Intervenants

 

5 décembre 2025

10:55 – 11:40
Amphi Petit Kursaal

Sylvain Dal

Sylvain Dal est psychiatre, chef de service et maître de stage à la Clinique Saint-Jean à Bruxelles ; il est également responsable de l’hôpital de jour à l’hôpital Saint-Jean de Dieu à Leuze-en-Hainaut, en Belgique. Ses formations, outre le plat pays, l’ont amené brièvement à Montréal, aux Pays-Bas, et plus récemment à Lille. Ses centres d’intérêt sont multiples : la phénoménologie, la paranoïa, le développement de la psychogériatrie et l’analyse des institutions. Il défend l’intérêt d’une psychiatrie généraliste, dont l’axe principal serait la dimension psychothérapeutique. Sylvain Dal est vice-président du Centre et Ecole Belge de Daseinsanalyse et éditeur en chef pour l’International Federation of Daseinsanalysis. Il enseigne aux assistants psychiatre de l’Université Catholique de Louvain dans le cadre d’une introduction à la phénoménologie et aux dimensions existentielles en thérapie. Il est par ailleurs fortement investi dans d’autres domaines :la musique et en particulier l’improvisation libre, des recherches audio-visuelles, et la programmation de microcontrôleurs.

 

Où commence la folie ?

La question de la limite entre le normal et le pathologique, au niveau du comportement, ou pour le dire autrement : en psychiatrie, est une question ancienne, qui reste d’une actualité brûlante. Elle se pose dans diverses situations : tout d’abord pour définir si une situation relève de la psychiatrie : jusqu’où le champ de cette discipline s’étend-t-il ? Tout comportement étrange, ou dérangeant, ou délinquant, est-il de son ressort ? La médiatisation ces 20 dernières années de “nouveaux troubles” ( TDAH, HPI, TSA, etc. ) incite-t-elle plutôt à y voir une bienvenue déstigmatisation de la souffrance psychique ? Ou une réification de celle-ci dans une nosologie psychiatrique en expansion, avec le risque de bénéfices secondaires ? Enfin, le rapport à une réalité commune et partagée est actuellement remis en question par des mouvements très différents les uns des autres, mais partageant une prise de distance par rapport au réel : banalisation des “faits alternatifs”, licence et diffusion massive des théories du complot, auto-définition du genre détachée du substrat biologique. En quoi ces phénomènes diffèrent-ils d’un symptôme cardinal en psychiatrie, celui du délire ? En parcourant ces quelques questions, nous parviendrons à cerner à la fois la nécessité et la difficulté de définir cette limite.