général du Cnam depuis septembre 2013. Il s’intéresse à l’histoire de la jeunesse et de la contraception.


Conférence : Session d'ouverture
Jeudi 1 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Abbé-Grégoire

Pascal Tassy Pascal Tassy
Chercheur en paléontologie

Pascal Tassy est professeur émérite du Muséum national d'Histoire naturelle. Paléontologue, il s'est intéressé à l'évolution des mammifères et plus particulièrement des proboscidiens (éléphants et formes apparentées). Ses fouilles paléontologiques l'ont notamment mené du département du Gers jusqu'au Pakistan, en passant par le Kenya et la Bulgarie. Il fait également partie de cette génération de paléontologues qui, dans les années 1970, s’est emparée des principes de la cladistique afin de renouveler les méthodes de reconstruction des phylogénies (arbres évolutifs). Parmi ses derniers ouvrages : L'évolution au Muséum, Albert Gaudry (Editions Matériologiques/ Editions du Muséum), Une histoire d'évolution (Le Pommier) et, en collaboration avec P. Darlu, C. d’Haese et R. Zaragüeta i Bagils, La reconstruction phylogénétique. Concepts et méthodes (nouvelle édition revue et augmentée) (Editions Matériologiques).


Conférence : Le hasard est-il caché dans l'arbre phylogénétique ?
Vendredi 2 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Prouvé

L'arbre phylogénétique est une image aussi vieille que l'ouvrage fondateur de ce que l'on appellera plus tard la théorie de l'évolution, la philosophie zoologique de Lamarck en 1809 ; avant même que Darwin, cinquante ans plus tard, publie dans L'Origine des espèces le premier arbre moderne visant à illustrer la « descendance avec modification ». Cependant les critères de reconstruction de l'histoire de l'évolution ont toujours été débattus, discutés, transformés, contredits jusqu'à aujourd'hui. Par ailleurs, sur le plan des mécanismes à l'origine de l'évolution biologique, et donc des parentés illustrées par l'arbre phylogénétique, le hasard est un concept des plus délicats et embarrassants qui a été compris de diverses façons. Aborder la question du hasard en phylogénétique revient à essayer de distinguer ce qui fait la part de la structure de parenté (le pattern des anglophones) et celle des processus évolutifs. En dépit des apparences, le goût pour les histoires – et la phylogénie en est une – ne facilite pas la discussion.


Dédicace : Cavanna, paléontologue
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 - 15h15
Dédicace : L’évolution au Muséum, Albert Gaudry
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 - 15h15
Dédicace : Une histoire d'évolution
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 - 15h15

Pascal Wagner-Egger Pascal Wagner-Egger
Enseignant-chercheur en psychologie

Pascal Wagner-Egger est enseignant-chercheur en psychologie sociale et en statistique, et co-directeur de l’Unité de Psycholinguistique et Psychologie Sociale Appliquée à l’Université de Fribourg (Suisse). A la croisée de ces deux domaines, entre la psychologie cognitive et la psychologie sociale, il s’intéresse plus particulièrement dans ses recherches aux croyances (notamment les croyances aux théories du complot, les croyances paranormales, mais aussi le racisme et le sexisme) et raisonnements quotidiens (représentations sociales, raisonnement logique).


Conférence : Le complot abolira-t-il un jour le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Abbé-Grégoire

On entend et on lit souvent les expressions « Comme par hasard ! » ou « Coïncidence ? Je ne crois pas » dans la bouche ou sur les écrans des personnes adhérant aux théories du complot. S’agit-il d'une mauvaise représentation du hasard, des coïncidences, d’un biais cognitif qui nous fait percevoir des intentions humaines en lieu et place de l'aléa, d’une motivation à nier le hasard ou à voir des structures dans le « bruit » visuel ? C’est à ce questions que nous essaierons de répondre à l’aide des données de recherches scientifiques menées sur ce thème.


Dédicace : Psychologie des croyances aux théories du complot
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 - 15h15

Pascal Yiou Pascal Yiou
Chercheur en climatologie

Titulaire d'un doctorat en mathématiques appliquées, Pascal Yiou est directeur de recherches au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement. Actuellement, sa recherche porte sur la modélisation des événements extrêmes, des systèmes chaotiques et des statistiques. En 2014, il a été lauréat de l'ERC (European Research Council) pour ses travaux sur les propriétés statistiques de systèmes chaotiques climatiques.


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h — Amphi Jean-Fourastié
Dédicace : Le temps s’est-il détraqué ?
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15

Patrice Besnard Patrice Besnard
Délégué général France Horlogerie

Patrice Besnard est diplômé de l'Institut d’Etudes Politiques de Paris ainsi que de l'Université Paris Panthéon - Sorbonne en Droit des affaires. Patrice Besnard a rejoint France Horlogerie en 1984 et en est devenu le délégué général depuis 1993. Il est président de la Commission française de normalisation horlogère ainsi que de la délégation française du Comité horloger de normalisation international ISO TC/114. Patrice est expert auprès de la Commission de conciliation et d’expertise douanière. Il occupe également la fonction de Délégué général de la Fédération de l’horlogerie et des activités connexes de l’Union européenne « EuroTempus » et est le secrétaire de la délégation communautaire du Comité Permanent de l’Horlogerie Européenne. Il est également Directeur délégué de France Industries créatives.


Table ronde : La mesure du temps supporte-t-elle le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 — Amphi Jean-Fourastié

Patrick Clervoy Patrick Clervoy
Médecin psychiatre

Patrick Clervoy est médecin psychiatre, professeur agrégé du Val-de-Grâce. Il a effectué plusieurs missions sur différents théâtres d’opération. Il est l’auteur d’ouvrages sur les traumatismes psychiques et les mécanismes inconscients de violence collective. Il a publié aux éditions Odile Jacob un ouvrage qui explore les phénomènes de guérison - Les pouvoirs de l’esprit sur le corps – et un autre – Vérité ou mensonge - sur les mécanismes psychologiques qui organisent l’emprise du mensonge sur un groupe social.


Conférence : Le hasard est-il une bonne ou une mauvaise idée ?
Samedi 3 juillet 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Jean-Fourastié

Posez la question « croyez-vous au hasard ? » et vous aurez des réponses catégoriques, négatives ou positives. L’idée de hasard ne laisse personne indifférent. Elle organise notre représentation du monde. Elle dérange les uns et rassure les autres. Elle peut être source d’erreur et déterminer des comportements aberrants, comme dans les superstitions. Mais on peut détacher l’idée de hasard du principe de malheur. L’idée de hasard peut donner à nos vies un sens harmonieux et inspirer des comportements apaisants. A travers plusieurs exemples extraits du quotidien on montre que l’on peut s’accommoder de l’idée de hasard et mieux encore, faire alliance avec elle et s’en réjouir.


