Intervenants

 

3 décembre 2025

09:50 – 10:35
Salle Proudhon

Alexandre Moine

Alexandre Moine est Professeur de géographie à l’Université Marie et Louis Pasteur, rattaché au Laboratoire ThéMA (CNRS) et chercheur associé au Laboratoire LASA (CNRS). Il est par ailleurs responsable du Master Aménagement et Gouvernance en Pays des Suds, rattaché au Centre de Télé-enseignement Universitaire de Besançon, depuis 2008. Il a publié en 2015 un livre intitulé « Travail Social et territoire : concept, outils et méthodes », socle de nouvelles recherches en intelligence territoriale appliquées au travail social. Membre de plusieurs conseils scientifiques et co-responsable scientifique dans le cadre du GIS HYBRIDA-IS, il a multiplié les terrains en France afin de développer des outils concrets et opérationnels visant à accompagner les plus fragiles. Ses recherches résolument transdisciplinaires s’articulent autour de l’approche de la complexité des territoires, notamment au travers de la mise en œuvre de démarches systémiques mêlant les outils de la géographie et ceux de la sociologie de la traduction, afin d’asseoir des diagnostics ou d’accompagner la mise en place d’observatoires territoriaux. Plus particulièrement, il s’agit de reconsidérer le lien homme-nature dans une perspective de co-développement respectueux.

 

Quelles limites au cœur des diagnostics territoriaux ?

Les diagnostics territoriaux doivent prendre en compte la complexité au sein de laquelle se développe la vie. Le système complexe à prendre en compte que nous nommons territoire, repose sur des dimensions naturelles et anthropiques totalement intriquées au sein desquelles de multiples limites doivent être identifiées. Spatiales tout d’abord, impliquant des jeux d’échelles emboîtées ; organisationnelles ensuite traduisant des jeux d’acteurs imbriqués et en tension ; idéelles fondées sur les multiples représentations des personnes qui agissent le territoire ; liées aux lieux plus ou moins à enjeux d’utilisation, d’aménagement ou de gestion ; et enfin temporelles compte tenu des dynamiques différenciées des quatre dimensions systémiques que nous venons de présenter. Il s’agit par conséquent de donner corps au système en collectant données et informations, de différentes manières, et en insistant sur le recueil des expertises d’usage (citoyens, métiers, techniciens, politiques, etc.) ; et de rendre visible l’invisible : comment les cinq dimensions prises en compte sont en interaction générant de multiples limites à prendre en compte. Cette approche théorique est enrichie par de nombreuses recherches-actions en revitalisation urbaine et dans le cadre de problématiques d’accompagnement des plus fragiles en travail social.