
4 décembre 2025
Sarah Ritter a d’abord étudié la philosophie auprès de Jean-Luc Nancy avant d’intégrer l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles. Son travail, présent dans plusieurs collections publiques et privées, est régulièrement exposé en France et à l’étranger. Elle est lauréate du programme de l’Institut pour la photographie des Hauts-de-France en 2021. Ces recherches donnent naissance aux séries Soleils fantômes et Ciels d’industrie, réalisées avec le concours de la BnF dans le cadre de la commande Radioscopie de la France (2022), et de la Fondation des Artistes (2023). La même année, elle obtient le prix de la Fondation Schneider pour Les vagues scélérates. En 2019, elle publie sa monographie La nuit craque sous nos doigts (Éditions Loco), puis co-dirige en 2023 Wild Rumors, Moby-Dick, Detroit et autres récits, issu d’une recherche collective autour du roman de Melville. Sa démarche, heuristique et expérimentale, associe divers procédés (sérigraphie, héliogravure, projection…) pour interroger la matérialité et la fiction propres à la photographie.
En mêlant des photographies issues des archives nationales du monde du travail, des prises de vue réalisées dans des exploitations minières en France et en Terre de Feu, ainsi qu’un travail de superpositions en studio, le projet de Sarah Ritter explore le lien tellurique entre l’humain et la matière, entre les gestes de l’extraction et ceux de la représentation. Ces images, à la fois documentaires et réinventées, interrogent des espaces où le sol devient mémoire et projection. À travers les strates d’archives, les paysages industriels et les jeux d’ombres et de lumières en studio, le travail propose une lecture ambigüe et fragmentée du monde souterrain. À la fois archaïques et contemporaines, les formes, les textures et les lumières composent une expérience visuelle qui invite le spectateur à se perdre dans les profondeurs – à la rencontre de ce qui nous soutient et nous échappe tout à la fois.