Dédicace : Les pouvoirs de l'esprit sur le corps
Samedi 3 juillet 2021, 18h15 - 19h
Dédicace : Vérité ou mensonge
Samedi 3 juillet 2021, 18h15 - 19h

Patrick Touron Patrick Touron
Commandant du Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale

Patrick Touron est Général de gendarmerie, commandant du pôle judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN) et ancien directeur de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) jusque 2018. Diplômé de l'école des sciences criminelles de Lausanne (ESC) et ancien élève du Collège Interarmées de Défense (CID) promotion 2004. Expert en investigations criminelles, spécialisé dans le domaine des explosifs et l'identification de victimes lors de catastrophes de masse. A ce titre, il pratique l’expertise judiciaire dans des affaires sensibles depuis les années 1990 et a rédigé de nombreux articles scientifiques dans le domaine des sciences forensiques. Il a alterné des postes au sein de la Gendarmerie Scientifique avec des postes de commandement opérationnel sur le terrain, dont le dernier en date était celui du commandement de la gendarmerie départementale du Bas-Rhin jusqu’en 2012. Patrick Touron est un ancien auditeur de l'Institut des Hautes études pour la Science et la Technologie (IHEST promotion « Léonard de Vinci » 2012-2013).


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Paul Jacquet Paul Jacquet
Photographe

Paul Jacquet est un réalisateur/vidéaste et photographe basé en plein cœur des Pyrénées. Il est attaché depuis toujours à l'image et à tout ce qui gravite autour. Après avoir obtenu un premier caméscope dès l'âge de 12 ans, il n'a jamais arrêté de capturer l'instant présent. Aujourd'hui, il se fait connaître sous le nom de Pajaprod et réalise des films publicitaires, promotionnels, des films de mariage et des reportages d'événements. Également télépilote de drone professionnel, il se déplace en France et à l'étranger selon les projets, et met un point d'honneur à créer du contenu engageant et authentique pour aider ses clients à atteindre chacun de leurs objectifs.

Penny Starfield Penny Starfield
Professeure en études américaines et cinématographiques

Penny Starfield est professeure en études américaines et études cinématographiques des pays anglophones au département d’anglais de l’Université Caen Normandie et membre du laboratoire de recherche ERIBIA. Ses recherches portent sur l’histoire et l’esthétique du cinéma, plus particulièrement la nouvelle vagure américaine et la représentation des minorités, sur laquelle elle consacre actuelement une monographie. Elle a coordonné deux ouvrages dans la collection CinémAction : Masque et lumière (2006) et Femmes et pouvoir (2008) et publié récemment « Du hasard au cinéma », Raison présente, n°198, 2016.


Conférence : Quelle place le hasard laisse-t-il au choix dans le cinéma ?
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 - 12h15 — Amphi Jean-Prouvé

Quelle place reste-t-il au choix lors de la rencontre entre le choix et hasard ? Nous examinerons quelques exemples tirés du cinéma anglophone, à l’intérieur d’un spectre qui va de la comédie à la tragédie, du Gosse de Chaplin (1921) à Tsotsi (film sud-africain de Gavin Hood, 2005), qui ont en commun le même mécanisme déclencheur : la découverte fortuite d’un bébé dans une voiture. Le cinéma comique n’opposant guère de frontières à l’inhabituel, le vagabond au grand cœur de Chaplin intègre l’enfant abandonné dans sa vie. Le choix s’évapore au contact du comique, tandis que le drame du petit malfrat dans Tsotsi, y voyant sa propre enfance inachevée, est de se trouver face à des choix existentiels. Entre ces deux pôles, nous nous pencherons sur un bébé nommée Coyote, qui naît fortuitement au milieu du désert entre l’Arizona et le Nouveau Mexique, au milieu de personnages disparates, que seul le hasard aurait pu rassembler dans une diligence. Il s’agit de La Chevauchée fantastique (1939), de John Ford, qui distribuera lui-même les choix, les sorts ou les destins de ses personnages.

Philippe Badaroux Philippe Badaroux
Co-fondateur de BH Technologies

Philippe Badaroux ingénieur en électronique a travaillé pour plusieurs sociétés internationales en France, aux USA, au Royaume-Uni et au Japon. En 1998, il co-fonde BH Technologies, une société dédiée au pilotage de l'éclairage urbain en France, pour d'importantes économies d'énergie. BH Technologies a conçu un algorithme astronomique très précis qui commute l’éclairage au dernier moment possible chaque soir. Philippe Badaroux est membre de France-Horlogerie et travaille à la création de la « Fondation du temps » qui doit être lancée cette année. Il préside également le « Cluster-lumière », une organisation qui pousse à une meilleure adéquation entre innovation et usage. Tout comme la lumière, le temps est une valeur que tout le monde ressent, mais que très peu comprennent….


Table ronde : La mesure du temps supporte-t-elle le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 — Amphi Jean-Fourastié

Philippe Charlier Philippe Charlier
Médecin légiste

Philippe Charlier est docteur en médecine, docteur ès-sciences et docteur ès-lettres. Il est maître de conférences des universités, habilité à diriger les recherches. Jusqu'à l'été de 2013, Philippe Charlier a fait partie du service de médecine légale de l'Hôpital universitaire Raymond Poincaré de Garches. Il était également chercheur au Laboratoire d'éthique médicale de l'université Paris-Descartes. Il dirigeait une équipe pluridisciplinaire travaillant dans les domaines de l'anthropologie médico-légale, du diagnostic rétrospectif, de la paléopathologie et de la pathographie. Il s'est spécialisé dans l'étude des restes humains anciens ou de momies, et tient la réputation de faire parler les morts et d'en percer les secrets. Initiateur et organisateur des colloques internationaux de pathographie, ses travaux ont porté sur l'étude des restes des enfants de Toutankhamon, de Richard Cœur de Lion, d'Agnès Sorel, de Foulque III Nerra d'Anjou, de Diane de Poitiers, des reliques de Louis IX dispersées partout en France, les authentifiant au passage en collaboration avec d'autres spécialistes, des fausses reliques de Jeanne d'Arc, de la tête présumée d'Henri IV et en 2017 sur les restes d'Hitler. Il a participé à plusieurs émissions de télévision sur l'histoire et sur la médecine, notamment Secrets d'histoire sur France 2, Sous les jupons de l'Histoire sur Chérie 25, Le Magazine de la santé et Enquête de Santé sur France 5. Il a co-écrit et présenté une série documentaire, Enquête d'ailleurs, co-produite et diffusée par Arte en 2013 et 2015. Depuis octobre 2018, Philippe Charlier est directeur du département de la recherche et de l'enseignement au Musée du quai Branly - Jacques-Chirac. Il est membre de la Société de Géographie, de la Société des Explorateurs Français, de la Société des Africanistes, et de la Société Française d'Histoire de la Médecine.

Photo : copyright Musée du quai Branly - Jacques Chirac, pas de droit de reproduction


Conférence : Mort, maladie, lendemain : le hasard lutte-t-il contre l’inconnu ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Jean-Fourastié

En cours


Dédicace : Rituels
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 - 11h30

Philippe Huneman Philippe Huneman
Philosophe

Philippe Huneman est un philosophe français, directeur de recherche à l'Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques (CNRS /Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), où il est responsable de l'équipe "Philosophie de la biologie et de la médecine“. Formé d’abord en mathématiques, il s'est spécialisé dans la philosophie de la biologie, en particulier évolutive, et de l'écologie. Il a publié de nombreux articles sur des questions relatives au concept d'organisme, à la sélection naturelle, à l'écologie théorique ou aux modalités de l'explication scientifique, ainsi qu’aux théories du complot. Auteur de Métaphysique et biologie. Kant et la constitution du concept d'organisme (Kimé, 2008), et récemment Pourquoi ? Une question pour découvrir le monde (Flammarion/Autrement 2020), qui inclut une théorie de la contingence et de la nécessité, il a codirigé Les Mondes Darwiniens (avec Thomas Heams, Guillaume Lecointre, Marc Silberstein; Matériologiques, 2011), Challenging the Modern Synthesis (Oxford University Press, 2017, avec Denis Walsh), et Temps de la nature, nature du temps (CNRS ed, avec Christophe Bouton). Ses prochains livres sont Philosophical Sketches of Death in the Life Sciences: The Biology of Mortality (Palgrave, 2021); La société du profilage (Payot, 2022).


