
5 décembre 2025
Artiste-philosophe multimédia, Hervé Fischer a initié l’art sociologique et pratique aujourd’hui le tweet art et la tweet philosophie. Son travail a été présenté dans de nombreux musées internationaux et biennales. Le centre Georges Pompidou lui a consacré une rétrospective, Hervé Fischer et l’art sociologique, en 2017. Pionnier du numérique au Québec, il a fondé en 1985 la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal, le premier Café électronique au Canada, le Marché international du multimédia, la Fédération internationale des associations de multimédia, le festival Téléscience, Science pour tous. Ses recherches portent sur l’art, la sociologie des couleurs, le numérique, les imaginaires sociaux, l’hyperhumanisme. Il a conçu le médialab québécois Hexagram. Il a publié entre autres Théorie de l’art sociologique (1977), L’Histoire de l’art est terminée (1981), Le choc du numérique (2002), CyberProméthée, l’instinct de puissance (2003), La planète hyper, de la pensée linéaire à la pensée en arabesque (2004), La société sur le divan (2007), L’Avenir de l’art (2010), La divergence du futur (2014), La pensée magique du Net (2014), Market Art (2016), Les couleurs de l’Occident. De la Préhistoire au XXIe siècle (2019), L’Âge hyperhumaniste. Pour une éthique planétaire (2019). Il a fondé la Société internationale de mythanalyse.
Un mythe est une énergie à laquelle nous donnons un nom et qui fait récit. Ainsi en est-il de la nature ou de la démocratie. Nous imaginons notre rapport à l’univers, à la société et à nous-mêmes ainsi, en raisonnant et en fabulant globalement et en détail. Ainsi Dieu fait-il récit avec la Bible, l’Intelligence artificielle – notre plus grand mythe contemporain – avec de nombreuses programmations et débats. Mais au-delà des croyances, des connaissances ou raisonnements partagés, il demeure toujours un passage aveugle à la fabulation, lié à nos besoins imaginaires tels que découvrir l’énigme de l’univers et de la vie, rêver d’un idéal utopique, nous accaparer une puissance instrumentale ou spirituelle humaines. C’est ce moment de bascule dans le vide, qui nous laisse sans réponse, que je qualifie de frontière entre le rationnel ou la croyance et notre conscience des limites de notre condition planétaire, que ce soit du point de vue astrophysique, politique, biologique, spirituel ou psychique, que j’appelle une li-mythe indépassable. Le récit mythique n’y pourvoie plus. Heureusement, car là commence notre indéterminisme, donc notre liberté et notre responsabilité éthique qui font notre misère mais aussi notre grandeur humaine.