
3 décembre 2025
Guillaume Lecointre est enseignant-chercheur (UMR 7205), zoologiste, systématicien, professeur du Muséum national d’Histoire naturelle où il occupe les fonctions de conseiller scientifique du président. Il est à l’origine de 135 publications professionnelles et 27 livres. Ses recherches portent sur la phylogénie et la systématique des poissons téléostéens, tant à partir de données moléculaires qu’anatomiques. Son terrain de zoologiste est le plateau continental antarctique. Ses activités relatives à l’amélioration de l’enseignement des sciences et de diffusion des connaissances sont très significatives ; il a notamment tenu durant dix ans la rubrique scientifique hebdomadaire de Charlie Hebdo. Il est double lauréat de la Société zoologique de France (1996, 2006), prix national 2009 du Comité Laïcité République, Prix 2012 de l’Union Rationaliste, et fait chevalier de la Légion d’honneur en 2016.
Est matériel ce qui est changeant, et tout change, tout le temps, à plus ou moins long terme. S’agissant du vivant, il est classique d’envisager ses limites en termes l’habitats dits « extrêmes ». Cependant, on oublie trop souvent que les limites sont, déjà en amont, constitutives du vivant. C’est parce que les populations d’êtres vivants varient, et que leurs variations rencontrent des limites que le vivant est ce qu’il est, et qu’il évolue. Nous n’aurions pas de sélection naturelle sans limites. Nous classerons celles-ci selon deux catégories de compromis que réalise constamment le vivant face aux limites du milieu : les compromis entre conséquences de la sélection naturelle elle-même (compromis internes), d’une part, et d’autre part les compromis entre celle-ci et les contraintes de construction ainsi que les contraintes historiques (compromis externes). Certes, pour un être vivant toucher des limites est une affaire d’échelle d’espace et de temps, mais dans l’absolu un monde réel sans limites n’existe pas.