Conférence : Le hasard peut-il être une explication ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Jean-Fourastié

La notion de hasard se distingue aussi bien de celle d'intention que de celle de causalité: un hasard peut être un fait qui a une cause déterminée mais ne cadre avec aucune intention ou plan (« je l'ai rencontré par hasard »); il peut aussi signifier un phénomène stochastique qui n’a aucune cause connue ou existante (le fait que tel atome radioactif se désintègre à tel moment); ou dont la probabilité est extrêmement faible (« le hasard de la naissance »). Selon tous ces sens, le hasard semble incapable de constituer une explication acceptable d'un phénomène. Mais seule une présupposition implicite concernant le rapport des grandes probabilités avec l'explication, et les explications d’événements opposés justifierait une telle défiance. Après l’avoir élucidée et critiquée j'envisagerai en biologie évolutive et écologie les théories qui font effectivement d'un certain hasard l'explication de faits relatifs à la diversité génétique ou spécifique, et qu'on appelle neutralistes: la théorie neutraliste de Kimura en évolution, la théorie neutraliste de Hubbell en écologie des communautés. J'indiquerai enfin commet les théories dont le principe explicatif est plutôt la nécessité (sous la figure de la sélection naturelle) ou plutôt le hasard se rapportent à différentes échelles de temps dans les processus éco-évolutionnaires.


Dédicace : Pourquoi ? - Une question pour découvrir le monde
Vendredi 2 juillet 2021, 11h30 - 12h15

Raphaël Chevrier Raphaël Chevrier
Bid Management & Innovation

Ancien chroniqueur pour la presse scientifique, notamment pour le magazine de l’astronomie Ciel & Espace, Raphaël Chevrier a défendu une thèse de doctorat en physique au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives en 2013. Il travaille depuis 2016 pour Arianespace, opérateur de services de lancements spatiaux européen, d’abord en tant qu’assistant exécutif auprès du Président exécutif Stéphane Israël, puis au sein de la division business development en charge des sujets innovations et du management des offres commerciales. Passionné de vulgarisation scientifique, il publie en 2018 son premier livre « Ca alors ! Histoire de ces découvertes que l’on n’attendait pas » aux éditions la Librairie Vuibert.


Conférence : Un lancement spatial laisse-t-il la place au hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Jean-Prouvé

Quiconque a déjà suivi un lancement spatial, depuis le Centre Spatial Guyanais ou derrière un écran, aura remarqué la concentration qui anime les équipes durant les toutes dernières opérations de la chronologie finale et pendant la séquence de lancement... avant de laisser la joie s’installer sur les visages au moment de l’injection du satellite sur son orbite. Concentration, car chaque lancement requiert la maîtrise d’une infinité de paramètres traités avec une extrême rigueur et minutie. Joie, car si rien n’est laissé au hasard, certains aléas – par exemple les conditions météorologiques – font de chaque mission spatiale une aventure unique. Une chose est certaine : avec 40 ans d’expérience, Arianespace n’a cessé de réduire, lancement après lancement, la place du hasard dans ses missions spatiales.


Dédicace : Qu’en dit la science ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h - 10h45

Raphaël Lachièze-Rey Raphaël Lachièze-Rey
Mathématicien

Raphaël Lachièze-Rey est enseignant-chercheur, Maître de conférences HDR en mathématiques à l'Université de Paris, ancien élève de l'ecole normale supérieure de Cachan. Il est spécialisé dans la théorie des probabilités, et anime le séminaire de probabilités du MAP5.


Conférence : Quelles certitudes contient le hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Comment une accumulation d’évènements complètement aléatoires et imprévisibles peut-elle engendrer des certitudes? Traquer et quantifier la certitude dans le hasard est à la base de la théorie mathématiques des probabilités et des statistiques, avec des retombées surprenantes : les journaux peuvent annoncer avec certitude le résultat de l’élection présidentielle à 20h alors que 99% des bulletins n’ont pas été dépouillés, et on peut déjà prévoir le nombre de séismes qui auront lieu en 2021 avec précision, alors que la prédiction d’un séisme reste un grand mystère de la sismologie. Ces certitudes deviennent plus surprenantes encore quand elles comportent des effets de seuil, notamment en physique statistique: deux modèles aléatoires de systèmes désordonnés, très proches dans leurs paramètres, peuvent se comporter de manière diamétralement opposée, et malgré tout prévisible.

Remi Camus Remi Camus
Aventurier

Rémi Camus n’est pas un sportif comme les autres. Du jour au lendemain, alors qu’il n’a que 26 ans, Rémi quitte son métier de maître d’hôtel après être passé par un restaurant classé une étoile au guide Michelin. Sa tête est ailleurs et son corps l’emmène vers de nouvelles aventures lorsqu’il se lance pour traverser l’Australie à pieds (5 400 km), puis de descendre le Mékong à la nage en hydrospeed (4 400 km) ou encore de faire le tour de France à la nage (2 650 km). Aujourd’hui il continue de vouloir explorer le monde avec ses propres moyens, tout en sensibilisant les populations sur l’état des eaux sur la planète.


Conférence : Le hasard est-il incontournable pour l'explorateur ?
Samedi 3 juillet 2021, 9h15 - 10h — Amphi Jean-Fourastié

En cours

Roger Mansuy Roger Mansuy
Mathématicien

Après une thèse en probabilités, Roger Mansuy a choisi d'enseigner en classes préparatoires scientifiques. En dehors de son activité d'enseignant aux lycées Louis-le-Grand et Saint-Louis, il est connu pour son action dans la diffusion de la culture mathématique ; il a déjà publié une dizaine d'ouvrages universitaires et écrit des chroniques mensuelles dans le magazine La Recherche.


Conférence : Que peut-on espérer du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Jean-Prouvé

On a coutume de placer l'origine de la théorie mathématique des probabilités avec la résolution d'un problème pratique: deux joueurs voient leur partie interrompue avant que le sort n'ai déterminé un gagnant; comment déterminer un partage équitable des mises connaissant le score à l'interruption ? En d'autres termes, quelle partie de la mise totale peut espérer obtenir chaque joueur ? À travers cet exemple, apparaît le concept d'espérance mathématique. Désormais, on le retrouve dans toutes les modélisations et calculs liés au hasard : de nos espoirs en le tirage d'une loterie à notre espérance de vie en passant par l'estimation de prix des contrats financiers. Regardons le cheminement historique de ce concept et sa pertinence pour traduire notre perception intuitive de l'espoir.

