Intervenants

 

4 décembre 2025

13:30 – 14:15
Salle Proudhon

Yves Felix Montagne

Yves Félix Montagne est Maître de Conférences, Habilité à Diriger des Recherches, en Sciences de l’Éducation et de la Formation à l’INSPÉ de Besançon. Ancien professeur agrégé d’Éducation Physique et Sportive en lycée pendant seize ans, il s’engage, depuis l’obtention de son doctorat en 2006, dans la formation des enseignants de la maternelle à l’université. Ses travaux, ancrés dans une approche multi-référentielle mêlant psychanalyse, sciences du langage, pédagogie et didactique, portent sur la transmission éducative et ses difficultés, à partir d’études de cas. Il s’intéresse particulièrement aux enjeux relationnels et subjectifs de la formation, qu’il explore notamment à travers l’animation de Groupes de Parole et d’Analyse de Pratique. Sa recherche vise à éclairer les ressorts pédagogiques, psychologiques et langagiers de la relation entre professeur et élève ou entre tuteur et stagiaire, pour mieux penser une transmission lucide, efficace et responsable.

 

Un stage révèle-t-il les limites du sujet ?

Ce travail d’Yves Felix, fondé sur deux études de cas et orienté par la psychanalyse et la clinique à partir d’entretiens individuels interprétés, explore comment la relation entre professeur-stagiaire et tuteur peut confronter chacun à ses propres limites, transformant ainsi la perception de soi et l’imaginaire du rapport à l’autre. Lorsque Jean affirme que « mon tuteur n’a pas de limites », il fait écho aux réflexions de Bataille (1957) sur le droit exercé sur l’autre, l’interdit et le dépassement, tandis qu’Émilie, en déclarant « ce stagiaire me pousse au-delà de mes limites », rejoint les interrogations de Foucault (1984) sur l’acceptable et les causes des transgressions. Entre excès de l’autre et prise de conscience de soi, le stage semble constituer un lieu d’épreuve du Réel au sens lacanien. Après avoir défini la notion de limite(s), l’analyse portera sur les causes de cette confrontation dans « l’entre-deux » du stage (Sibony, 1991), et proposera des pistes pour transformer le rapport aux limites : établir un contrat didactique en début de stage, intégrer des temps de réflexion « méta » lors des bilans, et organiser, après le stage, des groupes de parole entre pairs pour élaborer les effets subjectifs de la rencontre.