Intervenants

Alex Shee Alex Shee
Directeur de la stratégie

Alex Shee dirige le développement et la stratégie de Sama. Il travaille à la création d'un écosystème commercial sur l'IA, via la plateforme de Sama. Il est également responsable des partenariats et de la commercialisation. Auparavant, il était responsable des partenariats et du développement de Element AI (cédé à ServiceNow | NYSE : NOW) pour laquelle il a ouvert et développé l'activité en Asie, signé des partenariats stratégiques majeurs et dirigé l'équipe qui a levé la série B de 200 millions de dollars canadiens. Il était également l'invité du podcast d'Element AI le mieux noté, "The AI Element", qui explore les plus grands problèmes et les questions les plus difficiles posées par l'intelligence artificielle. Il a aussi été récemment sélectionné comme l'un des 250 leaders les plus prometteurs du Canada par le Gouverneur général du Canada (équivalent du prix présidentiel) et comme l'un des 4 meilleurs leaders en développement des affaires et en ventes dans le domaine de la technologie par Floodgates et par The Peak.


Conférence : L’intelligence artificielle aide-t-elle à lutter contre la pauvreté ?
Jeudi 5 mai 2022, 11h30 - 12h15 — Amphi 3

L'IA pour le bien est un terme dont on parle beaucoup... Cependant, il existe peu d'exemples de cas où l'IA a pu avoir un impact concret dans les pays en voie de développement en matière de réduction de la pauvreté. Il s'agit dans cette conférence d'explorer les tendances qui se dessinent dans les entreprises d'IA pour aider à avoir un impact positif et tangible sur la pauvreté. Il s'agit également de remettre en question les idées préconçues au sujet du déploiement réussi de l'IA ainsi que les modèles commerciaux qui les accompagnent. C'est une vision de la manière dont l'IA peut être exploitée pour atteindre les objectifs de durabilité des Nations unies qui sera exposée.


Table ronde : L’AI est-elle l’avenir de l’innovation de rupture ?
Vendredi 6 mai 2022, 10h45

Alexei Grinbaum Alexei Grinbaum
Philosophe et physicien

Alexei Grinbaum est philosophe et physicien. Chercheur au laboratoire Larsim du CEA-Saclay, il est spécialiste de l’information quantique. Depuis 2003, il s'intéresse aux questions éthiques liées aux nouvelles technologies, notamment aux nanotechnologies, à l’intelligence artificielle et à la robotique. Il a été coordinateur pour la France de l’Observatoire européen des nanotechnologies et partenaire du projet européen « Recherche et innovation responsables en pratique » (RRI-Practice). Membre du Comité national pilote d’éthique du numérique et de l’IA et de la Commission d’éthique de la recherche en numérique (Cerna), il a publié « Mécanique des étreintes » (Encre Marine, 2014) et « Les robots et le mal » (Desclée de Brouwer, 2019).


Conférence : L'inhumain de l'intelligence artificielle fait-il du bien à l'homme ?
Vendredi 6 mai 2022, 10h - 10h45 — Amphi 3

Nous bénéficions de possibilités inouïes grâce à l'intelligence artificielle. Ses applications sont multiples : moteurs de recherche, reconnaissance d'images et de parole, traduction automatique, agents conversationnels, etc. Elles commencent à émerger dans des secteurs comme la santé, l'énergie, les transports, l'éducation, le commerce et la finance. Mais avec elles, apparaissent de nouveaux dangers. Des robots domestiques se font délateurs, des agents conversationnels injurient leurs interlocuteurs : des systèmes informatiques participent aux conflits humains et parfois même les provoquent. Qui est responsable ? La réponse à cette question compte parmi les défis les plus urgents à relever dans notre rapport aux technologies numériques. Mais il ne s'agit pas de savoir comment rendre l'intelligence artificielle bienveillante. Il s'agit de faire en sorte qu'elle ne se substitue pas à l'homme en tant qu'agent moral.


Dédicace : Les robots et le mal
Vendredi 6 mai 2022, 10h45 - 11h30

Anatole Lecuyer Anatole Lecuyer
Chercheur en réalité virtuelle

Anatole Lécuyer est directeur de recherche chez Inria, l’Institut national de recherche dédié aux sciences du numérique. Il mène depuis plus de 20 ans une activité de recherche dans le domaine de la réalité virtuelle, et explore de nouvelles manières d’interagir avec les univers virtuels. Avec son équipe, il a notamment conçu le logiciel OpenViBE qui permet de déployer des interfaces « neuronales » pour interagir directement « avec son cerveau ». Ces interfaces montrent toute leur utilité dans le domaine de la santé, de l’accessibilité et des loisirs. Il est co-auteur de plus de 200 articles scientifiques et d’une dizaine de brevets. Il est l’auteur du livre “Votre cerveau est un super-héros – Quand les nouvelles technologies révèlent nos capacités insoupçonnées” paru en 2019.


Conférence : La réalité virtuelle pourra-t-elle vous rendre plus intelligent artificiellement ?
Vendredi 6 mai 2022, 16h - 16h45 — Amphi 1

Les technologies numériques de la "réalité virtuelle" sont en train d'entrer progressivement dans nos vies. Les investissements colossaux des géants du secteur comme Facebook, Google, ou Samsung font même prédire l'arrivée prochaine des " métavers " : ces univers artificiels dans lesquels les humains pourront se retrouver pour vivre ensemble des expériences de réalité alternative. Au-delà des défis scientifiques et technologiques immenses posés par ces nouveaux médias, les effets physiologiques et psychologiques sur l'homme sont questionnés. Si nous pouvons craindre des effets négatifs comme des phénomènes d'addiction ou le fameux " cybermalaise ", qu'en est-il des possibles transformations positives qui pourraient découler de ces immersions virtuelles ? Des études montrent des effets puissants et parfois persistants, qui peuvent être mobilisés pour des applications variées comme l'éducation, la médecine et la rééducation. Au bout du compte, la réalité virtuelle finira-t-elle par nous rendre plus intelligent artificiellement ?


Dédicace : Votre cerveau est un super-héros
Vendredi 6 mai 2022, 16h45 - 17h30

Béatrice Desvergne Béatrice Desvergne
Médecin et biologiste

Béatrice Desvergne est médecin - spécialiste en anesthésie et réanimation-, biologiste et titulaire d’une licence de philosophie. Après quelques années de pratique médicale elle effectue un séjour de 4 années au National Institutes of Health aux, Etats-Unis, dans le domaine de l’endocrinologie moléculaire. Elle est engagée à l’Université de Lausanne en 1992 et où elle poursuit sa carrière académique au Centre Intégratif de Génomique comme professeure associée puis ordinaire. Elle est Doyenne de la faculté de Biologie et Médecine de 2012 à 2015. Depuis 2019, elle est professeure honoraire de l’Université de Lausanne. Ce parcours lui permet de connaître tant la pratique médicale que la recherche fondamentale en biologie. Experte dans le domaine de la régulation génétique, elle s’est plus particulièrement intéressée aux maladies métaboliques telle que le diabète. Sur le plan de l’enseignement, elle a vivement encouragé la formation des futurs biologistes et médecins à un regard critique sur les pratiques de la recherche et de la médecine. En tant que doyenne de la Faculté de Biologie et de Médecine, elle a travaillé à la mise en place des premières infrastructures pour le développement de la biologie computationnelle et de la médecine personnalisée. C’est aussi ce domaine qu'elle a exploré en tant que professeure invitée à l'Ecole Normale Supérieure de Paris (automne 2016). En 2019, elle publie un ouvrage intitulé « De la biologie à la médecine personnalisée- Mieux soigner demain ? ».

Benoît Dupont Benoît Dupont
Professeur en criminologie

Benoît Dupont est professeur titulaire à l’École de criminologie de l’Université de Montréal et Directeur scientifique du Réseau intégré sur la cybersécurité (SERENE-RISC), qu’il a fondé en 2014. Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en Cybersécurité, ainsi que de la Chaire de recherche en Prévention de la cybercriminalité. Il siège comme observateur représentant le monde de la recherche sur le conseil d’administration du Canadian Cyber Threat Exchange (CCTX) et sur le Conseil des chercheurs de la Nouvelle organisation d’infrastructure de recherche numérique (NOIRN). Il fait partie de la cohorte inaugurale du Collège des nouveaux chercheurs et créateurs en arts et en sciences de la Société royale du Canada. Ses projets de recherche actuels portent sur la cyber-résilience, la coévolution de la délinquance et de la technologie dans une perspective écologique, l’organisation sociale des communautés de pirates informatique malveillants, ainsi que sur les stratégies d’intervention auprès des victimes de cyber-fraudes.


Conférence : L’IA peut-elle menacer l’intégrité de la justice ?
Vendredi 6 mai 2022, 11h30 - 12h15 — Amphi 1

Alors que les applications de l’IA se multiplient dans le système de justice et parmi ses divers acteurs, des tribunaux aux cabinets d’avocats, les enjeux de sécurité associés à ces usages sont fréquemment occultés par les questions portant sur leurs biais. Pourtant, les menaces de sécurité qui pèsent sur les outils d’IA appliqués à la justice constituent aussi une source importante de vulnérabilités susceptible d’éroder la confiance du public. Après avoir examiné les divers cyber-risques qui pèsent sur les acteurs du système de justice, nous passerons en revue les risques spécifiques à l’IA. Nous pouvons distinguer trois grandes catégories de risques : les risques accidentels qui découlent de la fragilité des algorithmes, les risques qui ciblent les algorithmes à travers des attaques par empoisonnement, évasion ou inférence et enfin les risques dans lesquels les algorithmes sont utilisés afin de falsifier des éléments de preuve. Nous conclurons en essayant de proposer une feuille de route des connaissances et des mesures pratiques qui seront requises afin de protéger l’intégrité du système de justice face à cette nouvelle géographie des risques.

Bernd Carsten Stahl Bernd Carsten Stahl
Professeur en éthique, expert des nouvelles technologies

Bernd Carsten Stahl est professeur en éthique, expert des nouvelles technologies. Il est directeur du Centre pour l'informatique et la responsabilité sociale à l'université De Montfort à Leicester. Ses intérêts couvrent les questions philosophiques découlant des intersections entre les affaires, la technologie et l'information. Cela inclut les questions éthiques des TIC actuelles et émergentes, les approches critiques des systèmes d'information et les questions liées à la recherche et à l'innovation responsables.


Conférence : Comment les écosystèmes d'IA peuvent-ils être conçus pour favoriser l'épanouissement humain ?
Jeudi 5 mai 2022, 12h15 - 13h — Amphi 4

Les systèmes d'information intelligents (SIS), c'est-à-dire les systèmes qui intègrent des techniques d'intelligence artificielle, en particulier l'apprentissage automatique et l'analyse des big data, devraient avoir un impact considérable sur notre monde. Ils suscitent de grands espoirs, par exemple pour mieux comprendre et guérir les maladies, pour révolutionner les transports, pour optimiser les processus commerciaux ou pour réduire les émissions de carbone. Dans le même temps, elles soulèvent de nombreuses préoccupations éthiques et sociales : des inquiétudes concernant les préjugés et la discrimination, la répartition du pouvoir socio-économique et politique ainsi que les impacts sur la démocratie. S'appuyant sur les résultats du projet SHERPA (www.project-sherpa.eu), la présentation suggérera qu'une perspective pour mieux comprendre ces systèmes et leurs conséquences sociales et éthiques est d'utiliser la métaphore d'un écosystème pour les décrire, une métaphore déjà largement utilisée dans le discours politique sur l'IA. L'exposé analysera ce que l'utilisation de la métaphore de l'écosystème signifie pour l'évaluation des questions éthiques des systèmes d'information intelligents et quelles conclusions peuvent en être tirées. Egalement, comment ces conclusions peuvent alimenter les recommandations destinées aux décideurs politiques et autres parties prenantes.

Catherine Maunoury Catherine Maunoury
Présidente Aéro-Club de France

Dès son plus jeune âge, Catherine Maunoury s'est intéressée aux avions. Elle n'a que huit ans quand son père, médecin pilote, l'emmène voler pour la première fois. Encouragée par lui, elle a quinze ans pour son premier vol en solo et devient la plus jeune pilote brevetée à 17 ans. Sa passion la mène au plus haut niveau de la compétition : elle accumule les titres aux championnats de France, d'Europe et du monde et se situe toujours aujourd'hui parmi les meilleures femmes pilotes au niveau mondial. Aujourd'hui, Catherine Maunoury est présidente de l'Aéro-Club de France.


Conférence : L'intelligence artificielle voltige-t-elle ?
Samedi 7 mai 2022, 11h30 - 12h15 — Amphi 2

En cours

Catherine Régis Catherine Régis
Professeure en droit

Catherine Régis est professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en droit et politiques de la santé, co-responsable du Hub santé – politique, organisations et droit (H-POD) et responsable du Groupe de travail sur l’innovation numérique et l’IA de l’alliance U7+, un regroupement de plus de 50 universités à travers le monde. Elle est également chercheuse au Mila (Institut québécois d’intelligence artificielle), au Centre de recherche en droit public (CRDP), à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA) ainsi que Conseillère spéciale et Vice-rectrice associée à la planification et communications stratégiques à l’Université de Montréal. Catherine a participé à l’élaboration de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’IA, notamment à titre de membre du comité scientifique et elle est Membre experte pour le Partenariat mondial sur l’IA (PMIA). Ses principaux intérêts de recherche portent sur la régulation de l’innovation numérique et de l’IA ainsi que le droit et les politiques de la santé, tant à l’échelle locale qu’internationale.


Conférence : Pouvons-nous exiger le respect des droits humains en IA ?
Vendredi 6 mai 2022, 10h45 - 11h30 — Amphi 1

Cette question complexe suscite la controverse. Or, elle est fondamentale et doit se trouver au cœur des débats sur l’IA, tant à l’échelle nationale qu’internationale. En effet, alors que des promesses de l’IA font rêver, les dernières années ont aussi démontré l’impact que cette technologie peut avoir sur les droits et libertés des individus comme l’égalité, la non-discrimination et la vie privée. Pour répondre à cette question, il est utile de rappeler le rôle et la portée des droits humains, notamment ceux de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ensuite, le travail bouillonnant des cinq dernières années dans la création de chartes éthiques pour guider le développement responsable de l’IA doit aussi être analysé pour en déterminer la contribution réelle, et les angles morts, en lien avec les droits humains. Récemment, ce travail a été couronné par l’adoption le 24 novembre 2021 de la Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle de l’UNESCO, soit le premier instrument normatif mondial de cette nature. Cet instrument, qui donne une place importante aux droits humains, répondait à un besoin d’encadrement normatif international. Si l’effervescence de cette activité normative semble a priori un signe que l’IA se développe sous l’égide d’un cadre qui valorise les droits humains, peu de moyens sont néanmoins disponibles pour en forcer l’exécution. Des moyens complémentaires doivent donc être mobilisés pour contribuer à ce que les droits humains passent de l’ambition à la réalisation.


