
3 avril 2025
Ancien élève de l’école centrale de Paris et docteur en philosophie des sciences, Etienne Klein dirige au CEA le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière. Il est professeur à l’ECP et anime l’émission La conversation scientifique sur France Culture. Dès 1994, il publie Conversations avec le Sphinx. Les paradoxes en physique, son premier ouvrage. De nombreuses publications suivent dont Il était sept fois la révolution. Albert Einstein et les autres en 2005, Le facteur temps ne sonne jamais deux fois en 2007, Discours sur l’origine de l’Univers en 2010, Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde en 2011, D’où viennent les idées (scientifiques) ? et En cherchant Majorana. Le physicien absolu, en 2013, Le monde selon étienne Klein en 2014… Il a participé à Objectif Mont-Blanc, sur les traces d’un géant, émission produite par Arte en 2015. Alpiniste et adepte des sports d’endurance, il prend le départ, depuis plusieurs années, des courses de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Etienne Klein est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 2010 puis officier dans l’ordre national du Mérite et commandeur des Palmes académiques en 2014.
Consignés que nous sommes dans un monde limité – notre planète et son environnement proche –, tout nous porte à croire qu’il constitue la bonne référence pour penser et comprendre. Qu’il contient tous les ingrédients nécessaires et suffisants pour l’identification des lois du monde, celles qui sont les plus « naturelles ». Or, les lois physiques, les « vraies », ne relèvent pas d’une bureaucratie des apparences, ni d’une connivence empathique avec les choses. Elles sont même radicalement différentes de celles que nous déduisons du spectacle que nous offre le monde, ou même de notre simple ressenti physique. Pour les découvrir les lois physiques, il a vraiment fallu littéralement « aller les chercher » en outrepassant certaines limites, notamment celles de nos sens. On peut donc dire de la physique moderne qu’elle procède d’une sortie de corps, ou plutôt d’une sortie de monde. Elle exige aussi que « l’esprit tire de lui plus qu’il n’a », comme dit Bergson dans La Pensée et le mouvant. Ses bâtisseurs ont en effet inventé des stratagèmes qui leur ont permis d’aller fictivement « se faire voir ailleurs ».