
5 décembre 2025
Hervé Cottin est professeur à l’université Paris-Est-Créteil (UPEC) où il enseigne la chimie et l’astronomie. Il effectue des recherches au Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA). Il est président de la commission « Astrobiology » de l’Union Astronomique Internationale et vice-président de l’International Society for the Study of the Origin of Life (ISSOL). Ses travaux de recherche sont principalement consacrés à l’étude de l’origine et de l’évolution de la matière organique cométaire. Il cherche à comprendre dans quelle mesure les comètes auraient pu contribuer à l’apparition de la vie sur Terre et en quoi leur composition peut nous renseigner sur la naissance du système solaire. Ses travaux s’appuient sur des expériences en laboratoire et les mesures effectuées par la mission spatiale Rosetta. Ils sont complétés par des études en orbite terrestre à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale. Hervé Cottin a contribué à la détection de la glycine (le plus simple des acides aminés) et de macromolécules organiques dans la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Il fait aussi partie de l’équipe scientifique de l’instrument MOMA (Mars Organic Molecule Analyser) dont l’objectif sera la recherche de la matière organique à la surface de Mars grâce au rover Rosalind Franklin de la mission européenne ExoMars.
La possibilité de l’existence de formes de vies extraterrestres nourrit un imaginaire foisonnant qui est retranscrit dans d’innombrables romans et films de science-fiction. Depuis quelques années, la recherche de traces de vies ailleurs que sur la Terre fait l’objet d’une approche scientifique organisée autour de missions spatiales d’exploration dans le système solaire et d’observations d’exoplanètes lointaines. On peut même lire ou entendre parfois dans les médias des annonces de détections d’indices dont certaines équipes scientifiques proposent qu’il pourrait s’agir de traces de vie extraterrestre. Ces détections sont cependant bien souvent confuses et rapidement contredites, mais elles sont relayées abondamment dans la presse et sur les réseaux sociaux. S’agit-il là de signes avant-coureurs d’une future grande découverte, ou bien les symptômes d’une impatience trop grandes qui suscite auprès du public de fausses espérances. Si nous poussons les instruments actuels comme le James Webb Space Telescope, ou le futur Extremely Large Telescope dans leurs derniers retranchements, serons-nous en mesure de dépasser « les limites de détection » de potentielles signatures de vie ? Autrement dit, sommes-nous vraiment à la limite de découvrir qu’il y a de la vie ailleurs que tu la Terre.