Table ronde : L’IA sera-t-elle un outil de médecine préventive ?
Vendredi 6 mai 2022, 16h

Catherine Villemer Catherine Villemer
Adjointe à la vice-rectrice

Catherine Villemer cumule 20 ans d’expérience dans le domaine de la coopération et des relations internationales, de la valorisation de la recherche et de la mobilisation des connaissances. Ingénieure agroéconomiste (Agrocampus Ouest, France), elle a étudié, enseigné et travaillé en Europe (France, Belgique et Allemagne), en Asie (Vietnam, Hong-Kong) et en Amérique du Nord (Canada). À l’Université de Montréal, elle contribue à l’internationalisation de l’Université au rectorat depuis 2016. Auparavant, elle a œuvré en tant que coordonnatrice puis directrice exécutive du Centre d’excellence sur l’Union européenne (Université de Montréal – Université McGill, 2007-2015) et conseillère principale aux partenariats du Centre d'études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM, 2013-2015). Elle a participé à l’organisation de plusieurs congrès mondiaux d’envergure pour le compte de l’Université de Montréal (European Consortium for Political Research General Conference 2015, Sommet mondial de la Santé 2017). Catherine Villemer est membre du Conseil d’administration et du Comité de vérification du CÉGEP de Bois-de-Boulogne, un collège d'enseignement général et professionnel situé à Montréal. Elle a été vice-présidente d’UniAgro Canada (2013 - 2015), la branche canadienne de la fédération des ingénieurs agronomes des associations de diplômés de sept grandes écoles et établissements publics de l’Enseignement supérieur agronomique français.

Christian Byk Christian Byk
Juge à la Cour d'appel de Paris

Christian Byk est juge à la Cour d'appel de Paris, Secrétaire général de l'Association internationale droit, éthique et science et préside le Comité intergouvernemental de bioéthique de l'UNESCO. Sa thèse de doctorat a porté sur une comparaison des modèles de politique législative en Amérique du Nord et en Europe dans la perspective de l'élaboration du biodroit. Il est qualifié pour diriger des recherches, a exercé comme professeur de droit à l'Université de Poitiers et comme professeur invité dans de nombreux pays. Il est l'auteur d'une dizaine de livres et de plus de 3 00 articles dans le domaine de la bioéthique et dirige depuis 30 ans le Journal international de bioéthique et d'éthique des sciences et la revue Droit, santé et société. Formé au droit international, il connaît bien le fonctionnement des organisations internationales du système des Nations-Unies (UNESCO, OMS, OMPI, AIEA) ainsi que celui des organisations européennes (Conseil de l'Europe et Union Européenne). Il a été pendant plus de 10 ans chef de la délégation française au comité de bioéthique du Conseil de l'Europe puis conseiller du Secrétaire Général du Conseil de l'Europe et a rédigé le premier projet de Convention européenne sur la biomédecine et les droits de l'homme. Il a également participé aux activités normatives de l'Union européenne (brevetabilité des biotechnologies). Depuis la fin des années 1980, il a été associé aux activités de bioéthique de l'UNESCO et a participé aux négociations qui ont conduit à l'adoption des trois Déclarations de l'UNESCO dans ce domaine. Depuis 2013, il représente la France au Comité intergouvernemental de bioéthique dont il a été successivement le vice-président (2015-2017) et le président (2017-2019). Il dirige depuis 1989 l'Association internationale droit, éthique et science, a été vice-président du CIOMS (1994-2000) et est membre fondateur de l'International Association of Bioethics. Depuis 2002, il est membre de la Commission nationale française pour l'UNESCO dont il préside le comité de bioéthique et d'éthique des sciences.


Conférence : L'ère du numérique conduit-elle à l’émergence de nouveaux acteurs de souveraineté ?
Jeudi 5 mai 2022, 10h45 - 11h30 — Amphi 3

Lieu autrefois privilégié de l'intervention des États souverains, l'espace international n'en est plus depuis longtemps le lieu exclusif et le commerce international est de ce point de vue une bonne illustration de cette réalité historique. Toutefois, le développement des échanges s'accomplit depuis les dernières décennies du XXème siècle dans le contexte d'« un monde globalisé » très différent de ce que nous avons connu jusqu'à présent tant en raison de la nature et de l'ampleur des activités concernées que de l'évolution du cadre international dans lequel ces échanges s'inscrivent. Et ceci entraîne des bouleversements importants dans l'identification des acteurs de la souveraineté, des attributs de celle-ci et de l'influence qui en découle sur la production normative et sa portée, laissant peut-être apparaître la construction d'une nouvelle ontologie sociale qui dépasse la seule sphère des échanges.


Dédicace : Intelligence artificielle - Vivre avec
Jeudi 5 mai 2022, 11h30 - 12h15
Dédicace : La peur des virus - Décider face à l'urgence - Tome 1
Jeudi 5 mai 2022, 11h30 - 12h15
Dédicace : La peur des virus - Décider face à l'urgence - Tome 2
Jeudi 5 mai 2022, 11h30 - 12h15

Christian Wopperer Christian Wopperer
Vice-président, Sales Intelligence

Christian Wopperer occupe le poste de vice-président, Sales Intelligence au CEIM depuis dix-sept ans. Il a plus de trente ans d’expérience en développement d’affaires et ventes de logiciels en Europe et au Canada. Son expérience d’entrepreneur contribue à sa très bonne connaissance des problématiques de marketing et des ventes des entreprises en démarrage. Il a fondé et dirigé à Zürich (Suisse) une compagnie de logiciels d’assurance qualité dont les ventes annuelles ont augmenté de 250 %. Dès son arrivée au Canada en 1995, il a assisté des entreprises canadiennes dans leurs démarches d’exportation vers l’Europe. Il a dirigé le département de marketing et ventes d’Orthofab et assuré la stratégie de commercialisation de KMtechnologies à Montréal. Christian Wopperer offre aux dirigeants d’entreprises en technologie de l’information, en phase de commercialisation, des conseils sur mesure en vente. Il est titulaire d’une maturité fédérale économique suisse, d’un diplôme informatique d’EPSIC (Lausanne, Suisse) et de la certification Advanced Management Course de l’Université McGill. Il a également fait partie de la première cohorte de diplômés en commerce électronique de l’Institut du commerce électronique de Montréal.


Conférence : Quels sont les enjeux et les défis de la monétisation de l’intelligence artificielle ?
Vendredi 6 mai 2022, 14h30 - 15h15 — Amphi 2

Aujourd’hui, le nouvel Eldorado est sans conteste l’intelligence artificielle, mais les entreprises n’achètent pas l’IA. Elles acquièrent la solution à leurs problèmes et c’est la véritable valeur ajoutée qui permet d’obtenir un moteur de croissance incroyable. Il n’y a pas de pensée magique. L’IA soulève aussi comme toute innovation de multiples enjeux. Par exemple celui qui consiste à poser une équation de prix sur une valeur ajoutée avec beaucoup de composantes. Comment intégrer la main-d’oeuvre qui va contextualiser les informations prédictives recueillies ? Quelle est la véracité, la pertinence des métadonnées ? Quelle méthodologie utiliser et quels calculs ? Qu’est-ce que le cloud, quels sont ses effets et leurs dérivés ? Quels sont les usages potentiels malfaisants de l’IA. Étant donné sa capacité à assister, à remplacer, voire surpasser l’humain pour une infinie variété de tâches, l’IA s’impose naturellement dans toutes les industries. L’objectif de la conférence sera de dépasser les voeux pieux et de parvenir au défi de la combinaison optimale de la monétisation de divers modèles commerciaux utilisant l’IA, afin de répondre aux nouvelles attentes des clients d’aujourd’hui.

Cyril Rigaud Cyril Rigaud
Pilote - Conseiller scientifique

Né en Provence, après une enfance et une adolescence les yeux levés vers le ciel, des études scientifiques et un brevet de pilote en poche dès 17 ans, Cyril Rigaud s'engage dans l'Armée de l'air en juin 1995 en tant que pilote d'avion de transport. Initialement en charge de missions de soutien et d'entraînement des forces en métropole, dans les départements d'outre-mer et à l'étranger, il devient instructeur de 2006 à 2008. Il rejoint ensuite l'escadron de transport des hautes personnalités de l'État pour des missions de transport gouvernemental et pour des évacuations sanitaires, jusqu'en 2013. Depuis début 2016, il est copilote bombardier d'eau sur Canadair CL 415 au sein de la Sécurité civile.

Daphné Marnat Daphné Marnat
Experte en sciences sociales

Daphné Marnat experte en sciences sociales est une entrepreneure qui depuis quinze ans accompagne les entreprises dans leur déploiement technologique du point de vue de leurs utilisateurs (études des données, des conditions d’appropriation de la technologie). Unbias est sa deuxième création d’entreprise. Elle milite pour une technologie au service de l’humain, pour la place des femmes dans l’entreprenariat et la technologie. Spécialiste de la donnée, elle défend une donnée qualitative non pas issue de la quantité, mais du sens, de la vraie intelligence.

David Elbaz David Elbaz
Astrophysicien

David Elbaz, astrophysicien, est directeur de recherche au Commissariat à l'Energie Atomique et aux Énergies Alternatives (CEA Saclay). Il étudie la formation des galaxies avec un intérêt particulier sur le rôle de la poussière d'étoiles, des trous noirs galactiques et des familles de galaxies que sont les amas de galaxies. Ses travaux ont été primés par l’Académie des Sciences (prix Jaffé 2017) et par la société américaine d’astronomie (prix Chrétien 2000). Il est membre de l'Académie Européenne des Sciences (Academia Europaea) et des Highly Cited Researchers (1% des chercheurs) selon le Web of Science (Clarivate Analystics). Il est le directeur de rédaction de la revue scientifique Astronomy & Astrophysics qui est à l’origine la revue de l’astrophysique européenne et s’est étendue à 28 pays membres. Parallèlement à ses travaux de recherche, il participe à la diffusion des sciences au travers de conférences, livres, spectacles, documentaires, émissions de radio. Son dernier livre "À la recherche de l'univers invisible: matière noire, énergie noire, trous noirs" (2016 éditions Odile Jacob) a reçu le Prix du livre Science & Philosophie 2017 de l’association X-Philo de l’école Polytechnique et a été nominé pour le prix le Goût des Sciences 2017 du Ministère de la recherche.


Conférence : L’intelligence artificielle viendra-t-elle au secours de l’exploration de l’univers ?
Samedi 7 mai 2022, 15h15 - 16h — Amphi 1

Les astrophysiciens ne mettent plus l’œil au télescope depuis bien longtemps, ils ont été remplacés par des caméras CCD et autres instruments capables de collecter la lumière pendant longtemps. On peut ainsi voir des sources plusieurs milliards de fois plus faibles que la sensibilité de nos yeux. Une nouvelle révolution est en marche : la quantité d’information que nous recevons du ciel ne dépasse plus seulement la capacité de nos yeux mais aussi de nos cerveaux ! De plus en plus d’information collectées par nos télescopes requièrent l’aide d’une intelligence artificielle capable de classer les galaxies selon leurs formes, de remonter le cours de l’histoire des naissances d’étoiles, de cartographier la matière noire et de trouver en temps réel des événements très rapides, transitoires, liés à l’explosion d’une étoile, à l’activité solaire, à des exoplanètes. Serons-nous capables de comprendre ce que voit l’IA dans l’univers ? L’univers est-il en train de nous échapper ?

David Saint-Jacques David Saint-Jacques
Astronaute

David Saint-Jacques est habité depuis toujours par un profond désir d’explorer le monde qui l’entoure. Avant de se joindre au programme spatial canadien en mai 2009, il a pratiqué la médecine familiale dans un village de l’Arctique canadien donnant sur la baie d’Hudson. Il a auparavant travaillé comme astrophysicien à Cambridge (Royaume-Uni), à Tokyo (Japon), à Hawaï (États-Unis) et à Montréal (Canada). Il a également été chargé d’enseignement clinique à la Faculté de médecine de l’Université McGill et ingénieur dans une PME québécoise. En tant que membre de l’équipe internationale d’astronautes, David Saint-Jacques a occupé notamment le poste de capcom (agent au sol assurant la liaison avec l’équipage en orbite) ainsi que diverses fonctions de planification et de soutien aux opérations au centre de contrôle de mission et au bureau des astronautes de la NASA. Le 3 décembre 2018, il s’est envolé pour la Station spatiale internationale à titre de d'ingénieur de bord et copilote du vaisseau Soyouz de la mission Expedition 58/59. Pendant son séjour de 204 jours à la Station, il a réalisé une série d’expériences scientifiques, de tâches de robotique et de démonstrations technologiques. David Saint-Jacques est devenu le quatrième astronaute de l’Agence spatiale canadienne à sortir dans l’espace et le premier à attraper un vaisseau-cargo avec le Canadarm2.

Éliane Ubalijoro Éliane Ubalijoro
Directrice exécutive

Éliane Ubalijoro, Ph.D., est directrice exécutive de Sustainability in the Digital Age et directrice du centre mondial de Future Earth Canada. Elle a une dizaine d'années d'expériences du monde universitaire, des politiques scientifiques, des secteurs à but non lucratif et du développement international. Elle est professeure pour l'établissement de partenariats entre le secteur public et le secteur privé à l'Institut d'études du développement international de l'Université McGill et professeure de recherche au département de géographie, d'urbanisme et d'environnement de l'Université Concordia. Elle est membre du Conseil national des sciences et de la technologie du Rwanda et fait partie du Conseil consultatif présidentiel pour le président rwandais Paul Kagame depuis sa création en septembre 2007. Elle est membre du groupe de consultation d'experts sur les implications de l'après COVID-19 sur la gouvernance collaborative de la recherche en génomique, de l'innovation et de la diversité génétique. Éliane est membre de la Communauté de pratique mondiale d'experts de la Banque africaine de développement sur les stratégies de réponse au COVID-19 en Afrique. Elle est membre du conseil de surveillance de la Coalition des capitales, nouvellement créée. Éliane enseigne et conseille dans le cadre de programmes de leadership pour aider à équiper les cadres dans les domaines de la science, de l'innovation et du développement international avec des outils qui soutiennent la transformation durable intérieure et extérieure vers la prospérité mondiale.