Roland Lehoucq Roland Lehoucq
Astrophysicien

Roland Lehoucq est astrophysicien au Département d’Astrophysique du CEA de Saclay. Il enseigne à l’Institut d’études Politiques et au master ASE2 (Approche Sociale de l’Energie et de l’Environnement) de l’université Paris Diderot. Il a publié de nombreux ouvrages dont « La science fait son cinéma » et « Faire des sciences avec Star Wars ». Depuis 2012, il est président des Utopiales, le festival international de science-fiction de Nantes. L’astéroïde (31387) Lehoucq porte son nom en hommage à son implication dans la diffusion et le partage des connaissances.


Conférence : Le hasard se loge-t-il au coeur des étoiles ?
Vendredi 2 juillet 2021, 15h15 - 16h — Amphi Abbé-Grégoire

De nombreuses hypothèses furent avancées pour comprendre la nature et l’origine de la prodigieuse luminosité du Soleil. Au début du 20e siècle, les physiciens comprirent que l’assemblage d’éléments légers en éléments plus lourds pouvait être source de l’énergie permettant à notre étoile de briller durablement : la fusion de quatre noyaux d’hydrogène en un noyau d’hélium peut fournir au Soleil une énergie suffisante pour briller plusieurs milliards d’années. Il restait cependant à comprendre comment deux noyaux, portant une charge électrique positive, peuvent s’approcher suffisamment près pour fusionner en dépit de leur répulsion électrostatique... Dans cette conférence, nous verrons que le processus physique qui permet aux étoiles de briller durablement est fondé sur le hasard et qu’il se manifeste dans bien d’autres situations.


Dédicace : Pourquoi le Soleil brille
Vendredi 2 juillet 2021, 16h - 16h45

Romain Ligneul Romain Ligneul
Chercheur en neurosciences

Ancien étudiant de l’École Normale Supérieure, Romain Ligneul est chercheur en neuroscience à Lisbonne (Center for the Unknown, Fondation Champalimaud). Après une thèse à l’Institut Marc Jeannerod (Lyon, CNRS) durant laquelle il a notamment travaillé sur la perception des probabilités chez les joueurs pathologiques, il a étudié les mécanismes neurocognitifs impliqués dans les comportements exploratoires et dans la capacité des humains à évaluer le contrôle qu’ils exercent sur leur environnement. Ces travaux l’ont progressivement amené à questionner la formalisation des concepts de causalité et de hasard en sciences cognitives.


Conférence : Faut-il perdre le contrôle pour mieux le retrouver ?
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 - 16h — Amphi Abbé-Grégoire

Le contrôle exécutif constitue un trésor évolutif permettant aux êtres humains de réussir des tâches cognitives incroyablement complexes. Parce qu’ils s’opposent aussi bien à la stochasticité de notre cerveau qu’à la stochasticité de notre environnement, les comportements dits contrôlés sont fréquemment associés à de meilleures « performances » telles que mesurées en laboratoire. Cependant, cette association entre contrôle exécutif et performance est loin d’être universelle et elle mérite à bien des égards d'être questionnée. Dans cet exposé, je montrerai notamment pourquoi notre contrôle exécutif est parfois indésirable et pourquoi notre capacité à produire l’aléatoire est souvent indispensable. Ce faisant, je m’efforcerai montrer comment la théorie de l’information peut permettre d’articuler les concepts de contrôle, de hasard et d’agentivité de façon cohérente et parfois inattendue.

Sandrine Marcot Sandrine Marcot
Présidente déléguée

Sandrine Marcot est diplômée de l’Executive MBA de Paris-Dauphine et de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle est également titulaire d’un Master en Management des Organisations Associatives et d’une Maîtrise en Ressources Humaines. Après un riche parcours à la tête de PME, Sandrine a rejoint le monde des organisations associatives et professionnelles il y a 14 ans. Elle dirige, depuis 2014, l’Union de la bijouterie-horlogerie, organisation professionnelle représentant les détaillants bijoutiers-horlogers auprès des acteurs politiques et économiques français et européens. Aujourd’hui, elle accompagne, avec son équipe, près de 600 entreprises représentant 2100 magasins répartis sur tout le territoire, et 1,3 milliards € de chiffre d’affaires. Sandrine a également pour mission d’analyser les changements environnementaux et économiques impactant le secteur de la bijouterie horlogerie. Elle accompagne les détaillants dans la transformation de leur activité, en tenant compte des changements de modes de consommation et de leurs conséquences sur l’activité des points de vente mais également sur l’évolution des métiers du secteur. Ainsi, elle a initié, en partenariat avec des acteurs majeurs du secteur, un grand plan de transformation digitale de l’ensemble des magasins français et travaille aux côtés de France Horlogerie à la création d’une plateforme digitale et d’un LAB où industriels de la montre, détaillants et entreprises de la Tech, pourront concevoir ensemble de nouveaux projets.


Table ronde : La mesure du temps supporte-t-elle le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 — Amphi Jean-Fourastié

Sean Raymond Sean Raymond
Astrophysicien

Sean Raymond est un astrophysicien américain. Il étudie la formation et l'évolution des systèmes planétaires. Dans ses recherches, il pose des questions comme : D'où vient l'eau de la Terre ? Quels systèmes planétaires extra-solaires sont les plus propices à la vie ? Les lunes peuvent-elles avoir leurs propres lunes ? Pourquoi notre système solaire semble-t-il être différent des systèmes planétaires autour d'autres étoiles ? En tant qu'astronome amateur de science-fiction, il aime mêler l'imagination à la science. Sur son blog - planetplanet.net - il crée parfois ses propres systèmes planétaires. Parfois, il évalue la validité scientifique de décors bien connus tirés de films ou de livres (comme Pandora, Arrakis, etc.). Et parfois, il essaie de comprendre comment on se sentirait sur une autre planète, par exemple en comprenant les cycles jour-nuit dans les systèmes multi-étoiles ou en se faisant une idée du climat des mondes exotiques. Il décrit également les modes de destruction des planètes, sur la base de ses propres recherches, et se lance parfois dans des poèmes d'astronomie à la Dr Seuss. Il vient également de publier un livre de poèmes d'astronomie.


Conférence : Notre planète s'est-elle formée par hasard ?
Jeudi 1 juillet 2021, 10h45 - 11h30 — Amphi Jean-Fourastié

Comprendre comment notre Terre s'est formée est l'un des grands défis de la science planétaire. Défi qui se trouve au cœur de la recherche d'autres planètes porteuses de vie dans la Galaxie. Nous disposons d'images de disques de formation de planètes autour de jeunes étoiles et avons découvert des milliers d'exoplanètes en orbite autour d'autres étoiles plus anciennes. On pense qu'une variété de processus physiques est responsable de la croissance de grains de poussière de taille micrométrique en planètes de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Certains processus se comportent classiquement et sont prévisibles. D'autres sont stochastiques par nature, de sorte qu'un petit changement peut entraîner un résultat radicalement différent. Les simulations informatiques permettent d'aborder la question de l'embranchement des résultats et de la robustesse de la formation de notre planète et du système solaire. La question qui se pose alors est la suivante : quelles sont les caractéristiques qui rendent la Terre vraiment " spéciale " ?

