L’intelligence se heurte-t-elle à des murs infranchissables ou n’est-elle qu’un mouvement perpétuel d’expansion et de dépassement ? Cette table ronde interroge les frontières de la connaissance et des capacités humaines, animales et collectives. Le mathématicien Cédric Villani explore les limites de la compréhension en mathématiques, ce langage universel qui bute parfois sur l’indémontrable. Le professeur Grégory Ninot analyse les limites du corps, entre performance, résilience et vulnérabilité. L’éthologue Ludovic Dickel, révèle comment l’intelligence animale repousse sans cesse les frontières que nous lui imposions. Enfin l’astrophysicien Alain Riazuelo nous invite à dépasser nos capacités cognitives pour « penser l’infini ». Comprendre nos limites, c’est aussi apprendre à les franchir, les transformer ou les accepter.
Table ronde organisée par
Cette table ronde du luxe propose une immersion au cœur de la Franche-Comté, territoire dont l’identité est profondément façonnée par la maîtrise du temps. Ici, la mesure du temps n’est pas seulement un outil : elle devient matière, pensée, culture et moteur de transformation. Ancrée dans un patrimoine horloger séculaire, cette région s’est affirmée comme capitale du temps, incubatrice des microtechniques et des savoir-faire technologiques capables de créer l’infiniment petit. Les limites, les repères, les marqueurs temporels deviennent autant de points d’appui pour comprendre l’évolution d’un biotope franc-comtois et bisontin en perpétuelle mutation. Autour de la table, géographe, entrepreneur de la haute fréquence, inventeur de micromoteurs en silicium et de la montre The Time Changer, designer et artisans du luxe partageront leur perception du temps et la manière dont celui-ci s’attache à la terre horlogère. Ensemble, ils offriront une lecture croisée des ancrages, des ruptures et des innovations qui nourrissent aujourd’hui l’excellence du luxe technique et la vision de demain.






La France, comme chaque territoire, possède un patrimoine riche, diversifié dont il faut prendre soin, pour l’histoire de ses peuples, la cohésion sociale, l’éducation, l’économie, le tourisme et la recherche. Des grottes ornées au subtil climat menacé par le dérèglement global aux archives manuscrites et numériques qui ne cessent d’être créées, en passant par les œuvres, les objets et les spécimens des musées et des muséums qui doivent être conservés à perpétuité, nous touchons aux limites de la conservation, aux limites écologiques, aux limites d’organisation et de gestion. Faut-il donc tout conserver ? Cette question traverse l’ensemble des institutions patrimoniales (musées, archives, bibliothèques, services archéologiques, monuments historiques), chacune répondant selon son cadre juridique et ses pratiques professionnelles. Les archives, uniques par nature, sont soumises à un protocole de sélection stricte. Les bibliothèques, confrontées à la masse des imprimés, doivent conserver les livres publiés avant 1830 mais peuvent pratiquer un désherbage raisonné pour les ouvrages postérieurs. L’archéologie sélectionne les biens archéologiques mobiliers à conserver tandis que les musées questionnent leur politique d’acquisition, conscients que chaque nouvel objet inscrit à leur inventaire devient inaliénable. Dans tous les domaines du patrimoine, la sélection s’impose comme un acte fondateur. Mais au-delà du droit et des usages, d’autres limites apparaissent : celles des espaces saturés, des moyens financiers restreints et des équipes sollicitées. Conserver implique aussi un coût écologique. Face au dérèglement climatique, les risques de sinistres se multiplient, tandis que les dispositifs au service de la conservation du patrimoine (climatisation, conditionnements pétrosourcés, transports) pèsent lourdement sur les bilans carbone des institutions. Les professionnels du patrimoine sont dès lors confrontés à un paradoxe majeur : préserver les témoins du passé pour les transmettre aux générations futures, mais parfois au prix d’un patrimoine environnemental fragilisé. A travers des exemples précis concernant notamment les collections des musées de Besançon (les Musées d’Arts et du Temps, le Muséum d’histoire naturelle, le Musée de la résistance et de la déportation, le Musée comtois) et des bibliothèques et archives municipales, des spécialistes présenteront les choix opérés pour que ceux qui leurs succéderont puissent également prendre soin à leur tour de ces biens communs.
Interroger les « limites de la peinture », c’est questionner une pratique qui, depuis ses origines, n’a cessé de se réinventer en se heurtant à ses propres freins. Limites du support et du cadre, qui imposent des contraintes mais ouvrent aussi au hors-champ ; limites de la représentation, où le langage pictural oscille entre illusion du réel et abstraction ; limites de la discipline elle-même quand elle fréquente et s’hybride avec l’installation, la performance ou le numérique. Loin d’annoncer la fin de la peinture, ces tensions révèlent au contraire sa vitalité. Chaque transgression, hybridation, tentative de mise au rebut vient relancer la question de ce qu’elle peut encore produire comme expérience sensible et critique. Face à la prolifération d’images immatérielles et aux innovations du monde visuel, la matérialité des pigments et du geste, qui peuvent apparaître comme des résistances ou des empêchements, constitue aussi une source plurielle de création. Notre table ronde propose d’explorer ces paradoxes. La peinture y sera envisagée non comme un vestige, mais comme un territoire aux possibilités illimitées.