Conférence : L'intelligence artificielle peut-elle être utilisée de manière responsable pour atteindre les objectifs de développement durable d'ici à 2030 ?
Vendredi 6 mai 2022, 13h45 - 14h30 — Amphi 1

La révolution numérique est l'une des plus grandes forces qui façonnent le monde d'aujourd'hui, mais c'est à nous de décider si l'IA contribue à résoudre ou à exacerber les problèmes de développement durable, de décider si l'IA contribue à résoudre, ou à exacerber, les défis mondiaux en matière de durabilité. Dans le cadre de nos travaux, nous avons exploré trois pistes interconnectées dans lesquelles l'innovation numérique pourrait contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies. Il s'agit 1) de trouver un équilibre entre les risques de l'ère numérique et le potentiel de l'action climatique, 2) de développer des solutions fondées sur la nature en utilisant l'apprentissage automatique et 3) d'intégrer les perspectives autochtones et alternatives dans la solution. Par exemple, nous avons été surpris de constater que de nombreux répondants - à une enquête internationale en trois phases que nous avons menée - sont ouverts à l'utilisation de la surveillance numérique pour contrôler les empreintes carbone individuelles. Ce travail soulève une question essentielle : vaut-il la peine d'explorer les outils de surveillance numérique dans le cadre d'une réponse socialement acceptable à la crise climatique ? En ce qui concerne la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature, il existe aujourd'hui une opportunité qui consiste à s'appuyer sur les progrès de l'apprentissage automatique et de l'imagerie satellitaire pour surveiller les puits et les réserves de carbone et ainsi améliorer les stratégies de gestion des terres afin d'atteindre les objectifs de zéro émission nette. Mais ce faisant, il est absolument nécessaire de développer de manière inclusive les systèmes d'IA avec les peuples autochtones et les communautés locales, en réfléchissant à " qui détient le pouvoir des données collectées, dans quel but, et selon quelles valeurs ? ".

Estelle Honnorat Estelle Honnorat
Réalisatrice, journaliste d'investigation

Formée à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris avec pour spécialité le format radio, Estelle perfectionne ses méthodes en intégrant le Master en journalisme d’investigation de City, University of London. Après quelques années en tant qu’enquêtrice et autrice dans plusieurs bureaux d’investigation comme the Bureau of Investigative Journalism, CAPA, Hexagone et Médiawan, Estelle a choisi de travailler en tant que journaliste indépendante. Forte de cette expérience, Estelle passe à la réalisation incarnante pour Golden News. L’occasion pour elle de prendre le temps de l’enquête et de l’écriture documentaire jusqu’au montage, pendant trois années. Sur le terrain, des rencontres fortes lui ont appris à raconter de belles histoires avec cette sensibilité qui lui permet d’approcher l’intimité de ses personnages. Déterminée et engagée pour un journalisme d’enquête et de transmission, Estelle anime des ateliers de court-métrages pour Civic Fab avec des enfants en banlieue.

Fabrice Fischer Fabrice Fischer
Chef d'entreprise

Entrepreneur, technologiste, conférencier, enseignant, auteur, Fabrice Fischer a fondé en 2016 Blu, une société de conseil en IA active à Hong Kong et à Montréal. Il a œuvré en finance et en informatique en Asie, Europe et Amérique du Nord. CFO de Sentient Technologies (San Francisco et Hong Kong), l’une des sociétés d’IA les mieux financées au monde, il a contribué au lancement de Sentient Investment Management, un fonds spéculatif fondé sur l’IA. Il avait commencé par créer une société de services informatiques à Hong Kong, puis rejoint Bain & Co, Paris. Il a été directeur financier et des opérations de Bryan Garnier, une banque d'investissement européenne. Fabrice Fischer est co-auteur de « The Future of Finance - the impact of FinTech, AI, and Crypto on Financial Services », édition Palgrave. Il a enseigné l’IA pour les entreprises en Maîtrise à la Hong Kong University, la HKU of Science and Technology et à l'École de Technologie Supérieure à Montréal. Il est titulaire d’un baccalauréat en génie électrique de l'École Polytechnique de Montréal, et détient un MBA de l'INSEAD (France).


Conférence : Le Design Thinking augmenté a-t-il des limites ?
Jeudi 5 mai 2022, 15h15 - 16h — Amphi 2

Quel que soit l’engouement actuel autour de l’I.A. et l’accélération des avancées de la science que nous lui attribuons, nous pouvons nous demander si le Design Thinking Augmenté (DTA) nous permettra de dépasser nos limites actuelles de conception et de développer des processus automatiques d’innovation à l’infini ? Si une réponse positive semble évidente concernant les innovations incrémentales, qu’en est-il pour les innovations de rupture ? Le Design Thinking est un processus d’innovation basé sur nos besoins humains reconnus, mais dont la spirale ne cesse jamais de croître. Nous voulons toujours plus. Le développement du DTA va-t-il accompagner cette évolution ? Ou aura-t-il des limites technologiques ? Et va-t-il faciliter la satisfaction de nos besoins ou nous précipiter bien au-delà de nos besoins réels et raisonnables ? La question demeure fondamentale du point de vue technologique, mais aussi éthique et même philosophique. Le DTA nous conduira-t-il à designer des bioalgorithmes de cyborgs dans le métaverse et finalement nous désadapter au monde réel ?

Frank Pasquale Frank Pasquale
Expert du droit de l'IA

Frank Pasquale est un expert du droit de l'IA, des algorithmes et de l'apprentissage automatique. Il est professeur de droit à la Brooklyn Law School, membre affilié de l'Information Society Project de l'université de Yale et membre de l'American Law Institute. Il a récemment été reconnu comme le troisième professeur de droit américain le plus cité dans le domaine du droit et de la technologie, sur la période de référence 2016-2020 de l'étude Sisk. Il est corédacteur en chef du Journal of Cross-Disciplinary Research in Computational Law (CRCL), basé aux Pays-Bas, et membre d'un centre d'excellence du Conseil australien de la recherche (ARC) sur la prise de décision automatisée et la société (ADM+S). Son livre The Black Box Society : The Secret Algorithms That Control Money and Information (Harvard University Press 2015) a été reconnu comme une étude de référence sur le droit et l'économie politique de l'information. Son ouvrage New Laws of Robotics : Defending Human Expertise in the Age of AI (Harvard University Press 2020) repense l'économie politique de l'automatisation, pour promouvoir les capacités humaines comme le centre irremplaçable d'une économie inclusive.


Conférence : Peut-on rendre la société " scorée " équitable ?
Jeudi 5 mai 2022, 14h30 - 15h15 — Amphi 2

Les algorithmes d'évaluation et de jugement des personnes prolifèrent. Ils vont des outils de diagnostic dans les unités de soins intensifs aux prédictions des performances professionnelles par les apps d'embauche. Ce que Danielle Citron et moi-même appelions en 2014 "la société de la notation" s'est développée pour inclure davantage de sources de données, des analyses plus sophistiquées de ces données et davantage d'utilisations des technologies d'évaluation dans une plus grande variété de contextes. Les décideurs politiques sont maintenant aux prises avec la réglementation appropriée de cette numérisation du jugement, en proposant ou en appliquant des lois pour régir l'utilisation de méthodes statistiques dans des contextes évaluatifs. Pouvons-nous réglementer les frontières de la numérisation du jugement afin de rendre la société " scorée " équitable ?

Gautier Depambour Gautier Depambour
Doctorant en histoire des sciences

Ancien élève de l'École CentraleSupélec, Gautier Depambour est actuellement étudiant en thèse d'histoire de la physique au laboratoire SPHere (Sociologie, Philosophie, Histoire des sciences) à l'Université de Paris. Lors d'une année de césure, il a eu l'opportunité de travailler cinq mois au Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN) pour le groupe de communication du détecteur ATLAS ; en parallèle, il a réalisé un projet de machine learning appliqué à la physique des particules. Il a également passé six mois au sein du groupe d'électrodynamique quantique en cavité du Laboratoire Kastler-Brossel, au Collège de France, dans le cadre de son master 2 de nanophysique. Enfin, soucieux de faire connaître la science au plus grand nombre, il est impliqué dans différents projets de vulgarisation scientifique : il a notamment réalisé le site du philosophe des sciences Etienne Klein, et a écrit un livre pour raconter son expérience au CERN, intitulé Une journée au CERN.

Guillaume Dumas Guillaume Dumas
Professeur adjoint de psychiatrie computationnelle

Guillaume Dumas est professeur adjoint de psychiatrie computationnelle à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et directeur du laboratoire de Psychiatrie de Précision et de Physiologie Sociale du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. Il est titulaire de la chaire IVADO en « IA et santé mentale », de la bourse FRQS J1 en « IA et santé numérique » et membre académique associé au Mila - l’Institut Québécois d’Intelligence Artificielle. Il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en ingénierie avancée et informatique (École Centrale Paris), de deux masters (physique théorique, Université Paris-Saclay ; sciences cognitives, ENS/EHESS/Paris 5), d’un doctorat en neurosciences cognitives (Sorbonne Université), et de l’Habilitation à Dirigée de Recherche (HDR) en médecine (Université de Paris). Son travail est à la croisée des neurosciences sociales, de la biologie des systèmes, et de l’intelligence artificielle. Il étudie la nature incarnée et réciproque de la cognition humaine qui englobe les niveaux biologiques, comportementaux et sociaux. Son équipe développe de nouvelles approches pour la psychiatrie, des outils numériques pour l’évaluation et la réadaptation aux modélisations mathématiques pour la prise de décision clinique.


Conférence : Comment rendre l’IA plus sociale ?
Samedi 7 mai 2022, 11h30 - 12h15 — Amphi 1

Chaque jour, des millions d’êtres humains interagissent avec des algorithmes. Pourtant, cette interaction est loin d’être au niveau de celles offertes par la cognition sociale humaine. Depuis l’invention même de l’informatique, ce n’est pas une coïncidence si le “test de Turing” préconise l’interaction sociale comme moyen de déterminer si une machine est intelligente au même niveau qu’un être humain. Depuis les années 50, les progrès techniques ont amélioré les capacités des algorithmes, et certains ont même passé le test de Turing avec certains juges. Mais ces expériences ont montré que se faire passer pour un être humain ne demandait pas forcément une cognition sophistiquée ; quelques artifices sociolinguistiques permettaient de faire illusion facilement auprès du plus grand nombre. Mais alors, qu’est-ce qui rend la cognition humaine si unique ? En quoi cette dimension sociale est-elle si importante ? Comment pouvons-nous améliorer les algorithmes d’IA pour qu’ils deviennent plus sociables ? Entre neuroscience multi-cerveau et IA neuro-inspirée, nous tenterons de mettre en évidence les défis scientifiques et les opportunités sociétales d’une IA sociale. Nous discuterons aussi les questions philosophiques et éthiques associées à cette convergence entre humain et machine.

Hervé Chneiweiss Hervé Chneiweiss
Neurologue

Hervé Chneiweiss est neurologue et neuroscientifique, Directeur de recherche au CNRS. Il dirige le centre Neuroscience Paris Seine (CNRS /Inserm/Sorbonne Université). Ses travaux scientifiques ont été principalement consacrés aux mécanismes de signalisation des astrocytes , puis leur rôle dans l'origine des tumeurs cérébrales, dont il a identifié de nouveaux moteurs métaboliques de la progression et de la plasticité, ouvrant des pistes thérapeutiques. Il est l'auteur de plus de 170 articles académiques. Il est également impliqué en bioéthique, présidant actuellement le comité d'éthique de l'Inserm et le comité international de bioéthique de l'UNESCO, membre du comité consultatif de l'OMS sur le développement de normes mondiales pour la gouvernance et la surveillance de l'édition du génome humain, vice-président de l’ONG ARRIGE, expert sur la recommandation 457 de l’OCDE sur les neurotechnologies pour la santé. Il a écrit plusieurs livres sur la bioéthique des embryons humains, des cellules souches, la génétique et les neurosciences. Dernier en date : Notre Cerveau L’Iconoclaste 2019.


Conférence : L’intelligence artificielle va-t-elle prendre le contrôle de nos cerveaux ?
Jeudi 5 mai 2022, 16h - 16h45 — Amphi 1

L'activité cérébrale est à la base de nos pensées, de nos émotions et de nos actions. L'activité cérébrale fournit des informations inhérentes à tous les êtres humains, sans distinction de sexe, de nationalité, de langue ou de religion. La centralité de l'activité cérébrale pour les notions d'identité, de liberté de pensée, d'autonomie, de confidentialité et d'épanouissement humain rend d'une importance primordiale l’analyse de l'impact éthique, juridique et sociétal de l'enregistrement (« lecture ») et/ou de la modulation (« écriture ») de l'activité cérébrale à travers divers dispositifs et procédures collectivement appelés neurotechnologies. Ces techniques, qui utilisent beaucoup d’algorithmes, sont développées pour permettre aux chercheurs et aux cliniciens d’améliorer notre compréhension du cerveau humain et résoudre les énigmes de ses maladies qui représentent un tiers de nos dépenses de santé est une priorité majeure. Dans le même temps, les données cérébrales deviennent une marchandise recherchée au-delà des secteurs académique et médical : bien-être, phénotypage numérique, informatique affective, neurogaming ... Cette disponibilité extra-médicale des données cérébrales individuelles nécessite un encadrement renforcé. Les risques comprennent la ré-identification, le piratage, la réutilisation non autorisée, l’atteinte à la vie privée mentale et à sa confidentialité, la surveillance numérique et d'autres utilisations abusives. Le récent rapport du Comité international de bioéthique de l'UNESCO identifie des dangers pour la liberté cognitive, la vie privée mentale, l'intégrité mentale et la continuité psychologique, qui sont déjà protégés en principe par les droits humains existants, mais doivent être plus explicitement respectés au regard du développement des neurotechnologies.


