Intervenants

 

5 décembre 2025

13:30 – 14:15
Amphi Grand Kursaal

Maxime Abolgassemi

Maxime Abolgassemi enseigne la littérature et la culture générale en classes préparatoires au lycée Chateaubriand de Rennes. Docteur en lettres (université Paris-Sorbonne) et agrégé de lettres modernes, il est aussi titulaire d’une maîtrise de physique théorique (université Pierre-et-Marie-Curie). Ses travaux portent sur le « hasard objectif » des Surréalistes, la notion de contrefiction qu’il a introduite, et la transparence démocratique (à laquelle il consacre un ouvrage à paraître). En 2017, il publie Nuit persane, un premier roman qui plonge le lecteur à Téhéran dans les dernières années qui précédèrent la Révolution iranienne.

 

Quelle limite pour l’IA musicale ? 

L’IA ne sert pas qu’à faire la guerre avec plus d’efficacité, ou gagner du temps dans des tâches répétitives ou très codifiées. Elle a aussi une dimension artistique, que je définirais comme générant des régularités agencées pour plaire. Lorsque j’ai testé la génération musicale, j’ai été stupéfait non par une jolie facture (« ça sonne bien, ou crédible ») mais par la richesse de ce que l’on est tenté d’appeler une interprétation juste et sensible. Et tout particulièrement les voix, très loin d’un débit aux relents mécaniques. Or cette génération présente une série de limites, dont la première est sans aucun doute l’absence d’intention, malgré la justesse émotionnelle de l’interprétation reçue. Il est donc passionnant de s’interroger sur ces limites, et à travers cet exemple de réfléchir à la limitation de la créativité, apparente, de l’IA. Car si on nous la destine maîtresse du monde, un jour, l’action sur nos émotions esthétiques ne serait alors pas la plus anecdotique.