Sebastian Dieguez Sebastian Dieguez
Chercheur en neurosciences

Sebastian Dieguez est chercheur en neurosciences et en psychologie cognitive à l’Université de Fribourg, en Suisse. Son travail porte sur la formation des croyances, avec un accent particulier sur le complotisme contemporain. Il s’intéresse aussi aux liens entre psychologie et littérature, à la propagation des pseudo-sciences, et à la nature de la conscience de soi. A côté de ses activités académiques, il écrit régulièrement dans le magazine Cerveau & Psycho et le journal satirique Vigousse. Son dernier livre est Total Bullshit ! Au cœur de la post-vérité (PUF, 2018).


Conférence : Pourquoi moi ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h - 16h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Quand le hasard, le destin, le sort ou la malchance nous frappent cruellement, la question « pourquoi moi? » émerge tout naturellement. Mais à vrai dire, cette question, on pourrait se la poser à chaque instant. Pourquoi suis-je moi, là, maintenant, et non un autre ? Et pourquoi, à ce compte, sommes-nous tous « moi », alors que nous aurions pu aussi bien être n’importe qui, ou même n’importe quoi ? Pourquoi est-ce moi qui écrit ces lignes, et non pas vous ? Et pourquoi écris-je ces lignes en particulier, et non pas d’autres ? Serions-nous, à tout instant, la cible privilégiée des jeux mystérieux du hasard ? A moins, bien sûr, que toutes ces questions ne soient mal posées, et qu’elles ne résultent que d’une illusion pernicieuse de l’esprit. Cette présentation tente de mettre à jour les présupposés de la question « pourquoi moi ? », en mobilisant les recherches récentes sur la nature du « vrai moi » en neurosciences et en psychologie cognitive.


Dédicace : Total bullshit !
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 - 17h30

Sébastien Teot Sébastien Teot
Directeur SCPTime

Titulaire d’un MBA de l'IFG et Georgetown, Sébastien Téot a plus de 20 ans d’expérience dans l’industrie, la distribution et le commerce, à des postes de direction de filiale et opérationnelle. Sa forte expérience des métiers de services à des postes de direction chez Amazon EU et chez SCPTime lui permettent d’aborder les enjeux du temps dans le monde digital avec recul et de manière globale.


Table ronde : La mesure du temps supporte-t-elle le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 16h45 — Amphi Jean-Fourastié

Sébastien Wit Sébastien Wit
Chercheur post-doctoral

Sébastien Wit est chercheur postdoctoral à l’Université de Picardie Jules Verne, chargé du suivi des activités du PRC ANR ALEA. Agrégé de lettres modernes et docteur en littératures comparées, il a publié : Romans du hasard : Italo Calvino, Julio Cortázar, Philip K. Dick, Marc Saporta (PU Rennes, 2019). Il est membre du CERCLL (EA 4283), et travaille notamment sur les formes de narration non-linéaire au XXe siècle, à la fois dans la littérature et les cultures ludiques.


Table ronde : Aimons-nous jouer avec le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 — Amphi Jean-Fourastié

Sidney Delgado Sidney Delgado
Biologiste

Biologiste, Maitre de conférence à Sorbonne Université, Sidney Delgado travaille à l’ISYEB (l'Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité) qui dépend du Muséum national d'Histoire naturelle, de Sorbonne Université et du CNRS. Spécialiste de la génétique de l’évolution, il étudie l’évolution des gènes liés à la minéralisation des os, des dents et des écailles, chez les Vertébrés.


Conférence : Le hasard des mutations est-il le seul moteur de l’évolution ?
Samedi 3 juillet 2021, 13h45 - 14h30 — Amphi Jean-Prouvé

En 1859, dans son livre « de l’origine des espèces », Charles Darwin explique que l’évolution est basée des variations aléatoires qui se transmettent de manière héréditaire et sont ensuite triées par la sélection naturelle en fonction de l’environnement dans lequel vivent les êtres vivants. Pourtant, il n’arrivait pas à expliquer l’origine de ces « variations ». Il fallut entendre le début du 20ème siècle et l’avènement de la génétique pour découvrir la notion de mutation et le milieu du 20ème siècle pour comprendre la nature de ces mutations. Le hasard dans l’évolution est-il alors le résultat unique des mutations aléatoires sur l’ADN ? Aujourd’hui, on découvre que l’environnement marque de son empreinte l’expression des gènes : il existe une hérédité sans les gènes, c’est l’épigénétique. On découvre aussi que l’expression des gènes est un phénomène aléatoire dans lequel on peut dire qu’un gène a une certaine probabilité d’être exprimé ou non. La stabilisation du système viendrait de signaux extérieurs et d’un phénomène de sélection naturelle à l’échelle de la cellule, phénomène que Jean-Jacques Kupiec appelle le Darwinisme cellulaire. Ainsi, ce qui se produit à l’échelle de l’organisme a lieu aussi à l’échelle de la cellule.


Dédicace : Tolkien et les sciences
Samedi 3 juillet 2021, 14h30 - 15h15

Stuart Vyse Stuart Vyse
Psychologue et écrivain

Stuart Vyse est psychologue, professeur et écrivain. Il est rédacteur en chef du magazine Skeptical Inquirer, pour lequel il écrit la rubrique "Behavior & Belief". La première édition de son livre Believing in Magic : The Psychology of Superstition (Oxford) a remporté le William James Book Award de l'American Psychological Association et a été traduite en japonais, en allemand et en roumain. Une édition mise à jour a été publiée en 2014. Son livre Going Broke : Why Americans (Still) Can't Hold On To Their Money (Oxford) est une analyse de l'actuelle montée en puissance des dettes personnelles aux États-Unis. La première édition a été traduite en chinois, et la deuxième édition a été publiée en septembre 2018 sous forme de livre de poche et de livre audio. Son livre Superstition : A Very Short Introduction (Oxford) a été publié en 2020. En tant qu'expert en matière de superstition et de comportement irrationnel, Vyse a été cité dans de nombreux médias, notamment le New York Times, le Washington Post, le Los Angeles Times, et est à l'antenne sur CBS Sunday Morning, CNN International, PBS NewsHour et NPR's Science Friday. Il est titulaire d'un doctorat en psychologie et d'une licence et d'une maîtrise en littérature anglaise. Il est membre de l'Association for Psychological Science et du Committee for Skeptical Inquiry.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)


Conférence : Les humains peuvent-ils tolérer un monde aléatoire ?
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Abbé-Grégoire

Il a été dit que, comme la nature abhorre le vide, la nature humaine abhorre l'incertitude et l'absence de sens. Bien que nous disposions de pouvoirs de perception remarquables, nous voyons souvent l'ordre là où il n'y en a pas et pensons que les choses se produisent pour des raisons qui ne peuvent être étayées par des preuves. Nous inventons des superstitions et d'autres notions irrationnelles pour effacer le caractère aléatoire du monde. Le besoin d'ordre, de contrôle et de tolérance de l'ambiguïté varie d'une personne à l'autre. Lorsque l'on demande de simuler le comportement aléatoire d'un tirage à pile ou face, les humains échouent souvent et ne sont capables de reproduire le caractère aléatoire qu'après une formation approfondie. Pourtant, la tolérance de l'ambiguïté est une caractéristique essentielle de la pensée scientifique. Elle apporte un certain bien-être dans les situations de stress. Le monde auquel nous sommes confrontés semble souvent arbitraire et imprévisible. Pouvons-nous néanmoins apprendre à vivre avec le hasard ?