Dédicace : L'identité : dictionnaire encyclopédique
Jeudi 5 mai 2022, 16h45 - 17h30
Dédicace : Notre cerveau
Jeudi 5 mai 2022, 16h45 - 17h30

Hervé Fischer Hervé Fischer
Artiste et sociologue

Artiste-philosophe multimédia, Hervé Fischer a initié l'art sociologique et pratique aujourd'hui le tweet art et la tweet philosophie. Son travail a été présenté dans de nombreux musées internationaux et biennales. Le centre Georges Pompidou lui a consacré une rétrospective, Hervé Fischer et l'art sociologique, en 2017. Pionnier du numérique au Québec, il a fondé en 1985 la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal, le premier Café électronique au Canada, le Marché international du multimédia, la Fédération internationale des associations de multimédia, le festival Téléscience, Science pour tous. Ses recherches portent sur l'art, la sociologie des couleurs, le numérique, les imaginaires sociaux, l'hyperhumanisme. Il a conçu le médialab québécois Hexagram. Il a publié entre autres Théorie de l’art sociologique (1987), L'Histoire de l'art est terminée (1981), Le choc du numérique (2002), CyberProméthée, l'instinct de puissance (2003), La planète hyper, de la pensée linéaire à la pensée en arabesque (2004), La société sur le divan (2007), L'Avenir de l'art (2010), La divergence du futur (2014), La pensée magique du Net (2014), Market Art (2016), Les couleurs de l’Occident. De la Préhistoire au XXIe siècle (2019), L’Âge hyperhumaniste. Pour une éthique planétaire (2019). Il a fondé la Société internationale de mythanalyse.


Conférence : Mythanalyse de l’IA: faut-il désirer sa propre mort ?
Vendredi 6 mai 2022, 15h15 - 16h — Amphi 2

On distingue les IA faible et forte, mais beaucoup croient que la faible est déjà si performante que la forte lui succèdera incessamment. L’IA faible ne nous pose pas de problème métaphysique: aussi gigantesques que soient ses résultats, ses extensions, ses défis informatiques et humains dans nos gouvernes sociales, elle ne sera jamais plus que de l’intelligence humaine assistée par ordinateur. Les ordinateurs quantiques en multiplieront la puissance et la capacité d’auto-apprentissage profond, mais l’IA faible n’aura jamais conscience de ses processus ni d’émotion décisionnelle. Ces attributs que l’imaginaire humain lui confèrent naïvement la rendrait inopérante. Un bog, mais pas de singularité informatique quoiqu’en disent les entrepreneurs gourous du posthumanisme. L’IA forte, tout au contraire, qui prétend voir émerger des intelligences artificielles capables de conscience et d’émotions, qui nourrit la science-fiction, ces sortes de « machines spirituelles » désespérément espérées par Ray Kurzweil, constituent une fabulation toxique qui relève de la thérapie mythanalytique. Y croire, c’est désirer sa propre mort !


Table ronde : L’IA peut-elle comprendre les marchés des matières premières ?
Vendredi 6 mai 2022, 14h30
Table ronde : L’AI est-elle l’avenir de l’innovation de rupture ?
Vendredi 6 mai 2022, 10h45
Table ronde : L’I.A serait-elle la grande gagnante des parties du futur ?
Samedi 7 mai 2022, 14h30
Dédicace : L'Age hyperhumaniste : pour une éthique planétaire
Vendredi 6 mai 2022, 16h - 16h45
Dédicace : La Pensee Magique du Net
Vendredi 6 mai 2022, 16h - 16h45

Hubert Reeves Hubert Reeves
Astrophysicien

Hubert Reeves est astrophysicien. Il est diplômé des universités de Montréal, McGill University et Cornell University. Il est conseiller scientifique à la NASA Institute for Space Studies à New-York de 1960 à1964. En 1965, il est nommé directeur de recherches au CNRS à Paris. Ses sujets de recherches au service d'astrophysique de Saclay concernent l'origine des éléments chimiques, l'origine du système solaire, l'origine de l'Univers, l'astrophysique nucléaire et la cosmologie. Il est également professeur associé au département de physique de l'Université de Montréal. Il est président d'honneur de l'association Humanité et Biodiversité. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Poussières d'étoiles.


Conférence : Session d'ouverture
Jeudi 5 mai 2022, 9h15 - 10h — Amphi 1

Jacques Arnould Jacques Arnould
Expert éthique

Ingénieur agronome, docteur en histoire des sciences et docteur en théologie, Jacques Arnould s'intéresse aux relations entre sciences, cultures et religions, avec un intérêt particulier pour deux thèmes : celui du vivant et de son évolution et celui de l'espace et de sa conquête. Il a consacré plusieurs ouvrages et articles d'histoire ou de théologie au domaine du vivant. Suite à la poussée de fièvre créationniste en France, à partir de janvier 2007, il a été sollicité par différents milieux, scientifiques, pédagogiques ou religieux, pour informer les publics de l'existence des courants créationnistes, de leur histoire, des questions qu'ils posent à nos sociétés. L'année 2009, consacrée à Darwin, a montré comment les idées de ce savant et de ses successeurs continuent à interroger nos contemporains et les invitent à des interrogations plus philosophiques. Il est également expert éthique au Centre national d'études spatiales (CNES), un poste encore un peu unique dans le monde de l'astronautique. Pourtant, cela rejoint une vraie attente de la part du public, mais aussi des acteurs et des dirigeants, leurs motivations ne pouvant en effet plus être les mêmes qu'il y a quarante ou cinquante ans.


Conférence : Connaissez-vous l’odeur de la comète ?
Samedi 7 mai 2022, 10h - 10h45 — Amphi 1

L'espèce humaine a la bougeotte, dit-on parfois ; et les explorateurs en sont les spécimens les plus remuants. Leurs exploits attirent les foules et leurs récits remplissent nos bibliothèques. Derniers en date, les astronautes ont conquis des sommets de la popularité. Pourtant, grâce aux robots et à leurs artificielles intelligences, nous explorons des territoires non seulement inconnus mais, pour longtemps sans doute, interdits. Grâce à eux, deviendrons-nous tous explorateurs ? Et devrons-nous conférer à nos machines le statut d'envoyés de l’humanité ? Mais à qui les enverrons-nous ? Et porteurs de quel message ?


Table ronde : L’IA peut-elle comprendre les marchés des matières premières ?
Vendredi 6 mai 2022, 14h30

Jean-Christophe Baillie Jean-Christophe Baillie
Fondateur de Novaquark

Jean-Christophe Baillie est un scientifique et entrepreneur français. Il est diplômé de l'École polytechnique de Paris où il a étudié l'informatique et la physique théorique. Il a obtenu un master puis un doctorat d'intelligence artificielle et robotique à l'université Paris-6. Il a fondé différentes entités : la première est une unité au sein de l'École nationale supérieure des techniques avancées (ENSTA ParisTech) : le Cognitive Robotics Lab ; la deuxième, fondée en mai 2006, est la société Gostai, développeur d'outils logiciels pour la robotique, et la troisième fondée en janvier 2014 est la société Novaquark, développeur de jeu vidéo, notamment Dual Universe.


Conférence : L'enfant est-il le nouveau modèle pour l'Intelligence Artificielle ?
Jeudi 5 mai 2022, 12h15 - 13h — Amphi 1

L'IA moderne a fait d'énormes progrès au cours de la dernière décennie, mais reste principalement axée sur l'extraction de régularités à partir de très grand corpus de données. Il manque pour l'instant une compréhension approfondie des concepts sous-jacents contenus dans le flux de données. Qu'entendons-nous par compréhension ? Quelle est la source du sens ? Comment les gens apprennent-ils la langue et le sens des mots ? Il s'avère qu'une source d'inspiration prometteuse est d'étudier les jeunes enfants à mesure qu'ils développent et acquièrent des compétences cognitives et sociales dans leurs premières années. Basées sur les interactions d'un corps physique dans un monde physique, des structures mentales stables sont construites à partir de modèles sensorimoteurs concrets et sont partagées au travers d'interactions sociales, ouvrant la voie au langage. Cette approche fondée et axée sur l'interaction est appelée IA développementale et pourrait ouvrir de nouvelles opportunités pour développer le raisonnement de bon sens, la compréhension de la causalité et l'explicabilité dans les futurs systèmes d'IA.


Table ronde : L’I.A serait-elle la grande gagnante des parties du futur ?
Samedi 7 mai 2022, 14h30

Jean-François Bélisle Jean-François Bélisle
Directeur général et conservateur en chef

Directeur général et conservateur en chef du Musée d'art de Joliette depuis avril 2016, Jean-François Bélisle est reconnu pour sa vision artistique pointue, son charisme indéfectible, son activisme politique et son innovation philanthropique. Il a rendu le MAJ plus accessible que jamais aux communautés marginalisées, migrantes et aux Premières Nations, établissant un véritable dialogue avec elles et actualisant le principe d'inclusivité. Dévoué à l'avancement de la reconnaissance financière des institutions muséales à l'échelle provinciale et nationale, il siège à de nombreux conseils d'administration et comités de développement local et régional, dont les conseils d'administration de Tourisme Lanaudière, de l'Organisation des directeurs des musées d'art canadiens (ODMAC), de la Chambre de commerce du Grand Joliette, de l'événement annuel Parlez-moi d'amour organisé par Les Impatients, ainsi que des comités de relance culturelle et d'image de marque de la Ville de Joliette. Jean-François Bélisle est titulaire d'un baccalauréat et d'une maîtrise en histoire de l'art de l'Université Concordia [Montréal, Canada]. Son mémoire de maîtrise portait sur la réception internationale des expositions présentées dans le pavillon canadien à la Biennale de Venise entre 1986 et 2005.

Jean-François Clervoy Jean-François Clervoy
Astronaute

Astronaute français actif successivement du CNES (Centre national d’études spatiales, agence spatiale française) de la National Aeronautics and Space Administration (NASA, agence spatiale des États-Unis) et de l’Agence spatiale européenne (ESA) pendant 33 ans, Jean-François Clervoy est ingénieur général de l’armement en réserve, diplômé de l’École polytechnique, de l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace et de l’École du personnel navigant d’essais et de réception. Il effectue trois missions à bord de la navette spatiale américaine, en 1994 pour étudier l’atmosphère, en 1997 pour ravitailler la station russe Mir et en 1999 pour réparer le télescope spatial Hubble. Il est président de la société Novespace qui organise les vols paraboliques en apesanteur. Jean-François Clervoy est aussi auteur, inventeur, et conférencier professionnel. Il est membre de plusieurs organisations œuvrant pour la promotion de l’exploration spatiale et pour la protection de la planète.

Jean-Gabriel Ganascia Jean-Gabriel Ganascia
Ingénieur et philosophe

Ingénieur et philosophe de formation initiale, Jean-Gabriel Ganascia s’est ensuite orienté vers l’informatique et l’intelligence artificielle. Il a soutenu en 1983, à l’université Paris-Sud (Orsay), une thèse de doctorat sur les systèmes à base de connaissance puis en 1987, toujours à l’université Paris-Sud, une thèse d’État sur l’apprentissage symbolique. Professeur d’informatique à la faculté des sciences de Sorbonne Université, il poursuit ses recherches au LIP6 où il dirige l’équipe ACASA. Spécialiste d’intelligence artificielle (EurAI Fellow), d’apprentissage machine et de fouille de données, ses travaux actuels portent sur le versant littéraire des humanités numériques, sur l’éthique computationnelle et sur l’éthique des technologies de l’information et de la communication. Il est membre du CNPEN (Comité National Pilote d’Éthique du Numérique) et président du comité d’éthique de pôle emploi et du comité d’orientation du CHEC (Cycle des Hautes Études de la Culture). Il a présidé le comité d’éthique du CNRS de 2016 à 2021. Au cours de sa carrière, il a publié plus de 500 articles dans les actes de conférences, dans des livres et dans des revues scientifiques. Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages de réflexion destinés au grand public dont le dernier, Servitudes virtuelles, paraîtra aux Éditions du Seuil en mars 2022.


Conférence : L'IA est-elle une libération et/ou un asservissement ?
Samedi 7 mai 2022, 16h - 16h45 — Amphi 1

L’intelligence artificielle automatise les tâches les plus rudes, celles qui pendant des siècles consumèrent tant de vies humaines passées à la charrue, dans la mine ou à l’établi. On se prend alors à espérer que les machines aideront bientôt les hommes à s’affranchir des labeurs les plus pénibles et que la condition humaine s’en trouvera fortement améliorée. Or, un regard attentif sur le monde contemporain et sur ses évolutions montre que de nouvelles formes d’asservissement se font jour. Moins de fers et de cachots sans doute ; pour autant, la pression qui s’exerce sur les personnes ne s’en amoindrit pas ; la contrainte subsiste, même si le joug devient virtuel, et donc plus insaisissable. La coercition ne s’exerce plus uniquement avec des moyens mécaniques ; elle s’impose aussi, et surtout, au plan cognitif, sur nos esprits. Cela rend nécessaire et urgente une réflexion sur les conséquences sociales et politiques des technologies de l’information et de la communication et sur les moyens de se délivrer des nouvelles formes d’oppression qu’elles génèrent.


Dédicace : Ce matin, maman a été téléchargée
Samedi 7 mai 2022, 16h45 - 17h30
Dédicace : Le Mythe de la Singularité
Samedi 7 mai 2022, 16h45 - 17h30
Dédicace : Servitudes virtuelles
Samedi 7 mai 2022, 16h45 - 17h30

Jean-Louis Dessalles Jean-Louis Dessalles
Chercheur en Intelligence artificielle

Jean-Louis Dessalles est enseignant-chercheur à Telecom Paris (Institut Polytechnique de Paris).
Il travaille notamment sur la théorie de la simplicité et ses applications aux sciences cognitives.
Il est l'auteur de plusieurs livres, dont un livre récent dans lequel il expose les limites de l'intelligence artificielle.


Conférence : L'IA peut-elle imiter les mécanismes cognitifs sans les copier ?
Jeudi 5 mai 2022, 14h30 - 15h15 — Amphi 1

Jusqu’où les techniques statistiques à base de réseaux de neurones pourront-t-elles imiter l’intelligence humaine ? Pour certains, tout est déjà dit : cette IA statistique réalise certaines tâches intellectuelles mieux que les meilleurs spécialistes humains, qu’ils soient joueurs de Go ou dermatologues. Or les réseaux neuronaux ont, par construction, un handicap considérable : ils doivent tout apprendre à l’avance, à partir d’une énorme quantité d’exemples. Ils sont incapables de s’adapter au contexte, sauf quand le contexte ressemble de près aux situations apprises. Les humains, eux, disposent de mécanismes cognitifs variés qu’ils mettent en œuvre en contexte, par exemple pour comprendre la différence entre « elle n’est pas toujours malade » et « elle n’est toujours pas malade ». Le pari de l’IA statistique est de reproduire l’intelligence grâce aux données, en faisant l’impasse sur la compréhension des mécanismes sous-jacents. Cette stratégie a des limites. Seule une « rétro-ingénierie » des mécanismes cognitifs permettra de la dépasser.


