
4 décembre 2025
Benjamin Efrati est artiste multimédia et compositeur et auteur de bandes originales pour le cinéma. Actuellement doctorant à l’EHESS où il travaille sur les représentations de la Préhistoire dans les jeux vidéo, ses recherches portent sur la réévaluation des cultures populaires, croisant les enjeux propres à la création contemporaine et à l’archivage numérique dans une perspective de déconstruction critique des usages valorisation patrimoniale. Performeur, vidéaste et dessinateur, sa démarche vise à tisser des liens entre art contemporain, cultures populaires et philosophie. Formé à la philosophie des sciences à Lyon 3, diplômé des Beaux-Arts de Paris.
Bien que les deux expressions “Préhistoire” et “science-fiction” renvoient à deux objets d’apparence radicalement différents, leur proximité devient évidente en seconde analyse. D’une part, du point de vue de la science : les préhistoriens font appel à la spéculation pour proposer leurs hypothèse d’interprétation des preuves matérielles (matériel / registre archéologique, comparaison avec le registre ethnographique, interprétation des études en paléogénétique, etc) d’autre part, du point de vue de la fiction, il est évident que la science-fiction naît au même moment que la fiction préhistorique, soit peu après les débuts de l’archéologie préhistorique, et nombre d’auteurs versés dans la spéculation sur le passé se sont aussi penchés sur la spéculation conjuguée au futur. Nous étudierons un corpus varié couvrant le domaine de la littérature (Rosny, Aîné, H.G. Wells, Barjavel, Boulle, etc.), le cinéma (Stanley Kubrick, Steven Spielberg, Roland Emmerich, Harold Ramis, etc.), les jeux vidéo (sociétés comme Data East, Maxis Software, Pangea Software, Microids, Ubisoft, etc.). Une proximité symbolique et sémantique qui se manifeste progressivement par une forme de capillarité, révélatrice des variations de la sensibilité collapsologique de notre civilisation, entre les périodes moderne et contemporaine.