Dédicace : Superstition: A Very Short Introduction
Jeudi 1 juillet 2021, 18h15 - 19h
Dédicace : Believing in Magic: The Psychology of Superstition
Vendredi 2 juillet 2021, 12h15 - 13h

Sylvestre Huet Sylvestre Huet
Journaliste

Journaliste, spécialisé en sciences depuis 1986, Sylvestre Huet a travaillé pour de nombreux journaux dont Libération et Le Monde. Aujourd'hui indépendant, il tient le blog {Sciences²} pour Lemonde.fr (https://www.lemonde.fr/blog/huet/). Prix Diderot-Curien (2012), prix de l'Union Rationaliste (2015), prix de l'information scientifique du grand public de l'Académie d'agriculture 2019). Auteur de plusieurs livres dont : Quel climat pour demain (2000 Calmann-Lévy), L'imposteur, c'est lui : réponse à Claude Allègre, Stock, 2010 ; Changement climatique : les savoirs et les possibles (avec Hervé Le Treut, Olivier Godard et Jérôme Chapellaz), La ville brûle, 2010; Les dessous de la cacophonie climatique, La ville brûle, 2015; Le Climat en 100 questions (avec Gilles Ramstein, Tallandier, 2020).


Table ronde : Le hasard gouverne-t-il le temps qu'il fait ?
Jeudi 1 juillet 2021, 16h — Amphi Jean-Fourastié
Dédicace : Le climat en 100 questions
Jeudi 1 juillet 2021, 17h30 - 18h15

Sylvie Zucca Sylvie Zucca
Médecin psychiatre

Sylvie Quesemand Zucca, psychiatre psychanalyste, travaille en pratique libérale avec des adolescents et jeunes adultes et, hebdomadairement dans une consultation auprès de personnes migrantes et nouvellement arrivées sur le sol français. Sylvie a travaillé 10 ans avec le docteur Xavier Emmanuelli sur les questions de précarité et de psychiatrie dans le cadre de la première cellule mobile " psychiatrie précarité ". Sylvie Quesemand Zucca mène actuellement une réflexion sur les liens entre les flux d’images numériques et les symptômes à l’adolescence. Dans le monde adulte, elle s’intéresse de manière plus générale à la psychopathologie des faits contemporains.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 — Amphi Jean-Fourastié

Thierry Harvey Thierry Harvey
Médecin obstétricien

Thierry Harvey est gynécologue obstétricien. Il est chef de service à la maternité des Diaconesses de Paris depuis bientôt 25 ans. Il préside actuellement le Solipam (Solidarité Paris maman), association et réseau prenant en charge les femmes enceintes en situation de grande précarité en Île-de-France. Thierry est particulièrement engagé dans la défense des femmes, le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ainsi que la procréation médicalement assistée (PMA). Le bien-être et le respect de l'humain sont au centre de ses préoccupations.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 — Amphi Jean-Fourastié

Thomas Boraud Thomas Boraud
Chercheur en neurosciences

Thomas Boraud est docteur en médecine et en neuroscience. Il possède une expertise reconnue dans le contexte de la sélection de l’action, de la prise de décision et des processus d'apprentissage. Ses études s'appuient sur des enregistrements électrophysiologiques in vivo associés à une approche théoriques approfondie. Après un post-doc financé par une bourse Marie Curie à l'Université Hébraïque de Jérusalem, il a obtenu un poste de Chargé de Recherche au CNRS en 2001. Depuis, Thomas Boraud a publié plus de 80 articles dans des revues à comité de lecture. Au cours de cette période, il a supervisé le travail de 13 boursiers postdoctoraux et de 8 doctorants et plus de 20 étudiants de premier cycle. Thomas Boraud a obtenu un poste de Directeur de Recherche CNRS en 2008. Il a constitué sa propre équipe de recherche en 2011, avec 3 autres chercheurs seniors, 5 post-doctorants, 3 doctorants et 1 technicien. Cette équipe s'est agrandie en 2016 avec l'inclusion de 3 cliniciens travaillant sur la physiopathologie des fonctions exécutives. Outre ses fonctions scientifiques, Thomas Boraud est éditeur scientifique chez PLoS one et Frontier in Neurosciences. Il a été président du comité Parkinson de la Fondation de France (2009-2012) et a été élu président de l'International basal Ganglia Society pour 2017-2019. Le travail de Thomas Boraud a été reconnu par la Fondation pour la Recherche Médicale en 2010 (Prix Innovation) et par le CNRS (Prime d'Excellence Scientifique, 2010-2013). En 2015, il a publié «Matière à décision» qui a récemment été traduit en anglais sous le titre: «How my brain takes decision».


Conférence : Notre cerveau décide-t-il à pile ou face ?
Vendredi 2 juillet 2021, 12h15 - 13h — Amphi Abbé-Grégoire

Et si notre faculté à prendre des décisions relevait plus du hasard que d’un processus rationnel ? On a longtemps admis que, chez l’homme, la prise de décision résultait d’un processus cognitif et psychologique : l’esprit décide, le corps obéit. Or, le schéma est inverse : le mécanisme décisionnel est produit par la matière cérébrale. C'est un phénomène aléatoire qui résulte de processus de compétitions au sein d'un réseau dont l'architecture a peu évolué depuis les premiers vertébrés. L'extraordinaire développement du cortex, qui a rendu possible le développement de grandes capacités d'abstraction, n’a pas modifié la structure initiale du réseau de la décision : le processus conserve sa nature aléatoire, ce qui limite la capacité de l'homo sapiens à raisonner de façon rationnelle. Il en résulte que lorsqu’un individu pèse le pour et le contre, il ne fait ni plus ni moins que de s’en remettre au hasard de dés virtuels. Apprendre consiste dès lors à piper ces dés en sa faveur… Mais ce qui, selon des critères purement économiques, n'est qu'une rationalité limitée, est peut-être le prix à payer pour conserver la grande capacité d'adaptation, principale spécificité de l'espèce humaine.


Dédicace : Matière à décision
Vendredi 2 juillet 2021, 13h - 13h45

Thomas Heams Thomas Heams
Chercheur en génomique et biotechnologies

Thomas Heams est enseignant-chercheur à AgroParisTech et à l'INRAE. Après une thèse sur le hasard dans l'expression des gènes, il a notamment travaillé sur des thématiques prébiotiques dans un laboratoire de biochimie de l'évolution. Ses travaux actuels et enseignements portent sur la génétique, l'histoire des idées scientifiques, et l'épistémologie critique des biotechnologies. Il est administrateur des Editions Matériologiques, et il est l'auteur d' « Infravies, le vivant sans frontières » (Seuil, 2019), dans lequel il propose un cadre de lecture renouvelé pour dépasser les oppositions entre l'inerte et le vivant.