Table ronde : Jusqu’à quel point pouvons-nous faire confiance à l’IA dans notre gouverne écologique ?
Jeudi 5 mai 2022, 16h
Dédicace : Des intelligences TRÈS artificielles
Jeudi 5 mai 2022, 15h15 - 16h

Jean-Paul Delahaye Jean-Paul Delahaye
Mathématicien

Jean-Paul Delahaye est Professeur émérite à l'Université de Lille et chercheur au laboratoire CRISTAL (Centre de recherche en informatique signal et automatique de Lille, UMR CNRS 9189). Ses travaux portent sur les algorithmes de transformation de suites (Thèse d'Etat), sur l'utilisation de la logique en Intelligence artificielle (systèmes experts, langage Prolog) sur la théorie computationnelle des jeux (jeux itérés, simulation de systèmes sociaux, étude de la coopération), et sur la théorie algorithmique de l'information (théorie de la complexité de Kolmogorov, notion de contenu en calculs) avec en particulier des applications à la bioinformatique et à la finance. Il travaille aujourd'hui sur les monnaies cryptographiques et la " technologie blockchain ". Il s'intéresse aussi aux problèmes d'éthique dans les sciences et est membre du Comité d'Ethique de CNRS (COMETS). Il a encadré 20 thèses. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, dont une partie est destinée à un large public. En 1998, il a reçu le Prix d'Alembert de la Société Mathématique de France et, en 1999, le Prix Auteur de la Culture scientifique du Ministère de l'Education Nationale et de la Recherche. Il tient la rubrique mensuelle Logique et calcul (6 pages) dans la revue Pour la science (version française du Scientific American). Il propose aussi un blog (http://www.scilogs.fr/complexites/) consacré aux "Complexités".


Conférence : La théorie de la complexité apportera-t-elle une éthique à l'AI ?
Vendredi 6 mai 2022, 9h15 - 10h — Amphi 1

À la condition de distinguer « contenu en information » et « contenu en structures », modélisés mathématiquement par « la complexité de Kolmogorov » et « la profondeur logique de Bennett », une éthique universelle peut être définie sur une base rigoureuse. Elle concerne l'Intelligence Artificielle et permet d'aller au-delà des trois lois de la robotique formulées en 1942 par le célèbre écrivain de science-fiction Isaac Asimov.

Jean-Sébastien Steyer Jean-Sébastien Steyer
Chercheur - Paléontologue

Jean-Sébastien Steyer est docteur en paléontologie, chercheur au CNRS et rattaché au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris. Il est l'un des rares spécialistes qui étudient la vie sur Terre avant les dinosaures. Il travaille par ailleurs depuis bientôt une vingtaine d'années sur les reconstitutions d'espèces disparues. Auteur de nombreux articles scientifiques, ce passionné de vulgarisation publie régulièrement des ouvrages qui font rapidement référence comme La Terre avant les dinosaures (2009), Exquise planète (2014), ou encore Demain, les animaux du futur (2015). Il est également, entre deux expéditions paléontologiques aux quatre coins du globe, chroniqueur scientifique pour les revues Pour la science et Espèces.


Conférence : L'intelligence artificielle est-elle naturelle ?
Vendredi 6 mai 2022, 12h15 - 13h — Amphi 1

L’IA est l’ensemble des champs disciplinaires dont le but est la réalisation de programmes simulant l’intelligence humaine. Elle est donc au cerveau ce que la robotique est à la main : une tentative de simulation pour résoudre des tâches (robota en tchèque ou task en anglais dans la définition de Marvin Lee Minsky). Même si selon John McCarthy (créateur du terme) l’IA relève plus du jeu (de logique, d’échec etc.) que du labeur, ce domaine reste finalement une extension du cerveau humain. Or ce cerveau a une histoire évolutive et contingente longue et complexe, de plusieurs centaines de millions d’années. Cette histoire, relevée par la paléontologie et la biologie du développement (embryologie), n’est pas souvent intégrée dans les études en IA – bien que le SIGEVO (Special Interest Group on Genetic and Evolutionnary Computation) s’y penche en partie. Mieux comprendre cette histoire permettrait de mieux simuler les interactions complexes du cerveau humain. C’est ce qui est proposé ici : nous plongerons dans l’océan des origines, il y a environ 505 millions d’années (Cambrien moyen), et nagerons avec Pikaia, sorte de limace de mer qui évoque les tous premiers « poissons » présentant un crâne (groupe des « Craniates »), comme c’est le cas de la myxine aujourd’hui (poisson sans mâchoire). En parallèle, l’embryologie nous indique que le crâne n’est qu’une vertèbre antérieure « implosée » comme un popcorn et protégeant ce nœud de neurones qu’est le cerveau. La boite crânienne regroupe aussi l’ensemble des bulbes sensoriels (olfactifs, visuels, nasaux) : l’intelligence, s’il fallait la définir, est aussi question de rapports à l’environnement et aux autres : céphalopodes, insectes sociaux, cétacés, chimpanzés, elle n’est plus ni le propre de l’homme ni même du cerveau puisqu’il y a des neurones dans nos intestins ! Finalement les mécanismes évolutifs en jeu dans l’histoire du cerveau des vertébrés (paléoneurologie) nous permettent de mieux comprendre ce qu’est l’intelligence… et de réaliser que nous tentons de modéliser un concept qui nous échappe.


Dédicace : Anatomie comparée des espèces imaginaires : de Chewbacca à Totoro
Vendredi 6 mai 2022, 13h - 13h45
Dédicace : La Terre avant les dinosaures
Vendredi 6 mai 2022, 13h - 13h45
Dédicace : Les Mondes Perdus - Une nouvelle préhistoire
Vendredi 6 mai 2022, 13h - 13h45

Jian Tang Jian Tang
Chercheur en apprentissage profond

Jian Tang est professeur adjoint au département des sciences de la décision à HEC Montréal, ainsi que membre académique principal à Mila, l’Institut Québécois d’Intelligence Artificielle. Il est titulaire d'une chaire de recherche en IA Canada - CIFAR. Ses principaux intérêts de recherche sont l'apprentissage en profondeur, apprentissage par renforcement, apprentissage par représentation graphique, compréhension du langage naturel, systèmes de recommandation et découverte de médicaments. Au cours de son doctorat, il a reçu le prix du meilleur article lors de la conférence ICML 2014 ; en 2016, il a été nommé pour le prix du meilleur article lors de la conférence sur l'exploration des données World Wide Web ; en 2020, il a reçu le prix Amazon and Tencent Faculty Research Award. Il est l'un des chercheurs les plus représentatifs dans le domaine de l'apprentissage de la représentation des graphes et a publié un ensemble de travaux représentatifs dans ce domaine tels que les algorithmes LINE et RotatE. L’algorithme qu’il a développé sur l'apprentissage de la représentation des nœuds, LINE, a été largement reconnu et est le papier le plus cité à la conférence WWW entre 2015 et 2019. Récemment, son groupe vient de publier une plateforme libre-d’accès pour la découverte de médicaments appelé TorchDrug, visant à rendre les logiciels et les bibliothèques de découverte de médicaments d'IA librement disponibles pour la communauté de recherche. Il est arbitre sénior pour les conférences ICML et NeurIPS.


Conférence : L'apprentissage profond géométrique aide-t-il à la découverte de médicaments ?
Jeudi 5 mai 2022, 12h15 - 13h — Amphi 2

La découverte de médicaments est un processus très long et coûteux. Cela prend en moyenne plus de 10 ans et coûte 2,5 milliards de dollars pour développer un nouveau médicament. L'intelligence artificielle a le potentiel d'accélérer considérablement ce processus de découverte de médicaments en extrayant des preuves à partir d'une énorme quantité de données biomédicales. Cette démarche pourrait révolutionner l'ensemble de l'industrie pharmaceutique. L'apprentissage de la représentation des graphes et l'apprentissage profond géométrique - sont des sujets en plein essor dans la communauté de l'apprentissage automatique et de l'exploration de données. L'apprentissage profond pour les données structurées en graphes et en 3D offre de réelles opportunités pour la découverte de médicaments. Nombreuse sont les données qui sont représentées sous forme de graphes ou de structures 3D (par exemple, les molécules, les protéines, les graphes de connaissances biomédicales). Dans cet exposé, seront présentés les progrès récents en matière d'apprentissage profond géométrique pour la découverte de médicaments, ainsi qu'une plateforme d'apprentissage automatique à code source ouvert récemment publiée pour la découverte de médicaments, appelée TorchDrug.

Joséphine Jobard Joséphine Jobard
Illustratrice

Son bac littéraire en poche, Joséphine intègre l’École Boulle en 2016. Après trois années d’études, elle vient tout juste, à 21 ans, d'obtenir son diplôme des métiers d’art en sculpture sur bois, avec un projet innovant mêlant ombres et sculpture. Du dessin académique aux bandes dessinées, en passant par les carnets de croquis et de voyage, l’illustration occupe une place importante dans son quotidien.

Lapin Lapin
Artiste

Héritier d’une culture classique, Lapin évolue dans un environnement influencé par son père architecte, peintre de l'Air passionné par le Pop Art. Il embrasse tôt la vie active à Paris, fait ses expériences artistiques en autodidacte à travers des voyages. Il brise les barrières entre les pratiques nobles et profanes pour établir son propre cadre de création, dans lequel il évolue en toute liberté. Il ne voit pas de frontière entre Nature et Technologie, il cherche à dépeindre le lien qui unifie toute chose à travers son avatar, le Lapin. Ce personnage parle de l’Homme, privé de son cadre culturel, s'exprimant via ses postures et ses émotions. C’est sous l'emblème de cet animal, qui permit à Fibonacci de découvrir le nombre d'Or, que Charles continue sa quête d’une formule pour unifier le Tout, la tragédie et le ridicule de nos vies, leurs correspondances à toutes les échelles du cosmos.

Laurence Honnorat Laurence Honnorat
Présidente d'Innovaxiom

Après une formation en sciences physiques, au management et à la communication puis quinze années d'expérience dans l'industrie, Laurence Honnorat préside Innovaxiom, fondée en 2007. Innovaxiom, société de conseil en stratégie, construit et met en œuvre des projets en sciences. Laurence Honnorat est aussi à l'origine de la création en 2012 de Innovaxiom Corp, basée à Boston. Elle est co-fondatrice de la fondation Out Of Atmosphere en faveur de l'exploration spatiale. Laurence crée en 2016 Weneedyourbrain.com, réseau de conférenciers scientifiques et en 2017 Icedmoment.com, exposition de collections photographiques en ligne. En 2018, elle lance TimeWorldEvent.com, congrès mondiaux en science et en 2020, l’association d’intérêt général Ideasinscience.org en échos à la chaine YouTube éponyme, crée en 2011 et dont elle est la productrice. Laurence Honnorat intervient en tant que conseil en stratégie, notamment dans l'industrie, sur des questions liées à l'anticipation et dans l'enseignement supérieur où elle aborde les thèmes de l'émergence des idées, de la communication et du management de projet. En 2019, elle reçoit le prix Alexandre Ananoff de la Société Astronomique de France pour ses actions en faveur de la valorisation de la culture spatiale.


Conférence : Session d'ouverture
Jeudi 5 mai 2022, 9h15 - 10h — Amphi 1

Louise Delange Louise Delange
Illustratrice

Dès son enfance Louise est guidée par le travail manuel et la pratique du dessin. Elle entre à l’École Boulle en 2016 où elle se forme pendant trois ans, obtenant en juillet dernier son diplôme de menuiserie en siège. Aujourd’hui elle poursuit son désir d’apprentissage et d’expérience par une formation en moulage et modelage tout en développant des projets personnels autour du dessin, de la céramique, de la botanique… en portant un oeil curieux sur les sciences savantes et du quotidien.

Louisiane Gautier Louisiane Gautier
Psychologue clinicienne

Louisiane Gauthier est psychologue clinicienne auprès des enfants aux Centres Jeunesse de Montréal et témoin-expert auprès des tribunaux durant plus de 35 ans. Pendant deux ans, elle a été Directrice générale du Musée maritime de Charlevoix. Louisiane est actuellement très impliquée dans divers conseils d’administration. Elle préside le Conseil d’administration de Vision Diversité, dont la mission est d’œuvrer en faveur de la diversité artistique. Elle est la vice-présidente de l’Observatoire de la géosphère de Charlevoix et responsable du développement de l’Espace Hubert-Reeves-en Charlevoix. Louisiane Gauthier est membre du conseil d’administration de l’École Les Petits Violons et Ensemble musical Jean Cousineau, école privée formant à l’exécution orchestrale. En 2007, Louisiane est récipiendaire de trois Prix : le Prix d'Excellence pour « la constance dans la contribution et l’engagement personnel » remis par le Conseil multidisciplinaire des Centres jeunesse de Montréal ; le Prix Professionnel de l’Ordre des Psychologues du Québec 2001 et le Prix de la Ligue de Bien-Etre Canada pour la défense des droits des enfants.

Manuel Morales Manuel Morales
Chercheur en sciences des données

Manuel Morales est chercheur en sciences des données, appliquée aux secteurs de la banque et de l'investissement. Il a l'expérience de la création de valeur commerciale grâce à l'intelligence artificielle. Il a participé activement à plusieurs initiatives de transformation digitale. Manuel mène ses activités de recherche et d'enseignement à l'Université de Montréal où il est directeur du réseau FinML, dont le projet est de former la prochaine génération de professionnels de la finance et de la banque grâce à l'IA. Il est également très présent dans l'écosystème FinTech de Montréal où il agit en tant que fondateur et conseiller scientifique auprès de quelques startups et accélérateurs. Il est titulaire d'un doctorat en statistiques de l'Université Concordia. Il est professeur en mathématiques et statistiques à l'Université de Montréal depuis 2005. Il est également co-fondateur et conseiller scientifique de Projet Garambullo.


