
4 décembre 2025
En étudiant la diversité et l’évolution microbiennes, Purificación López-García s’efforce d’enrichir nos connaissances sur l’évolution de la vie sur Terre. Après un passage par l’université d’Alicante en Espagne, elle rejoint en 2002 le laboratoire Écologie, systématique et évolution d’Orsay en tant que chargée de recherche. En combinant des approches moléculaires à haut débit et l’exploration de milieux souvent extrêmes (océans profonds, lacs alcalins, déserts, écosystèmes dépourvus d’oxygène…), ses recherches permettent la découverte de nouvelles lignées de micro-organismes, tant procaryotes qu’eucaryotes. Promue directrice de recherche en 2007, Purificación est également membre associée de l’Académie royale des sciences et des arts de Belgique. En 2012, elle obtient une bourse ERC Advanced Grant pour le projet ProtistWorld portant sur l’évolution des micro-organismes eucaryotes des milieux très pauvres en oxygène. En 2016, elle explore avec son équipe le site hydrothermal de Dallol en Éthiopie, à la recherche des limites de la vie dans un environnement comptant parmi les plus inhospitaliers de la planète. En 2025, Purificación López-García devient membre de l’Académie des sciences.
Étudier les limites physico-chimiques de la vie sur Terre permet d’évaluer l’habitabilité potentielle d’environnements extraterrestres. Toutefois, identifier ces limites dans des milieux polyextrêmes reste complexe à cause de biais d’interprétation et de facteurs confondants, comme la présence généralisée de microorganismes sur Terre. Le site du protovolcan Dallol, en Éthiopie, est un bon exemple : bien que certaines zones hypersalées abritent des communautés d’archées (membres d’un domaine du vivant particulièrement bien adapté aux extrêmes), les bassins les plus polyextrêmes semblent incompatibles avec la vie, notamment à cause des sels chaotropes. Comment s’adaptent les organismes capables de vivre aux frontières de ces limites physico-chimiques ? Ces archées accumulent des grandes quantités du potassium dans le cytoplasme cellulaire pour maintenir l’équilibre osmotique et possèdent les protéines les plus acides jamais observés. Contrairement à l’idée que la diversité diminue avec l’extrême, ces archées présentent une diversité remarquable et incluent de nouvelles familles. Cette diversité semble favorisée par une grande flexibilité métabolique liée à l’activité géothermique locale, permettant à ces microorganismes de s’adapter également à des cycles de « festin ou famine ».