
4 décembre 2025
François Vernotte est professeur d’astronomie-astrophysique émérite à l’Université Marie & Louis Pasteur. Au sein de l’OSU THETA (observatoire de Besançon) et de FEMTO-ST (Besançon), il a consacré sa carrière à la mesure de la stabilité temporelle des oscillateurs, qu’il s’agisse d’étalons atomiques (horloges à jet de Césium, Maser à Hydrogène) ou d’oscillateurs astronomiques comme les pulsars milliseconde. Il est l’auteur d’une cinquantaine de publications scientifiques et co-auteur, avec Sarah Carvallo et Clément Lacroute, d’un ouvrage interdisciplinaire en cours de publication : À la recherche du Temps Universel.
Le temps structure la vie tout en étant un concept très difficile à définir : il s’écoule inexorablement, toujours dans le même sens… Tout en s’interrogeant sur sa nature, l’humanité cherche à mesurer le temps depuis la préhistoire. Aujourd’hui, pour le physicien, le temps reste une dimension particulière, étrange même, de l’espace-temps d’Einstein ; mais c’est aussi la grandeur physique que l’on mesure avec la plus faible incertitude : ±1 × 10^-18 (1 +/- 0,000000000000000001). Pourtant, loin d’être une curiosité n’intéressant que quelques savants, les applications de cette extrême précision nous touchent quotidiennement (télécommunications, GPS, etc.) et nous poussent à aller toujours plus loin. Existe-t-il une limite ultime à cette soif irrépressible de précision, une limite qui serait due à la nature même du temps ?