Conférence : L’IA joue-t-elle un rôle dans la préservation du patrimoine culturel immatériel ?
Samedi 7 mai 2022, 16h45 - 17h30 — Amphi 3

Garambullo : fruit sauvage, de couleur douce et violette, d’un cactus caractéristique de régions mexicaines semi-désertiques. Le semi-désert c’est une région très spécifique. On ne parle pas des régions qui sont semi-désertique mais de la région du semi-désert. « Proyecto Garambulllo » se développe au Querétaro, un petit état du centre-nord du Mexique. Cette initiative citoyenne suscite et réactive les activités culturelles communautaires qui constituent le patrimoine immatériel de la région et de ses habitants. Ce projet se veut à la fois moteur et acteur d’activités artistiques, culturelles, scientifiques qui se manifestent à travers le patrimoine culturel et culinaire. Les connaissances, les pratiques et les traditions sont intimement liées à l’écosystème semi désertique de cette région. Ce projet mobilise des technologies numériques et les outils de l’Intelligence Artificielle tant pour la collecte que pour la préservation de ce patrimoine. Les technologie numériques et l’Intelligence artificielle sont utilisées, non comme un outil au service exclusif de quelques-uns, mais comme moyen d’explorer les chemins qui bénéficient à toutes et tous ; qui bénéficient au bien commun.

Marie-Jean Meurs Marie-Jean Meurs
Professeur d'informatique

Marie-Jean Meurs est professeur d'informatique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle est titulaire d'une maîtrise en mathématiques appliquées et d'un doctorat en informatique avec une spécialisation en compréhension du langage naturel dans les systèmes de dialogue. Son principal domaine d'expertise est l'intelligence artificielle (IA), en particulier l'apprentissage automatique pour le traitement du langage naturel. Vice-présidente du conseil des chercheurs de l'Alliance de recherche numérique du Canada, directrice scientifique de Calcul Québec et membre fondatrice du groupe de recherche HumanIA, Marie-Jean Meurs est membre du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Spécialiste de l'analyse des sentiments, notamment appliquée à la santé, elle dirige actuellement l'équipe RELAI, qui étudie comment un développement respectueux et explicable de l’IA peut aider les personnes en difficulté et les praticiens de la santé mentale.


Conférence : Les systèmes d’IA peuvent-ils s’adapter à la diversité culturelle ?
Jeudi 5 mai 2022, 13h45 - 14h30 — Amphi 2

Toutes les disciplines universitaires présentent aujourd’hui une sensibilité accrue à l'égard de l'égalité des sexes, de l'inclusion, de la compétence interculturelle, de l'antiracisme et des pratiques antidiscriminatoires. En intelligence artificielle (IA), ce phénomène a été discuté principalement sous l’angle des biais algorithmiques. Pourtant, bien qu'il existe un grand nombre de publications sur l'éthique de l'IA, peu s’intéressent à l’adaptation de l'IA à la diversité culturelle. Cette présentation expliquera pourquoi la diversité culturelle doit être prise en compte dès le début du développement des systèmes d'IA. En nous concentrant sur les applications du traitement du langage naturel à la détection des risques en santé mentale, nous nous demanderons comment un modèle unique pourrait répondre efficacement aux besoins des soins de santé. L'impact de la structure et des caractéristiques du langage sur la détection des risques en santé mentale étant clairement démontré, il est indispensable de s'interroger sur la sensibilité culturelle de modèles qui tirent leurs informations des cultures européennes ou nord-américaines et qui sont entraînés uniquement sur des corpus en anglais.

Mat Chivers Mat Chivers
Artiste sculpteur

L'artiste britannique Mat Chivers est né à Bristol, au Royaume-Uni, en 1973. Il a étudié la sculpture à la Nottingham Trent University, au Royaume-Uni, et à l'Escuela de Belles Arte, à Barcelone, en Espagne, de 1993 à 1996. Une longue période de voyages a suivi, au cours de laquelle il s'est formé aux pratiques de l'agriculture et de la construction durable en Europe. Il a ensuite fait un voyage en solitaire aux Indes et a vécu dans l'Himalaya. il est revenu au Royaume-Uni en 1999 et a créé un studio dans le sud-ouest de l'Angleterre. Il vit entre Totnes, au Royaume-Uni, et Montréal, au Canada. Dans son travail, il s'intéresse à certaines des relations entre la conscience humaine, l'écologie, les processus d'évolution et l'éthique, en mettant en contrepoint les approches analogiques traditionnelles de la fabrication et les technologies de pointe. Les collaborations avec des chercheurs et des organisations dans les domaines de la science et de la technologie sont au cœur de sa pratique de la sculpture, du dessin, du film et de la performance. Parmi ses principales expositions personnelles, citons Migrations à l'Arsenal d'art contemporain de Montréal, Canada et au Musée d'art de Joliette, Canada ; Harmonic Distortion au PM/AM, Londres, Royaume-Uni et Altered States à Hallmark House, Johannesburg, Afrique du Sud.

Mathias Delahaye Mathias Delahaye
Doctorant en IA

Passionné d’ingénierie, Mathias intègre l’École Nationale Supérieure des Mines de Douai en 2015 après avoir suivi le cursus de Classe préparatoire mathématiques, physique et sciences de l’ingénieur à Paris. Durant sa formation d’ingénieur, il se spécialise dans la majeure «I ngénierie des systèmes d’information et de communication (ISIC) » qui lui permettra d’étendre ses connaissances en Computer Science, mais également de découvrir le monde industriel à travers plusieurs stages dans des structures de différent tailles et types. À sa sortie, il fera un rapide stage à l’École Nationale Supérieure de Techniques Avancées Bretagne (ENSTA Bretagne), où il découvrira les FPGAs et leurs nombreux domaines d’applications avant de, finalement, intégrer l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) en tant que doctorant au sein de l’Immersive Interaction research Group (IIG) dirigé par le Dr. Ronan Boulic. Sa thèse vise à permettre à un utilisateur de pouvoir avoir et de pouvoir s’approprier un corps virtuel (avatar) dans un monde virtuel quand les proportions de cet avatar sont différentes de celles de l’utilisateur. Une part importante de cette recherche consiste donc à évaluer la tolérance humaine vis-à-vis des distorsions (conflit) volontairement introduites entre ce que la personne fait (proprioception) et ce que la personne voit (avatar). En parallèle de la recherche, il se dévouera à l’enseignement et sera assistant au cours d’Information, Computation, Communication (ICC), donnera la partie pratique du cours Virtual Reality (VR) et supervisera plusieurs projets de semestre.


Conférence : Le machine learning améliore-il l’expérience utilisateur en réalité virtuelle ?
Jeudi 5 mai 2022, 13h45 - 14h30 — Amphi 3

En 1967, le premier dispositif d'affichage monté sur la tête a été développé par Ivan Sutherland pendant son doctorat au MIT, permettant aux utilisateurs de s'immerger dans un environnement virtuel. Si l'appareil devait être fixé au plafond et n'affichait que des modèles filaires, aujourd'hui, des appareils totalement autonomes, tels que l'Oculus Quest, peuvent être portés directement et partout. Cependant, pour permettre aux utilisateurs d'interagir avec un environnement virtuel par le biais d'un corps virtuel tirant parti de leur expérience, le système doit acquérir les données de l'utilisateur. Comment capturer ces données ? Une approche courante consiste à utiliser des caméras de suivi. Nous pouvons placer des marqueurs sur l'utilisateur pour animer son avatar, puis affiner la qualité de l'animation à l'aide de réseaux neuronaux. Avec encore plus de données, des modèles plus complexes et des caméras RVB, l'utilisation de trackers peut être supprimée ! Mais, le ML ne se limite pas aux capacités de suivi : il peut être utilisé pour ajuster la difficulté d'un jeu, pour détecter chaque fois qu'un sujet perçoit un conflit interne entre son observation et son attente, et à bien d'autres fins afin d'améliorer l'expérience de l'utilisateur dans la réalité virtuelle incarnée !

Maxime Abolgassemi Maxime Abolgassemi
Professeur et écrivain

Maxime Abolgassemi enseigne la littérature et la culture générale en classes préparatoires au lycée Chateaubriand de Rennes. Partisan d'un renouvellement pédagogique, il a publié un ouvrage pour promouvoir des pratiques d'écriture créative dans l'enseignement du français. De son expérience de juré de divers concours et d'enseignant, il a tiré une méthode pratique qui prend en compte les multiples enjeux que soulèvent les épreuves « d'entretien de personnalité » lors des oraux d'entrée dans les grandes écoles. Docteur en lettres (université Paris-Sorbonne) et agrégé de lettres modernes, il est aussi titulaire d'une maîtrise de physique théorique (université Pierre-et-Marie-Curie). Ses travaux portent sur le « hasard objectif » des surréalistes, la notion de contrefiction qu'il a introduite, et la transparence démocratique. En 2017, il publie Nuit persane, un premier roman qui plonge le lecteur à Téhéran dans les dernières années qui précédèrent la Révolution iranienne.


Conférence : Quelle intelligence pour bien comprendre la foule ?
Samedi 7 mai 2022, 12h15 - 13h — Amphi 2

En cours

Maxime Colleret Maxime Colleret
Doctorant en science, technologie et société

Maxime Colleret est doctorant au programme Science, technologie et société de l’UQAM et membre étudiant du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Il a publié plusieurs travaux sur le développement des institutions universitaires au Canada, notamment en ce qui a trait au transfert technologique. Il s’intéresse aussi aux promesses des nanotechnologies et de l’intelligence artificielle dans plusieurs articles et notes de recherche.


Conférence : L'intelligence artificielle fait-elle émerger une économie de la promesse ?
Vendredi 6 mai 2022, 13h45 - 14h30 — Amphi 2

Au début des années 2000, la plupart des États occidentaux s’entendent : les nanotechnologies déclencheront une nouvelle révolution industrielle, qui nécessitera une force de travail de plusieurs millions de personnes et provoquera une restructuration quasiment intégrale des modèles économiques nationaux. Vingt ans plus tard, nous savons qu’une part considérable des promesses sur lesquelles étaient fondées ces attentes étaient en fait largement exagérées. Les nanotechnologies ne sont d'ailleurs plus au cœur des politiques technologiques. C’est dorénavant l’IA qui monopolise l’attention et qui promet une énième révolution industrielle. Grâce à des percées réelles dans les techniques d’apprentissage automatique, l’IA est parvenue à se hisser au rang de priorité nationale et ses promoteurs profitent d’une véritable course aux investissements pour réaliser leurs projets industriels. Au cours de notre présentation, nous comparerons les discours des promoteurs des nanotechnologies et de l’IA et montrerons que la rhétorique de la promesse déployée par ceux-ci est la même. Nous analyserons aussi la réponse à ces promesses par le gouvernement québécois.

Michel Viso Michel Viso
Exobiologiste

Michel Viso a exercé comme vétérinaire pendant quelques années. Il rejoint l'École vétérinaire d'Alfort en 1980 puis l'Institut national de la recherche agronomique en 1981. Il est sélectionné comme spationaute par le Centre national d'études spatiales (CNES) en 1985. Il prépare le projet Rhésus en coopération avec la NASA. Ses chances de voler s'évanouissent en 1993 lorsque la NASA abandonne le projet. Il assure alors pour le CNES la responsabilité scientifique des expériences spatiales de physiologie animale et de biologie menées en coopération avec les États-Unis, la Russie et d'autres partenaires. En 2004, le CNES le nomme responsable scientifique pour l'exobiologie, préparant les participations françaises au projet européen ExoMars et de futures missions d'exploration du système solaire comme les nouveaux projets de retour d'échantillons martiens dans les années 2030. En 2014, l'exobiologie s'enrichit des missions dédiées à la recherche et l'étude des exoplanètes comme Cheops, Plato et Ariel. Avec le regain d'intérêt pour le retour d'échantillons martiens, il représente le CNES au Panel pour la protection planéaire du Commitee on Space Research (COSPAR). En juin 2021, Michel Viso devient conseiller scientifique d'Innovaxiom.

Nicholas Ayache Nicholas Ayache
Directeur de recherche

Nicholas Ayache est directeur de recherche chez Inria, où il anime l'équipe de recherche EPIONE, dédiée au patient numérique et à la médecine numérique. Il est également directeur scientifique de l’Institut Interdisciplinaire d’Intelligence Artificielle 3IA Côte d’Azur basé à Nice Sophia-Antipolis. Ses recherches actuelles portent sur l’introduction d’algorithmes d’intelligence artificielle pour guider le diagnostic, le pronostic et la thérapie des patients à partir de leurs images médicales et de l’ensemble des données disponibles. Nicholas Ayache est membre de l’Académie des sciences depuis 2014 et membre libre de l’Académie nationale de chirurgie depuis 2017. En 2013-2014 il a été professeur invité au Collège de France où il a introduit un nouveau cours sur le « patient numérique personnalisé ». En 2007 il fut chercheur invité au MIT et Harvard (Boston). Il est membre de plusieurs conseils stratégiques en France et à l’étranger, et co-fondateur de 7 entreprises. Nicholas Ayache a reçu des prix prestigieux, notamment le International Steven Hoogendijk Award (2020), le Grand Prix de la Ville de Nice (2019), le Grand Prix Inria-Académie des sciences (2014), le grand prix Microsoft pour la recherche en Europe (2008, Royal Society et Académie des sciences), le prix des Sciences de l’Information de la Fondation EADS (2006).


Conférence : La médecine numérique peut-elle remplacer les médecins ?
Vendredi 6 mai 2022, 15h15 - 16h — Amphi 1

L’intelligence artificielle permet déjà d’interpréter certaines images médicales avec une précision comparable à celle de médecins spécialistes. Elle peut permettre de construire un jumeau numérique du patient à partir de ses images médicales et d’informations complémentaires disponibles (cliniques, biologiques, comportementales, environnementales, etc.). Ce jumeau numérique permet de guider le diagnostic, puis de simuler, optimiser et guider la thérapie. Les modèles mathématiques et biophysiques de l’anatomie et de la physiologie du vivant restent essentiels pour contraindre ces algorithmes de médecine numérique à fournir des résultats fiables et interprétables. La médecine numérique remplacera-t-elle prochainement la médecine humaine ?


Dédicace : Des images médicales au patient numérique
Vendredi 6 mai 2022, 16h - 16h45
Dédicace : Nouvelle enquête sur l'intelligence artificielle
Vendredi 6 mai 2022, 16h - 16h45

Pascale Elbaz Pascale Elbaz
Chercheure en langue et civilisation chinoises

Docteure en langue et civilisation chinoises de l’Inalco, Pascale Elbaz est enseignante-chercheure à l’ISIT, Grande école de l’interculturel et du multilinguisme (Paris-Panthéon- Assas-Université). Elle est responsable du séminaire interculturel transdisciplinaire de l’école. Elle est également chercheure associée à l’IFRAE (Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est). Ses recherches se développent dans deux directions : l’analyse du vocabulaire chinois de l’esthétique et de la culture et la pédagogie de la traduction et de la terminologie à l’ère du multilinguisme et des traitements automatiques du langage naturel (TAO, TA). Elle exerce parallèlement en tant que traductrice chinois-français dans l’édition : Le Chant de la Terre chinoise (2021), Photographies de la Chine d’aujourd’hui (2020) (Ed. Horizon orientale). Elle est membre de la Research Task Force de la FIT (Fédération internationale des traducteurs) et participe à la rédaction d’articles sur la transformation des métiers de la traduction et sur la formation de la nouvelle génération de traductrices et de traducteurs.


