Intervenants

 

4 décembre 2025

10:55 – 11:40
Amphi Grand Kursaal

Jean-Sébastien Steyer

Jean-Sébastien Steyer est paléontologue au CNRS et au Muséum de Paris. Spécialiste de la vie avant les dinosaures, il parcoure le monde à la recherche de fossiles. Il s’intéresse aux grandes extinctions qui ont jalonné l’histoire du vivant et publie régulièrement des livres de vulgarisation qui font rapidement référence (La Terre avant les dinosaures, Les Insectes du Futur). Il est également conférencier et commissaire d’exposition.

 

Quelles sont les limites dans les reconstitutions de dinosaures ?

La paléontologie s’attache à reconstruire les espèces disparues comme les dinosaures, mais aussi l’ensemble des environnements du passé – les paléoenvironnements. Pour cela le paléontologue se transforme en Sherlock Holmes pour faire parler les fossiles. Mais l’enquête présente des limites : tous les organismes ne se fossilisent pas, comme ceux composés de tissus mous, pourtant nombreux dans les écosystèmes. Ensuite, tous les fossiles ne sont pas complets : nombreux sont les cadavres, grignotés par les nécrophages, dont les restes sont fragmentaires. Puis, tous les fossiles, aussi bien conservés soient-ils, ne sont pas découverts : la plupart sont détruits par l’érosion naturelle ou anthropique. Enfin toutes les découvertes ne sont pas étudiées : beaucoup de fossiles partent sur le marché à défaut d’être étudié. Que reste-il alors au paléontologue pour reconstruire les « mondes perdus » ? Des méthodes, comme l’anatomie comparée et la phylogénie, qui permettent tout de même d’avoir une reconstitution précise – et surtout testable – des paléoenvironnements. Même si elle présente des limites, la paléontologie devient efficace dans sa pluridisciplinarité : c’est en étudiant à la fois les faunes, les flores, les roches et les climats, qu’un paléoenvironnement le plus complet possible se dessine.