Intervenants

 

4 décembre 2025

17:05 – 17:50
Amphi Petit Kursaal

Marcel Hibert

Marcel Hibert est professeur émérite à la Faculté de Pharmacie de l’Université de Strasbourg. Après une carrière dans l’industrie pharmaceutique, il dirigea pendant 20 ans le Laboratoire d’Innovation Thérapeutique (UMR7200 CNRS/Université de Strasbourg) qui combine recherche fondamentale et recherche finalisée sur la chimie du vivant. Il a créé la Chimiothèque Nationale et contribué à la découverte et au développement d’un médicament (le Dolasetron) et de plusieurs candidats médicaments agissant sur l’anxiété, la schizophrénie ou la maladie d’Alzheimer. Il s’intéresse actuellement aux mécanismes moléculaires de l’amour sous toutes ses formes ce qui vient notamment d’aboutir à la découverte d’un premier traitement potentiel des symptômes primaires de l’autisme. Il est membre de l’Académie Nationale de Pharmacie et a reçu la Médaille d’Argent du CNRS. Il est l’auteur de trois essais de vulgarisation scientifique aux éditions Tana et HumenSciences.

 

Même l’amour serait chimie ?

« Tout n’est fait que d’atomes et de vide » affirmait Démocrite dès 430 avant JC. La science moderne confirme cette intuition. Tout être vivant, et en particulier tout être humain, est un amas de molécules dynamique, autoreproductif, en interaction et en échanges avec son environnement. Ces molécules sont constituées d’atomes, poussières d’étoiles mortes, qui retourneront à la Grande Nature après leur passage éphémère dans nos jolis corps. Le Vivant est donc chimie, mais que peut en dire le chimiste ? Et surtout, qu’est-ce qu’il en ignore ? Que sait-il de la mort ? Que sait-il de l’amour ? Que suis-je ? Qui suis-je ? On connait actuellement la plupart des molécules de notre corps, on sait que les fonctions biologiques les plus élémentaires résultent de coïts moléculaires spécifiques, mais notre compréhension des fonctions physiologiques et psychiques globales butte inexorablement sur l’incommensurable complexité des cascades et des réseaux d’interactions moléculaires mis en jeu à chaque instant, sur des laps de temps très courts ou parfois très longs. Le chimiste peut cependant parfois trouver un point sensible, une molécule-grain de sable capable de moduler une fonction importante. C’est le cas de l’ocytocine pour l’amour. Voyons cela.