Conférence : La traduction automatique neuronale va-t-elle remplacer les humains ?
Samedi 7 mai 2022, 10h45 - 11h30 — Amphi 2

Ces dernières années, les progrès de la traduction automatique neuronale ont été fulgurants. Les moteurs de traduction permettent d’obtenir, pour les langues les plus parlées, un résultat « brut de logiciel » (gisting) suffisant pour certains usages (connaître l’idée générale d’un texte, traduire un mode d’emploi…). Pourtant, les résultats se révèlent insuffisants pour les textes spécialisés (médecine, sciences, SHS) ou à haute teneur culturelle. Cette lacune est également avérée dans les combinaisons de langue où les données textuelles ne sont pas suffisantes. Car la traduction automatique neuronale a besoin d’un grand volume de données pour fonctionner efficacement, en l’occurrence des couples de textes sources (dans la langue d’origine) et cibles (dans la langue vers laquelle le texte est traduit). Or, dans la combinaison chinois-français par exemple, ces données sont (encore) rares. Pour pallier cette difficulté, les moteurs passent par une langue pivot : l’anglais. Mais cela n’est pas sans poser de réels problèmes de sens… Comment dès lors se positionner par rapport à ces nouveaux outils nourris par l’IA, comment reconnaître leurs failles et savoir y remédier ? Comment former la nouvelle génération de traductrices et de traducteurs à utiliser l’outil tout en préservant sa liberté de juger et en renforçant sa sensibilité linguistique et son discernement culturel ?

Pascale Lehoux Pascale Lehoux
Professeur

Pascale Lehoux détient un baccalauréat en Design industriel, un PhD en Santé publique et a effectué sa formation postdoctorale en Science & Technology Dynamics à l’Université d’Amsterdam. Elle est professeur titulaire au Département de gestion, d’évaluation et de politique de santé et chercheure au Centre de recherche en santé publique (CReSP) de l’Université de Montréal. Elle est membre du Conseil d’administration de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) et co-responsable de la fonction « Recherche et création » de l’Observatoire international des impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique (OBVIA). Au cours des vingt dernières années, elle a développé de nombreuses initiatives en mobilisation des connaissances dont le blogue Hinnovic et publié plus de 150 articles scientifiques. Ses travaux ont clarifié l’impact des modèles d’affaires et du capital de risque sur l’innovation en santé et consolidé les méthodes de délibération publique prospective. Son programme de recherche actuel, In Fieri, examine la conception, le financement et la commercialisation de l’innovation responsable en santé (IRS). Financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), l’équipe inclut des experts en recherche sur les services et politiques de santé, médecine, ingénierie, design, éthique, sociologie et économie.


Conférence : L’IA est-elle ou pas responsable ?
Jeudi 5 mai 2022, 15h15 - 16h — Amphi 1

Partant du principe que certains mots ne peuvent pas être utilisés à la légère, cette présentation a pour but de provoquer des réflexions nouvelles — et aussi ludiques — sur ce que signifie le qualificatif « responsable » lorsqu’il est accolé à l’Intelligence Artificielle. Prenant appui dans le domaine de la santé, un milieu où la responsabilité s’est institutionnalisée au fil de plusieurs décennies, j’utiliserai des exemples réels et fictifs afin de clarifier ce que penser et fabriquer des solutions responsables implique. Je soulignerai que l’industrie de l’IA et du numérique diffère à bien des égards de l’industrie des dispositifs médicaux et de l’industrie pharmaceutique et que ses caractéristiques actuelles nous éloignent d’une capacité à réellement concrétiser la responsabilité. Considérant les défis sociétaux auxquels nous faisons tous face, il est grand temps de repenser les innovations dont le 21ième siècle a besoin.

Philipp Kellmeyer Philipp Kellmeyer
Neurologue

Le Dr Kellmeyer est neurologue au centre médical universitaire de Fribourg, où il dirige le laboratoire de neuroéthique et d'éthique de l'IA du département de neurochirurgie. Il a étudié la médecine à Heidelberg et à Zurich et a obtenu une maîtrise de philosophie à l'université de Cambridge. En tant que neuroscientifique, il travaille dans les domaines de la neuroimagerie et de la neurotechnologie translationnelle, en particulier sur l'application clinique des systèmes d'IA. Il est membre scientifique du pôle d'excellence BrainLinks-BrainTools de l'université de Fribourg et chercheur à l'Institut d'études avancées de Fribourg (FRIAS) dans le groupe de recherche "Intelligence artificielle responsable". Dans ses recherches à l'intersection de la neuroéthique, de l'éthique numérique et de l'éthique de l'IA, il travaille sur les défis éthiques, juridiques, sociaux et politiques de l'interaction homme-technologie, notamment en ce qui concerne la neurotechnologie, le big data, l'intelligence artificielle et les technologies XR en médecine et en recherche biomédicale. Il est également affilié à l'Institut d'éthique biomédicale et d'histoire de la médecine de l'Université de Zurich, où il enseigne également l'éthique biomédicale. Depuis novembre 2020, il est membre du conseil d'administration de la Société internationale de neuroéthique (INS).


Conférence : L'intelligence artificielle médicale contribuera-t-elle à l'épanouissement de l'homme ?
Jeudi 5 mai 2022, 17h30 - 18h15 — Amphi 4

La grande dynamique d'innovation de l'IA et de son application en médecine promettent de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques. L'innovation de l'IA médicale, principalement axée sur la technologie et les affaires, n'est pas encore compatible avec les droits de l'homme, les capacités et l'épanouissement humain. Dans sa présentation, le Dr Philipp Kellmeyer examinera les principaux défis éthiques, juridiques et sociétaux et présentera un cadre pour une innovation durable, orientée vers les droits de l'homme et l'épanouissement de l'homme, dans le domaine de l'IA en médecine.

Pierre-Majorique Léger Pierre-Majorique Léger
Chercheur en expérience utilisateur

Professeur Pierre-Majorique Léger est professeur titulaire à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Prompt en expérience utilisateur. Il est détenteur d’un Ph.D. en génie industriel de l’École Polytechnique de Montréal. Ses recherches visent à améliorer l’expérience utilisateur (UX) vécue lors de l’apprentissage ou de l’utilisation d’une technologie de l'information (TI), et ce, en mobilisant les données psycho et neuro physiologiques générées lors de l’interaction et permettant de qualifier l’émotion et la cognition de l’utilisateur.


Conférence : Comment l’utilisateur de technologies vit-il réellement son expérience ?
Jeudi 5 mai 2022, 10h - 10h45 — Amphi 2

Pour concevoir des produits et services numériques que les utilisateurs voudront utiliser et réutiliser, il est primordial de bien comprendre leur expérience. Or, l’utilisation que l’on fait des technologies au quotidien est fréquemment automatique et même inconsciente, ce qui rend très difficile à l’utilisateur de partager ce qu’il vit vraiment. Nos recherches visent à améliorer l’expérience utilisateur vécue, et ce, en mobilisant, grâce à des instruments issus de la neuroscience capables de mesurer les états cognitifs et émotionnels des utilisateurs lors d’une interaction avec une technologie. Ces données neuroscientifiques sont une véritable mine d'or pour les concepteurs afin de créer des applications plus intuitives. Cette conférence mettra l’accent sur des exemples concrets issus de projets menés avec des entreprises d’ici et d’ailleurs qui ont cherché à évaluer ce que vivent réellement leurs utilisateurs grâce à l’utilisation de la neuroscience dans le cadre de la recherche collaborative au sein du laboratoire Tech3Lab qu’ils ont cofondé il y a plus de 10 ans.

Pierre Michaud Pierre Michaud
Compositeur, clarinettiste et chercheur

Compositeur, clarinettiste et chercheur-créateur né au Nouveau-Brunswick, Pierre Michaud est professeur en composition mixte à la Faculté de musique de l'Université de Montréal depuis 2012 et vice-doyen au cycles supérieurs et à la recherche depuis 2019. Il détient un doctorat en composition de l'Université de Montréal et a effectué des études complémentaires au conservatoire slovaque Jan Levoslav Bella, à l'Université de Moncton, à l'Université Mount-Allison et à l'Institut de coordination acoustique/musique (IRCAM) à Paris dans le cadre de stages professionnels. Il s’intéresse particulièrement à la comprovisation, à la collaboration interprète-compositeur, à l’interdisciplinarité, aux espaces interactifs, et à l’intégration des technologies dans le processus de création. Ses œuvres ont été entendues dans le cadre de séries de concerts et de festivals dans plusieurs villes au Canada, en Amérique centrale, en Asie et en Europe. Notons parmi les interprètes et compagnies : Chants libres, le Quatuor Bozzini, Quasar, Sixtrum, l'Ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ), Susan Narucki, le Shanghai Symphony, le Winnipeg Symphony, le CBC Radio Orchestra, le Royal Conservatory New Music Ensemble, les Solistes de chambre de Bratislava, l'Orchestre de l'Opéra d'État slovaque, le Quatuor Arthur-Leblanc, le Quatuor Claudel, Suzie Leblanc.

Pierre-Paul Vidal Pierre-Paul Vidal
Chercheur en neurosciences

Pierre-Paul Vidal a débuté des études en médecine et en biologie humaine à la Pitié Salpétrière. Elles se sont achevés avec une thèse de médecine et un diplôme de recherche en biologie humaine. Après un DEA en Neuroscience en 1981, il entame une thèse de doctorat en science qui s’est achevée en 1986. Pierre Paul Vidal est devenu membre du laboratoire de Physiologie du Travail du CNRS pendant ses études en tant qu’assistant du département de Physiologie ou il a débuté sa carrière de chercheur et de médecin. Il est entré au CNRS comme attaché de recherche. Il devient directeur de recherche en 1990. Il est actuellement directeur de recherche de classe exceptionnelle émerite, Pierre-Paul Vidal est professeur titulaire à Hangzhou Dianzi University et professeur associé à l’Université de médecine Fra Gemelli, Università Cattolica del S. Cuore à Rome. Au cours de son exercice professionnel il a créé ex nihilo trois laboratoire de recherche en neurosciences intégratives : le Laboratoire de Neurobiologie des Réseaux Sensorimoteurs, le Centre d’Etude de la Sensorimotricité et le « Cognition and Action Group ». Il est cofondateur du centre Borelli. Il est Président du comité d’experts pour la promotion biomédicale de l’INSB du CNRS, représentant du CNRS au CA de l’Agence Biomédecine, directeur de la Plateforme d’Etude de la Sensorimotricité des Saints-Pères à l’Université René Descartes et Membre du bureau du Conseil scientifique de l’IRME. Pierre-Paul Vidal est éditeur associé dans trois revues scientifiques (Frontiers in Neurology, Sensors et Experimental Brain Research).


Conférence : Comment mesurer le style perceptivo-moteur chez l’Être humain ?
Vendredi 6 mai 2022, 10h - 10h45 — Amphi 1

On sait peu de choses sur la façon dont les humains peuvent s'adapter aux exigences environnementales rigoureuses qui ont été mises en place au cours des 150 dernières années. Ces nouveaux types d'environnement sont complexes en ce sens où ils sont radicalement différents des environnements des 7 derniers millions d'années, qui ont façonné le système nerveux central humain depuis l'apparition de la bipédie. Dans ce contexte, on est en droit de se demander si l'on peut affirmer que le cerveau humain est indéfiniment adapté et adaptable aux environnements générés par l'homme. En d'autres termes, pourquoi un environnement totalement artificiel créé par un organisme biologique serait-il nécessairement compatible avec le fonctionnement de ce même organisme ? Par exemple, cette adaptation garantit-elle que les personnes atteintes de maladies chroniques et de handicaps puissent mener une vie indépendante et satisfaisante dans un environnement urbain complexe ? Plus généralement, ces environnements artificiels sont-ils compatibles avec les handicaps sensoriels ou moteurs, quel que soit l'âge de la personne ? Par ailleurs, des machines de plus en plus intelligentes sont construites en permanence. Quelles sont les garanties que les opérateurs seront toujours capables de les piloter ? Cette liste de questions qui appellent des réponses n'est pas exhaustive. C'est pourquoi il convient d'assurer un suivi à long terme des groupes humains engagés dans des tâches comportementales complexes, et cela inclut les personnes âgées. Il est proposé de nommer ces groupes " cohortes à haute maintenance (HMC) ". Ils doivent être suivis pour évaluer leur formation et, une fois formés, une vérification régulière de l'opérationnalité de leurs compétences doit avoir lieu. Les HMC doivent également être suivies pour s'assurer qu'elles ne sont pas exposées à des stress excessifs qui pourraient conduire à la dépression, au surmenage, au surentraînement, à l'épuisement professionnel ou au syndrome post-traumatique, qui sont répandus dans la société actuelle. Si l'on suit cette définition, il est clair que les HMC sont diversifiés. Compte tenu de l'évolution de la société, leur nombre va inévitablement augmenter. Pour ne citer que quelques exemples, les HMC sont non seulement des personnes âgées, mais aussi des personnes de tout âge souffrant de maladies chroniques ou de handicaps ; des personnes en réadaptation, des opérateurs d'interfaces homme-machine complexes, des militaires en service actif, des athlètes de haut niveau, etc. On pense que les concepts de pré-fragilité et de fragilité sont utiles pour le suivi de nombreux types de CMH, avec peu d'adaptation de la définition originale du CMH. Dans mon exposé, je décrirai comment la surveillance longitudinale individuelle (SDI) ou le suivi des CHM peuvent être développés en utilisant des approches quantitatives.


Table ronde : L’IA sera-t-elle un outil de médecine préventive ?
Vendredi 6 mai 2022, 16h

Sébastien Gambs Sébastien Gambs
Chercheur - Protection de la vie privée

Sébastien Gambs est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en analyse respectueuse de la vie privée et éthique des données massives depuis décembre 2017 et professeur au département d’informatique de l’Université du Québec à Montréal depuis janvier 2016. Sa thématique de recherche principale porte sur la protection de la vie privée dans le monde numérique. Il est aussi intéressé à résoudre des questions scientifiques à long terme telles que les tensions existantes entre l’analyse des données massives et le respect de la vie privée ainsi que les problématiques éthiques telles que l’équité, la transparence et l’imputabilité algorithmique soulevées par les systèmes personnalisés.