Conférence : Quel est le rôle du hasard dans les origines du vivant ?
Vendredi 2 juillet 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Jean-Prouvé

Chercher les origines du vivant n'est pas seulement manifester une curiosité pour un événement historique inaccessible, c'est une des modalités pour mieux comprendre ce qu'est le vivant. Or, si celui-ci est forcément une histoire, il y a un paradoxe a vouloir le saisir à son moment initial, où il était justement sans histoire. On peut le résoudre en l'inscrivant dans une dynamique temporelle plus profonde, où la notion même d'apparition de la vie peut être remplacée par une vision plus graduelle où le hasard n'a jamais cessé de jouer un rôle, depuis l'évolution des formes minérales jusqu'à celles des êtres vivants. Ce sont donc les transformations du rôle du hasard qui peuvent nous éclairer ici, et être riches d'enseignement pour les recherches qui visent à recréer de la vie en laboratoire ou à en chercher ailleurs dans l'univers. Plutôt qu'un vivant docile et déterminé, les dynamiques aléatoires nous rappellent que l'originalité du vivant tient dans son inventivité nécessaire et permanente.


Dédicace : Infravies - Le vivant sans frontières
Vendredi 2 juillet 2021, 18h15 - 19h

Thomas Jontza Thomas Jontza
Médecin psychiatre

Ancien praticien des hôpitaux, j'ai vécu ma formation de psychiatre et de psychothérapeute d’orientation psychanalytique au PLK Weissenau, hôpital universitaire de l’Université d’Ulm en Allemagne. J’ai eu la chance de grandir dans la profession dans un cadre politiquement engagé, bienveillant et créant des structures thérapeutiques innovantes, dont je reste encore aujourd’hui reconnaissant et proche. Je suis aussi thérapeute familial (formé par C. Gammer). Sous la direction du Prof. Hole j'ai enseigné l’hypnose dans la formation des médecins psychothérapeutes en Allemagne, plus tard à Zurich en Suisse à la Clinique psychiatrique universitaire Burghölzli. Exerçant depuis des années à Paris, je suis Praticien attaché en addictologie à l’HEGP/AP-HP. A mon cabinet en ville, j’utilise aujourd’hui des approches dites comportementales (p.ex. DBT, Schema Therapy) dans le suivi de mes patients psychiatriques et en psychothérapie.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 — Amphi Jean-Fourastié

Tiphaine Lours Tiphaine Lours
Masterante en histoire de la médecine

Tiphaine Lours est actuellement masterante à l’Ecole de la Recherche de Sciences Po Paris. Après avoir suivi le double diplôme Histoire-Sciences Sociales à Sorbonne Université (faculté de Lettres) et Sciences Po Paris, et effectué une année à l’étranger dans le département d’archéologie de University College Cork en Irlande, elle réalise à présent un mémoire de recherche au carrefour de l’histoire de la médecine et de l’histoire des sciences expérimentales. Financé par le Comité pour l’Histoire de l’INSERM, celui-ci vise à explorer la genèse au cours du XIXe siècle des pratiques chirurgicales relatives aux greffes d’organes et de tissus en France. Elle mène aussi actuellement un projet entrepreneurial, avec la création de sa marque de patrons de tricot vendus en ligne.

Ugo Bellagamba Ugo Bellagamba
Ecrivain et enseignant-chercheur

Ugo Bellagamba est écrivain et enseignant-chercheur en histoire du droit et des idées politiques, en poste à Université Côte d'Azur. Il travaille principalement sur les représentations culturelle du droit et de la justice dans les utopies et de la science-fiction. En tant qu'auteur, il a publié plusieurs uchronies dont Tancrède, un roman qui revisite la Première Croisade et qui lui a valu plusieurs prix. Il est aussi l'organisateur de la prochaine convention nationale de science-fiction à Valbonne.


Table ronde : Comment définir le hasard en termes juridiques ?
Vendredi 2 juillet 2021, 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire

Valentin Baillard Valentin Baillard
Doctorant en probabilités

Durant ses études à l'École Centrale Paris (désormais CentraleSupélec), Valentin poursuit un travail de recherche de 3 ans en physique des plasmas appliquée à de futures technologies bas-carbone et intègre durant 6 mois la collaboration LIGO. Diplômé, il s'oriente vers la recherche plus abstraite en mathématiques fondamentales et est aujourd'hui en première année de doctorat en Probabilités à l'Université Paris-Sud et au CEA de Paris-Saclay. Son sujet porte sur l'étude des propriétés spectrales d'un certain type de matrices aléatoires, qui intéressent à la fois les mathématiciens et les physiciens théoriciens, mais aussi à terme l'industrie du machine learning ou des télécommunications. Passionné de sciences, il a coordonné en 2018 l'organisation d'un colloque scientifique étudiant de grande envergure (la première édition du Colloque Scientifique de CentraleSupélec, ou CS²), et anime durant son doctorat des ateliers scientifiques pour les élèves de primaire et collège à la Maison d'Initiation et de Sensibilisation aux Sciences (MISS) de Paris-Saclay. C'est aujourd'hui moins le contenu de la science que l'esprit critique et une approche philosophique de notre rapport à la connaissance qu'il cherche à démocratiser.


Table ronde : Peut-on créer sans hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 11h30 — Amphi Abbé-Grégoire

Valentin Lam Valentin Lam
Photographe

Valentin Lam est un photographe et vidéaste professionnel spécialisé dans le domaine de l'aventure. Avant tout passionné de photographie depuis presque 10 ans, il s'est focalisé sur les portraits originaux, en jouant avec les environnements, les textures et les lumières pour créer des clichés uniques et modernes. Et c'est en parallèle que son goût du voyage et de l'aventure s'est parfaitement mêlé à celui de la vidéo et c'est pourquoi il réalise des films et des clips dans cet univers.

Vera Mihailovich-Dickman Vera Mihailovich-Dickman
Maître de Conférences en Interculturalité

Vera Mihailovich-Dickman est Maître de Conférences, enseignante d’anglais et d’interculturalité à Télécom Paris, école d’ingénieur de l’Institut Mines-Télécom et de l’Institut Polytechnique de Paris. A l’Université Paris-Saclay, où elle coordonne l’Internationalisation et l’interculturalité, elle est membre associé du laboratoire de recherche SLAM (Synergies Langues Arts Musique). Titulaire d’un doctorat en Histoire et Sémiologie du Texte et de l’Image, elle se spécialise dans l’œuvre de l’artiste double Henri Michaux qu’elle découvre par hasard, à Tours, lors de ses études de Licence et qu’elle poursuit en Maîtrise. Elle enseigne le français en Afrique du Sud, où elle avait fréquenté William Kentridge et joué avec lui dans « Ubu Rex » inspiré d’Alfred Jarry lorsqu’ils étaient étudiants. Elle se trouve comme Kentridge à Jacques Lecoq en 1981, venue à Paris à la rencontre de Michaux. En 1999 elle organisera une rétrospective de l’œuvre picturale du poète à la Whitechapel Gallery de Londres. Elle est passionnée par le théâtre aléatoire, l’art contemporain, l’écriture et l’interculturalité.