Conférence : Quels sont les enjeux et défis éthiques principaux pour rendre l’IA responsable ?
Samedi 7 mai 2022, 13h45 - 14h30 — Amphi 1

Dans notre société de l’information, le profilage des utilisateurs à des fins de personnalisation et de recommandation est devenu la norme. Cela a permis le développement de services qui sont ciblés sur les besoins spécifiques des individus. Adviennent depuis lors d’importantes questions en termes d'éthique et de protection de la vie privée. En particulier, l’absence de transparence sur le processus de profilage et de personnalisation a conduit à une perte de contrôle sur la collecte et l’usage qui est fait des données personnelles. Pour un individu, il devient impossible de questionner la décision prise par l’algorithme et de le rendre « imputable » par rapport à cette décision. De plus, la transparence est un prérequis afin de pouvoir analyser les biais possibles que les algorithmes de personnalisation pourraient induire et ce, dans le but les corriger. Dans cette présentation, Sébastien Gambs passera en revue les principaux défis liés à l'éthique et au respect de la vie privée qui sont apparus récemment, avant de présenter les principales approches pour répondre à ces défis.

Stéphane Durand Stéphane Durand
Physicien théoricien

Stéphane Durand est diplômé des études doctorales et post-doctorales en physique théorique à Montréal et à Paris. Il est professeur de physique au Collège Édouard-Montpetit et membre du Centre de recherches mathématiques (CRM) de l'Université de Montréal. Il a aussi enseigné la mécanique quantique et la relativité au département de physique de l'Université de Montréal et à l'École polytechnique de Montréal. Il a reçu le Prix du Ministre de l'éducation du Québec pour son livre La relativité animée : Comprendre Einstein en animant soi-même l'espace-temps (3e édition, Belin, 2014). Il a obtenu un Prix d'excellence en enseignement du département de physique de l'Université de Montréal, ainsi que le Premier prix du concours international d'affiches de la Société mathématique européenne dans le cadre de l'Année mondiale des mathématiques (affiches utilisées et adaptées dans une dizaine de pays). Il a aussi publié le livre Les carnets insolites du prof Durand (Flammarion, 2015), inspiré de ses 150 chroniques radio aux Années-lumière de Radio-Canada pendant 4 saisons. Récemment, il a conçu une mini-exposition sur « Le temps selon la relativité », partie intégrante de l'exposition Éternité : rêve humain et réalités de la science présentée au Musée du Fjord du Saguenay en 2017.


Conférence : À quelle vitesse pense l'intelligence artificielle ?
Samedi 7 mai 2022, 14h30 - 15h15 — Amphi 1

En cours

Sylvain Sénécal Sylvain Sénécal
Chercheur en comportement des consommateurs

Sylvain Sénécal est professeur titulaire de marketing, titulaire de la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier de HEC Montréal et codirecteur du Tech3Lab. Il est titulaire d'une M. Sc. et d'un doctorat en marketing de HEC Montréal. Ses intérêts de recherche sont liés au marketing des consommateurs sur Internet et aux neurosciences du consommateur. Ses travaux ont été présentés à plusieurs conférences internationales et publiés dans des revues scientifiques en marketing et en commerce électronique de renom.


Conférence : Comment l’utilisateur de technologies vit-il réellement son expérience ?
Jeudi 5 mai 2022, 10h - 10h45 — Amphi 2

Pour concevoir des produits et services numériques que les utilisateurs voudront utiliser et réutiliser, il est primordial de bien comprendre leur expérience. Or, l’utilisation que l’on fait des technologies au quotidien est fréquemment automatique et même inconsciente, ce qui rend très difficile à l’utilisateur de partager ce qu’il vit vraiment. Nos recherches visent à améliorer l’expérience utilisateur vécue, et ce, en mobilisant, grâce à des instruments issus de la neuroscience capables de mesurer les états cognitifs et émotionnels des utilisateurs lors d’une interaction avec une technologie. Ces données neuroscientifiques sont une véritable mine d'or pour les concepteurs afin de créer des applications plus intuitives. Cette conférence mettra l’accent sur des exemples concrets issus de projets menés avec des entreprises d’ici et d’ailleurs qui ont cherché à évaluer ce que vivent réellement leurs utilisateurs grâce à l’utilisation de la neuroscience dans le cadre de la recherche collaborative au sein du laboratoire Tech3Lab qu’ils ont cofondé il y a plus de 10 ans.

Sylvia Gutierrez Sylvia Gutierrez
Economiste

Sylvia Gutierrez est économiste, spécialiste de la gestion internationale. D’origine franco-vénézuélienne, elle vit au Québec depuis plus de 30 ans. Au niveau collégial au cégep Ahuntsic et au niveau universitaire, à l’École des HEC, Sylvia Gutierrez enseigne la macroéconomie et la microéconomie, l’économie internationale, aussi bien en français, qu’en anglais et en espagnol. Sylvia a également donné des cours en Chine (CTBU, Chongquing Technology and Business University, Chongquing), en Algérie (MDI, Algiers Business School, Alger) et au Pérou (UDP, Universidad del Pacifico, Lima). Elle est membre du Conseil d’Administration de la Fondation de soins palliatifs de l’Hôpital Notre-Dame PalliAmi.

Terry Virts Terry Virts
Astronaute

Terry Virts a reçu une formation de pilote de chasse à l'École de l'air française en 1988 dans le cadre d'un programme d'échange avec l'académie de l'armée de l'air américaine. Il intègre une unité opérationnelle volant sur F-16 en 1992. Il est affecté en Corée et en Allemagne. En 1997, il intègre l'école des pilotes d'essais d'Embry-Riddle (États-Unis) et devient pilote d'essais à compter de 1999 jusqu'à sa sélection en tant qu'astronaute par la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 2000. Il a volé 3 000 heures sur 40 types d'avions. Virts est sélectionné astronaute en 2000 dans le 18e groupe d'astronautes de la NASA. Il effectue son premier vol spatial en février 2010 en tant que pilote de la navette spatiale Endeavour pour la mission STS-130. Terry Virts a participé aux expéditions 42/43, et a été commandant de l'expédition 43. Le 23 novembre 2014, il a décollé du cosmodrome de Baïkonour à bord du Soyouz TMA-15M russe, en compagnie de Samantha Cristoforetti (ESA) et Anton Shkaplerov (Roscosmos). Il est revenu sur Terre après 199 jours passés à bord de la Station spatiale internationale (ISS), le 11 juin 2015. Son retour était programmé pour mai 2015, mais à cause de la perte d'un module Progress, il a dû être reporté au 11 juin. Au cours de cette seconde mission, il a réalisé 3 sorties extravéhiculaires en compagnie de Barry Wilmore pour un total de 19 heures.

Vanessa Henri Vanessa Henri
Avocate en technologies émergentes et gouvernance des données

Vanessa est avocate en gouvernance de données et technologies émergentes. Nommée parmi les 20 femmes les plus influentes en cybersécurité en 2020 par IT World Canada, Vanessa enseigne également la gestion de crise et le droit de la cybersécurité à la maitrise en droit de la cybersécurité de St-Thomas University à Miami, Floride. Elle possède les certifications ISO/IEC 27701 :2019 Senior Lead Implementor et Certified Data Protection Officer. Avant de se joindre à Fasken, Vanessa occupait le rôle de directrice de la conformité et de Déléguée aux renseignements personnels dans une multinationale en cybersécurité. Elle siège au Conseil d’administration de Cyberéco, un organisme à but non lucratif dans le domaine de la cybersécurité des infrastructures essentielles, et de NordOuvert, dans le domaine des villes intelligentes. Elle est une fréquente conférencière dans des conférences d’envergure internationales et détient une maitrise de l’Université McGill portant sur le cyberespionage.


Conférence : Doit-on réglementer l’IA ?
Vendredi 6 mai 2022, 14h30 - 15h15 — Amphi 1

Il est maintenant établi que l’éthique joue un rôle prédominant dans la création d’algorithmes ou de modèles en intelligence artificielle (IA). Toutefois, les lois et règlements en matière d’IA n’en sont qu’à leurs balbutiements dans l’histoire du droit, et l’histoire reste encore à écrire pour ce qui est de l’application du droit à l’IA. D’un côté, les commentateurs critiquent la règlementation de la technologie, argumentant à qui veut bien l’entendre que les technologies sont agnostiques, et ne devraient donc pas être réglementées. D’un autre côté, les scandales récents laissent déjà entrevoir qu’il est possible de porter des atteintes systémiques aux droits des individus dans le cadre du IA, et ce, même avec des données dé-identifiées. Au gré des scandales et des brèches de sécurité, les consommateurs perdent confiance dans l’industrie des technologies, le poumon de l’économie à distance, sachant que les craintes d’une crise économique affectant d’autres secteurs sont de plus en plus tangibles. Face à ce dilemme, la règlementation de l’IA apparait comme une solution plausible aux problèmes soulevés par l’IA. Mais s’agit-il d’une solution souhaitable ?

Yohann Thenaisie Yohann Thenaisie
Chercheur en neurosciences

Après trois ans de classe préparatoire à Poitiers, Yohann intègre l’Ecole Normale Supérieure de Lyon en biologie. Il y initie le festival Vulgarizators qui rassemble des figures de la vulgarisation francophone. C’est dans un magazine de vulgarisation scientifique qu’il découvre en 2015 les travaux en neuroprothèses d’un laboratoire Suisse de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne… dans lequel il débute un doctorat trois ans plus tard ! Son projet ? Connecter le cerveau des gens affectés par la maladie de Parkinson à une intelligence artificielle pour les aider à mieux marcher. En parallèle de ses recherches au centre Neurorestore, il pratique le théâtre et l’improvisation. En 2021, il réunit ses passions pour les sciences et le théâtre et remporte le premier prix du concours international Ma thèse en 180 secondes.


Conférence : Pourquoi et comment connecter une intelligence artificielle au cerveau ?
Samedi 7 mai 2022, 10h45 - 11h30 — Amphi 1

Un accident de voiture. Votre moelle épinière est lésée, la communication entre votre cerveau et vos jambes est coupée. Vous êtes paralysé. Définitivement… ? Et si l’on pouvait lire dans votre cerveau quand vous voulez marcher ? Alors l’on pourrait envoyer des stimulations électriques à la moelle épinière – sous la lésion – pour faire rebouger vos jambes et vous pourriez marcher à nouveau ! Ce n’est pas de la science-fiction mais un champ de recherche en plein essor : les interfaces cerveau-machine. Chacune de nos pensées correspond à l’activation d’une combinaison de neurones. Une intelligence artificielle, connectée à des câbles électriques implantés dans le cerveau, peut décoder les pensées afin de contrôler une prothèse. De telles intelligences artificielles peuvent déjà savoir si vous voulez bouger votre bras ou votre jambe, prédire si êtes sur le point de faire une crise d’épilepsie, et même… deviner si vous êtes heureux ou malheureux ! Jusqu’où iront les interfaces cerveau-machine ?


Table ronde : L’IA inventera-t-elle les métiers de demain ?
Samedi 7 mai 2022, 9h15

Yoshua Bengio Yoshua Bengio
Chercheur en intelligence artificielle

Yoshua Bengio Ph. D. F.R.S. O.C. S.R.C est chercheur en intelligence artificielle, pionnier de l'apprentissage profond. Il est professeur au département d'informatique et de recherche opérationnelle de l'Université de Montréal Il est le fondateur et directeur scientifique de Mila. Il est récipiendaire du Prix Acfas Urgel-Archambault 2009, du prix Turing 2018, membre de l'Ordre du Canada et de la Royal Society (depuis 2020).


Conférence : Est-ce que l'IA peut aider la découverte scientifique ?
Jeudi 5 mai 2022, 10h - 10h45 — Amphi 1

Jusqu'à présent on a surtout utilisé l'IA pour apprendre à classifier, prédire, etc à partir d'un jeu de données fixe et le plus grand possible. Mais si on observe comme l'enfant ou la scientifique découvrent le monde, elles explorent, elles sont curieuses, elles essaient de comprendre et elles agissent de manière instinctive (dans le cas de l'enfant) ou même délibérée et planifiée (dans le cas de la scientifique) pour améliorer cette compréhension. Certaines méthodes d'apprentissage par renforcement se développent pour justement aider la scientifique à mettre au point ses expériences, en tenant compte du fait qu'on va effectuer plusieurs expériences et que les premières vont permettre d'acquérir des connaissances qui vont servir aux suivantes. De plus, on est en train de mettre au point des algorithmes d'apprentissage qui cherchent à représenter la connaissance non seulement de manière intuitive (ce qu'on sait déjà faire assez bien) mais de manière plus structurée inspirée de la manière dont les humains réfléchissent et communiquent. En combinant les nouvelles technologies pour obtenir de grandes quantités de données à chaque expérience (plus qu'un humain puisse facilement digérer), de tels modèles apprenant et structurés et des générateurs de plans expérimentaux entraînés à maximiser le gain d'information, on espère arriver à accélérer le processus de découverte scientifique dans les prochaines années. Des expériences préliminaires sur la découverte de molécules seront présentées.

Yves Joanette Yves Joanette
Vice-recteur adjoint au VRRDCI

Yves Joanette est Vice-recteur adjoint à la recherche au VRRDCI (Vice-rectotat à la découverte, à la création et à l’innovation de l’Université de Montréal), responsable des grandes initiatives stratégiques et du déploiement de la stratégie numérique pour l’Université. Il est également directeur du Consortium Santé Numérique. Yves Joanette est professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM). Ses travaux de recherche sont en neurosciences cognitives du vieillissement et de la communication, tant dans le contexte du vieillissement normal que dans celui des maladies du cerveau et en particulier à la suite d'accidents vasculaires cérébraux et dans les maladies neurodégénératives causant une démence. Ces travaux ont toujours mis beaucoup l’accent sur la formation de même que sur la mobilisation des connaissances, entre autres, sous la forme d’outils cliniques. Yves Joanette a assuré la direction du CRIUGM, puis la présidence du Fonds recherche Québec – Santé et a ensuite dirigé un des Instituts de recherche en santé du Canada. Il est membre et ex-président du World Dementia Council et Fellow de l’Académie canadienne des sciences de la santé. L’excellence de sa contribution a été reconnue par plusieurs prix, y inclut deux doctorats honoris causa (Lyon et Ottawa).