Conférence : Jusqu’où l’artiste peut-il faire confiance au hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 - 15h15 — Amphi Jean-Prouvé

En quoi les trajectoires et démarches de deux créateurs protéiformes, Henri Michaux et William Kentridge, sont-elles dues au hasard ? Né à Johannesburg (Afrique du Sud) Kentridge cherche sa voie à Paris à l’âge de 25 ans par la pratique du mime et du théâtre à l’Ecole Jacques Lecoq, mais ne se trouve pas assez doué. Or, persuadé qu’une politique marxiste s’opposerait à l’absurdité douloureuse de la société inégalitaire de son pays, il trouve une résonance en Europe chez les Dadaistes où poésie, politique, performance et industrie se réunissent dans les rencontres du plus grand hasard. Michaux, lui, quitte la Belgique à 20 ans pour prendre le large en tant que matelot, mais à l’âge de 24 ans se retrouve poète publié à Paris. Or, il va préférer, au Prix National des Lettres en 1965, s’autoriser à suivre une ligne « d’aveugle investigation » et des « trajets pictographiés, (…) sans règles ». Aujourd’hui, Il est exposé par plus de 300 galeries dans le monde et, toujours, à Paris en 2020. Kentridge, tournant également le dos à la maîtrise, s’autorisera à effacer – sa technique de marque : le droit à l’erreur, au recyclage, à la récupération, à la ré-création – au risque. Il est considéré comme l’un des plus grands créateurs contemporains et à cet artiste, récompensé du prix Praemium Impérial japonais en 2019, le LAM consacre une rétrospective majeure en 2020.

Vincent Bontems Vincent Bontems
Philosophe des sciences

Vincent Bontems est philosophe des sciences et des techniques, chercheur au Larsim (CEA) et chercheur associé au CGS (Mines ParisTech). Spécialiste de Gaston Bachelard et de Gilbert Simondon, ses travaux portent sur l’épistémologie, la philosophie des techniques, la sociologie des sciences et l’innovation. Il dirige la collection « L’Âne d’or » aux Belles Lettres. Il enseigne l’épistémologie et l’éthique à l’ENSTA, à l’INSTN et à l’Institut Pasteur. Auteur avec Roland Lehoucq de Les idées noires de la physique en 2016, il dirige également le séminaire « Conception, création, innovation et invention » à l’école des Mines.


Table ronde : Aimons-nous jouer avec le hasard ?
Vendredi 2 juillet 2021, 14h30 — Amphi Jean-Fourastié

Xavier Emmanuelli Xavier Emmanuelli
Médecin urgentiste

Xavier Emmanuelli s'engage comme médecin dans la marine, puis soigne les mineurs. Il se spécialise ensuite en neurologie puis en anesthésie-réanimation. Ancien secrétaire d'État à l'action humanitaire d'urgence, cofondateur de Médecins sans frontières, médecin-chef à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, médecin au SAMU de Paris, Xavier Emmanuelli est le fondateur du Samu social et du Samu social international qu'il préside. Xavier Emmanuelli est convaincu que le médical et le social doivent s'unir contre l'exclusion.


Table ronde : La médecine peut-elle s’affranchir du hasard ?
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 — Amphi Jean-Fourastié

Yann Le Coq Yann Le Coq
Ingénieur de recherche

Ingénieur SupOptique et Docteur en Physique, Yann Le Coq est Ingénieur de Recherche au CNRS. Il travaille au laboratoire LNE-SYRTE situé à l'Observatoire de Paris, où il étudie et développe avec ses collègues les prochaines générations d'horloges atomiques. Celles-ci sont basées sur des références de fréquence issues de transitions atomiques hyper-étroites du domaine optique, et utilisent des atomes refroidis et piégés par laser. Ses travaux portent plus précisément sur les lasers ultra-stables et les peignes de fréquences, composantes essentielles de ces horloges atomiques optiques. Depuis 2018, il dirige le Laboratoire d'Excellence et la Fédération de Recherche FIRST-TF, structure nationale en réseau forte de 25 laboratoires académiques et de plus de soixante industriels, qui s'attache à coordonner les activités de R&D en France dans le domaine Temps-Fréquence.


Conférence : Peut-on vivre avec le hasard et l'incertitude dans la mesure du temps ?
Samedi 3 juillet 2021, 17h30 - 18h15 — Amphi Jean-Prouvé

La mesure de l’écoulement du temps est l’un des domaines où la science et la technologie moderne excellent le plus : les meilleures horloges atomiques parviennent aujourd’hui à des précisions à la 18ème décimale, soit l’équivalent de moins d’une seconde d’erreur sur l’age de l’univers (si une telle horloge avait pu être en fonctionnement depuis le big bang...). Cependant le hasard et l’incertitude propre à toute mesure (qu’ils soient d’origine technologique ou fondamental – imposé en particulier par les lois de la physique quantique) entraînent inévitablement au bout d’un certain temps une désynchronisation – même entre les meilleures horloges – aux conséquences potentiellement dramatiques (réseaux de télécoms, infrastructures, transports, navigation par satellites, etc.). Je présenterai les concepts et les enjeux sous-jacents à ces questions, et exposerai comment on peut vivre – et comment l’humanité vit, sans souvent s’en rendre compte – avec les conséquences du hasard et de l’incertitude dans la mesure du temps.

Yasmine Grasser Yasmine Grasser
Psychanalyste

Yasmine Grasser est psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne (ECF), enseignante à la Section clinique de Paris-Île-de-France, elle a créé une consultation pour le tout-petit enfant et sa famille (2005). Ses travaux concernent la formation du psychanalyste, les effets du langage sur le corps à l’intérieur de l’expérience analytique. Elle a publié notamment : « Quelle transmission ? », revue Envers de Paris, Horizon, n°72, 2020 ; « Que savent les enfants ? », site cpct-paris.com, 2019 ; « Laisser le corps se dire », revue ECF, La Cause du désir, n°86, 2014, diffusé par le Cairn ; « L’apprendre de la peinture », Blog J47, site ECF, 2017 ; « Trajets de lettres », Musée de La Poste, Paris, 1994.


Conférence : En quoi le hasard est-il irréductible ?
Samedi 3 juillet 2021, 15h15 - 16h — Amphi Jean-Prouvé

Il y a dans le hasard l’idée de quelque chose d’inéliminable, de redouté, d’insistant qui, ne pouvant se signifier, met en évidence l’incomplétude d’un savoir établi jusque-là - un trou - qui sollicite de subvertir le discours traditionnel pour produire du nouveau. L’artiste William Turner, peintre de paysage, en donne un aperçu. « Je peins ce que je vois, pas ce que je sais, disait-il ». Ce « voir », singulier, s’il provoquait les railleries de ses collègues, le déterminait à se dégager du classicisme afin de peindre ce qui s’imposait à lui comme lumière-jamais-vue jusque-là. Ce savoir nouveau, violent, irréductible, l’a isolé, mais le hasard n’a pas permis que ce « voir » soit un accident dans l’histoire de l’art. John Ruskin, critique d’art et poète, a su voir l’intelligible dans ce que voyait l’artiste, il en a donné un écho se répercutant avec Marcel Proust jusqu’aux années 60, date où les toiles de Turner sortent de la Tate Galery pour être exposées, et jusqu’à aujourd’hui avec le livre de l’historien d’art Pierre Watt qui nous éclaire sur le mythe Turnerien. Entre temps, à partir de sa pratique, le psychanalyste Jacques Lacan, nous a instruit sur la fonction de la tache : « pure présence », « regard » appelant son « regardeur ». Avec la couleur, la tache ayant fait irruption dans la peinture de Turner, son « éblouissement » fait trou dans ses paysages, d’où, par contingence, le « voir » de l’artiste fait symptôme dans le champ social.